lundi 16 avril 2018

Le problème central du siècle et de nos vies



Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 16 avril 2018



Ce week-end, j'ai vu Witness, la puissante oeuvre de Whittaker Chambers, assise sur l'étagère, et j'ai décidé qu'il était grand temps de la relire. Je n'avais pas fini la préface quand ce passage déclencha chez moi une série de pensées :

« L'économie n'est pas le problème central de ce siècle. C'est un problème relatif qui peut être résolu de manière relative. La Foi est le problème central de cet âge ».

Aujourd'hui, dans l'Église, on insiste beaucoup sur notre obligation d'aider ceux qui sont dans le besoin : de résoudre les problèmes économiques. C'est correct et juste ; dans le Nouveau Testament ( et l'Ancien, d'ailleurs ), on ne peut se tromper sur l'impératif d'aider les pauvres, de nourrir les affamés, de s'occuper des veuves et des orphelins — oui, et d'accueillir des étrangers.

Pourtant, ce sont tous des problèmes relatifs. Il existe d'innombrables façons d'aider ceux qui en ont besoin. Différentes situations appellent des solutions différentes, et il existe de sains débats quant à la meilleure approche à un problème donné. Il n'y a pas de réponse universelle à la pauvreté, et la laide histoire du siècle dernier aurait dû nous apprendre à craindre les idéologues qui offrent une solution définitive.

De plus, la pauvreté — qui est le problème central de l'économie — est relative en ce sens que nous ne pouvons pas espérer l'éradiquer. Nous pouvons alléger la souffrance des pauvres, mais il y aura inévitablement des gens moins fortunés que d'autres. « Vous aurez toujours des pauvres avec vous ». [ Jean 12 : 8 ]

Le Seigneur a dit à ses disciples qu'au jugement final, les justes seront récompensés pour avoir nourri les affamés et habillé les nus, parce que « à toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de Mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait ». « Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé et t'avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t'avons-nous donné à boire ? » [ Matthieu : 25 :37 ] Ils avaient fait la bonne chose — ils avaient donné de l'aide à ceux qui en avaient besoin — mais ils ne s'en étaient pas félicités de l’avoir fait ou même supposé que leur aumône était suffisante pour les qualifier pour le Royaume. Parce qu'ils ont reconnu que leur obligation première était envers le Roi lui-même.

Nourrir les pauvres, habiller ceux qui sont nus, visiter les prisonniers : ce sont les œuvres de Dieu. Nous pouvons et devons aider les pauvres : comme nous pouvons, quand nous le pouvons, de la meilleure façon possible. Pourtant, pour emprunter la phrase et la pensée de Chambers, ce sont des œuvres relatives. Elles ne sont jamais parfaites, elles ne suffisent jamais. L'Évangile d'aujourd'hui offre une perspective différente : « L'oeuvre que Dieu attend de vous, c'est que vous croyiez en celui qu'Il a envoyé. [ Jean 6 :29 ]

Le problème central du siècle est aussi la question centrale de nos vies. Les problèmes de la pauvreté — comme les problèmes du maintien de la paix — ne seront jamais résolus définitivement dans cette vie. Mais nous reconnaissons la question centrale : la question qui permet une réponse simple, définitive et déclarative. « Et vous, leur demanda Jésus, qui dites-vous que Je Suis ? » [ Matthieu16 :15 ]