lundi 29 mai 2017

Les « freak shows » en 2017
Pires que jamais


Définition de « Freak show »

Dans les foires régionales, cirques ou carnaval qui visitent une fois par année une ville, c'est le kiosque qui présentent des anormalités humaines : personnes ayant deux têtes, etc...





Par: Père Jerry Pokorsky

Le Père Jerry Pokorsky est un contributeur au site Catholic Culture

SOURCE : Catholic Culture
Le 24 mai 2017


Il semble que l'âge apporte une augmentation des réminiscences de l'enfance. Mon plus récent souvenir d'enfance était celui de la foire annuelle du comté lors des journées chaudes et humides du mois d'août, juste avant le début de la nouvelle année scolaire. C'était un moment préféré : marcher dans les granges, observer les vaches championnes productrices de lait et les cochons, s'émerveiller de la taille du maïs cette année, continuant ainsi à visiter en dépit d'un allergie à l’herbe à poux toujours présente (et habituellement non traitée médicalement à cette époque).

Comme enfants, notre véritable destination était le carnaval adjacent au parc des expositions. Rétrospectivement, il y avait quelque chose de mélancolique. Les travailleurs étaient durs, sales et inaccessibles, et nous devions faire attention aux tromperies du carnaval (« Je vais vous dire ce que je vais faire ... »). Nos parents nous ont permis de jouer aux jeux de carnaval avec nos revenus de camelots, mais nous n'avons jamais été autorisés à entrer dans les freaks shows avec la femme barbue, l'homme de 1 000 livres (453 kg) ou l'homme sauvage qui mordait la tête des poulets. Seuls les jeunes hommes rauques et généralement en état d’ébriété ont dépensé leurs salaires d'usine aux freaks shows.

Aujourd'hui, les freaks shows du carnaval sont un souvenir lointain, d'une époque ancienne et presque méconnaissable, mais la mémoire laisse un sentiment de tristesse résiduelle dans les souvenirs d'enfance autrement heureux des festivités du carnaval avec les barbes à papa, les autos tamponneuses et les chaises tournantes.

Ironiquement, ce rappel a été déclenché par des lectures Évangéliques dans lesquelles Jésus dit à Ses disciples que s'ils L'aiment, ils garderont Ses Commandements.

Au début de mon sacerdoce, les autorités scolaires ont séparé les garçons de la 8e année des filles et on m'a dit de parler aux garçons nerveux au sujet des 6e et 9e Commandements. Franchement, j'étais presque aussi nerveux qu'ils étaient. Je leur ai donc demandé de me dire ce qu'ils s’attendaient du cours.

L'un d'entre eux, qui m'a rappelé un personnage de Muppet Show, s'est levé et a dit : « Père, nous voulons juste être normal ». Exactement ! Sa réponse m'a sauvé d’un mauvais pas embarrassant et j'ai cadré les enseignements de l'Église sur la sexualité humaine avec son désir d'être normal. Jésus veut que nous soyons vertueux et être vertueux, c'est être normal.

Mais 25 ans plus tard, il faut admettre que la culture décourage chaque aspiration d'être « normale ». Le mot lui-même est rarement utilisé sauf dans les rapports météorologiques et les tests médicaux. (Même les économistes parlent d'une « nouvelle normale »). En conséquence, il devient de plus en plus difficile de déterminer ce qu'est le comportement humain « normal ».

L'aspiration à être normal a été déplacée par les appels à « célébrer la diversité » et par des demandes d'inclusion avec des avertissements de ne jamais « intimider » personne. Dans une société « multiculturelle », qui sommes-nous pour définir la norme ? Le noeud de la vérité dans ces demandes nous met immédiatement sur la défensive.

Qui peut nier la diversité des groupes ethniques et qu’il soit désirable de briser les barrières des préjugés nuisibles ? Et qui peut nier la nécessité de la charité Chrétienne exprimée en bonté personnelle ? Qui veut être connu comme portant des « jugements » ou même être considéré comme « bigot » ? Personne ne devrait être considéré comme « freakish » [ bizarre, étrange ] et l'âge où les freak shows sont disparus depuis longtemps.

Hélas, ces objections sont de simples diversions. Les avant-gardistes du « célébrer la diversité » ne parlent pas vraiment d'accepter des différences physiques ou ethniques naturelles. Ils parlent du comportement humain et de la morale. L'utilisation populaire de ces mots nous fait remarquer que nous n'osons pas « juger » le comportement moral de ceux qui violent le 6ème Commandement. Même le mot « normal » est vidé de son sens — c’est effectivement un mot interdit — lorsqu'il s'agit de la nouvelle moralité. Les mots de remplacement relatifs à la « diversité » sont devenus des codes qui justifient une morale et un comportement vraiment bizarres. Nous ne pouvons pas échapper à un cycle de nouvelles sans un autre exemple du même acabit. (Le véritable but des marchands de la « diversité » est quelque chose de très différent de la diversité qui constitue le Corps Mystique du Christ).

Jésus veut toujours que nous soyons normaux. Il nous enseigne à L'aimer en vivant Ses Commandements. Il est venu dans le monde et s'est « fait chair » pour nous enseigner à propos de nous-mêmes. Dans la phrase mémorable du Concile Vatican II, le Christ « révèle pleinement l'homme à l'homme lui-même et rend Son Appel Suprême clair ».

Nous avons tous des difficultés à identifier et à vivre une vie normale en Christ. L'enfant doit apprendre à être normal. L'adolescent souvent panique parce qu'il commence à ressentir l'urgence d'être normal et de la grande difficulté dans sa poursuite. Devenir mature signifie grandir physiquement, émotionnellement et spirituellement : être normal. Et à l'exception de nos corps fatigués, nous n'y arrivons jamais tout à fait alors que nous devenons très habiles à déguiser habilement nos immaturités en tant qu'adultes.

Peu d'entre nous peuvent prétendre avec Saint Paul : « J'ai été mis à mort avec le Christ sur la croix, de sorte que ce n'est plus moi qui vis, mais c'est le Christ qui vit en moi. Car ma vie humaine, actuelle, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et a donné sa vie pour moi ». (Gal. 2 :20). Mais avec la grâce de Dieu, nous devons essayer si nous voulons être normaux.

La vérité est que seul le Christ lui-même est normal. C'est la raison pour laquelle il veut que nous L'aimions. « Si vous m'aimez, vous obéirez à mes commandements. Je demanderai au Père de vous donner quelqu'un d'autre pour vous venir en aide, afin qu'il soit toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité. Le monde ne peut pas le recevoir, parce qu'il ne peut ni le voir ni le connaître. Mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure avec vous et qu'il sera z toujours en vous ». (Jn 15-18). Il faut toute une vie pour Le rencontrer dans la prière et les Sacrements afin d’être configuré à Sa ressemblance, à vivre dans son amour.

Je suppose qu'il y a encore des freak shows dans les carnavals ici et là. Mais le seul freak show que j'ai vu dernièrement est celui qui est moral et spirituel dans lequel les gens défigurent délibérément leur âme selon les exigences d'une culture corrompue. Les nouveaux freak shows sont encore plus tristes que le spectacle des dames barbues et des hommes sauvages qui mordent des têtes de poulets. La vérité est que l'enfer est le freak show moral ultime.

Compte tenu des enjeux, nous ne devons pas être embarrassés par les enseignements du Christ alors que nous nous efforçons avec sa grâce de vivre Ses vérités, même si nous échouons encore et encore. Jeunes ou vieux, si nous voulons être matures, vertueux — en un mot, normaux — nous devons commencer par une honnête acceptation des Commandements du Christ.