lundi 1 mai 2017

La catastrophe ecclésiale



L'Archidiocèse de Boston :
Microcosme de la catastrophe ecclésiale

C'est ici la critique de l'éditorial de Phil Lawler qui suit cet article


par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 28 avril 2017

Dans sa chronique du 28 avril, Phil Lawler [ voir la chronique de Lawler à la suite de cet article ] note qu'au cours des cinquante dernières années — ce qui signifie depuis la fin du Concile Vatican II, il y a 52 ans — aucune nouvelle paroisse n'a été ouverte dans l'Archidiocèse de Boston, mais au contraire, quelques 125 paroisses ont été soit fermées soit consolidées avec d'autres paroisses.

Au cours de la même période, note-t-il, le nombre de prêtres Catholiques est tombé de 2 500 à 300 — une chute étonnante de 90% ! Et la plupart d'entre eux, j’ajouterais, ont probablement plus de 60 ans. Pourtant, la population Catholique de l'Archidiocèse a augmenté — de façon minimale — de 1,8 million à 1,9 million, ce qui, en soi, est une indication qui donne à réfléchir sur le déclin ecclésial, compte tenu de l'ensemble de la croissance démographique aux États-Unis depuis les années 1960.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Lawler énonce la seule conclusion raisonnable : « Soyons francs. Ces chiffres ne sont pas préoccupants, ils sont une cause d'horreur. La panique n'est jamais utile, mais quelque chose de proche de la panique est appropriée ici. Les choses ont été terriblement mauvaises ». En effet, ajoute-t-il, « la situation à Boston n'est pas unique. Tout autour de nous traduit de façon évidente les mêmes tristes tendances. Les fermetures de paroisses et les programmes des diminutions diocésaines à grande échelle sont devenus familiers ».

Lawler, cependant, ne pointe jamais du doigt exactement pourquoi les choses ont « été terribles, terriblement mauvaises ». Il se contente d'observer l'échec post-conciliaire répandu de l'élément humain de l'Église de mener à bien le mandat de notre Seigneur de faire des disciples de toutes les nations et il déplore que : « Nous ne retenons même pas les gens qui ont été baptisés dans la Foi ».

Certes, bien sûr, mais il s'agit simplement d'une autre façon de dire que les choses ont été terriblement mauvaises dans l'Église. Mais pourquoi sont-elles terriblement mauvaises ? Certes, les facteurs culturels émergeant dans les années 1960, y compris la « révolution sexuelle », ont été impliqués dans ce déclin ecclésial soudain et calamiteux. Mais la cause immédiate est apparue au sein de l'Église elle-même dans la généralité de la hiérarchie, après la fin du Concile Vatican II, alors qu’elle a inexplicablement cédé à l'esprit de l'âge au lieu de lui résister comme l'avait toujours fait l'Église — même dans les années qui ont précédé immédiatement le Concile Vatican II comme on peut le voir sous le règne de Pie XII.

Cette capitulation a pris les formes suivantes :

  • Un optimisme vraiment stupide et une « ouverture » au « monde moderne », jamais défini de manière adéquate — supposément inspiré par le document conciliaire Gaudium et Spes ;

  • Une « réforme liturgique » désastreuse, initiée par le document conciliaire Sacrosanctum Concilium, qui avait supposément pour effet de rendre la liturgie Catholique plus significative pour les fidèles et plus attrayante pour les non-Catholiques lorsque c’est précisément l'inverse qui est arrivé alors que la fréquentation à la Messe et les conversions se sont effondrées immédiatement;

  • Une aventure « œcuménique » et « interreligieuse » lancée par les documents conciliaires Unitatis Redintegratio et Nostra Aetate qui ont fini par placer de facto l'Église Catholique au niveau des sectes Protestantes et même de toutes les autres religions au nom du « dialogue œcuménique » et du « dialogue interreligieux », donnant l'impression générale que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et que la religion Catholique n'a aucune revendication unique à la validité ;

  • Un abandon de la Royauté Sociale du Christ, émanant de la mise en œuvre post-conciliaire du document conciliaire Dignitatis Humanae, qui a introduit un endossement sans précédent de la « liberté religieuse » dont l'importance exacte est toujours débattue alors que l'enseignement original sur la nécessité d'une certaine forme d'alliance entre l'Église et l'État pour un ordre social sain a effectivement (mais pas officiellement) été réfuté ;

  • Un refus général d'enseigner et une perte conséquente de la conviction que l'Église Catholique est nécessaire au salut.

  • En somme, aussi incroyable que cela puisse paraître, au cours des cinquante dernières années, l'Église institutionnelle a été en grande partie dépouillée de son caractère distinctif liturgique, doctrinal et pastoral — les choses qui la rendaient la plus visible et Catholique d’une manière impressionnante — se dissolvant progressivement au niveau humain en une sorte d'agence de services sociaux glorifiée, désireuse d'offrir ses services à l'establishment politique mondialiste. C'est ce qui s'est passé de terriblement erroné dans l'Église depuis Vatican II.

    Cette tendance semble avoir atteint son point extrême le plus élevé avec le Pape Bergoglio comme en témoigne son allocution aux rencontres TED monumentalement embarrassante où nous lisons les gemmes de la sagesse pop de Forrest Gump comme suit :

    « Un seul individu est suffisant pour que l'espérance existe et cet individu peut être vous. Et puis il y aura un autre « vous » et un autre « vous » et cela devient un « nous ». Et alors, est-ce que l'espérance commence lorsque nous avons un « nous » ? Non. L'espérance a commencé avec un « vous ». Quand il y a un « nous », une révolution commence ».

    Les Catholiques avaient l'habitude d'apprendre que l'espérance est une vertu théologale, inspirée par la grâce divine, qui est l'attente confiante de la vie éternelle quand cette courte vie sur terre est finie. Mais c’était alors, et voici ce qu’il y a maintenant : l'élément humain de l'Église après plus de cinquante ans de l'imaginaire « printemps » de Vatican II.

    La seule solution à ce qui a été « terrible, terriblement erroné » dans l'Église est de restaurer les choses qui l’ont rendue attirante pour les âmes et qui ont produit une hausse des conversions en Amérique jusqu'au début du Concile : c'est-à-dire son intégrité liturgique, doctrinale et pastorale bimillénaires.

    Besoin de preuve? Ne cherchez pas plus loin que les ordres sacerdotaux qui offrent une formation sacerdotale traditionnelle et une liturgie. Là, vous trouverez tout ce qui caractérisait jadis l'Église dans son ensemble : une floraison des vocations, des séminaires et des couvents complets, des familles nombreuses, l'adhésion aux Doctrines de la Foi et de la morale et, en général, le renouveau et la croissance au lieu de la décadence et de la mort lente maintenant vues dans l'Archidiocèse de Boston et dans tous les autres endroits où le « printemps » conciliaire a effectivement produit un hiver long et sombre pour la Foi.

    L'Église sera finalement restaurée alors que l'« Église de Vatican II » meurt de la longue et douloureuse mort de ses propres infirmités. Et cette restauration sera inévitablement accélérée par la Consécration tardive de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Nous ne pouvons qu'espérer et prier, cependant, que la restauration ne se déroule pas dans un monde dévasté par le châtiment divin représenté dans la vision post-apocalyptique qui se rapporte au Troisième Secret de Fatima.



    Article original
    Une crise pastorale que l'Église
    ne peut pas (mais elle le fait) ignorer


    Par: Phil Lawler

    Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

    SOURCE : Catholic Culture
    Le 28 avril 2017


    L'Archidiocèse de Boston a ouvert une nouvelle église. Ces nouvelles a fait les manchettes dans une ville qui est plus habituée aux histoires de fermetures d'églises.

    Pour être parfaitement honnête, les nouvelles sont un peu trompeuses. Il y a eu quelques nouvelles églises ouvertes à Boston au cours des 60 dernières années, mais c’étaient de nouveaux bâtiments plutôt que de nouvelles paroisses : c’était des nouvelles églises qui ont été construites pour remplacer des bâtiments qui avaient été détruits par le feu ou par la boule de démolition. En fait, c'est aussi le cas avec le dernier bâtiment, l'église de Notre-Dame du Bon Voyage.

    Donc, à moins que je ne me trompe, le compte général reste inchangé : au cours des 50 dernières années, l'Archidiocèse de Boston n’a ouvert aucune nouvelle église paroissiale. Au cours de la même période, environ 125 paroisses ont été fermées ou fusionnées et regroupées.

    Cela pourrait être compréhensible si la population Catholique de Boston avait disparu. Mais ce n'est pas du tout le cas du moins selon les statistiques officielles. Sur papier, cette population s'est développée. Il y avait environ 1,8 million de Catholiques enregistrés dans la région couverte par l'Archidiocèse de Boston il y a 50 ans ; aujourd'hui, le chiffre officiel est de 1,9 million.

    Le problème, bien sûr, est que la plupart de ces 1,9 millions de Catholiques ne pratiquent pas leur Foi. Par conséquent, il ne serait pas surprenant que leurs fils n'aspirent pas au sacerdoce. Il y avait plus de 2 500 prêtres travaillant dans l'Archidiocèse il y a 50 ans ; maintenant, il y en a moins de 300. C'est vrai ; près de 90% des prêtres sont décédés. Si vous ne pouvez pas remplacer les prêtres, vous ne pouvez pas garder les paroisses ouvertes.

    Soyons francs. Ces chiffres ne sont pas préoccupants ; ils sont une cause d'horreur. La panique n'est jamais utile, mais quelque chose de proche de la panique est appropriée ici. Les choses ont été terriblement mauvaises.

    Notre Seigneur nous a commandé : « Va donc et fais des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Nous ne faisons pas cela. Nous ne retenons même pas les gens qui ont été baptisés dans la Foi. Nous devrions amener davantage de personnes à l'Église, nous ne devrions pas nous féliciter de minimiser les pertes.

    Bien que la situation à Boston soit exceptionnellement mauvaise, elle n'est pas unique. Tout autour de nous, les mêmes tendances tristes sont en évidence. Les fermetures de paroisse et les programmes de diminutions diocésaines à grande échelle sont devenus familiers. Comment devons-nous répondre ?

    Voici deux réponses possibles :

    A) « C'est un désastre ! Arrêtez tout. Lâchez ce que vous faites. La « routine habituelle » n'a aucun sens ; il s'agit d'une urgence pastorale. Nous n'avons pas besoin d'un autre programme de « renouveau » offert par les mêmes personnes qui nous ont amenés dans cette débâcle. Nous devons déterminer ce qui a mal tourné. Plus que ça. Nous savons que l'Évangile a le pouvoir d'amener les gens au Christ ; il s'ensuit que nous n'avons pas proclamé l'Évangile. La faute nous incombe. Nous devrions commencer par la repentance pour nos échecs ».

    B) « Ne vous inquiétez pas. Les temps changent et nous devons changer avec eux. La religion n'est pas populaire dans la culture d'aujourd'hui, mais la Foi fera un retour tôt ou tard. Il suffit de continuer à travailler dur, d'avoir confiance, de se souvenir de la promesse de Dieu que l'Église durera pour toujours ».

    Vous voyez ce qui ne va pas avec l'argument B, n'est-ce pas ? Oui, le Seigneur a promis que l'Église durerait jusqu'à la fin des temps. Mais il n'a pas promis que l'Archidiocèse de Boston (ou votre propre diocèse) durerait éternellement. La Foi peut disparaître, elle a bien disparu dans de grandes zones géographiques — l'Afrique du Nord, par exemple.

    En outre, c’est à la fois présomptueux et illogique de supposer que la Foi fera un retour dans une autre génération ou deux. Les jeunes adultes qui aujourd'hui ne se dérangent pas de se marier à l'Église ne sont pas susceptibles d'y amener leurs enfants pour les faire baptiser (s'ils ont des enfants). Ces enfants, des années plus tard, ne sont pas susceptibles de ressentir l'envie de retourner dans leur église paroissiale (si elle est encore là), puisqu'ils n’y sont jamais allés en premier lieu. La foi Catholique est transmise de génération en génération. Si les parents cessent de l’enseigner à leurs enfants, ces enfants n'ont rien à enseigner à leurs petits-enfants. En deux générations, une société complètement Catholique peut devenir un territoire de mission. Regardez Boston. Regardez le Québec. Regardez l'Irlande.

    Enfin, même si nous pouvons supposer en toute sécurité que la Foi se recouvrera dans 10 ou 20 ou 50 ans, cela ne nous absout pas, dans cette génération actuelle, de notre responsabilité d'évangéliser. À l'heure actuelle, les gens vivent sans bénéficier des Sacrements, en raison de notre échec et de notre complaisance. Des vies sont perdues ; des âmes sont perdues. Nous sommes responsables.

    Donc, entre les deux réponses, A) et B), il n'y a pas de comparaison. L’une peut sembler extrême, mais l'autre est tout simplement fausse.

    Il y aussi, triste à dire, deux autres réponses :

    C) « Il n’importe pas vraiment si les gens vont ou non à l'église le dimanche. Tant que nous serons tous des gens sympathiques, Dieu dans sa miséricorde nous amènera tous au paradis ».

    D) « Ne me dérangez pas avec vos statistiques. En fait, la Foi est plus forte que jamais. Notre paroisse / diocèse est dynamique ! Vous ne voyez que le négatif ».

    La réponse C) n'est pas Catholique. La réponse D), comment pourrais-je l’écrire gentiment, ... n’est pas rationnelle. Malheureusement, j'entends les réponses B), C) et D) beaucoup plus souvent que A). N'est-ce pas ?