vendredi 21 avril 2017

Un Allemand non Catholique avertit
contre le Protestantisme du Catholicisme




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 19 avril 2017


À la suite d'un récent aperçu critique des quatre années de la papauté du Pape François présentée par le journaliste Catholique Allemand Matthias Matussek [ voir son article véhément ici ], un autre journaliste Allemand (qui n'est pas Catholique) a maintenant élevé une voix de résistance par rapport au Pape François. Nous parlons ici de Jan Fleischhauer, rédacteur en chef de l'influent magazine hebdomadaire laïque Der Spiegel et qui, en 2009, a écrit un livre sur son changement de conviction qui s’éloignait d'un point de vue de la gauche pour endosser un point de vue plus conservateur.

Le 17 avril, Fleischhauer a publié un article dans Der Spiegel intitulé « L'auto-sécularisation : le Sponti-Pope [c.-à-d. Le Pape spontané de gauche] » (« Selbstsäkularisierung : Der Sponti-Papst »). Avec son sous-titre, l'auteur indiquait déjà ce qu'il critiquerait du Pontife actuel :

« Parmi les critiques de l'Église, le Pape François est très apprécié en raison qu’il cède aux caprices du zeitgeist [ Définition de zeitgeist : Esprit du temps, ambiance intellectuelle et spirituelle d’une époque ]. Malheureusement, il répète les erreurs que l'Église Évangélique a déjà commises ».

Fleischhauer lui-même sait de quoi il parle ici car il a été pendant de nombreuses années un membre de l'Église Évangélique en Allemagne, principalement pour des raisons politiques. Cependant, il a quitté l'Église Protestante et ne se décrit que comme conservateur désormais. Mais il montre maintenant une certaine admiration pour l'Église Catholique non-modernisée quand il écrit :

« La seule Église que l'on peut prendre au sérieux est l'Église Catholique. Je sais que cette phrase est pour de nombreux lecteurs un fardeau et je suis également désolé que, de toutes ces années, je doive écrire cette phrase au cours de l'Année de Luther [de 2017] ».

Surtout parce qu'il a vu quelques-unes des adaptations gravement défectueuses de l'Église Protestante au zeitgeist de son époque, Fleischhauer regrette maintenant que le Pape François dirige maintenant l'Église Catholique dans un esprit et une direction similaires. Tout d'abord, il décrit sa propre admiration pour l'Église Catholique quand il dit que :<

« Tout ce que les critiques déplorent de l'Église Catholique — la dévotion mariale, le culte des saints, le sacerdoce, la liturgie — est ce qui, à mes yeux, parle en faveur du Catholicisme. De plus, bien sûr, il y a la durée : une institution de 2 000 ans doit être prise plus au sérieux, disons, que celle qui n'a que 500 ans. Quelle que fut l’Église qui fut là en premier, elle a clairement, lorsqu'il s'agit des dernières questions, la première position. Tout ce qui vient plus tard [ en termes d’innovation ] est, jusqu'à un certain point, de l'hérésie ».

En parlant de son dernier départ de l'Église Évangélique d’Allemagne — au moment de son changement analogue de ses vues politiques — Fleischhauer explique à quel point les racines spirituelles du Protestantisme sont réellement faibles :

« Puisque les racines spirituelles du Protestantisme sont minces, il y en a peu qui puisse retenir quelqu’un s’il change sa vision du monde. Une Église dans laquelle ni même l'existence du Ciel et de l'Enfer n’est contraignante devient — pour tous ceux qui ne pouvaient être gardés dans [l'Église] qu'avec l'aide de la Foi — une cause perdue ».

C'est ici que Fleischhauer voit que le Pape François commet une erreur relativement grave :

« Si je ne me trompe pas, l'Église Catholique répète maintenant l'erreur des Protestants. À son apogée, il y paraît un homme qui affiche un étrange dédain pour tout ce qui a doucement grandi et s’est traditionnellement enraciné ; cet homme apprécie surprendre les fidèles de l'Église avec des folies et des blagues tirées en l’air ».

Le journaliste Allemand fait alors la référence explicite au récent « texte fulminant » de Matthias Matussek et dit que le Matussek Catholique « comprend bien l'importance du Dogme comme barrage contre les relativismes du zeitgeist ». Fleischhauer place Matussek à côté de l'auteur Allemand Martin Mosebach, « un autre grand réactionnaire Catholique ».

Il semble que Fleischhauer comprend plus ce qui est arrivé à l'Église Catholique depuis le Concile Vatican II que de nombreux Catholiques d'aujourd'hui, alors qu'il tente de l’expliquer :

« On pourrait voir, si quelqu’un le veut bien, dans le [Pape] François celui qui a perfectionné un développement qui a commencé avec le Concile Vatican II. Le premier coup a été donné contre la liturgie entre 1962 et 1965 —une décennie pas accidentelle au cours de laquelle, partout dans le monde, les iconoclastes ont beaucoup avancé ».

Ici, nous, les Catholiques, sommes bien informés par un journaliste Allemand sur la façon dont l'Église Catholique a supprimé « des éléments importants du rite séculaire » car « elle voulait s'adapter au zeitgeist » : « Les prêtres ne se tenaient plus devant l'autel mais derrière comme une table d’animateur du « Tagesthemen » [une émission de nouvelles de la télévision Allemande] ». Il mentionne également ici la suppression rigoureuse de la langue Latine et la permission douteuse de la Communion dans la main. Avec un regard perçant, Fleischhauer ajoute :

« Là où ils ont particulièrement pris au sérieux le changement des temps, les ecclésiatiques eux-mêmes ont traîné les autels dans les champs et ont coupé les statues des saints en pièces. Pour ceux sans foi, ces choses peuvent sembler être des choses mineures, mais, bien sûr, ce n'est pas le cas. Celui qui a assisté une fois à une Messe dans l'Ancien Rite Tridentin sait ce que l'Église a perdu quand elle a succombé à la précipitation des années 68 [ la révolution culturelle des années 1960 ] ».

Fleischhauer fait une prédiction pour l'avenir de l'Église Catholique, à savoir : si elle suit la route que les Protestants ont prise, elle perdra les membres de l'Église et, par conséquent, envisagera de s'adapter encore plus au zeitgeist pour être supposément plus attrayante . À la fin, dit le journaliste Allemand, l'Église Catholique aura le même dilemme que les Protestants : « Si l'Église dissout ce qui la différencie de ces autres offres laïques qui professent donner un sens à la vie, pourquoi l'Église est-elle encore nécessaire ? » C'est dans ce contexte que Fleischhauer voit la croissance de l'Islam dans le monde qui semble absorber le vide créé et « répondre aux besoins spirituels mieux que le concurrent Chrétien ».

Cet article écrit par Jan Fleischhauer est un événement inspirant qui donne à réfléchir. Cela nous montre comment les éléments de vérité trouveront toujours leur chemin dans l'esprit des gens honnêtes. Nous sommes apparemment confrontés au fait que l'homme moderne se fatigue du relativisme omniprésent — et des idéologies qui l’accompagnent — car elles ne correspondent pas à la réalité. L'homme a soif de vrai, de ce qui nous lie et qui est digne de confiance et de beauté. Le monde moderne a surtout produit de la laideur, de la solitude et un manque d'amour.

N'est-il pas temps pour nous tous — à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église Catholique — de faire l’effort de nous libérer en coopération, de sortir des « décombres » et de trouver ainsi le chemin vers les sources profondes de confiance et de joie qui ne peuvent être trouvées dans et par Jésus-Christ notre Sauveur — et dans son Église Sacramentelle ?