mercredi 20 septembre 2017

Le Père Martin

« Est-ce que quelqu’un me débarrassera
de ces Catholiques qui fourrent leur nez partout ? »



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Centre de Fatima
Le 19 septembre 2017

Le collet monté arrogant et ennuyant Père James Martin, SJ, un promoteur implacable de la déviance sexuelle au sein de l'Église, devait penser qu'il ne s'agissait que d'une navigation claire pour son programme subversif, étant assisté par des membres de haut rang de la hiérarchie, tels que les Cardinaux qui ont loué ses efforts. Maintenant, cependant, Martin vit un accès de colère alors que ses nombreux amis se précipitent à sa défense suite à l'annulation de sa conférence au prestigieux Theological College of Catholic University of America en raison de « l'augmentation des commentaires négatifs de divers sites de médias sociaux ... »

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

C'est-à-dire que les membres laïcs militants de l'Église, en utilisant les moyens de communication sociale, précisément comme le Vatican II l'a suggéré — ceci étant l’« âge de la laïcité » tant vanté— ont fait entendre leur voix. Et ces voix parlent comme une seule : Martin est un ennemi de la Foi qui devrait être traité comme tel ; il devrait être privé d'une tribune par une institution qui se considère comme Catholique.

Pour citer le document conciliaire Inter Mirifica :

« Les laïcs qui, par profession, sont engagés dans ces moyens, chercheront à rendre témoignage à Jésus Christ : d’abord en accomplissant leur métier avec compétence et esprit apostolique, puis en collaborant directement à l’action pastorale de l’Église par une contribution technique, économique, culturelle ou artistique, selon les possibilités de chacun ».

C'est exactement ce que les Catholiques fidèles ont fait via la blogosphère et des sites Web tels que celui-ci : témoigner du Christ contre la saleté hérétique que Martin promeut avec un sourire maladif.

Mais attendez une minute, disent les amis de Martin. Nous ne pouvons pas permettre à cet « âge de la laïcité » d'aller trop loin. L'un d'entre eux — ironiquement un profane — vient d'exiger une « obéissance » à la hiérarchie en défense de Martin, en appelant de toute urgence pour que l'opposition Catholique laïque de Martin soit réduite au silence. Dans un article épouvantable publié par le site cinglé libéral La Croix, un certain Massimo Faggioli — dont le nom pourrait être traduit librement comme « plein de haricots » — Oh ! « Beaucoup de gens ont été choqués lorsque le Theological College à Washington a récemment annulé une conférence du Père James Martin SJ ... en raison de « l'augmentation des commentaires négatifs de divers sites de médias sociaux » liés au plus récent livre du prêtre sur l'Église et les Catholiques homosexuels ... » L'horreur des horreurs, Faggioli s’en fait de la bile, « c'était la troisième fois que le Jésuite était désinvité à donner une conférence précédemment organisée ».

Avec une morne prévisibilité, Faggioli déploie la Big Bertha du démagogue libéral : la haine ! Vous êtes un ennemi ! Dans un sens, c'est vrai : les Catholiques fidèles détestent l'erreur contre la Foi et s'opposent à sa diffusion sous des auspices Catholiques. Mais Faggioli, comme tout démagogue, veut réduire le problème aux personnalités. Les Catholiques qui s'opposent à la subversion de l'enseignement de l'Église par Martin sont de mauvaises personnes à qui tous doivent faire preuve de huées avec obéissance — sans aucune considération des mérites de ce qu'ils disent.

En conséquence, Faggioli déclenche un torrent d’épithètes péjoratives vides aux critiques de Martin : « une campagne de haine et d'attaques personnelles », « du vitriol », « de la violence verbale pour intimider les Catholiques individuels », « une cyber-milice Catholique », « des cyber militants » qui font « partie de « l'âge de la colère » dont l'Église Catholique n'est pas immunisée, « des groupes marginaux », « de l'extrémisme théologique », « le langage de la haine et les nouveaux canaux d'intimidation », « une réaction virulente », « des propagandistes de violence verbale » ».

Aucune citation n'est fournie pour soutenir ces caractérisations de l'opposition Catholique au Père Martin. Peu étonnant, car les critiques adressées à ce subversif ecclésial ne font que citer et défendre l'enseignement de l'Église, y compris celui de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Ah, dit Faggioli, voici l'origine de cette terrible « cyber-milice Catholique » ! Comme il l'explique, apparemment avec sérieux, l'opposition laïque à Martin « est le résultat de plus de trente ans de nominations épiscopales sous Jean-Paul II et Benoît XVI, qui ont refait l'épiscopat Américain à l'image du « guerrier culturel ». Les petits groupes — actifs principalement dans le cyberespace, mais aussi avec un impact sur la vie réelle de l'Église — se sont sentis affirmés et encouragés par le genre de politique de l'Église Américaine façonnée aux États-Unis et imposée par le Vatican ».

Mais tout cela a changé avec l'élection du Pape François, nous assure Faggioli. « Depuis lors » écrit-il, « le paysage de l'Église institutionnelle aux États-Unis a lentement commencé à changer ». Lentement, c'est le dire modérément. Ce pontificat est un tremblement de terre qui « menace de renverser tout l'édifice de l'enseignement moral Catholique » pour citer le professeur Josef Siefert, un membre de la « cyber-milice » redoutée qui a été punie pour avoir dit la vérité par son renvoi d'une chaire de philosophie dans le même institut qu'il a aidé à fonder.

Avec l'avènement de François, le temps est venu d'obéir à Rome et les Évêques — ce qui signifie les Évêques qui sont les défenseurs de Martin — en négligeant l'enseignement des prédécesseurs de François et en se mettant du côté du Père Martin. Cela, de façon hilarante, c'est ce que Faggioli exige :

« Il n'y avait qu'un seul chien de garde doctrinal. Il était à Rome. Mais les Évêques locaux et les supérieurs des Ordres religieux à l'époque pouvaient parfois se lever et défendre leur prêtre (comme ce fut le cas pour la théologie de la libération) ».

« Ce système de contrôle institutionnel sur l'orthodoxie est maintenant devenu plus compliqué ... Ceux qui décident ne sont pas le Pape, la Curie romaine ni les Cardinaux et les Évêques. Ce ne sont pas non plus les Ordres religieux, les théologiens ou les universités Catholiques ».

« Ceux qui semblent être en charge des questions sensibles aujourd'hui sont les propagandistes violents sur les médias sociaux Catholiques .... C'est encore un autre cas de perte de contrôle de la hiérarchie sur l'Église institutionnelle au cours du dernier demi-siècle. ... Nous voyons l'exercice d'une plus grande liberté par de nouveaux mouvements Catholiques, dont les cyber-milices Catholiques sont un sous-ensemble particulier ».

Assez de l'« âge de la laïcité » ! Il est temps de faire tomber la main de fer de Rome sur ces Catholiques qui se fourrent le nez partout ! Ravivant les craintes de son public, Faggioli suggère que ces Catholiques prétentieux font partie du même « ethos » que « le rassemblement Néo-Nazi et de la Suprématie Blanche à Charlottesville, en Virginie », ce qui doit être considéré comme lié idéologiquement à « cette dernière campagne contre le Père James Martin ». Pire encore, ces Catholiques sont — pouvez-vous le croire ? — des Traditionalistes Liturgiques, qui s'opposent à « la réforme de la réforme liturgique » et « utilisent le langage extrémiste de la haine dans la défense de l'orthodoxie Catholique ». Encore une fois, aucune citation probante n'est fournie. Mais qu’y a-t-il besoin de preuve ? Nous savons tous que ce sont des personnes mauvaises.

En résumant ce terrible état des choses, Faggioli regrette que malgré les efforts de François pour promouvoir l'Église Catholique institutionnelle qui essaie de changer, il semble que nous vivions maintenant dans un « Catholicisme post-post-Vatican II » dans lequel « le cyberespace Catholique est devenu la nouvelle police magistérielle et cela effraie l'Église institutionnelle. Les médias sociaux Catholiques sont le nouveau Saint-Office, mais avec peu ou pas des qualifications théologiques et culturelles dont possédait l'ancien Saint Office ». Ce développement, a-t-il ajouté, a créé une « ecclésiologie des médias sociaux Catholiques qui a complètement contourné non seulement la façon dont l'Église Catholique a oeuvré pendant des siècles, mais aussi la façon dont elle est censée fonctionner aujourd'hui ».

Ce n'est pas la façon dont l'Église est censée travailler ! Les laïcs ne sont pas autorisés à exprimer leurs points de vue en défense des enseignements de l'Église que François essaie de changer ! Ils doivent être arrêtés, et Rome doit les arrêter ! Il doit y avoir de l’ordre dans l'Église !

L’article de Faggioli est à la fois ridicule et encourageant. Ridicule car il exige une discipline pour faire respecter l'indiscipline et l'imposition de l'hétérodoxie au nom de l'orthodoxie. Mais il est aussi encourageant parce que si l'influence des laïcs Catholiques militants est aussi grande que celle que Faggioli estime, nous pouvons être témoins de la fin de la crise Arienne du IVe siècle : le rôle indispensable des fidèles laïcs dans la préservation de la Foi en éclipse. Comme le remarquait le Cardinal Newman de cette époque :

« Le corps de l'épiscopat était infidèle à son mandat tandis que le corps des laïcs était fidèle à son Baptême ... Une fois, le Pape, en d’autres occasions le Patriarche, le Métropolite et d'autres grands Sièges, à d'autres fois les Conciles généraux, ont dit ce qu'ils n'auraient pas dû dire ou ont obscurci et compromis la vérité révélée ; tandis que, d'autre part, c'était le Peuple Chrétien qui, sous la Providence, était la force ecclésiastique d'Athanase, de Hilaire, d'Eusèbe de Verceil et d'autres grands Confesseurs solitaires qui auraient échoué sans eux.

Que Notre-Dame de Fatima intercède pour nous pour défendre son Église contre les ennemis qui attaquent la Foi de l'intérieur tandis que les laïcs s'efforcent de la défendre.