mardi 24 octobre 2017

En reprenant le Cardinal Sarah, le Pape se contredit


Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 23 octobre 2017


Une fois de plus, le Pape François a annoncé un changement dans le Droit Canon — sans changer le droit canon.

Dans sa lettre au Cardinal Sarah, rendue publique le 22 octobre, le Pape affirme que certaines dispositions de Liturgiam Authenticam « ont été abrogées » et que le document de 2001 « doit être soigneusement repensé ». Personne ne conteste l'autorité du Pape de modifier ou même d’annuler un document précédent du Vatican. Mais en réalité il n'a pas amendé ou annulé Liturgiam Authenticam. Au contraire, dans son dernier document sur les traductions liturgiques, il a annoncé que les instructions existantes du Vatican « étaient et restent au niveau des directives générales et, autant que possible, elles doivent être suivies par des commissions liturgiques comme étant les instruments les plus appropriés ».

Alors le Pape dit aux traducteurs qu'ils doivent suivre les directives de Liturgiam Authenticam, mais certaines parties de ce document ( il n'identifie pas quelles parties ) ont été abrogées et tout doit être repensé. Alors quelle orientation peuvent-ils tirer de façon fiable de l'instruction du Vatican ? Pas grand chose ; ils sont à eux seuls.

Pour être juste, dans sa lettre au Cardinal Sarah, le Pape propose son triple test pour les traductions liturgiques :

« Elles doivent être fidèles, dit-il, à l'original en latin. Bien ; c'est la leçon clé de Liturgiam Authenticam.

Ensuite, elles doivent être fidèles à la langue dans laquelle elles sont traduites. C'est une construction maladroite, mais cela semble vouloir dire qu'une traduction en français devrait être rendue dans un français gracieux et grammatical. Bien.

Enfin, le Pape dit que la traduction doit être fidèle à la compréhension du public. Ici, la « ligne directrice » papale ne fournit aucune indication. Notre compréhension d'un texte est façonnée par la traduction. Nous — les lecteurs ou les auditeurs — ne pouvons savoir si le traducteur a été fidèle à notre compréhension, à moins que nous ne connaissions la langue d'origine et que nous ne vérifions la traduction par nous-mêmes. Nous pouvons seulement savoir que le traducteur est fidèle à sa propre compréhension ; nous sommes à sa merci.

Liturgiam Authenticam a donné aux laïcs la confiance que dans toute nouvelle traduction liturgique, nous entendions une étroite approximation du texte préparé et approuvé par l'Église universelle — pas simplement un « équivalent dynamique » qui représente ce que certains traducteurs ambitieux pensaient que nous devrions tirer du texte. Cette confiance a-t-elle été abrogée ?