jeudi 28 septembre 2017

L’ancien chef de la Banque du Vatican

Si l'Église ne s'engage plus dans la politique,
la politique réduira au silence l'Église



par : Ettore Gotti Tedeschi
SOURCE : One Peter Five
Le 28 septembre 2017



Du même auteur :
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  • Note de l'éditeur : Cet article, écrit par le Professeur Ettore Gotti Tedeschi, a été publié pour la première fois en Italie, dans le journal La Verità, le 17 septembre. Dans ce texte, l'auteur discute d'abord d’un article du 15 septembre rédigé par Ernesto Galli della Loggia, chroniqueur du journal Italien Corriere della Sera. Alors que cette discussion pourrait d'abord être une affaire Italienne, Gotti Tedeschi souligne quelques points remarquables, soulignant combien il est important pour l'Église Catholique de ne pas se « concilier avec le monde » et de continuer à défendre l'enseignement du Christ. Sinon, comme le montre l'ancien président de la Banque du Vatican (IOR), l'Église sera désacralisée. Les commentaires du Professeur Gotti Tedeschi pourraient également être d'un intérêt particulier, dans la mesure où il est l'un des signataires de la « Correction filiale » adressée au Pape François.

    Galli della Loggia soutient que les Catholiques n'ont rien à dire dans le domaine public. Mais, poussée à son extrême, cette idée conduit à la disparition totale de la Foi et à un besoin d'un rajeunissement sacré sous la forme d'une éthique gnostique.


    Vendredi dernier, Ernesto Galli della Loggia, du Corriere della Sera, a donné une explication importante, mais quelque peu sophistiquée, sur l'essence du message Chrétien qui se prête à devenir politique ; dans les faits, la fin ultime de l'influence de l'Église Catholique sur la politique.

    Galli della Loggia, une figure intellectuelle historique et raffinée, n'offre pas un tel message pour son propre intérêt. Mais voyons si je comprends bien. À l'appui de ses déclarations, il apporte diverses raisons géopolitiques concernant les luttes de pouvoir qui ont nécessairement influencé les besoins sociaux de la morale religieuse, et donc le rôle de la religion Catholique (et de l'Église) qui ne peut donc pas prétendre faire partie d'une religion civilisée (toujours opposée à la laïcité) en sacralisant certaines valeurs politiques. Tant et si bien que le Pontife actuel ( je le suppose distinct de son prédécesseur ) aurait assumé ce rôle comme sa principale orientation stratégique pour assurer le commandement de la Miséricorde ( qui dans sa pratique est comprise comme étant les Droits de l'homme ) afin que l'Église Catholique puisse assurer une présence sociale, renonçant ainsi à d'autres rôles politiques.

    Mais dans le domaine des Droits de l'homme, l'Église rivalise avec les institutions internationales ( principalement l'ONU ) et doit s'entendre avec des personnages mystérieux ayant des valeurs plutôt différentes ( George Soros ). J'ai eu du mal à comprendre la conclusion où il explique que, pour l'Église, les Droits de l'homme aujourd'hui sont encore confrontés à un radicalisme sans compromis ( je ne dirais pas cela exactement de cette manière ... ) et risquent donc d'insister sur la refonte de l'Église en tant que partisan d’une religion civile ( quelque chose qui est déjà rejeté ). Cela confirmera que le Christianisme demeure au cœur de notre civilisation. Et par-dessus tout, c’est l'expression problématique qui m’a amené à ma réflexion.

    Outre de nombreuses considérations à propos de qui a causé tout ce processus de laïcisation gnostique, Galli della Loggia nous laisse deviner. C’est toutefois curieux que ce processus analyse toujours les conséquences, mais ignore les causes. Je ne me dérangerai même pas sur le rôle des institutions célèbres ( comme l'ONU ) dont les Secrétaires généraux ont même déclaré la recherche d'un syncrétisme religieux nécessaire pour assurer la paix et la prospérité pour le monde entier. Je voudrais considérer les implications de l'invitation implicite à l'Église à être moins radicale dans la vision des Droits de l'homme et donc à être moins problématique ( si je comprends, ce serait de faire des compromis ).

    Les Droits de l'homme qui seraient promus par l'Église et qui ne sont qu’à quelques décennies d'être proposés par l’organisme de l’ONU sont la conséquence de cette nouvelle éthique ( gnostique ) et ils résultent de découvertes scientifiques qui influencent les tendances socioculturelles.

    De tels Droits de l'homme sont produits par la science et imposés par les organes des Nations Unies ( comme l'OMS --- Organisation Mondiale de la Santé ), mais dans le cadre de leur mission, ils doivent également restructurer le concept de morale et d'éthique, peut-être même en remplaçant les autorités morales.

    Ceci est plus évident par le fait que les droits biologiques ( de l'ONU ) ont maintenant remplacé la bioéthique ( de l'Église Catholique ). Une nouvelle autorité morale d'un nouveau Saint-Siège est imminente : est-ce clair pour le lecteur ? Cela signifie que l'ancienne autorité morale de l'ancien Saint-Siège devrait renoncer à des valeurs non négociables pour se « concilier avec le monde », mais elle ne devrait plus intervenir dans la société en affirmant des principes moraux. De plus, pour être tolérée, la Doctrine Catholique ( y compris le Dogme ) devrait être adaptée en fonction de la loi de « l'évolution théologique » ( que je ne connaissais pas ). Mais cela impliquerait d'accepter le processus de déshumanisation, qui sera compensé par l'intelligence artificielle sanctionnant la victoire de la gnose sur la Création.

    J'aimerais conclure avec deux points. Je crois qu'ils veulent désacraliser définitivement la religion Catholique et sacraliser la religion gnostique. Ils peuvent aussi vouloir tenter une « médiation » avec l'Église par un langage ambigu délibéré sur la miséricorde et les Droits de l'homme. Peut-être que cette tentative pourrait refléter pourquoi Benoît XVI était tellement opprimé lors de son pontificat. Comme le dit Galli della Loggia, le message Catholique n'est peut-être plus accepté pour influencer la politique, mais il est également certain que le message politique ne fera jamais partie du message Catholique.

    Nous ne le permettrons pas. Quelqu'un pourrait même penser à cela, mais il oublie que l'Église est du Christ. Ou il ne l'a pas oublié — il le sait parfaitement bien, c'est précisément pour cela qu'Il lutte pour Elle.