lundi 23 avril 2018

François le Mystique ?
Épargnez-nous de cela, Seigneur !



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 23 avril 2018


L'académicien Catholique Italien Massimo Borghesi a produit un ouvrage de défense du Pape François intitulé « Jorge Mario Bergoglio : An Intellectual Biography » [ Jorge Mario Bergoglio : une biographie intellectuelle ]. Comme le rapporte le National Catholic Register, Borghesi soutient que François est « un penseur original et profond » qui a fait appel à de nombreux penseurs de l'Église du XXe siècle pour rechercher une « troisième position » entre le Conservatisme et le Progressisme ». Selon Borghesi, François a été influencé par des penseurs qui considèrent l'Église comme « le complexio oppositorum, le point de contraste des unions qui, au niveau naturel, ne trouvent pas de solution ». Il « est un mystique qui voit sa mission comme solutionnant ces tensions ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

N'avons-nous pas entendu plus qu'assez de cette foutaise Moderniste pseudo-profonde au cours des cinquante dernières années ? L’Office Pétrinien n'a pas besoin de penseurs « originaux et profonds » qui se considèrent comme des missionnaires intellectuels à la recherche d'une nouvelle synthèse entre Conservatisme et Progressisme. Il n'y a pas de « troisième voie » entre ce que l'Église a toujours enseigné et pratiqué pour défendre son enseignement, d'une part, et les écarts des Progressistes d'orthodoxie et d'orthopraxie d'autre part. L'Église n'est pas la chaumière des Trois Ours et le Pape n'est pas la Boucle d'Or qui sélectionne le plat de bouillie qui est juste ou la chaise qui n'est ni trop grande ni trop petite.

Romano Guardini et les autres « influences » du Pape au XXe siècle — comme si les Papes étaient censés être des « penseurs originaux » dont les « influences » déterminent leur contribution unique à la « pensée » de l'Église — ont tous un point commun. Ils rejettent tous ce que le Moderniste modéré ou Progressiste rejette comme un simple « retour au passé » ou une « restauration nostalgique », ce qui signifie un retour à l'enseignement traditionnel de l’Église, à la discipline et à l'approche de ce monde déchu, largement abandonné par les révolutionnaires post-conciliaires dont les nouveautés ruineuses nous ont laissé avec un vignoble ravagé. Tous, même les prétendus « Conservateurs » parmi eux, imaginent qu'il y a une sorte de nouvelle chose que l'Église doit devenir depuis l'aube du 20ème siècle, bien qu'ils ne soient jamais capables d'articuler ce qu'est exactement cette nouvelle chose sauf de dire que cela ne peut pas être la vieille chose, ce qui veut dire ce que l'Église a toujours été et doit être par sa nature même : la seule pierre angulaire de la stabilité dans un monde de flux diaboliques. Ou, pour citer la devise du défunt grand Cardinal Ottaviani, ennemi déterminé des révolutionnaires à Vatican II : Semper Idem — toujours de même. Parce que Dieu est toujours le même, et l'Église qu'il a fondée dans la Personne du Christ est le reflet terrestre de Sa nature divine.

Cette absurdité des Papes mystiques à la recherche de nouvelles synthèses est un mensonge. Et Borghesi, pour le défendre, doit se mentir à lui-même. Ainsi, par exemple, il affirme faussement que ceux qui défendent l'enseignement et la pratique traditionnels de l'Église contre l'autorisation inédite et scandaleuse de la Sainte Communion de François pour les adultères dans des « seconds mariages » se contentent « d'« échanger le niveau dogmatique — l'indissolubilité du mariage — avec ce qui concerne le Droit Canonique : la possibilité pour l'Église de permettre exceptionnellement l'Eucharistie dans des cas particuliers ».

Au contraire, le Pape même que François le « mystique » a canonisé insistait précisément sur le fait que la discipline Eucharistique de l'Église excluant les divorcés et les « remariés » de la Sainte Communion n'est pas une loi canonique changeante mais plutôt « une de ces normes sur laquelle l'Église n'a pas d'autorité discrétionnaire » parce que « la nature indissoluble du mariage [...] remonte à Christ Lui-même et est ainsi identifiée comme une norme de Loi Divine ».

« L'Église ne peut pas sanctionner des pratiques pastorales — par exemple, les pratiques pastorales sacramentelles — qui contredisent l'instruction claire du Seigneur ».

« En d'autres termes, si le mariage antérieur de deux fidèles divorcés et remariés était valide, en aucun cas leur nouvelle union ne peut être considérée comme légitime et, par conséquent, la réception des Sacrements est intrinsèquement impossible. La conscience de l'individu est liée à cette norme sans exception ».

Que Dieu délivre bientôt Son Église des griffes des « penseurs originaux et profonds » qui ne sont que des fouineurs empotés dans ce que le Saint-Esprit a forgé dans le Dépôt de la Foi et dans le grand ensemble des Traditions apostoliques et ecclésiastiques qui le soutiennent. Car c'est la vérité révélée par le Christ, et non les rêveries confuses de dilettantes intellectuels mal formés, qui nous rend libres.

En ce moment de l'histoire de l'Église, cependant, l'élément humain de l'Église est réduit en esclavage par les vaines imaginations des hommes trompés qui pensent pouvoir améliorer ce qui leur a été transmis de génération en génération, à commencer par les Apôtres eux-mêmes. Et maintenant nous assistons aux dernières étapes du désastre sans précédent que ces innovateurs orgueilleux ont causé. Le désastre à partir duquel Notre-Dame, la Médiatrice de toutes les Grâces, délivrera l'Église quand un Pape humble, courageux et saint, pas encore un autre « penseur original et profond », fera finalement ce qu'elle a demandé au Vicaire du Christ à Fatima.