mardi 4 avril 2017

Le Cardinal Burke admet la catastrophe
Et alors maintenant ?






par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Perspectives
Le 4 avril 2017

Dans une interview tout juste publiée avec la chronique du Web « Thinking with the Church » [ Penser avec l'Église ], le Cardinal Raymond Burke a laissé tomber une bombe dont l’impact est de proportion historique.

C’est arrivé quand l'intervieweur s’est plaint plutôt légèrement à propos des défenseurs sophistiques du chapitre 8 d’Amoris Laetitia qui prétendent que de permettre aux adultères publics en « deuxièmes mariages » de recevoir la Sainte Communion est un simple fait du « développement » de la Doctrine. Comme l'intervieweur l'a dit : « Le Saint-Père a nommé des interprètes et des porte-voix » qui en effet font valoir que « c’est [l'interdiction préalable de la Sainte Communion pour les divorcés « remariés » ] le développement d'une Doctrine dans une autre, semblerait-il. »

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Et voici la réponse explosive du Cardinal :

« Et cela ne peut pas être. En d'autres termes, le développement Doctrinal signifie que nous sommes parvenus à une meilleure compréhension de ce qui est l'enseignement constant de l'Église et que nous sommes capables de donner une expression plus complète à celle-ci, mais cela ne veut pas dire que nous changeons la Doctrine ou que nous nous écartions d’elle, et c'est la difficulté avec les gens qui appellent cette interprétation du fameux chapitre 8 un « développement Doctrinal ». Si le développement Doctrinal signifie maintenant, dans l'Église, que ceux qui vivent dans des situations de mariage irrégulier peuvent recevoir les Sacrements, alors ce n'est pas du développement Doctrinal : c’est un changement dans l'enseignement de l'Église.

« En fait, il y a un commentateur aux États-Unis, Ross Douthat ... Je crois qu'il est un converti au Catholicisme, mais… — il a simplement dit [que] du point de vue de la raison, c'est la fin de l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage — et je crois qu'il a raison ».

Mais ce que le Cardinal a dit « ne peut pas se produire » et ce qu'il admet signifierait « la fin de l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage » est précisément ce que « les interprètes nommés par le Pape Bergoglio et es porte-voix » affirment qui est arrivé.

Comme le Cardinal doit savoir, il n'y a plus de doute raisonnable que le Pape Bergoglio pense qu'il peut changer l'enseignement de l'Église en prétendant développer une Doctrine — à savoir que la Communion aux adultères publics est « intrinsèquement impossible ... sans exception » étant donné leur état objectif dans la vie — dans exactement son contraire : que la Sainte Communion aux adultères publics n'est pas intrinsèquement impossible, mais plutôt permise et même louable dans « certains cas » suite à un « processus de discernement jamais défini ».

Le Cardinal admet donc l'existence d'une catastrophe ecclésiale en cours — en effet rien de moins que la « confrontation finale entre le Seigneur et Satan » au sujet « du mariage et de la famille » de laquelle Sœur Lucie a mis en garde le collègue présentateur des dubia du Cardinal Burke, le Cardinal Caffarra.

Et maintenant, la question se pose : Qu'est-ce que le Cardinal Burke et ses collègues Cardinaux ont l'intention de faire au sujet de cette catastrophe ? Avec tout le respect qu’ils méritent, des entretiens avec des sites WEB ne suffiront pas. Ce qui est nécessaire de la part des membres de la hiérarchie supérieure, par-dessus tout des Princes de l'Église, est une opposition ouverte et active à cette erreur catastrophique et, de façon indispensable, au Pape qui a conçu, encouragé et assuré sa diffusion avec toute sa parole et ses nominations clé au cours des quatre dernières années.

On ne peut pas échapper au devoir de résistance légitime envers le Pontife Romain sur ce point car si l'erreur n’est pas opposée à sa source, sa propagation désastreuse sera impossible à arrêter, encore moins de la renverser. Comme pas moins que Saint Robert Bellarmin, un Docteur de l'Église, enseigne : « Tout comme il serait légitime de résister un Pape qui envahirait un corps, il est donc légitime de lui résister d’envahir les âmes ... et bien plus s’il essayait de détruire l'Église ». [De Controversiis on the Roman Pontiff, trans. Ryan Grant (Mediatrix Press: 2015), Book II, Chapter 29, p. 303].

Nous devons espérer et prier pour que les Cardinaux, dirigés par le Cardinal Burke et les trois autres Cardinaux qui ont publié leur dubia, feront ce qu'aucun d'entre nous peut faire avec un effet pour le bien de l'Église et le bien des âmes : se lever face à un Pontife Romain rétif, l’opposer ouvertement comme étant la source d'une erreur pernicieuse.

Pour rappeler les paroles immortelles de Saint Paul au sujet de sa réprimande publique du premier Pape pour le scandale relativement mineur de refuser de manger avec les païens qu’il était chargé de convertir : « Mais quand Pierre vint à Antioche l , je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu'il avait tort ». (Gal 2. 11) Comme le Docteur Angélique [ note : Saint Thomas d’Aquin ] enseigne concernant cet incident :

« Comme Paul, qui était un sujet de Pierre, l'a réprimandé en public, en raison du danger imminent de scandale concernant la Foi, et, comme le brillant Saint Augustin dit en Galates 2 :11, Pierre a donné un exemple aux supérieurs à savoir que, si à tout moment ils devraient arriver à s’écarter du droit chemin, ils ne doivent pas dédaigner être réprouvés par leur sujets ».

Si le Pape Bergoglio n'a pas causé de « danger imminent de scandale concernant la Foi », alors les mots ont perdu de leur sens. Alors laissons les Cardinaux faire ce qui doit être fait avant que le tort causé à l'Église ne devienne irréparable. Prions pour le Cardinal Burke et pour chaque Prince de l'Église, en cette période de crise sans précédent, pour qu’ils puissent se lever et faire ce que leur serment exige d'eux. Comme John-Henry Westen a si justement observé ( en français ) en ce qui concerne cette situation : « Le Pape François joue en effet avec le feu. Avec le feu de l'enfer ».