dimanche 22 octobre 2017

Les Brigades Bergogliennes réagissent à la Correctio Filialis



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : The Remnant
Le 21 octobre 2017

C'était, bien sûr, inévitable. Un groupe du clergé Progressiste, des théologiens, des universitaires et des politiciens, dont beaucoup avec des profils de dissidence radicale par rapport au Magistère , a créé un site Web appelé Pro Pope Francis dont le but est de défendre le mastodonte Bergoglien contre ses adversaires Catholiques, surtout les signataires de la Correctio Filialis.

La Correctio, dont je suis l’un des signataires, identifie « 7 positions hérétiques sur le mariage, la vie morale, et la réception des sacrements » qui se sont répandues dans toute l'Église sur la seule base des nouveautés morales de Amoris Laetitia (AL). La principale de ces propositions inédites est que les personnes divorcées et remariées peuvent recevoir l'Absolution et la Sainte Communion sans cesser leurs relations sexuelles adultérines tout en « discernant » leur obligation morale selon « la complexité concrète des limitations » (AL 303).

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont The Remnant.

En bref, l'éthique de la situation appliquée au Sixième Commandement qui est sans exception afin d'excuser les relations sexuelles en dehors du mariage, qui sont intrinsèquement mauvaises et jamais permises en aucune circonstance. Pour citer Jean-Paul II dans Veritatis splendor , dont l'enseignement, conformément à l’ensemble de la Tradition, est maintenant renversé dans la pratique dans un diocèse après l’autre :

Les préceptes négatifs de la Loi Naturelle sont universellement valables : ils obligent tous et chacun, toujours et en toute circonstance. En effet, ils interdisent une action déterminée semper et pro semper, sans exception, parce que le choix d'un tel comportement n'est en aucun cas compatible avec la bonté de la volonté de la personne qui agit, avec sa vocation à la vie avec Dieu et à la communion avec le prochain. Il est défendu à tous et toujours de transgresser des préceptes qui interdisent, à tous et à tout prix, d'offenser en quiconque et, avant tout, en soi-même la dignité personnelle commune à tous.

La Correctio démontre encore au-delà de toute contestation raisonnable que François, au moyen de documents écrits et de déclarations orales en faveur de ce développement, et par son refus de répondre aux questions et aux demandes concernant Amoris Laetitia des Quatre Cardinaux et près d’un million de fidèles, « a causé ces opinions hérétiques à se répandre dans l'Église Catholique ».

Le site Pro Pope Francis présente une lettre ouverte à François qui précise que les signataires ne sont pas intéressés à défendre la Foi, ni l'Église ni même la papauté, mais simplement et seulement François et ses nouveautés, précisément parce qu'elles rompent radicalement avec le Magistère authentique :

Cher très estimé Pape François,

Vos initiatives pastorales et leur justification théologique sont actuellement sous l'attaque véhémente d'un groupe dans l'Église. Avec cette lettre ouverte, nous souhaitons exprimer notre gratitude pour votre leadership papal courageux et théologiquement sain.

En peu de temps, vous avez réussi à remodeler la culture pastorale de l'Église Catholique en fonction de son origine en Jésus. Les personnes blessées et la nature blessée vont droit au cœur. Vous voyez l'Église comme un hôpital de campagne en marge de la vie. Votre préoccupation se porte sur chaque personne aimée par Dieu. En rencontrant les autres, la compassion et non la Loi aura le dernier mot. Dieu et la Miséricorde de Dieu caractérisent la culture pastorale que vous attendez de l'Église. Vous rêvez d'une « Église comme mère et bergère ». Nous partageons votre rêve.

Nous vous demandons de ne pas vous détourner du chemin que vous avez emprunté, et nous vous assurons de notre soutien total et de notre prière constante.


François, le seul parmi tous les Papes dans l'histoire de l'Église, se soucie des « personnes blessées ». Seul François voit « l'Église comme un hôpital de campagne en marge de la vie » (quel que soit ce que cela signifie). Seul, François veille à ce que « chaque personne soit aimée de Dieu ». Seul François assurera que « la compassion et non la Loi aura le dernier mot ». Avec François seul, « Dieu et la Miséricorde de Dieu caractérisent la culture pastorale ». François seul parmi tous les Papes rêve d'une « Église comme mère et bergère », ce que l'Église n'était sûrement pas avant François.

C'est-à-dire que François seul semble prêt à accomplir le puissant travail de transformation de l'Église Catholique en une secte Protestante libérale que même Luther ne rêvait pas de créer et qu'il considérerait probablement comme une perversion cauchemardesque libertine de la religion Chrétienne.

Que ces Progressistes radicaux en faveur du Pape — voulant dire ce Pape seul — soient des hypocrites au plus haut point qui rejettent le concept même d'un Pontife Romain, dont les déclarations autoritaires sur la Foi et la morale commandent l'assentiment, est le point évident. Le point le moins évident est qu'en exigeant l’obéissance à la « direction papale courageuse et théologiquement saine » de ce Pape seul, ils avancent la même erreur théologique que deux autres groupes dans l'Église : les sédévacantistes et les néo-Catholiques.

Les trois groupes insistent sur le fait qu'un Pape ne peut pas commettre une erreur concernant la Foi et la morale dans les quatre coins de tout document papal qu'il pourrait choisir de promulguer. Cette prétention se dispense des limites strictes de l'infaillibilité papale et de la distinction vitale entre, d'une part, le Magistère bimillénaire authentique et, d'autre part, les enseignements d'un Pape particulier, certes susceptibles d'erreur et donc de rupture avec le Magistère authentique quand il ne parle pas ex Cathedra. L'histoire l'a montré plus d'une fois et François est déjà l'exemple historique par excellence de cette capacité pontificale de l'erreur en dehors des définitions dogmatiques formelles.

Chacun des trois groupes revendique cette prétention indéfendable pour un motif différent, cependant :

Les Progressistes exigent l’obéissance à François parce qu'il est le Pape qu'ils attendaient alors que pour l'enseignement des autres Papes, ils en prennent ou ils en laissent selon leur fantaisie.

Les sédévacantistes ont besoin d’un Pape infaillible et irrésistible afin qu'ils puissent soutenir que les Papes Conciliaires, ayant prononcé certaines erreurs ou décisions, ne peuvent pas être Papes. Les sédévacantistes se font un plaisir en faisant valoir que les Traditionalistes doivent soit obéir aux Papes Conciliaires sans broncher dans tout ce qu'ils déclarent ou bien les rejeter comme imposteurs au complet puisqu'il n'y a pas de via média [ milieu ] par lesquels on peut « reconnaître, mais résister à un » Pontife Romain égaré dans un cas particulier. Ils plaident pour une caricature absurde et non historique de la papauté qui en fait une dictature absolue.

Les néo-Catholiques ne peuvent pas admettre qu'ils ont échoué à reconnaître la crise ecclésiale pour ce qu'elle est —une rupture catastrophique avec la Tradition approuvée ou tolérée par les Papes Conciliaires — ils s'arrangent pour imposer un « lecture orthodoxe » torturée des innombrables déclarations douteuses du Pape ou de ses actions, y compris les nouveautés désastreuses d’Amoris Laetitia, afin de nier qu'il y ait une telle crise.

Nous pouvons compter sur les trois groupes pour agir comme un pour dénoncer toute critique sur les nouveautés Bergogliennes qui se multiplient sans fin, peu importe ce qu'elles sont ( y compris les femmes diacres, les prêtres mariés, l’intercommunion avec les Protestants, et une « révision » de Humanae Vitae, tous ces éléments qui sont censément dans leur phase de planification ). Le résultat probable sera — en effet, c’est déjà commencé — une persécution interne brutale des défenseurs de la Tradition, semblable à celle endurée par les disciples de Saint Athanase lors de la crise Arienne.

Préparez-vous au pire. Mais espérez le meilleur : si ce n’est pas la délivrance de l'Église des griffes de François et de ses collaborateurs, alors, ce sera après lui, quand tout semblera perdu, une fin des plus dramatique de toute la crise ecclésiale. La restauration ecclésiale est inévitable, car le Saint-Esprit l’accomplira même si nous ne vivons pas pour le voir.