vendredi 6 octobre 2017

Monseigneur Nicola Bux sur ...

L'apostasie actuelle et la sainteté du Cardinal Caffarra




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 3 octobre 2017


Monseigneur Nicola Bux est un ecclésiastique hautement respecté et ancien conseiller à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui a été impliqué dans la restauration de la Messe Latine Traditionnelle du Pape Benoît XVI en juillet 2007. Il a récemment écrit un avant-propos pour un livre écrit par le professeur Ettore Gotti Tedeschi, ancien président de la Banque du Vatican (IOR). Plus récemment, en ce mois de juin dans une interview avec Edward Pentin, il a également fait entendre sa voix en faisant référence à la crise actuelle de l'Église, en demandant au Pape lui-même de faire une sorte de Profession de Foi publique afin de rassurer les fidèles. Monseigneur Bux a ainsi dit ce qui suit :

« Nous sommes dans une pleine crise de la Foi ! Par conséquent, pour arrêter les divisions en cours, le Pape — comme Paul VI en 1967, face aux théories erronées qui circulaient peu de temps après la conclusion du Concile — devrait faire une Déclaration ou une Profession de Foi, affirmant ce qui est Catholique et corriger ces paroles et actes ambigus et erronés — les siennes et celles des Évêques — qui sont interprétés de manière non Catholique ».

Au cours de cette entrevue de juin 2017, Don Bux a également parlé de l'apostasie qui se déroule actuellement dans l'Église. Dans une nouvelle interview maintenant — cette fois avec le journal Italien La Verità — Don Bux revient sur le thème de l'apostasie générale. Nous le remercions avec gratitude Giuseppe Nardi qui a publié — le 27 septembre, le jour même de la publication de cette interview — une traduction en Allemand de l'article Italien original. ( Certaines parties d'une version Italienne de l'interview se trouvent ici ). Dans ce qui suit, nous nous appuierons sur ce travail.

Tout d'abord, l'intervieweur Francesco Agnoli précise que Don Bux lui-même était parmi les trois candidats, il y a cinq ans sous le Pape Benoît XVI, susceptibles d’être nommé Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ce fait seul montre comment il a été respecté pour sa grande compétence et sa polyvalence. Agnoli souligne également que Don Bux est ami avec les Cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller.

En outre, Agnoli interroge Don Bux sur le Centenaire des Apparitions de Notre-Dame de Fatima et si la Prophétie essentielle de Fatima a déjà été accomplie ou si elle est toujours due pour l'avenir.

Don Bux répond avec les paroles suivantes :

« Pour nous, la seule prophétie accomplie provient de Jésus-Christ, comme Il l'a dit Lui-Même : « Tout est achevé ! » [ « Consummatum est ! » ] Néanmoins, il nous reste à chacun de nous d’accomplir ce qui manque encore à [ la souffrance du ] Corps Mystique du Christ, qui est l'Église. Ainsi, Fatima s'accomplit dans la souffrance du Corps Mystique du Christ, l'Église Catholique qui, et ceci est clair pour nous tous à voir, souffre maintenant de l'apostasie, l'abandon de ce qu'on a cru et confessé toujours partout, et par tous. En un mot : le Dogme ».

Après le commentaire personnel d'Agnoli qui a dit, en effet, « ce sont des paroles fortes », Don Bux explique davantage le sens de ses paroles :

« Ne sont-ils pas clairement visibles, les paroles et les actes des prêtres qui contredisent les autres prêtres, des laïcs en contradiction avec d'autres laïcs, encouragés par la scission entre les Évêques dans la question de savoir si la Foi et la Morale Catholique existent encore ? Pour un nombre croissant de Catholiques, le Magistère n'est plus un signe d'unité. [...] La communauté est brisée quand quiconque dans l'Église abandonne la Vérité et accepte l'erreur. Malheureusement, cela s'est déjà produit dans le passé. C'est pourquoi Jésus a prié pour que nous soyons un afin que le monde voie et croie ».

En parlant du Motu Proprio Summorum Pontificum et de la Messe Traditionnelle en Latin, Don Bux précise que la réalité se rendra toujours, à terme, libre. La réalité, à ses yeux, est que beaucoup de gens « se voient retourner à la Foi et trouvent souvent leur propre vocation » en participant à la Liturgie Traditionnelle. Cependant, « l'idéologie nie cette réalité », explique Don Bux. Il y a des gens qui souhaitent nier cette réalité — « qui est toujours [ une forme ] d'idéologie ». Cette réalité, cependant, ne peut, après tout, être arrêtée :

« La réalité, cependant, c’est comme l'eau : si on la bloque d'un côté, elle cherche un autre chemin. Quiconque souhaite annuler le Motu Proprio [Summorum Pontificum] devra faire face à un grand mouvement de résistance, une Église résistante, une réalité croissante et non répressible ; et cela pour une raison simple, à savoir, parce qu'elle éprouve le renouvellement de la Liturgie comme une renaissance de la sainteté dans nos cœurs ».

Ce commentaire pourrait avoir une certaine pertinence en ce qui concerne les spéculations récentes selon lesquelles le Pape François envisage d'atténuer ou même de « supprimer » la Messe Traditionnelle en Latin. Don Bux pense également que la restauration des Traditions Liturgiques pourrait favoriser une croissance du rapprochement entre l'Église Orthodoxe Orientale et l'Église Catholique.

Enfin, Agnoli demande à Don Bux au sujet du Cardinal Carlo Caffarra et de l'héritage qu'il a laissé derrière lui. Nous citons ici la réponse, dans son intégralité, parce qu'elle est si gracieuse et parce qu'elle reflète aussi la profonde spiritualité de Don Bux lui-même :

« Surtout la sainteté, comprise au sens étymologique, c'est-à-dire : préserver la « distance de sécurité » d’avec le monde, comme tout Chrétien doit faire. Alors : la sainteté de [ sa ] pensée : une pensée qui plaît à Dieu, c'est-à-dire complète, Catholique ; et pas influencée par les modes du jour. Aussi : la sainteté de ses paroles : la transmission douce et claire d'une pensée profonde d'une Foi qui a été pensée et bien considérée. Une parole convaincue qui est convaincante, donc attrayante. Et, à tout le moins, en conséquence : la sainteté de ses actes dans la sanctification, son enseignement et sa gouverne. Sine Doctrina vita est quasi mortis imago [« sans Doctrine, la vie est comme une image de la mort »], a déclaré Cato le Jeune. Il y en a beaucoup qui peuvent témoigner de la sainteté du Cardinal et qui demandera l'ouverture du processus de béatification. Je voudrais terminer avec une pensée qu'il a lui-même exprimé assez souvent dans le passé récent : le Seigneur travaille généralement en silence et avec quelques personnes ».

Pour mettre fin à ce rapport, permettez-nous de réfléchir aux dernières paroles du Cardinal Caffarra, tels qu'elles ont été citées ici par Don Bux. C'est une des grandes joies en ces jours troublés au sein de l'Église Catholique de voir des personnes sortir dans le public témoignant de tant de sainteté et qui, tous individuellement et de différentes façons, nous donnent l'encouragement et la croissance des Catholiques dans une Foi plus profonde. C'est en raison des exemples de ces saintes âmes — clergé et laïques — que nous pouvons être plus confiants que tous les Catholiques du monde auront la chance d'entendre la Vérité et de s'y conformer. La Correction filiale récente ( la Correctio Filialis ) n’a pas été la moindre, telle qu'elle a été publiée le 24 septembre de cette année, qui a maintenant gagné une couverture mondiale dans les médias. Soyons donc reconnaissants pour l'accès possible à la Vérité et pour le bien probable que de nombreuses âmes, en entendant les paroles fidèles de cette Correction, puissent maintenant revenir à la Vérité du Christ. Dieu ne nous abandonne pas. En Son temps, il nous envoie toujours des saints pour nous rappeler à Lui.