lundi 25 septembre 2017

Selon Marco Tosatti

Les deux réponses à la « Correction »

Dénigrez, étiquetez, marginalisez
et le silence inacceptable du Pape




par : Marco Tosatti, Stilum Curiae
Vaticaniste

Traduction de l'Italien vers l'Anglais : Francesca Romana

SOURCE : Rorate Caeli
Le 25 septembre 2017


Premièrement, dénigrez. Refilez à l'adversaire une étiquette qui, en tout cas, le mettra en difficulté en ce qui concerne l'opinion publique et le mettra sur la défensive. C'est un dispositif de rhétorique aussi ancien que le monde lui-même et avec lequel l'Église est bien connue. Ainsi, face à un événement incontestablement exceptionnel et exceptionnellement insoutenable, comme la Correctio filialis, signée — à l'heure actuelle — par 62 personnalités du monde Catholique, à la fois des laïcs et des prêtres (Cardinaux et Évêques, nous a-t-on dit, ont été volontairement exclus) nous avons deux réactions. La première, de la part de ceux directement concernés, à laquelle nous y reviendrons, est : le silence.

Le second, par ses hommes forts sur le stylo, sur l'ordinateur ou à la télévision, si vous préférez, est de : dénigrer, étiqueter de manière à marginaliser, faire comprendre qu'il s'agit d'un groupe médiocre et (horreur des horreurs !) de l’aile droite ; après tout, Monseigneur Fellay, le Supérieur des Lefebvristes, n'a-t-il pas signé ? Une autre réaction : prions pour eux, les pauvres, qui osent dire que le Pape peut écrire des choses erronées ! Ce n'est pas possible : c'est le Pape lui-même qui définit qui est un hérétique ! Comment pourrait-il écrire des choses erronées ? Laissons cela à ceux qui en savent plus que nous pour réfuter cette thèse qui semble attribuer au Pape, toujours et partout, des prérogatives qu'il n'a pas et que personne n'a jamais prétendu. Nous notons dans les articles de critiques, plus ou moins voilées, un élément qui manque sérieusement : l'évaluation de ce qui est dit dans la correction formelle si elle est logique ou non.

L’Auteur ici est une personne ordinaire, sans titres académiques. Il a reçu une éducation classique où il a été instruit à la logique. Maintenant, la logique n'est pas Catholique ; c'est simplement à la base du raisonnement humain. C’est aussi le cas pour les Catholiques ; étant donné que L’Esprit qui a tout créé a placé la logique comme fondement de Sa création. Tout cela pour dire, comme d'autres plus savants et plus raffinés que L’Auteur l'ont déjà fait, que lorsque, à la suite d'Amoris Laetitia et de ses interprétations, les signataires de la Correctio écrivent : « Une personne, en obéissant à la Loi Divine, peut pécher contre Dieu, en vertu de la même obéissance », ce n'est pas seulement la Foi qui est, en tout cas, blessée, mais la logique elle-même. Et la logique précède la Foi. Et la même chose pourrait être dite pour toutes ou presque tous les six autres notations. C’est ce que les critiques évitent soigneusement de soulever : ils répètent « Conservateurs ! « Traditionalistes ! » Et ils pensent qu'ils ont résolu le problème ou, au moins, qu’ils ont acheté la paix pour une journée.

Je ne connais pas tous les 62 signataires ; en fait, j’en connais très peu ; mais en examinant rapidement leurs curriculums, il me semble qu'ils sont des érudits bien informés dans les études et l'analyse. De liquider leurs souffrances et leurs efforts avec une étiquette est un acte de propagande qui, hélas, n’est plus maintenant inconnu dans l'Église. Certes, ils sont courageux surtout avec l'atmosphère que nous avons respirée à l'intérieur et à l'extérieur du Vatican, du contrôle, de l'espionnage, des punitions et des répressions — je ne dirai pas des dissensions mais de toute notion non conforme ; pour qu'ils aient agi ainsi, ils doivent vraiment avoir un grand amour pour l'Église, c'est-à-dire l'Église de tous les temps. Ils préfèrent courir certains risques plutôt que d'échouer dans leur devoir de parler.

Cela nous ramène au début de notre réflexion. Depuis qu’Amoris laetitia a explosé dans son ambition dévastatrice, souhaitée à l'intérieur de l'Église, le Pontife régnant a reçu des pétitions, des appels, des Dubia, des lettres personnelles et privées de centaines et de centaines de personnes, dont beaucoup ont dépensé leur vie pour l'Église et n’ont certainement pas — contrairement à d’autres — des ambitions de pouvoir ou d’intérêt personnel à défendre. Maintenant, presque comme une sorte d’étape extrême, nous avons la Correctio. Il n'y avait qu'une seule réponse à cela : le silence. L’Auteur comprend bien l'impasse dans laquelle les erreurs calculées, les bonnes intentions et les conseillers corrompus ont peut-être conduit le principal protagoniste dans ce drame. L'Auteur comprend également l'effet dévastateur et déprimant que la reconnaissance de des erreurs pourrait avoir sur une personne en particulier. Pourtant, le silence ne doit pas habiter Celui qui est responsable de la Foi d'un milliard, deux cent millions de personnes chez qui la confusion augmente. Particulièrement s'il ne fait rien d'autre que parler, parler, parler, mais de d'autres choses entièrement.