mercredi 10 mai 2017

La rigidité et la conversion ne se mélangent pas
Mais ne vous laissez pas tromper par le double-langage








par : Dr. Jeff Mirus ( Droit Canon)
Le 9 mai 2017

SOURCE : Catholic Culture






Lorsque le Pape François a de nouveau réprimandé les Catholiques au cœur dur dans une homélie le 2 mai, tout ce que je pouvais faire, c’était de me gratter la tête. « Cela cause de la souffrance dans l'Église » a déclaré le Pape, « les cœurs fermés, les cœurs de pierre, les cœurs qui ne veulent pas être ouverts, ne veulent pas entendre, les cœurs qui connaissent seulement le langage de la condamnation ». En se référant à « la tendresse de Jésus », le Pape a exhorté tout le monde à demander la grâce qui « adoucit le cœur rigide de ces personnes qui sont toujours enfermées dans la loi et condamnent tous ceux qui sont en dehors de la loi ».

Si « cela cause de la souffrance dans l'Église », il faut présumer qu'il y a beaucoup de ces personnes dans l'Église. Pourtant, combien d'entre nous ont réellement rencontré un grand nombre de Catholiques croyants qui ne cessent de condamner les autres, qui n'ont aucun désir d'inviter les autres à se repentir afin qu'ils puissent profiter de l'étreinte de Notre-Seigneur ? Je ne peux pas parler pour tout le monde, mais la grande majorité des Catholiques que j'ai connus aujourd'hui qui apprécient le Christ et l'Église me semblent conduits par le désir d'étendre la miséricorde de Dieu aux autres. Ils aspirent à le faire, mais ils comprennent que cela ne peut être fait si ces autres personnes ne veulent pas se tourner vers Lui et se guérir de leur refus d'ouvrir leur cœur.

En fait, c'est la marque de notre culture sérieusement confuse mais aussi politiquement correcte que tous ceux qui sont sous son influence doivent fermer leurs cœurs envers le message du Christ. La culture insiste systématiquement sur le fait que tout le monde doit appeler le mal bien, et le bien mal, qui est simplement une variante du péché impardonnable contre le Saint-Esprit. Il semble que les seules personnes qui doivent être évitées comme étant « en dehors de la loi » sont celles qui insistent pour que la vérité soit libératrice.

C'était en fait notre Seigneur qui a dit : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre » (Jean 8, 32). Ce sont avant tout ceux qui refusent la vérité qui subissent une dureté réelle du cœur, cette dureté de cœur qui mène si rapidement à la condamnation de tous ceux qui prétendent qu'il y a une différence entre le bien et le mal. Seuls ceux que la vérité a libérés sont condamnés par le monde comme « rigides », comme étant enfermés dans la loi, comme dépourvus de décence humaine fondamentale et comme incapables de s'ouvrir au Christ.

Si votre expérience est comme la mienne, vous avez eu de nombreuses occasions de témoigner de cette inversion des valeurs Chrétiennes. Ne se contentant pas de plaider positivement pour leurs propres désirs, ceux qui sont captifs des désirs trouvent nécessaire de condamner catégoriquement ceux qui témoignent de la vérité qui peut les libérer. N'avez-vous pas rencontré beaucoup plus de gens qui condamnent et écartent les bons même au sein de l'Église, que ceux qui condamnent les pécheurs au point de ne pas vouloir leur offrir un retour au bercail ? Je l'ai certainement vécu.

Permettez-moi de le dire ainsi : n'avez-vous pas été plus souvent scandalisés par des gens comme le Cardinal Joseph Tobin, qui a approuvé un pèlerinage à sa Cathédrale pour « les frères et sœurs LGBTQ » ? Ils distribuent des dépliants intitulés « Les LGBT Catholiques et amis » avec le slogan « L'amour comprend tout le monde », bien sûr, mais pas sans un certain élan vers le bien. Ou peut-être comme l'Évêque John Stowe, qui a récemment fait l'éloge du ministère New Ways malgré son refus constant de tenir compte de l'enseignement de l'Église lorsqu'il s'agit des personnes « LGBTQ » qu'il prétend servir.

Maintenant, à qui supposons-nous que les Catholiques LGBTQ et les amis adhèrent sinon à ceux qui embrassent activement la « bonté » du mode de vie LGBTQ? Attendons-nous que le Cardinal Tobin leur prêche comme Notre-Seigneur, Saint Pierre ou Saint Paul le feraient ? Attendons-nous que l'Évêque Stowe refuse d'employer dans ses écoles ceux qui se sont engagés à ce à quoi Notre-Seigneur s’oppose puisqu'il écarte une telle sérieuse morale qu’est la « discrimination » ?

Aucun Catholique croyant que je n’ai jamais rencontré refuse d'aimer ces personnes, mais les Catholiques qui rejettent l'enseignement Catholique refusent plus ou moins continuellement d'aimer. En revanche, les vrais disciples du Christ comprennent que l'appel d'amour de Notre-Seigneur leur exige un témoignage à la vérité qui peut seul libérer les autres. Tout le but est d'offrir aux autres une chance réelle de béatitude, comme l'a fait Pierre quand il les a implorés de « changer donc de comportement j et tournez-vous vers Dieu, pour qu'il efface vos péchés, alors le Seigneur fera venir des temps de repos et vous enverra Jésus » (Actes 3 : 19). Les vrais disciples du Christ échappent à cette miséricorde contrefaite qui n'est qu'un refus de dire la vérité. Et s'ils disent la vérité, ne seront-ils pas condamnés comme étant rigides ?

Autres considérations

Est-ce que quelqu'un croit vraiment qu'il faut une voix prophétique pour être « miséricordieux » par la technique de ne jamais parler franchement du péché, du désespoir et de la destruction des vies causées par les valeurs que le monde tient en grande estime ? Une approche beaucoup plus prophétique a été offerte il y a quelques jours par le Séraphin Métropolitain Orthodoxes Grec du Pirée. Il a envoyé une lettre ouverte au Président de la Turquie, lui disant qu'il devait se convertir de l'Islam au Christianisme ou être damné. « Renoncez », a-t-il écrit, « à toutes les erreurs, les hérésies et les innovations de l'Islam ». Oups !

Bien sûr, il existe probablement des moyens bien meilleurs de témoigner de la vérité que d'écrire des « lettres ouvertes » aux riches et aux puissants, ce qui ressemble à un coup de publicité. Mais ça devrait nous faire réfléchir. Pendant ce temps, l'Archevêque Pierbattista Pizzaballa (non, je n'ai pas inventé le nom) se trouva forcé d'analyser les conseils du Pape François. L'Administrateur Apostolique du Patriarcat Latin de Jérusalem a déclaré :

Le monde d'aujourd'hui est effrayé par le fondamentalisme religieux, hum ! surtout l'Islamisme ... Avec sa visite ... Le Pape François dit à l'Église ... de ne pas avoir peur de rencontrer et de dialoguer avec les membres des grandes religions. C'est la seule façon de lutter contre les êtres humains, les fondamentalismes et toutes les formes de violence religieuse. Il nous dit que, malheureusement, malgré ce que beaucoup pensent, c'est aussi, er, um, possible avec les Musulmans ... hum, er, ahem, whew ! [Texte en italique est, hum, er, imaginatif.]

En revanche, il est très intéressant d'apprendre que le gouverneur Chrétien de la province Indonésienne de Jakarta a perdu ses fonctions et a été accusé de blasphème pour avoir suggéré que les Musulmans abusaient du Coran pour démontrer qu'ils ne pouvaient pas accepter l'autorité publique des non-Musulmans. Pendant ce temps, un membre du parlement Irakien a noté que 1.500.000 Chrétiens ont quitté l'Irak depuis l'invasion américaine de 2003.

Maintenant, tous les Catholiques profondément engagés sont-ils libres du péché ? J'espère que non car cela signifie que je ne suis pas un Catholique profondément engagé. Mais n'est-il pas temps de parler honnêtement de ces termes « rigidité » et « fondamentalisme » ? Il y a actuellement deux, et je ne crois que deux grands groupes seulement durement rigides dans le monde moderne : les Musulmans militants et les laïcs bien assurés. C'est tout. Les deux groupes sont sérieusement et distinctement opposés à Jésus-Christ. Si vous le souhaitez, vous pouvez appeler ceux qui comprennent cela un peu simpliste. Mais nous ne sommes pas stupides.