mercredi 5 avril 2017

Le Cardinal Sarah admet aussi la catastrophe.
Mais encore une fois : et alors maintenant ?





par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Perspectives
Le 5 avril 2017

La chronique d'hier a traité de l’ admission explosive du Cardinal Burke que Amoris Laetitia (AL), tel qu'il est interprété par les collaborateurs libéraux du Pape Bergoglio, qui ont eu de toute évidence sa bénédiction, signifie dans la pratique « la fin de l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage... » Vraiment un désastre . Pourtant, le Cardinal, au moment de la rédaction de cet article, ne semble pas disposé à faire face à cette catastrophe publiquement et sans ménagement pour ce qui est de sa source : à savoir le Pape qui a promulgué Amoris Laetitia et qui promeut sans relâche son interprétation libérale.

Maintenant, un autre Cardinal a donné son point de vue avec toute une série d'admissions explosives sur l'état de la liturgie et de l'Église en général après un demi-siècle du « printemps conciliaire ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Dans son discours lors du Dixième Anniversaire de Summorum Pontificum (2007), par lequel le Pape Benoît XVI a libéré, ou a tenté de libérer, la Messe Traditionnelle en Latin de sa captivité Babylonienne absurde depuis l'apparition de la Nouvelle Messe de Paul VI, le Cardinal Robert Sarah laisse tomber une bombe après l'autre :

  • « Mais la plupart du temps, cette « réforme »[de la liturgie]... a été réalisée avec un esprit superficiel et sur la base d’un seul critère : supprimer à tout prix un héritage devant être perçu comme totalement négatif et dépassé afin de creuser un abîme entre l’avant et l’après-Concile ».

  • « Pourtant, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le désastre, la dévastation et le schisme que les promoteurs modernes d’une liturgie vivante ont provoqués en remodelant la liturgie de l’Église selon leurs idées ».

  • « La grave crise de la foi, non seulement au niveau des fidèles Chrétiens, mais aussi et surtout chez nombre de prêtres et d’Évêques, nous a mis dans l’incapacité de comprendre la liturgie eucharistique comme un sacrifice... »

  • « On a souvent la tendance sacrilège de réduire la Sainte Messe à un simple repas convivial, à la célébration d’une fête profane et à une autocélébration de la communauté, ou pire encore, à un divertissement monstrueux contre l’angoisse d’une vie qui n’a plus de sens ou contre la peur de rencontrer Dieu face à face, parce que son regard dévoile et nous oblige à regarder en vérité et sans dissipation la laideur de notre intériorité ».

  • « Même aujourd’hui, un nombre important d’ecclésiastiques sous-estiment la grave crise que traverse l’Église : relativisme dans l’enseignement doctrinal, moral et disciplinaire, graves abus, désacralisation et banalisation de la Sainte Liturgie, vision purement sociale et horizontale de la mission de l’Église ».

  • « Beaucoup croient et affirment haut et fort que le Concile Vatican II a suscité un vrai printemps de l’Église. Cependant, un nombre croissant d’ecclésiastiques envisagent ce « printemps » comme un rejet, une renonciation de son héritage multiséculaire, ou même comme une remise en cause radicale de son passé et de sa Tradition ».

  • « L’Évangile et la Révélation, eux-mêmes, sont « réinterprétés », « contextualisés » et adaptés à la culture occidentale décadente ».

  • « ... des dévastations, des destructions et des guerres qui ont suivi et qui persistent de nos jours au niveau liturgique, doctrinal et moral, car on prétend qu’aucune époque autant que la nôtre n’a été en mesure de comprendre « l’idéal évangélique » ».

  • « Beaucoup refusent de regarder en face l’œuvre d’autodestruction de l’Église par elle-même par la démolition planifiée de ses fondations doctrinales, liturgiques, morales et pastorales ».

  • « Alors que des voix d’ecclésiastiques de haut rang se multiplient, affirmant obstinément des erreurs doctrinales, morales et liturgiques manifestes, pourtant cent fois condamnées, et travaillent à la démolition du peu de foi qui reste dans le Peuple de Dieu, alors que la barque de l’Église sillonne la mer orageuse de ce monde décadent, et que les vagues se jettent sur la barque, si bien que déjà elle se remplit d’eau... »

Le Cardinal Sarah ici fournit une sorte de catalogue de ceux qui sont appelés les « Traditionalistes » et les « Fatimistes » ont dit depuis à peu près cinquante ans au sujet de la révolution dans l'Église après le Concile Vatican II. Il admet librement tout, même au point de reconnaître « l’œuvre d’autodestruction de l’Église par elle-même par la démolition planifiée de ses fondations doctrinales, liturgiques, morales et pastorales ». Non, les « Traditionalistes radicaux » ou les « Fatimistes » ne l’ont jamais exposé de façon aussi dramatique et maintenant nous l'entendons d'un Cardinal du Vatican qui n’est pas moins que le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

Mieux vaut tard que jamais, je suppose. Mais il y a une omission flagrante, voire fatale, dans l'évaluation du Cardinal Sarah : la crise entière de laquelle il regrette a eu son origine avec les actes et omissions des Papes conciliaires, qui ont déclenché la « réforme liturgique » ruineuse tout simplement pour pleurer sur ses résultats (Paul VI), qui pratiquait l’« inculturation liturgique », l’œcuménisme radical et le « dialogue interreligieux » pour déplorer ensuite l’« apostasie silencieuse » de l’Occident jadis Chrétien (John Paul II), et qui maintenant ( le Pape Bergoglio ) travaille à admettre les adultères publics à la Sainte Communion, se dissociant même de l'enseignement contraire de Jean-Paul II en conformité avec toute la Tradition.

En effet, concernant la crise liturgique, ce n’est nul autre que le Pape Bergoglio qui a limogé les 27 membres de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et qui les a remplacés par une kyrielle de Progressistes liturgiques, laissant le Cardinal Sarah impuissant dans son isolement. Bergoglio a même ramené d'entre les morts nul autre que Mgr Piero Marini, secrétaire de l'infâme Annibale Bugnini, architecte de la Nouvelle Messe, qui a été limogé et envoyé à l'Iran après que l’on ait montré à Paul VI un dossier documentant la prétendue affiliation maçonnique de Bugnini (du propre aveu de Bugnini). Marini a également été derrière les Messes papales « inculturées » de Jean-Paul II (y compris les danseurs liturgiques à demi-nu). Comme le Catholic Herald même l’admet : « Ses préférences [de Marini] pour la danse liturgique et d'autres formes profondément « inculturées » d'expression dans la liturgie, se sont révélées quelque peu controversées dans le passé. De plus, Marini est notoirement et publiquement impatient avec ceux qui favorisent la Forme Extraordinaire de la Messe et d'autres pratiques liturgiques Traditionalistes, comme la célébration de la Messe ad orientem ».

Maintenant, où est-ce que le Cardinal Sarah pense que les Papes étaient pendant le déclin ecclésial soudain et catastrophique qu’il admet maintenant? Séjournant sur Mars peut-être ? Ne peut-il pas voir que, en dehors de la brusque tentative finale par Benoît XVI à réparer certains des dommages, principalement en déclarant la « libération » de la Messe Traditionnelle que la plupart des Évêques mettent encore en quarantaine comme si elle était la souche du bacille du charbon (anthrax), les décisions des Papes conciliaires sont les sine qua non de la crise post-conciliaire qu’il regrette maintenant ? N’est-il pas au courant que le Pape actuel demande encore plus de ce même réformisme maniaque, ayant déclaré son propre « rêve d'une « option missionnaire », c’est-à-dire, l'élan missionnaire capable « de transformer tout, pour que les us et coutumes de l'Église, les manières de faire, les temps et les horaires, le langage et les structures puissent être canalisés pour l’évangélisation du monde d’aujourd’hui plutôt que pour son auto-préservation » ?

Il ne sert à rien pour le Cardinal d'avertir que « la barque de l’Église sillonne la mer orageuse de ce monde décadent, et que les vagues se jettent sur la barque, si bien que déjà elle se remplit d’eau...» si le même Cardinal ne veut même pas suggérer que le capitaine du navire pourrait avoir quelque chose à voir avec son péril. La crise post-conciliaire dans l'Église a commencé et se terminera avec la papauté. Seulement quand la vérité sera reconnue par les membres de la hiérarchie, y compris le Pape lui-même, que l'Église pourra passer du diagnostic à la cure.

La première étape, bien sûr, sera la Consécration de la Russie par le Pape en union avec les Évêques Catholiques. À échouer cela, cependant, la cure sera inévitablement imposée d'en haut, avec les conséquences les plus dramatiques pour le monde ainsi que pour l'Église.