mardi 9 mai 2017

Amoris Laetitia
Envoyez les Clowns (Sophistes)




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 9 mai 2017

Le journal et site Vatican Insider a publié un rapport concernant le post-scriptum d’un livre portant sur Amoris Laetitia intitulé « Amoris Laetitia : un tournant dans la théologie morale ? » Le titre est un signe révélateur de la thèse du livre : l'occupant actuel de la Chaire de Pierre, par la simple publication d'une exhortation apostolique a modifié l'enseignement moral constant de l'Église d'une manière dramatique — comme si un Pape avait une telle autorité.

Le post-scriptum sur lequel se rapporte l'article démontre comment ce « point tournant » imaginaire doit être défendu : un sophisme qui frise le clownesque, auquel une réponse raisonnable serait : « Est-ce une blague ? »

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Le journal et site Vatican Insider a publié un rapport concernant le post-scriptum d’un livre portant sur Amoris Laetitia intitulé « Amoris Laetitia : un tournant dans la théologie morale ? » Le titre est un signe révélateur de la thèse du livre : l'occupant actuel de la Chaire de Pierre, par la simple publication d'une exhortation apostolique a modifié l'enseignement moral constant de l'Église d'une manière dramatique — comme si un Pape avait une telle autorité.

Le post-scriptum sur lequel se rapporte l'article démontre comment ce « point tournant » imaginaire doit être défendu : un sophisme qui frise le clownesque, auquel une réponse raisonnable serait : « Est-ce une blague ? »

Les auteurs du post-scriptum, deux universitaires Italiens, prennent les quatre Cardinaux à partie d’avoir posé comme un de leurs dubia concernant Amoris Laetitia celui-ci :

« Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? »

Ce dubium s'adresse au paragraphe 303 d’Amoris Laetitia, qui contient la proposition simplement scandaleuse que même celui qui sait que Notre-Seigneur enseigne que son « second mariage » constitue objectivement de l'adultère — qui est toujours et partout mal — peut aussi « reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif ».

Ce principe rendrait normatif le jugement privé des pécheurs habituels concernant la moralité de leur propre comportement aux yeux de Dieu. Cela impliquerait, en pratique, la démolition de tout l'édifice moral de l'Église en faveur d'une forme d'éthique de la situation fondée sur « la complexité concrète des limitations».

Mais les auteurs du post-scriptum soutiennent que l'acte d'adultère intrinsèquement mauvais, que notre Seigneur attribue à « quiconque » — sans exception — « divorce de sa femme et épouse un autre » n'est pas toujours de l'adultère. Ils se demandent à haute voix si quelqu'un : « à la suite d'un mariage catastrophique du point de vue humain, privé d'amour et dont le caractère de l'image de Dieu a été écrasé, ne peut pas trouver dans une nouvelle relation cette plénitude humaine et spirituelle vécue également dans les formes expressives de son existence corporelle ».

Traduction : ce ne serait pas de l'adultère pour quelqu'un qui a eu une très mauvaise expérience avec son mariage valide et sacramentel de prendre un autre partenaire et de s'engager dans des relations sexuelles en dehors du mariage afin de retrouver sa « plénitude humaine et spirituelle ». L’« argument » — dépouillé de la pieuse salade des mots — réduit l'affirmation selon laquelle les relations sexuelles en dehors du mariage ne sont pas adultères si l'on a vraiment une bonne excuse pour s'engager dans ces dernières.

En faveur de cette proposition risible, les auteurs offrent une explication tout aussi ridicule à l’effet que, pareil à tous les actes de tuer ne sont pas des meurtres, ni tout acte de prise de propriété d'un autre n’est pas non plus un vol, ça ne fait pas de sens dire que tout acte appelé adultère est de l'adultère.

Une minute. Le meurtre est l’assassinat délibéré d'un innocent et le vol est la prise de possession délibérée de la propriété d'un autre pour laquelle il n'a pas de réclamation légitime. Ni tuer ni prendre un bien en tant que tel n’est un mal intrinsèque, mais seulement le meurtre et le vol. L'adultère, d'autre part, est par définition un acte sexuel en dehors du mariage et ne peut donc jamais être licite en aucune circonstance. Les auteurs jouent sur les mots en combinant tuer avec assassiner et la prise de biens avec le vol. Un enfant réfléchi de dix ans pourrait voir le jeu dans cet « argument » pour défendre les nouveautés de l'Amoris Laetitia. Mais ces absurdités sont les seuls arguments possibles à trouver.

Et qu'en est-il de l'enseignement de Jean-Paul II dans Veritatis splendor et Familiaris consortio sur l'inadmissibilité absolue des actes intrinsèquement mauvais, y compris l'adultère, qui est conforme à toute la Tradition de l'Église ? Selon les auteurs, cet enseignement n'est que le résultat de « l'influence de la pensée néoscholastique » qui a conduit à des « blocs de pensée et d'action dans l'Église Catholique », mais « avec Amoris laetitia, le Pape François a l'intention d'offrir un indice pour continuer la recherche, même dans ce domaine ».

Recherche ? Aucune « recherche » n'indiquera jamais une justification de ce que notre Seigneur a condamné comme un adultère sans exception. Par « recherche », les auteurs signifient vraiment ce qu'ils mettent eux-mêmes en évidence : le sophisme ridicule en défense d'un document indéfendable qui représente un écart flagrant de l'enseignement constant de l'Église sur le mal intrinsèque de l'adultère. Le Troisième Secret de Fatima est un avertissement à l'Église concernant de tels développements.