mercredi 11 avril 2018

Gaudete et Exsultate
Une piété démagogique en marche

Une analyse détaillée de Christopher A. Ferrara



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : The Remnant
Le 11 avril 2018


Gaudete et Exsultate est exactement ce que nous attendons de ce Pontificat prévisible. Pour citer Carl Olsen dans Catholic World Report : « Beaucoup de bonnes qualités et de passages substantiels ... souvent éclipsés, ou même minés, par des hommes de paille, des arguments douteux, et des coups bas ».

Les déclarations Bergogliennes en général sont précisément des véhicules pour des livraisons d'hommes de paille, d'arguments douteux et de coups bas bon marché, tous dirigés invariablement contre l'Orthodoxie et l'Orthopraxie. Les expressions de piété sont enroulées dans de la crasse.

La démagogie ecclésiastique est un gant de velours dans le poing serré de l'humilité militante si typique des phrases creuses et crasses des clercs Latino-Américains de gauche.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.


L'appel du document pour une relation vivante avec Dieu animée par la charité est démenti par sa descente répétée dans la caricature peu charitable et la calomnie pure et simple de ces membres parmi les fidèles que Bergoglio perçoit comme des obstacles à ses desseins maniaques. Voici un échantillon des invectives entrelacées dans les passages pieux du document :

1 ) Les ordres contemplatifs en dehors du monde sont malsains :

« Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service. Tout peut être accepté et être intégré comme faisant partie de l’existence personnelle dans ce monde, et être incorporé au cheminement de sanctification. Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action, et nous nous sanctifions dans l’exercice responsable et généreux de notre propre mission ».

2 ) L'Église n'a pas toutes les réponses et ne devrait pas dire aux gens comment vivre ( à moins que Bergoglio ne parle ) :

« Lorsque quelqu’un a réponse à toutes les questions, cela montre qu’il n’est pas sur un chemin sain, et il est possible qu’il soit un faux prophète utilisant la religion à son propre bénéfice, au service de ses élucubrations psychologiques et mentales… Nous ne pouvons donc pas prétendre que notre manière de la comprendre nous autorise à exercer une supervision stricte sur la vie des autres ».

3 ) La Doctrine Catholique est sujette à différentes interprétations selon les circonstances :

« Je voudrais rappeler que dans l’Église cohabitent à bon droit diverses manières d’interpréter de nombreux aspects de la doctrine et de la vie chrétienne qui, dans leur variété, « aident à mieux expliquer le très riche trésor de la Parole ».

4 ) La Doctrine Catholique n'est pas monolithique, mais est plutôt ouverte au doute :

« En réalité « à ceux qui rêvent d’une doctrine monolithique défendue par tous sans nuances, cela peut sembler une dispersion imparfaite ». « En réalité, la Doctrine, ou mieux, notre compréhension et expression de celle-ci, « n’est pas un système clos, privé de dynamiques capables d’engendrer des questions, des doutes, des interrogations » ».

5 ) Un attachement fort à la Doctrine et à la discipline Catholiques est du Pélagianisme :

« Ceux qui épousent cette mentalité pélagienne ou semi-pélagienne, bien qu’ils parlent de la grâce de Dieu dans des discours édulcorés, « en définitive font confiance uniquement à leurs propres forces et se sentent supérieurs aux autres parce qu’ils observent des normes déterminées ou parce qu’ils sont inébranlablement fidèles à un certain style Catholique ».

6 ) Ceux qui résistent au changement — c'est-à-dire quoi que François veuille — ont succombé aux forces du mal :

« Cela devient particulièrement important quand apparaît une nouveauté dans notre vie et qu’il faudrait alors discerner pour savoir s’il s’agit du vin nouveau de Dieu ou bien d’une nouveauté trompeuse de l’esprit du monde ou de l’esprit du diable. En d’autres occasions, il arrive le contraire, parce que les forces du mal nous induisent à ne pas changer, à laisser les choses comme elles sont, à choisir l’immobilisme et la rigidité ».

7 ) Ceux qui disent que tout est possible avec la Grâce sont vraiment des Pélagiens :

« Quand certains d’entre eux s’adressent aux faibles en leur disant que tout est possible avec la grâce de Dieu, au fond ils font d’habitude passer l’idée que tout est possible par la volonté humaine, comme si celle-ci était quelque chose de pur, de parfait, de tout-puissant, auquel s’ajoute la grâce ».

8 ) Même avec l'aide de la Grâce, il est impossible que les « faibles » gardent la loi morale étant donné leurs limites « concrètes » ; seul un progrès graduel est possible ( exaltant ainsi la fragilité de la volonté humaine sur la Grâce, précisément dans la manière Pélagienne que François condamne ) :

« Quand certains d’entre eux [ les Catholiques Pélagiques imaginaires ] s’adressent aux faibles en leur disant que tout est possible avec la grâce de Dieu, au fond ils font d’habitude passer l’idée que tout est possible par la volonté humaine, comme si celle-ci était quelque chose de pur, de parfait, de tout-puissant, auquel s’ajoute la grâce. On cherche à ignorer que ‘‘tous ne peuvent pas tout’’,[ 47 ] et qu’en cette vie les fragilités humaines ne sont pas complètement et définitivement guéries par la grâce.ne réalisent pas que « tout le monde ne peut pas tout faire », et que dans cette vie les faiblesses humaines ne sont pas complètement guéries et une fois pour toutes par la grâce… »

« La grâce, justement parce qu’elle suppose notre nature, ne fait pas de nous, d’un coup, des surhommes. Le prétendre serait placer trop de confiance en nous-mêmes. Dans ce cas, derrière l’orthodoxie, nos attitudes pourraient ne pas correspondre à ce que nous affirmons sur la nécessité de la grâce, et dans les faits nous finissons par compter peu sur elle ».

« Car si nous ne percevons pas notre réalité concrète et limitée, nous ne pourrons pas voir non plus les pas réels et possibles que le Seigneur nous demande à chaque instant, après nous avoir rendus capables et nous avoir conquis par ses dons. La grâce agit historiquement et, d’ordinaire, elle nous prend et nous transforme de manière progressive ».<

9 ) L'attachement à la Doctrine et à la discipline Catholiques est une aridité Pélagienne qui rejette « l'Esprit » :

« Il y a encore des chrétiens qui s’emploient à suivre un autre chemin : celui de la justification par leurs propres forces, celui de l’adoration de la volonté humaine et de ses propres capacités, ce qui se traduit par une autosatisfaction égocentrique et élitiste dépourvue de l’amour vrai. Cela se manifeste par de nombreuses attitudes apparemment différentes : l’obsession pour la loi, la fascination de pouvoir montrer des conquêtes sociales et politiques, l’ostentation dans le soin de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Église... »

« Certains chrétiens consacrent leurs énergies et leur temps à cela, au lieu de se laisser porter par l’Esprit sur le chemin de l’amour, de brûler du désir de communiquer la beauté et la joie de l’Evangile, et de chercher ceux qui sont perdus parmi ces immenses multitudes assoiffées du Christ ».

10 ) Les Catholiques observateurs sont des conservateurs Pélagiens impitoyables d'un musée religieux qui rejettent « l'Esprit » :

« Souvent, contre l’impulsion de l’Esprit, la vie de l’Église se transforme en pièce de musée ou devient la propriété d’un petit nombre. Cela se produit quand certains groupes chrétiens accordent une importance excessive à l’accomplissement de normes, de coutumes ou de styles déterminés. De cette manière, on a l’habitude de réduire et de mettre l’Évangile dans un carcan en lui retirant sa simplicité captivante et sa saveur. C’est peut-être une forme subtile de pélagianisme, parce que cela semble soumettre la vie de la grâce à quelques structures humaines. Cela touche des groupes, des mouvements et des communautés, et c’est ce qui explique que, très souvent, ils commencent par une vie intense dans l’Esprit mais finissent fossilisés… ou corrompus ».

11 ) Les tentatives visant à limiter la migration massive des Musulmans ( principalement les hommes d'âge militaire ) sont moralement équivalentes à un meurtre dans l'utérus :

« La défense de l’innocent qui n’est pas encore né, par exemple, doit être sans équivoque, ferme et passionnée, parce que là est en jeu la dignité de la vie humaine, toujours sacrée, et l’amour de chaque personne indépendamment de son développement exige cela... »

« On entend fréquemment que, face au relativisme et aux défaillances du monde actuel, la situation des migrants, par exemple, serait un problème mineur. Certains catholiques affirment que c’est un sujet secondaire à côté des questions « sérieuses » de la bioéthique. Qu’un homme politique préoccupé par ses succès dise une telle chose, on peut arriver à la comprendre ; mais pas un chrétien, à qui ne sied que l’attitude de se mettre à la place de ce frère qui risque sa vie pour donner un avenir à ses enfants ».

12 ) Toute opposition publique par les fidèles aux desseins Bergogliens est une diffamation inspirée par le diable ( dont la demeure n'est pas claire compte tenu des entretiens avec Scalfari ) :

« Les Chrétiens aussi peuvent faire partie des réseaux de violence verbale sur Internet et à travers les différents forums ou espaces d’échange digital. Même dans des milieux catholiques, on peut dépasser les limites, on a coutume de banaliser la diffamation et la calomnie, et toute éthique ainsi que tout respect de la renommée d’autrui semblent évacués... »

« Il est significatif que parfois, en prétendant défendre d’autres commandements, on ignore complètement le huitième : ‘‘Ne pas porter de faux témoignage ni mentir’’, et on détruit l’image de l’autre sans pitié. Là se manifeste sans contrôle le fait que la langue est un « monde du mal » et « elle enflamme le cycle de la création, enflammée qu’elle est par la Géhenne » (Jc 3, 6) ».

13 ) Les défenseurs de l'Orthodoxie sont des juges sans coeur qui méprisent les autres ( dit Bergoglio qui juge constamment et méprise les autres ) :

« Il n’est pas bon pour nous de regarder de haut, d’adopter la posture de juges impitoyables, d’estimer les autres indignes et de prétendre donner des leçons constamment ».

14 ) Dieu exige que nous acceptions le « magistère » de Bergoglio d '« aujourd'hui » et que nous voyons l'Évangile sous un jour nouveau plutôt que de simplement suivre ce que l'Église ( y compris tous les Papes antérieurs ) a toujours enseigné ; tout le reste est un dogmatisme rigide :

« Comme le prophète Jonas, nous avons en nous la tentation latente de fuir vers un endroit sûr qui peut avoir beaucoup de noms : individualisme, spiritualisme, repli dans de petits cercles, dépendance, routine, répétition de schémas préfixés, dogmatisme, nostalgie, pessimisme, refuge dans les normes… »

« Il ne s’agit pas d’appliquer des recettes ni de répéter le passé, puisque les mêmes solutions ne sont pas valables en toutes circonstances, et ce qui sera utile dans un certain contexte peut ne pas l’être dans un autre ».

« Le discernement des esprits nous libère de la rigidité qui n’est pas de mise devant l’éternel aujourd’hui du Ressuscité. Seul l’Esprit sait pénétrer dans les replis les plus sombres de la réalité et prendre en compte toutes ses nuances, pour que, sous un nouveau jour, émerge la nouveauté de l’Évangile ».

Les médias sont bien sûr ravis de ce dernier exemple de coup de poignard dans le dos Bergoglien des croyants Catholiques. Sa déclaration d'une équivalence morale entre les meurtres de masse dans l'utérus et les tentatives de limiter la migration de masse des Musulmans, dont la plupart sont des hommes d'âge militaire avec des téléphones portables, est ridiculement décrite comme « réfugiés sans défense ». CNN exulte devant ce reproche envers les activistes Catholiques anti-avortement qui se concentrent sur cette question à l'exclusion de toutes les autres ».

Mais nous avons entendu tout cela auparavant — encore et encore, sans cesse, depuis cinq ans. À ce stade, l'affaire est allée au-delà d'une analyse des déclarations de Bergogliennes afin de découvrir les pilules empoisonnées qui sont toujours là. Il n'est pas nécessaire de continuer l'exercice de vérification du problème quand même un athée comme Marcello Pera peut voir que Bergoglio est « peu ou pas du tout intéressé par le Christianisme comme Doctrine, dans son aspect théologique », que « ses déclarations semblent être basées sur l'Écriture, [ mais ] qu’en réalité elles sont fortement laïques », et que son Pontificat représente une « rupture avec la Doctrine et la Tradition ».

Maintenant, la question soulevée par les fidèles, aussi bien le clergé que les laïcs, est de savoir s'il existe un mécanisme par lequel l'Église peut être libérée des griffes de Bergoglio avant de lui infliger encore plus de dommages. Ainsi, nous voyons des commentaires à cet égard dans les principales sources d'information Catholiques sous des titres tels que « Les Cardinaux peuvent déclarer qu'un Pape hérétique a « perdu son office » : dixit un historien de l'Église ». Et même l'Évêque de Corpus Christi, Texas, René Henry Gracida , spécule ouvertement dans son blog sur la perspective d'un Concile de Cardinaux imparfait déclarant invalide l'élection de Bergoglio et procédant à un nouveau conclave.

Pour les débutants, citons Roberto de Mattei : « Nous devons avoir le courage de dire :« Saint-Père, vous êtes le premier responsable de la confusion qui existe aujourd'hui dans l'Église. Saint-Père, vous êtes le premier responsable des hérésies qui circulent aujourd'hui dans l'Église ». Mais plus que cela, le clergé et les laïcs doivent s'unir autant que possible pour faire ce que Saint Robert Bellarmine a dit de faire confronté à ce scénario — l'hypothèse devient maintenant réalité — d'un Pape qui tente de détruire l'Église :

Par conséquent, tout comme il est légitime de résister à un Pontife qui envahit un corps, il est légitime de lui résister alors qu’il envahit des âmes ou en trouble leur état, et encore bien plus s'il s'efforçait de détruire l'Église. Je dis qu'il est légal de lui résister, en ne faisant pas ce qu'il commande et en le bloquant de peur qu'il ne fasse sa volonté ... [ De Controversiis : Sur le Pontife Romain, trans. Ryan Grant ( Mediatrix Press : 2015 ), Livre II, Chapitre 29, p. 303. ]

Au-delà d'un simple diagnostic de « cette papauté désastreuse », déjà cent fois confirmée, il faut opposer directement ses desseins dans tous les champs d'action qui nous sont ouverts. Assez incroyablement, les fidèles doivent défendre l'Église Catholique contre un « Pape dictateur » qui la détruirait et la reconstruirait selon sa propre vision, comme il l'a lui-même expliqué dans son manifeste honteux Evangelii Gaudium :

« Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles... »

« J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation ».

Que le Bon Dieu délivre Sa Sainte Église du Pape qui l'afflige maintenant. Et que la Sainte Vierge intercède bientôt dans l'accomplissement du Plan Divin pour l'inévitable restauration de l'Église et le Triomphe du Cœur Immaculé.