lundi 9 avril 2018

François contredit les Papes précédents
La question de l'immigration est tout aussi importante que l'avortement


par : John-Henry Westen
Co-fondateur et rédacteur en chef de LifeSiteNews.com


SOURCE : Life Site News
Lundi, le 9 avril 2018 - 8 :16 EST





VATICAN, 9 avril 2018 (Life Site News) — Dans sa longue Exhortation [ GAUDETE ET EXSULTATE ] publiée ce matin, le Pape François a réprimandé ceux qui considéreraient l'avortement comme une question plus importante que la migration. « Certains Catholiques considèrent l'immigration comme une question secondaire par rapport aux questions bioéthiques « graves » », a-t-il dit. « Qu'un politicien à la recherche de votes puisse dire qu'une telle chose est compréhensible, mais pas un Chrétien ».

Le Pape dénonce « l'erreur idéologique néfaste » de ceux qui rejettent l'importance de « l'engagement social envers les autres » comme l'immigration ou le service des pauvres.

Il critique ceux qui « relativisent » ces questions « comme s'il y avait d'autres questions plus importantes ou que la seule chose qui compte pour eux, c'est une question ou une cause éthique particulière qu'ils défendent eux-mêmes ».

« Notre défense des innocents à naître, par exemple, doit être claire, ferme et passionnée » a-t-il dit, mais ne devrait pas remplacer la défense des pauvres ou des migrants.

Le contraste avec le Pape Benoît XVI est évident à partir des remarques de Benoît XVI en 2006 aux membres du Parti populaire Européen. « En ce qui concerne l'Église Catholique, ses interventions dans l'espace public sont principalement la protection ainsi que la promotion de la dignité de la personne, et elle attire ainsi consciemment une attention particulière aux principes qui ne sont pas négociables » avait-t-il déclaré. .

Il ajouta :

Parmi ces principes non-négociables, les suivants apparaissent clairement aujourd'hui :
  • La protection de la vie dans toutes ses étapes, depuis le premier moment de la conception jusqu'à la mort naturelle ;

  • La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille — comme une union entre un homme et une femme fondée sur le mariage — et sa défense contre les tentatives de le rendre juridiquement équivalent à des formes d'union radicalement différentes qui le nuisent et contribuent à sa déstabilisation, obscurcissant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable ;

  • La protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.

Le Pape Jean-Paul II a écrit de même dans son Exhortation Apostolique de 1988, « La vocation et la mission des fidèles laïcs dans l'Église et dans le monde ( Christifideles Laici ) : « L'inviolabilité de la personne, reflet de l'absolue inviolabilité de Dieu Lui-même, trouve son expression première et fondamentale dans l'inviolabilité de la vie humaine. Il est juste, assurément, de parler des droits de l'homme — comme, par exemple, le droit à la santé, au logement, au travail, à la famille, à la culture — mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition de tous les autres droits de la personne ».

Les remarques du Pape François sur cette question figurent aux paragraphes 101 à 102 de l'exhortation Gaudete et Exsultate reproduite intégralement ci-dessous :

101. Est également préjudiciable et idéologique l’erreur de ceux qui vivent en suspectant l’engagement social des autres, le considérant comme quelque chose de superficiel, de mondain, de laïcisant, d’immanentiste, de communiste, de populiste. Ou bien, ils le relativisent comme s’il y avait d’autres choses plus importantes ou comme si les intéressait seulement une certaine éthique ou une cause qu’eux-mêmes défendent. La défense de l’innocent qui n’est pas encore né, par exemple, doit être sans équivoque, ferme et passionnée, parce que là est en jeu la dignité de la vie humaine, toujours sacrée, et l’amour de chaque personne indépendamment de son développement exige cela. Mais est également sacrée la vie des pauvres qui sont déjà nés, de ceux qui se débattent dans la misère, l’abandon, le mépris, la traite des personnes, l’euthanasie cachée des malades et des personnes âgées privées d’attention, dans les nouvelles formes d’esclavage, et dans tout genre de marginalisation. Nous ne pouvons pas envisager un idéal de sainteté qui ignore l’injustice de ce monde où certains festoient, dépensent allègrement et réduisent leur vie aux nouveautés de la consommation, alors que, dans le même temps, d’autres regardent seulement du dehors, pendant que leur vie s’écoule et finit misérablement.

102. On entend fréquemment que, face au relativisme et aux défaillances du monde actuel, la situation des migrants, par exemple, serait un problème mineur. Certains catholiques affirment que c’est un sujet secondaire à côté des questions “sérieuses” de la bioéthique. Qu’un homme politique préoccupé par ses succès dise une telle chose, on peut arriver à la comprendre ; mais pas un chrétien, à qui ne sied que l’attitude de se mettre à la place de ce frère qui risque sa vie pour donner un avenir à ses enfants. Pouvons-nous reconnaître là précisément ce que Jésus-Christ nous demande quand il nous dit que nous l’accueillons lui-même dans chaque étranger (cf. Mt 25, 35) ? Saint Benoît l’avait accepté sans réserve et, bien que cela puisse “compliquer” la vie des moines, il a disposé que tous les hôtes qui se présenteraient au monastère, on les accueille « comme le Christ » en l’exprimant même par des gestes d’adoration, et que les pauvres et les pèlerins soient traités « avec le plus grand soin et sollicitude ».