vendredi 28 avril 2017

12 points clés de l'allocution du Pape François
à l’Université Al-Azhar



Le Saint-Père a souligné l'importance de l'éducation ouverte d’esprit et de la recherche de Dieu plutôt que des affaires de ce monde.


Par : Edward Pentin
Le 28 avril 2017

SOURCE : National Catholic Register




Dans son discours à l'Université Al-Azhar au Caire aujourd'hui, le Pape François a mis l'accent sur l'éducation, attirant l'attention sur l'ancienne civilisation Égyptienne qui valorisait l'éducation ouverte d’esprit et disant qu'un engagement similaire était nécessaire aujourd'hui.

Le Pape, s'adressant aux participants à une Conférence Internationale de la Paix à l'université, a reçu un accueil chaleureux et a été applaudi avec enthousiasme pour certaines parties de son discours.

Probablement pour éviter d'offenser ses membres Musulmans, qui considèrent Jésus comme seulement un prophète, il a semblé oublier délibérément une mention explicite du nom du Seigneur, préférant se concentrer plus généralement sur « Dieu » et sur l’« Absolu ».

Le Cheikh Ahmed el-Tayeb, le Grand Imam d'Al-Azhar, le principal centre d'apprentissage pour les Musulmans Sunnites, a condamné fermement l'extrémisme Islamique, mais les médias progouvernementaux Égyptiens ont accusé Al-Azhar de ne pas faire assez pour réformer le discours religieux dans l'Islam.

Voici quelques points clés de son discours:

* L'éducation peut devenir une sagesse pour la vie si elle amène les hommes et les femmes à sortir d'eux-mêmes, si elle est centrée sur la dignité humaine, si elle favorise un sentiment d'identité et surmonte les tentations de rigidité et d'esprit fermé.

* Le dialogue interreligieux exige le respect de sa propre identité et de celle des autres, la sincérité de l'intention, la civilité de la rencontre (la seule alternative, a-t-il dit, est l'incivilité du conflit).

* Nous sommes constamment appelés à marcher ensemble dans la conviction que l'avenir dépend aussi de la rencontre des religions et des cultures ».

* Nous devons « accompagner les jeunes », les aider sur le chemin de la maturité, à « croître vers le ciel » en compagnie l’un de l’autre et créer une « civilisation de la paix et de la rencontre ». Pour cette intention, il a appelé l'intercession de Saint François d'Assise qui a essayé de convertir le Sultan Malik al Kamil en Égypte.

* Travailler pour le bien commun ne peut être atteint si Dieu est éliminé de l'horizon ou s'il est approprié pour soi-même.

* La religion risque d'être « absorbée dans l'administration des affaires temporelles » et « tentée par l'attrait des pouvoirs terrestres qui l'exploitent en fait », mais nous ne sommes pas censés « dépenser toutes nos énergies sur les affaires incertaines et changeantes de ce monde » mais plutôt « voyager vers l'Absolu ». La religion nous rappelle « d’élever nos cœurs vers le Très Haut afin d'apprendre à construire la ville de l'homme ».

* En dépit de la nécessité de l'Absolu, il faut rejeter toute « absolutisation » qui justifierait la violence qui est la « négation de toute expression religieuse authentique ».

* Le Pape a souligné à nouveau un « Non » clair à « toutes les formes de violence, de vengeance et de haine » menées au nom de la religion et a parlé de « l'incompatibilité de la violence et de la Foi » en disant que la paix seule est sainte » et qu’« aucun acte de violence ne peut être perpétré au nom de Dieu car cela profane son Nom ».

* La religion n'est pas destinée à démasquer seulement le mal mais à promouvoir la paix, peut-être aujourd'hui « plus que jamais », mais sans « céder à des formes de syncrétisme facile » mais plutôt à « prier les uns pour les autres ».

* « Il est peu ou pas utile d'élever nos voix et de chercher à trouver des armes pour notre protection: ce qui est nécessaire aujourd'hui, ce sont des défenseurs de la paix et non des fomenteurs de conflits; des pompiers et non des incendiaires; des prédicateurs de la réconciliation et non des instigateurs de la destruction ».

* « Les formes démagogiques du populisme sont à la hausse », ce qui ne contribuent pas à « consolider la paix et la stabilité ».

* Pour prévenir les conflits et l'extrémisme et pour construire la paix, il est essentiel d'éliminer la pauvreté et l'exploitation, d’éclairer les « manœuvres sombres qui alimentent le cancer de la guerre » et de mettre fin à la prolifération des armes.