samedi 20 mai 2017

« Sacrilège »

L'Archevêque de Montréal donne la Communion
au pro-avortement Justin Trudeau

Premier Ministre du Canada



Par : Lianne Laurence
Vendredi 19 mai 2017 - 12 h 17 HNE

SOURCE : Life Site News




MONTREAL, le 19 mai 2017 (Life Site News) – L’Archevêque de Montréal Christian Lépine s’est défendu mercredi d’avoir donné la Sainte Communion au Premier Ministre Catholique notoirement pro-avortement pendant la Messe en décrivant cela comme « un geste d'espoir ».

Le Premier Ministre Libéral Justin Trudeau a reçu la Sainte Communion et était parmi les dignitaires qui ont parlé depuis le Sanctuaire lors d'une Messe marquant le 375e anniversaire de Montréal et que Radio-Canada a diffusée en direct depuis la Cathédrale Notre-Dame.

Le Cardinal Gérald Lacroix de la Ville de Québec, le Cardinal Thomas Collins de Toronto et le nonce papal, l'Archevêque Luigi Bonazzi, ont été parmi les prélats qui ont concélébré avec Lépine.

L'événement a été largement diffusé, avec le site National Catholic Register présentant une photo sur sa page Facebook. La vidéo de la Messe a également été archivée sur CPAC.

Le Code de Droit Canonique de l'Église exige que les ministres de l'Eucharistie refusent la Communion à ceux qui sont excommuniés ou qui « persévèrent obstinément dans le péché grave manifeste ». Cette loi est basée dans l'enseignement de Saint Paul dans 1 Corinthiens 11 :29 : « Si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même ».

Le Cardinal Joseph Ratzinger, qui est devenu plus tard le Pape Benoît XVI, a affirmé dans une lettre du Vatican de 2004 que cette loi s'applique aux politiciens pro-avortement.

L'Église considère que de refuser la Communion dans ces cas constitue un acte de compassion. Il est destiné à protéger l'individu de commettre le sacrilège de consommer l'Hostie dans un état de péché grave et d'éviter le scandale de montrer de l'approbation envers des actions gravement pécheresses de l'individu.

« Justin Trudeau est un exemple de paradigme d'un Catholique apostat de haut niveau qui devrait se voir refuser la Communion » a déclaré à l'émission Life Site News, Georges Buscemi, Président de la Coalition Québécoise pour la Vie.

« Il est raisonnable qu'un politicien comme lui, qui a comme but de sa vie de détruire la Foi Catholique et la connaissance de la loi morale naturelle au Canada, devrait être invité à ne pas se présenter pour la Communion » a déclaré M. Buscemi.

« Cela devrait être fait par amour pour lui et pour ceux qui seraient scandalisés en voyant son comportement maléfique affirmé par un Évêque ».

« Un geste d'espoir »

La nomination de l'Archevêque Lépine au Siège de Montréal en 2012 a été perçu comme un signe d'espoir pour l'Église au Québec. Sa profonde dévotion envers les enseignements et les pratiques de l'Église contrastait nettement avec son prédécesseur.

Sa nomination venait au milieu des protestations des militants de l'avortement. Pourtant, il a volontairement affirmé les enseignements de l'Église sur la vie, le mariage et la sexualité. Il a conduit des processions Eucharistiques comme un signe de contradiction dans le cœur de la ville autrefois Catholique. Pour la première fois, l'Archevêque de Montréal a établi une pratique d’assister à la Marche Nationale d'Ottawa pour la Vie.

En 2012, la Coalition Québécoise pour la Vie de Buscemi lui a décerné le prix de « Défenseur de la Vie » comme « preuve de ce qu'il a fait pour la vie et la famille dans le passé et comme signe de notre soutien à tous ses projets futurs en défense de la vie et la famille ».

L'Archevêque Lépine a déclaré à Life Site News jeudi qu'il a donné à Trudeau la Sainte Communion comme un « geste d'espoir » et « pour rester en contact et pour comment garder un pont ouvert, si je puis dire ».

« Il y a un « besoin de faire la distinction entre l'être humain et ce que la personne fait ou dit ou pense » et de « rester concentré sur ce qu’est la personne, un être humain appelé par le Christ, appelé à la vraie liberté » a-t-il déclaré dans un appel téléphonique de Montréal.

« Je pense que l'une des difficultés est que nous vivons dans une dialectique de l'opposition, des groupes de pression contre des groupes de pression, des façons de penser contre des façons de penser, mais derrière cela, nous sommes tous des êtres humains, alors j'essaie d'atteindre ce niveau ».

Life Site News a demandé à Lépine s'il avait tenté de rencontrer Trudeau avant la Messe pour lui parler de sa position pro-avortement.

L'Archevêque a répondu que les « communications privées » étaient « privées » et a ajouté que « publiquement, il y a un besoin de communication, et il y a eu communication, mais il y a beaucoup de forces dans la société, encore une fois, c'est une question d'espoir ».

Lorsqu'on lui a demandé comment il répondait à ceux qui voient cela comme un sacrilège, Lépine a encore souligné la distinction entre « la personne et les actes de la personne et ce que la personne dit ».

C'est « aller trop loin » si quelqu'un « se sent rejeté en tant que personne » a-t-il déclaré à Life Site News.

C'est comment discuter de ce qui est dit ou de ce qui fait sans rejeter la personne en tant que personne et comment le faire. C'est donc un défi, c'est ce que j'essaie de faire ».

En ce qui concerne le scandale, Lépine a répondu que « cela peut causer un scandale aux fidèles si vous coupez quelqu'un ».

Il a réitéré que la distinction doit être faite entre la personne et ce que cette personne « fait ou dit ou pense » et que « vous ne perdez pas de vue que c'est un être humain créé à l'image de Dieu ».

Lépine a déclaré que des efforts étaient en cours pour établir un contact avec Trudeau. « L'appel se produit, mais si vous voulez appeler, vous devez être connecté, vous devez vous rencontrer à quelque part ».

« Un sacrilège »

L'Église Catholique enseigne que l'avortement — le meurtre délibéré et intentionnel de l'enfant dans le sein maternel — est un péché grave et ne peut être justifié en aucune circonstance.

Il est bien connu que Trudeau a fait la promotion de façon persistante et sans aucun remords de l'avortement tout au long de sa carrière politique.

En effet, il ne serait pas exagéré de dire que de défendre le « droit » de la femme de choisir l'avortement, qu'il insiste, à tort, être dans la Chartre des Droits, c'est une position politique déterminante de Trudeau.

En 2014, en tant que leader du Parti Libéral, Trudeau a interdit à quiconque ayant des convictions pro-vie de se présenter comme candidat au Parti Libéral.

En tant que premier ministre, il a poussé sur l'accès à l'avortement à l'Île-du-Prince-Édouard, il a accordé 20 millions de dollars au fonds mondial Néerlandais pour l'avortement « She Decides » et a affecté 650 millions de dollars sur trois ans pour promouvoir et fournir des avortements dans le cadre de l'aide du Canada aux pays en développement.

En outre, ses déclarations publiques à l'appui de l'avortement sont légion.

Trudeau s'oppose publiquement à l'enseignement de l'Église Catholique sur l'homosexualité, soutient l'idéologie du genre et a adopté une loi approuvant l'euthanasie.

Comme mercredi était également « Journée internationale contre la transphobie, la biphobie et l'homophobie », Trudeau portait des chaussettes arc-en-ciel pour honorer l'événement alors que la journaliste Cindy Sherwin de CTV a tweeté :

Au cours de son adresse du Sanctuaire de la Cathédrale, Trudeau a déclaré : « Les Montréalais, plus que tout le monde, savent que notre diversité est notre force. Cette Messe témoigne de ça. »

Jim Hughes, président de Campaign Life Coalition, dit que Trudeau recevant la Sainte Communion est un « sacrilège ».

« Il est très décevant que Trudeau se présente encore une fois comme un fidèle Catholique, alors qu’en fait il est un loup en vêtements de brebis et, au lieu de protéger les agneaux, il les dévore » a-t-il déclaré à Life Site News.

« Il est doublement préoccupant pour nos partisans Catholiques et d'autres personnes dans les diverses communautés religieuses qu’il montre un tel manque de respect, et l'Église Catholique ne fait rien pour empêcher ce blasphème ».

L'enseignement de l'Église à la réception de la Sainte Communion

La lettre de 2004 du Cardinal Ratzinger énonçait des normes pour la réception de la Sainte Communion et les appliquait spécifiquement à des cas tels que Trudeau.

Il déclare en partie :

Outre le jugement d'un individu sur sa dignité de se présenter pour recevoir la Sainte Eucharistie, le ministre de la Sainte Communion peut se trouver dans la situation où il doit refuser de distribuer la Sainte Communion à quelqu'un, comme dans le cas des excommuniés et des interdits, après l'infliction ou la déclaration de la peine et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion. (voir 9.15).

En ce qui concerne le péché grave de l'avortement ou de l'euthanasie, lorsque la coopération formelle d'une personne se manifeste (on l'entend pour le cas d'un politicien Catholique, comme faisant régulièrement campagne et votant pour les lois de l'avortement permissif et de l'euthanasie), son pasteur devrait le rencontrer en l'instruisant au sujet de l'enseignement de l'Église, l'informant qu'il ne doit pas se présenter pour la Sainte Communion jusqu'à ce qu'il mette fin à la situation objective du péché et l'avertissant qu'il sera privé de l'Eucharistie.

Buscemi a souligné que le Pape François lui-même, alors Archevêque de Buenos Aires, a approuvé le document d'Aparecida des Évêques Latino-Américains, qui contenait cette déclaration :

Nous devrions nous engager dans la « cohérence Eucharistique », c'est-à-dire que nous devrions être conscients que les gens ne peuvent pas recevoir la Sainte Communion et, en même temps, agir ou parler contre les Commandements, en particulier lorsque l'avortement, l'euthanasie et d'autres crimes graves contre la vie et la famille sont facilités. Cette responsabilité s'applique en particulier aux législateurs, aux gouverneurs et aux professionnels de la santé.

Les autres Évêques au sujet de Trudeau et de la Communion

Lorsque Trudeau a publié son édit de 2014 interdisant les candidats pro-vie d’entrer dans le Parti Libéral, l'Archevêque d'Ottawa Terrence Prendergast a répondu avec une déclaration publique.

« Une personne qui prend position en contradiction avec l'enseignement de l'Église Catholique sur la valeur et la dignité de la vie humaine, du moment de la conception au moment d'une mort naturelle, et persiste dans cette croyance, n'est pas en Communion avec les valeurs et l’enseignement de l'Église » a-t-il écrit.

Cependant, Prendergast a déclaré au National Catholic Register à ce moment-là qu’il ne refuserait pas la Sainte Communion à Trudeau à moins qu'il ne le rencontre d'abord.

« Je ne pense pas que vous pouvez juger de la position de Foi de quelqu'un simplement par ce qui est dit en public » a-t-il déclaré. « Il faut un rendez-vous avec moi ou avec son curé de paroisse, un prêtre qui soit en harmonie avec les enseignements de l'Église ».

L'Évêque Christian Reisbeck, l'Évêque auxiliaire d'Ottawa, a déclaré à Life Site News à cette époque que, si les tentatives de « correction fraternelle » avaient échoué, un politicien pro-avortement pourrait se voir refuser la Sainte Communion sous le Canon 915.

« Par souci de sauvegarder la révérence qui est due à Notre Seigneur dans l'Eucharistie, et pour éviter le scandale, on pourrait appliquer cette norme même dans le cas d'un politicien Catholique pro-avortement qui se fait extrêmement entendre de sa tribune ».