jeudi 19 octobre 2017

Est-ce que ce Cardinal du Vatican a faite volte-face envers
la Communion aux divorcés/remariés à cause du Pape François ?



TEXTE COMPLET DE LA CONFÉRENCE ICI

Par : Pete Baklinski

Pete Baklinski a un B.A. en arts libéraux et possède une maîtrise en Théologie avec une spécialisation sur le mariage et la famille (STM). Il est marié à Erin. Ensemble, ils ont six enfants.



SOURCE : Life Site News
Vendredi le 18 octobre, 2017

UNE ANALYSE

CORNWALL, Ontario, le 18 Octobre 2017 ( LifeSiteNews ) —
Les enseignements controversés du Pape François sur le Mariage et la Famille ont apparemment fait renverser la position antérieure d’un haut Cardinal du Vatican qui affirmait auparavant que les divorcés Catholiques et remariés civilement ne peuvaient pas recevoir la Sainte Communion.

Le Cardinal Marc Ouellet, Préfet de la Congrégation du Vatican pour les Évêques, qui supervise la nomination des Évêques du monde entier, a déclaré dans un discours le mois dernier que l’Exhortation Amoris Laetitia du Pape de 2016 « peut ouvrir une porte » aux divorcés Catholiques civilement remariés à recevoir la Sainte Communion. Il a dit que certains ont vu dans l'enseignement du Pape « la bonne nouvelle d'une ouverture ».

« Ce qui peut ouvrir à recevoir l’aide des Sacrements de pénitence et d’Eucharistie « dans certains cas », dit-on en note, à ne pas généraliser ni banaliser, mais à discerner soigneusement dans une logique de miséricorde pastorale » a-t-il déclaré à plus de 80 Évêques et Éparchs présents à la séance plénière du 25 septembre de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada.

Le Cardinal faisait référence à la note de bas de page 351 où le Pape écrit que ceux qui vivent dans une situation objective de péché peuvent recevoir « l'aide des Sacrements » pour grandir dans la vie de la grâce et de la charité.

Ouellet est l'ancien Archevêque de Québec et a été considéré comme l'un des principaux prétendants à la papauté lors du conclave de 2013 au cours duquel le Pape François a été élu. Il avait gagné le respect des défenseurs de la vie et de la famille pour ses positions fortes dans la défense de la vie, du mariage et de la famille.

La position exposée par le Cardinal dans son discours semble contredire la position qu'il maintenait sur la question avant Amoris Laetitia. Dans son livre de 2015 Mystère et Sacrement de l'Amour , il a expliqué qu'il est impossible pour les divorcés et remariés de recevoir la Communion.

« Malgré la pression des cultures et des opinions théologiques, le Saint-Siège ne permet pas la Communion Eucharistique aux personnes qui ont contracté un lien sacramentel et l'ont ensuite abandonné pour former un autre lien non-sacramentel » a-t-il écrit à cette époque.

Le Cardinal a ensuite cité l’Exhortation Familiaris consortio du Pape Saint Jean-Paul II de 1981.

Le document affirme que « les personnes divorcées et remariées Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis [ à la Communion ] car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie» (CF 84) » a-t-il cité dans son Exhortation.

« Une autre raison pastorale est également donnée : « si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Église concernant l'indissolubilité du mariage ». a-t-il ajouté.

Le Cardinal a déclaré que donner la Sainte Communion aux divorcés et remariés équivaudrait à une « fausse Communion ».

Ceux qui se sont divorcés et qui se sont remariés sont dans une situation qui contredit objectivement le lien ecclésial indissoluble qu'ils ont solennellement exprimé devant la communauté. Ils sont incapables de représenter dans le monde l’« amen » inconditionnel de l'Église-Épouse » au don de l'Époux dans l'Eucharistie. La Communion des personnes divorcées et remariées ne serait pas un « amen » véritable, personnel et ecclésial au Corps et au Sang du Christ, brisé et répandu pour le salut des époux et de toute l'humanité. Tout en respectant le secret de la conscience, l'Église ne peut pas permettre la Communion sacramentelle dans de tels cas, car le faire serait — objectivement — permettre une fausse Communion qui contredirait sa fidélité au sacrifice de l'Époux.

Les « exceptions » deviennent rapidement la norme

Dans son entretien avec les Évêques Canadiens, le Cardinal a continué à discréditer ceux qui disent que faire des exceptions pour les Catholiques divorcés/remariés à recevoir la Communion « dans certains cas » est un départ de l'enseignement Catholique précédent.

« Il s’agit en effet « d’exceptions » qui ne signifient pas un changement de la Doctrine ou de la discipline sacramentelle, mais une application plus différenciée et adaptée aux circonstances concrètes et au bien des personnes (300) » a-t-il dit.

« J’insiste pour dire que toute interprétation alarmiste dénonçant un bris de continuité avec la Tradition, ou bien un laxisme célébrant un accès enfin concédé aux Sacrements pour les divorcés remariés, est infidèle au texte et à l’intention du Souverain Pontife » a-t-il ajouté.

Mais le théologien moral Christian Brugger, Doyen de philosophie et de théologie à l'Université de Notre Dame en Australie, a déclaré à Life Site News que la position du Cardinal Ouellet selon laquelle l'Église peut autoriser des exceptions à la norme tout en gardant intact l'enseignement authentique est problématique.

« Il n'y a pas d'exception aux normes morales sans exception interdisant les actes intrinsèquement mauvais tels que les relations sexuelles extraconjugales » a-t-il dit.

Brugger a cité le Pape Saint Jean-Paul II dans son Encyclique Veritatis splendor de 1993 pour faire son point :

Par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n'y a de privilège ni d'exception pour personne. Cela ne fait aucune différence si l'on est le maître du monde ou le « plus pauvre des pauvres » sur la face de la terre. Devant les exigences de la morale, nous sommes tous absolument égaux. (Note : italique dans l’original)

Brugger commenté :

« La norme ininterrompue qui interdit aux personnes remariées sexuellement actives de recevoir l'Eucharistie, à moins qu'elles ne se résolvent fermement à vivre dans une continence parfaite, repose sur l'enseignement définitif que les rapports sexuels avec quelqu'un d'autre que sa femme sont toujours mal ».

Il a ajouté qu'il n'est « pas » alarmiste « de conclure que si une véritable exception est approuvée, le caractère sans exception de la norme est mis en péril ».

Brugger a noté à quel point il est facile que les exceptions deviennent rapidement la norme, par exemple lorsque la Conférence Anglicane de 1931 a abandonné l'enseignement Chrétien contre l'usage de la contraception en autorisant certains couples dans des situations hautement qualifiées à la contraception.

L'interprétation du Cardinal Ouellet d’Amoris Laetitia semble contredire l'interprétation d'un certain nombre de ses frères Évêques au Canada, qui considèrent l'Exhortation comme une continuation de l'enseignement Catholique en refusant la Communion aux divorcés Catholiques /remariés civilement.

Profaner le Corps et le Sang du Seigneur

L'Église Catholique enseigne que les fidèles peuvent recevoir la Communion s'ils ont la disposition appropriée, à savoir qu'ils sont en état de grâce (exempt du péché mortel).

Rompre le Sixième Commandement qui interdit l'adultère a toujours été considéré par l'Église Catholique comme un péché grave. L'Église suit l'enseignement de Saint Paul dans cette affaire où il déclare que celui qui « mange le pain ou boit la Coupe du Seigneur d'une manière indigne sera coupable de profaner le Corps et le Sang du Seigneur ».

Ceux qui reçoivent indignement le Corps et le Sang du Seigneur « mangent et boivent le jugement sur eux-mêmes » enseigne Saint Paul.

C'est à cause de cette même question de la Communion pour les divorcés/remariés que Quatre Cardinaux ont émis cinq questions formelles (dubia) au Pape François, lui demandant si son enseignement était conforme à l'enseignement Catholique pérenne. Ils lui ont demandé spécifiquement si Amoris Laetitia permet aux couples adultères habituels de leur accorder l'absolution et qu’ils recevent la Sainte Communion. Jusqu'à présent, le Pape a refusé de répondre à leurs questions. Entretemps, deux des Cardinaux sont morts.

Le mois dernier, plus de 60 membres du clergé Catholique et des laïcs chercheurs ont publié une « correction filiale » au Pape François parce qu’il « propage l'hérésie ». Il y a parmi les « paroles, les actes et omissions » du Pape François, disent-ils, certains qui promeuvent l'hérésie, à savoir des mentions du Pape concernant des interprétations de son Exhortation qui permettent que la Communion soit donnée aux adultères.

Les signataires l'appellent explicitement une hérésie que « Notre Seigneur Jésus-Christ voudrait que l'Église abandonne sa discipline pérenne de refuser l'Eucharistie aux divorcés/remariés ... qui n'expriment pas la contrition de leur état de vie et un ferme dessein d'amendement en ce qui concerne cet état ».

La « conversion pastorale » nécessaire pour comprendre le Pape

Au cours de son discours, le Cardinal Ouellet a déclaré que le clergé avait besoin d'une « conversion pastorale » pour comprendre et mettre en œuvre l'enseignement du Pape François.

« Sans cette conversion du regard qui valorise la personne en cheminement, on ne peut adopter l’attitude pastorale adéquate d’accueil, d’écoute, de dialogue et de miséricorde » a-t-il dit.

Le Cardinal a dit que le clergé qui a vécu cette conversion aura un « respect de la prise de décision personnelle même si les choix ne sont pas encore tout à fait conformes à l’idéal Évangélique enseigné par l’Église. ».

Grâce à une telle conversion, les pasteurs qui accompagnent ceux qui vivent dans des « situations irrégulières » pourront « discerner » le « fossé qui existe entre les normes générales et les circonstances particulières » a-t-il dit. Cela permettra à ces pasteurs de voir « la possibilité de vivre subjectivement en grâce dans une situation objective de péché (301)(305) » a-t-il ajouté.

Ailleurs dans son discours, le Cardinal a déploré ce qu'il a appelé un « écart béant » dans l'Église Catholique Canadienne entre « l’enseignement officiel de l’Église et le vécu des couples et des familles ».

Il a noté comment les « théologiens et pasteurs » Canadiens ont reçu l’Encyclique Humanae Vitae de 1968 du Pape Paul VI contre la contraception « a reçu un accueil mitigé, voire passivement dissident ». Ceci, a-t-il ajouté, n'a pas aidé à sa mise en œuvre pastorale. Il a souligné son espoir que Amoris Laetitia soit accueilli avec une acceptation plus large en raison de l'insistance du Pape sur « l'accompagnement, le discernement et l'intégration. »

Fait intéressant, le Cardinal n'a pas mentionné que ce sont les Évêques Canadiens eux-mêmes qui ont été ouvertement dissidents à Humanae Vitae deux mois après sa sortie. Dans leur « Déclaration de Winnipeg » controversée du 27 septembre 1968, les Évêques ont ouvert une porte aux couples pour utiliser la contraception, déclarant que si un couple « a essayé sincèrement mais sans succès de suivre une ligne de conduite conforme aux directives données, soyez assurés que celui qui choisit honnêtement la voie qui lui semble juste le fait en bonne conscience ».

Le Cardinal a conclu son discours en faisant remarquer comment l'enseignement d’Amoris Laetitia est une « méthode pastorale à portée universelle » qu’il « ne se limite pas à des situations considérées comme « irrégulières ».


TRÈS COURT EXTRAIT DE SA CONFÉRENCE
DU 25 SEPTEMBRE AUX ÉVÊQUES CANADIENS



Durée : moins de 5 minutes