jeudi 27 avril 2017

L'ancien chef des Chevaliers de Malte
défie l'ordonnance du Pape


En complément : un tout petit traité
sur la notion d'obéissance




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : The Remnant
Le 26 avril 2017

Fra 'Festing vient de dire non ( Il était temps que quelqu'un le fasse ).

Tout d'abord, l’habile Jésuite Argentin sur la Chaire de Pierre a extorqué la démission de Fra 'Matthew Festing, ancien Grand Maître de l'Ordre Souverain des Chevaliers de Malte (pour utiliser son nom populaire), en le convoquant à une audience secrète par le biais d’un court préavis et puis en exigeant qu'il écrive et signe une lettre de démission sur place. Avec cela, tout ce qui restait de la souveraineté de l'Ordre Souverain de Malte était de fait anéanti.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Ensuite, après avoir déclaré à Festing lors de la même audience que ce serait correct s'il était réélu en tant que Grand Maître lors de la réunion du Conseil d'État de l'Ordre qui débute à Rome le 29 avril — une représentation qui vaut moins qu'un Bolivar Vénézuélien — le Pape Bergoglio avait son homme de main, l’Archevêque Becciu, qui a informé Festing qu'il ne devait pas participer ni aux élections ni même être présent à Rome pendant la rencontre. Dans ce qui était évidemment considéré comme une manœuvre astucieuse, Becciu a tenté de faire passer cet abus scandaleux d'autorité comme étant sa propre décision, qu'il avait simplement « partagé avec le Saint-Père ».

Becciu, jouant la carte de l’obéissance, a décrit le respect de l'interdiction absurde pour Festing de voyager comme « un acte d'obéissance ». Mais obéissance à qui ? Becciu n'a aucune autorité sur Festing, sauf celle que François prétend lui avoir conférée en tant que « délégué papal spécial » à l'Ordre. L'obéissance alors à François — qui n'a cependant pas plus d'autorité pour interdire un membre des fidèles de se rendre dans une ville particulière ou de participer à la réunion d'une organisation toujours reconnue comme une entité souveraine en vertu du Droit international, pour lequel gouvernement il est un membre votant.

La réponse de Festing au diktat Bergoglien était essentiellement : assez de ce non-sens. Reuters a déclaré : « Le ex-chef des Chevaliers de Malte défie l'ordre du Pape, il prévoit son retour à Rome ». Un porte-parole de l'Ordre, selon Reuters, a confirmé que Festing « avait informé le groupe qu'il venait à la réunion de ce samedi au siège social de Rome ».

Espérons que Festing se présentera à la rencontre et fournira donc un exemple petit mais révélateur de ce que les laïcs et le clergé aussi auraient dû faire dès le début de la révolution post-conciliaire : dire tout simplement non à des ordres injustes que les autorités de l'Église n'ont ni le droit ni l'autorité réelle à émettre. Marcel Lefebvre l'a fait, empêchant ainsi une débâcle encore plus grande que celle qui s'est produite.

Comme toujours, le Docteur angélique (cf. ST, II-II, Q. 104) tire la distinction appropriée — dans ce cas, entre la vertu de l'obéissance et l'obéissance aveugle : « L'inférieur n'est pas tenu d'obéir à son supérieur si celui-ci donne un ordre auquel il n'a pas à se soumettre ». Festing n'est pas soumis aux caprices d'un Pape qui voudrait l'empêcher de voyager à Rome pour participer à une élection qui n'est vraiment pas de son affaire. Car, comme Saint Thomas l'observe aussi : « Un sujet est obligé d'être supérieur dans la sphère de son autorité ... »

La directive sans fondement du Pape Bergoglio est en dehors de la sphère de son autorité, n'ayant rien à voir avec la Foi ou la morale par opposition à un conflit politique interne dans lequel il s'est injecté. En outre, la directive viole le Droit national et international en limitant arbitrairement la liberté de mouvement de Festing et en prétendant interdire sa participation à l'affaire purement civile d'une élection menée par un État virtuel qui délivre des passeports à ses membres permettant leurs voyages internationaux en tant que membres de cet État. L'obéissance de Festing à la demande sans loi de Bergoglio impliquerait ce que Saint Thomas appelle « l'obéissance indiscrète, une obéissance qui obéit même dans les affaires illégales ».

Et donc, à Fra 'Festing, je dis : « Rendez-vous à Rome et montrez la vraie voie de l'obéissance. Donnez à toute l'Église ce petit signe sur comment la tyrannie a détruit le bien commun ecclésial au cours des cinquante dernières années. Nos espoirs et nos prières sont avec vous !

MISE À JOUR : Par Sandro Magister, Festing est arrivé hier à Rome (mercredi --- 26 avril), le jour où cet article a été écrit.