lundi 9 avril 2018

« Lectio Magistralis » du Cardinal Burke
Centrée sur l'importance de la Liturgie



Allocution du Cardinal Burke pour la présentation de son livre
au Palazzo Fibbioni, l'Aquila, Italie, le 24 mars 2018



Écrit par Alberto Carosa | Reporter de Rome
Le 8 avril 2018
SOURCE : The Remnant



La récente « lectio magistralis » donnée par le Cardinal Raymond Burke à L'Aquila le 24 mars 2018, a été une occasion extraordinaire d'approfondir la Doctrine Catholique sur des questions fondamentales, avec une référence particulière à la Sainte Liturgie comme la plus haute expression de la vie Chrétienne. Partant de son expérience personnelle, le Cardinal a abordé d'autres sujets particulièrement importants dans la vie ecclésiale et sociale actuelle : la formation du clergé, la laïcisation et le relativisme éthique, la famille, la bioéthique et l'éducation des jeunes.

Sa conférence, amplement basée sur son récent livre « Un Cardinale nel cuore della Chiesa », a été organisée par le chapitre local de l'Ordre Sacro-Militaire Constantinien de Saint George pour les Abruzzes et le Molise, et le Fondation Giuseppe Sciacca en la personne de son Président, le Professeur Don Bruno Lima ( le Cardinal Burke en est également le Président honoraire ) en collaboration avec l'Association « Missa Est », un groupe local pour la célébration de la Liturgie Latine traditionnelle. Missa Est est membre du CNSP ( Coordinación Nazionale del Summorum Pontificum — Coordination Nationale de Summorum Pontificum ), une fédération libre des associations laïques et religieuses Italiennes qui, dans leurs régions, sont impliquées de diverses manières dans l'application du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI et la note interprétative connexe Universae Ecclesiae de 2011. À son tour, le CNSP fait partie de CISP - Coetus Internationalis Summorum Pontificu, l'organisation internationale qui supervise le pèlerinage international annuel d'action de grâces à Rome pour célébrer le Motu Proprio du Pape Émérite Benoît XVI, qui, avec cette lettre apostolique de 2007, avait pour but de libéraliser la célébration du Rite Romain Traditionnel pré-Vatican II de la Messe.

La conférence a eu lieu à la Sala Rivera du Palazzo Fibbioni, l'un des palais les plus majestueux de L'Aquila, abritant actuellement les bureaux de la Mairie, en présence d'un auditoire bondé avec un certain nombre de représentants des autorités civiles, militaires et religieuses locales, y compris le responsable de l'Archidiocèse de L'Aquila, l'Archevêque Giuseppe Petrocchi.

Comme l'a expliqué Don Bruno Lima dans son introduction, l'événement était essentiellement motivé par l'intention de présenter également à L'Aquila le livre de Son Éminence, dont la conférence est en grande partie basée sur son contenu. Un contenu dont l'essentiel est que le renouveau et la réforme de la Liturgie Sacrée ne se font pas par une rupture avec le passé, ni par une révolution, mais en continuité avec le passé, par respect pour la sublime beauté de la Liturgie Sacrée célébrée sans interruption tout le long des siècles Chrétiens.

Dans les paroles du Prélat, les textes de Vatican II ont été arbitrairement utilisés par certains ecclésiastiques comme un outil pour porter atteinte à l’intégrité de l'immense patrimoine spirituel construit par l'Église pendant près de deux millénaires. « C'est avant tout la Liturgie Sacrée qui a subi les conséquences désastreuses d'une telle attitude qui, derrière un désir apparent de bien, dissimulait des desseins répréhensibles » observe le Cardinal. « Depuis lors, une pratique de plus en plus fréquente d'abus de toutes sortes a été introduite » que les Pontifes Suprêmes suivants ont vainement cherchée à corriger.

La question liturgique joue incontestablement un rôle central dans le contexte des problèmes que nous traitons ici, continua-t-il, précisément parce que la Liturgie Sacrée constitue l'action suprême et parfaite que l'homme est appelé à accomplir sur terre, préfigurant cette adoration incessante du Créateur Suprême et du Seigneur Tout-Puissant qui, seulement dans l'éternité béatifique, est parfaitement et sans cesse accomplie. « À travers la Liturgie Sacrée, le Ciel rencontre véritablement la Terre et la liturgie éternelle du mariage de l'Agneau de Dieu est mise de l’avant ».

Si la Liturgie Sacrée constitue l'action la plus haute et la plus parfaite pour l'humanité, le motu proprio Summorum Pontificum promulgué par Benoît XVI le 7 juillet 2007 a permis la réappropriation à l’Église du trésor liturgique du grand millénaire, contribuant ainsi à aborder l'interprétation et la mise en œuvre des Rites sacrés et à comprendre leur juste signification.

« La pleine uniformité liturgique dans l'Église Latine ne s'est produite qu'avec le Missel de Saint Pie V » a déclaré le prélat. « Elle constitue le point d'arrivée d'un long parcours commencé avec Jésus Lui-Même au Cénacle et sur le Calvaire. Par les Apôtres et leurs Successeurs au cours des siècles, elle est parvenue à ce jour. La vénération du texte du Missel Romain et surtout du texte du canon Romain, par exemple, s'est manifestée depuis le début du 19ème siècle jusqu'à l'époque de Vatican II avec un long débat sur la possibilité d'ajouter le nom de Saint Joseph au canon ». Quelque puissante que soit la dévotion à Saint Joseph, « personne, pas même le Pape lui-même, ne pensait pouvoir changer le texte du Missel Romain, et surtout le canon Romain ».

Il n'y a pas de normes rituelles précises concernant la Célébration Eucharistique dans les Saintes Écritures, à l'exception des dispositions bien connues de Saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens. « Probablement, comme le montrent les textes de Saint Léon, Saint Clément, Saint Justin et le Pape Sixte V, Jésus Lui-Même pendant ses 40 jours de présence avec les Apôtres après Sa Résurrection et avant Son Ascension doit avoir donné les normes fondamentales du Liturgie » que les Apôtres ont ensuite répandues en tant que fondateurs de certaines des premières Églises particulières. « Déjà à l'âge apostolique, il est intéressant de noter la clarté des normes rituelles fondamentales comme nous l'apprennent certains témoins de première importance, la première lettre du Pape Saint Clément aux Corinthiens et celle de Saint Irénée de Lyon, qui étaient disciples d'un Apôtre ou un de son Successeur immédiat. Ces sources doivent être considérées comme faisant partie intégrante de la Tradition » a affirmé le Cardinal Burke.

Les grands Pères et Écrivains Chrétiens, Tertullien, Saint. Cyprien, Saint Jérôme, Saint Basile le Grand et Eusèbe de Césarée ont souvent rappelé l'origine apostolique des diverses cérémonies et symboles de la Sainte Messe, a-t-il souligné, comme par exemple l'essentiel du canon du Rite de la Communion.

« Les Apôtres ont établi les aspects saillants du Rite, qui a ensuite connu des développements divers et majeurs à partir du quatrième siècle, à partir de la paix Constantinienne en 313 après J.-C. » a-t-il dit. « Un tournant important est le sacramentaire Grégorien qui a essentiellement établi le Rite de la Messe tel qu'il a été maintenu. L'uniformité liturgique, qui a été atteinte avec la réforme de Saint Pie V, a été un long parcours commencé très lentement à l'époque de Saint Grégoire VII qui, dans son sacramentaire, souligne qu'il a suivi le critère de toujours, à savoir renouer avec les usages apostoliques et ceux des Saints Pères ».

À la fin, il a conclu sa conférence par une note d'espoir pour que « l'Église soit toujours plus fidèle à son identité d'épouse du Christ, dans son enseignement, dans son culte, dans sa prière et sa dévotion, et dans sa vie morale ».