jeudi 11 mai 2017

HUMANAE VITAE

Rumeurs d'une commission d'étude chargée
de réviser l'Encyclique de Paul VI




Source : Marco Tosatti, vaticaniste journaliste à La Stampa ...







Des sources bien informées au Vatican ont révélé que le pape serait sur le point de nommer – ou aurait même déjà formé – une commission secrète chargée d'examiner et éventuellement d'envisager des modifications de la position de l'Eglise sur la contraception telle qu'elle a été établie en 1968 par Paul VI dans l'encyclique Humanae Vitae. Ce document, le dernier qui fut rédigé par le pape Montini, visait à formaliser les travaux du Concile Vatican II sur ce sujet.

A l'heure actuelle, nous n'avons pas encore reçu confirmation officielle de l'existence et de la composition de cet organisme mais une demande de confirmation ou de démenti introduite auprès des instances compétentes n'a reçu aucune réponse à ce jour. Ce qui pourrait bien constituer un signal en soi. Si l'information était totalement infondée, il ne faudrait pas grand-chose pour le dire. Plusieurs hypothèses circulent sur les personnes qui seraient impliquées; peut-être Mgr Vincenzo Paglia, récemment nommé à la tête de tout ce qui concerne ce genre d'activité, peut-être le recteur de l'Université Catholique de Buenos Aires [Victor Manuel Fernández], éminence grise théologique de ce pontificat. Mais il ne s'agit là que de suppositions.

Humanae Vitae fut publiée le 25 juillet 1968. C'est sur base d'Humanae Vitae que les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont basé leur enseignement en matière de doctrine matrimoniale.

Ce document de Paul VI, qui suscita pas mal de polémiques et de débats à sa sortie, rappelait le lien indéfectible qui existe entre l'acte d'union conjugale et la procréation et surtout, contre toute attente, déclarait illicites les moyens chimiques et mécaniques de contraception et condamnait l'avortement, la stérilisation tout en approuvant les systèmes de contrôle des naissances basés sur la reconnaissance des périodes fertiles.

A l'époque, la commission d'étude créée pour aider le pape d'un point de vue technique était semble-t-il en faveur de la "pilule catholique" (comme on la surnommait) mais même au sein de cette commission, il n'y avait pas consensus et une partie des spécialistes considérait que l'utilisation des moyens contraceptifs violait la loi morale parce qu'en les utilisant, le couple séparait la dimension d'union de la dimension de procréation. Paul VI approuva cette position et rédigea son encyclique en ce sens.

"L'Eglise, rappelant les hommes à l'observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie. (…) En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques. Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Eglise l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme. Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation".

Dans ce même document, Paul VI appelait les époux à l'exercice d'une paternité responsable qui soit "en rapport avec les conditions physiques, économiques, psychologiques et sociales" des couples. Dans une interview célèbre à Jean Guitton, Paul VI avait expliqué que "Si l'Eglise du Christ, que nous représentons sur cette terre, cessait de subordonner le plaisir à l'amour et l'amour à la procréation, favoriserait une dénaturation érotique de l'humanité, qui aurait alors pour seule loi le plaisir".

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