lundi 24 avril 2017

La laïcité rugit pendant que
les Cardinaux miaulent
La Catastrophe qu’est Amoris Laetitia






par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Perspectives
Le 24 avril 2017

L’éminent Vaticaniste Sandro Magister continue son rôle indispensable de suivre dans ses articles ce qu'on peut appeler « la débâcle de Bergoglienne », qui a atteint son nadir [ définition : point plus le plus bas, à l'opposé du zénith.] avec la publication d'Amoris Laetitia (AL).

Dans son article du blog du 22 avril, Magister fournit un lien vers le texte italien intégral (traduction) d'une intervention du Dr Claudio Pierantoni, professeur de philosophie médiévale à l'Université du Chili. Il s'agissait d'une des six allocutions prononcées à Rome lors d'une conférence d'universitaires laïcs dont le thème était l'attaque d'Amoris Laetitia, de son chapitre 8, sur l'enseignement traditionnel de l'Église concernant la loi morale.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Pierantoni est l'un des 23 universitaires qui ont écrit à l'appui des Quatre Cardinaux qui ont publié les célèbres cinq dubia concernant Amoris Laetitia, auxquels le Pape Bergoglio n'a pas encore répondu ( et ne le fera jamais ). Les vingt-trois ont prévenu dans leur lettre ouverte qu’Amoris Laetitia avait « quitté l'Église comme un navire sans gouvernail ».

L'intervention de Pierantoni à Rome soulève des objections profondes à l'égard d'Amoris Laetitia qui démontrent la gravité de la crise dans la crise qu'Amoris Laetitia a provoquée. Après avoir discuté des exemples historiques bien connus de deux autres Papes obstinés qui sont tombés dans l'erreur (Honorius et Liberius, le premier ayant été condamné à titre posthume par un Concile Oecuménique et son successeur en tant que facilitateur et complice de l'hérésie), Pierantoni s’est adressé au « cas de François ».

Le cas de François, affirme-t-il, implique une crise qui doit « maintenant être considérée comme la plus sérieuse de celles que l'Église n’a jamais rencontrées ». Je ne vois pas comment quelqu'un peut douter de cette affirmation compte tenu des événements qui ont eu lieu depuis qu’Amoris Laetitia a été publié concernant la Sainte Communion pour les personnes vivant dans des « seconds mariages » adultères. Certains diocèses l’exemptent maintenant à titre de « miséricorde » ce que les autres, continuant de pair avec toute la Tradition, l’interdisent encore comme un péché mortel et un grave sacrilège.

L'ouverture d’Amoris Laetitia à la Sainte Communion pour les adultères publics dans « certains cas », écrit Pierantoni, n'est rien de moins qu’« un Cheval de Troie mortel capable de déclencher, à partir de l'édifice de l'Église elle-même, une dynamitage stratégique de toutes ses défenses et de ses véritables fondations ».

Une lecture du texte intégral de l'adresse de Pierantoni sera très fructueuse pour ceux qui peuvent lire l'italien. Ici, je me concentre sur deux de ses points les plus étonnants.

Le premier point est la présentation par Pierantoni du déploiement absurde, confus et contradictoire dans Amoris Laetitia de la nouvelle notion de « discernement » concernant l'obéissance au Sixième Commandement de la part des personnes divorcées et « remariées ». Au même moment, Amoris Laetitia soutient que (a) l'ignorance supposée de l'application du Sixième Commandement à des « seconds mariages » adultères peut éviter la culpabilité subjective du péché mortel impliqué dans de telles unions illicites ; (b) que le « discernement » à l'aide d'un prêtre, cependant, est supposé éliminer cette ignorance ; mais (c) le même « discernement » peut informer l'individu que Dieu approuve sa continuation dans l'union adultérine « pour l'instant » comme étant « la réponse la plus généreuse qui puisse être donnée à Dieu » (AL, ¶ 303).

Ainsi, l'élément de la supposée ignorance subjective, conclut Pierantoni, est « transformée paradoxalement en un élément de connaissance sur la base de laquelle le sujet peut arriver à établir avec certitude que Dieu désire de lui un comportement objectivement contraire à Sa Propre Loi ... » Ce sont des absurdités morales, des absurdités qui détruiraient tout l'ordre moral si elles étaient portées à leur conclusion logique.

Le deuxième point implique une analogie extrêmement positive. Pierantoni note la confusion totale d'Amoris Laetitia ( délibérée ? ) entre les préceptes négatifs de la loi naturelle, que Dieu a inscrite dans la nature humaine et le simple droit positif humain, qui peut changer avec le temps. Ici, il établit une comparaison entre la limite de vitesse régissant l'utilisation d'une automobile, à laquelle il peut y avoir des exceptions en cas d'urgence et la nature de l'automobile elle-même, qui ne peut pas fonctionner avec du carburant diesel si elle est conçue pour de l'essence — un principe de sa construction même à laquelle il ne peut y avoir aucune exception et dont la violation nuira toujours ou détruira l'automobile.

De supposer, comme le dit Amoris Laetitia que « la loi naturelle peut souffrir des exceptions est une véritable contradiction qui ne comprend pas sa véritable essence ... » C'est-à-dire que la loi naturelle régit l'opération même de la nature humaine par le biais de l'âme rationnelle et n'est pas une simple « règle » comme une limite de vitesse pour les automobiles.

Pourtant, François, observe Pierantoni, confirme sa confusion entre la loi naturelle et les lois humaines par son « attaque répétée, présentée en Amoris Laetitia au chapitre 8, contre les juristes, les « Pharisiens » présumés et les durs de coeur. Cette attaque, en fait, trahit une incompréhension complète de la position de Jésus envers la Loi puisque sa critique du comportement Pharisaïque repose précisément sur la distinction entre le droit positif (« les préceptes des hommes ») ... et les Commandements fondamentaux, qui sont plutôt la condition primordiale, non susceptibles de renonciation, qu'Il exige Lui-Même de ses aspirants disciples ».

Le Pape Bergoglio, conclut Pierantoni, « finit par s'aligner sur la position [des Pharisiens] en faveur du divorce contre celle de Jésus ».

La conclusion globale de Pierantoni est étonnante, mais indéniable compte tenu de ce que nous avons vu lors du cours tumultueux de ce pontificat inégalé :

« Ce qui apparaît dans la situation actuelle, c'est une déformation Doctrinale fondamentale qui, bien que capable d'éviter des formulations directement hétérodoxes, manoeuvre de manière cohérente pour mener une attaque non seulement contre des Dogmes particuliers tels que l'indissolubilité du mariage et l'objectivité de la loi morale, mais même contre le concept même de la vraie Doctrine et, avec elle, de la Personne du Christ comme Logos ».

« De cette déformation Doctrinale, la première victime est précisément le Pape, qui, comme je le pense, hypothétiquement, est très peu conscient, il est la victime d'une aliénation généralisée et d'époque de la Tradition dans de larges couches de l'enseignement théologique. Derrière lui, il y a d'innombrables victimes qui tombent dans la tromperie ».

Pourtant, les membres alarmés et hautement distingués des laïcs tels que Pierantoni — qui ne peuvent être catalogués comme « Traditionalistes Radicaux » ou « Fatimistes » — construisent un acte d'accusation public et historique bien fondé de l'actuel occupant de la Chaire de Pierre, des Cardinaux dont nous n'avons vu que quelques dubia — complètement ignorés par le Pape Bergoglio — et de leur vague promesse d'une sorte de « correction » qui n'a pas encore vu la lumière du jour.

Encore une fois, les laïcs doivent prendre l'initiative de dire la vérité sur notre situation alors que les membres de la hiérarchie supérieure conservent une attitude timide de réserve ou, dans le cas des nombreux progressistes parmi eux, s’activent activement à la débâcle Bergoglienne.

Que notre Dame de Fatima vienne bientôt à notre secours. Car il est certain qu'il n'y a pas de secours sur le chemin des Princes de l'Église.