mercredi 25 avril 2018

La vérité n'est pas une idole !



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 24 avril 2018


Alors que ce Pontificat entre dans sa sixième année tumultueuse, l'Église est témoin de quelque chose dont elle n'a jamais été témoin : une défense Catholique mondiale de l'orthodoxie contre un Pape régnant qui, comme le remarque un observateur aussi sobre que Philip Lawler, « s'engage dans un effort délibéré à changer ce que l’Église enseigne ». En effet, nous avons un Pape qui déclare avec tout son sérieux — de la façon la plus intégrale et pas moins que dans son Exhortation Apostolique — que :

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.


« Dans l’Église cohabitent à bon droit diverses manières d’interpréter de nombreux aspects de la Doctrine et de la vie Chrétienne qui, dans leur variété, « aident à mieux expliquer le très riche trésor de la Parole ».

Eh bien, il est évident à ce point que François a « diverses manières d'interpréter de nombreux aspects de la Doctrine », mais pour changer ce que l'Église enseigne selon ses opinions, il lui faudrait changer la vérité elle-même, ce qui est impossible. En effet, c'est la vérité même du Christ qui demeure immuablement dans la voie du programme de François. Et ainsi, assez incroyablement, le Pape François attaque maintenant la vérité elle-même. Comme il l'a déclaré dans son homélie du Jeudi Saint :

« Il faut faire attention à ne pas tomber dans la tentation de se faire des idoles de certaines vérités abstraites. Ce sont des idoles commodes, à portée de main, qui donnent un certain prestige et pouvoir, et qui sont difficiles à reconnaître. Car la « vérité-idole » se déguise, elle utilise les paroles évangéliques comme un vêtement mais elle ne permet pas de toucher le cœur. Et, ce qui est pire, elle éloigne les gens simples de la proximité de la Parole et des Sacrements de Jésus, qui guérit ».

L'affirmation que la vérité peut être un faux dieu n'est qu'une demande à peine voilée que l'Église s'incline devant l'idole des fausses opinions de François.

Beaucoup de commentateurs Catholiques traditionnels en ont assez de cette démagogie éhontée. Comme le fait remarquer le Père Gerald Murray sur le site « modéré » du National Catholic Register ( réimprimé à partir de l'article Catholique chez The Central Thing ), cette attaque du Jeudi Saint sur la vérité était tout au sujet de l'admission des adulateurs publics à la Sainte Communion — la grande obsession de ce Pape, qu'il a poursuivie presque dès le moment de son élection :

« Nous avons ici la clé interprétative de ce que je pense qu'il est en train de faire. Il défend sa décision dans Amoris Laetitia de permettre à certaines personnes qui vivent dans des unions adultères de recevoir les Sacrements de la Pénitence et la Sainte Eucharistie tout en ayant l'intention de continuer à s'engager dans des relations adultères ».

« Cette innovation Doctrinale et disciplinaire, qui contredit tout l'enseignement et toute la législation papale antérieurs, a été confirmée par son intention sans équivoque dans sa lettre aux Évêques Argentins de la région de Buenos Aires ».

« Ceux qui défendent l'enseignement et la pratique constants de l'Église sur cette question ont été soumis à diverses calomnies. Maintenant, ils sont catégorisés comme se livrant à une violation horrible du Premier Commandement parce qu'ils traitent la Doctrine Catholique comme inviolable, et donc contraignante pour tous les croyants ».

« Si la vérité pouvait perdre sa qualité d'être le moyen de connaître la Volonté de Dieu et devenir quelque chose de faux, et donc un mal, alors l'humanité est perdue. Sans vérité immuable, nous n'avons aucun moyen de vivre dans l'unité avec Dieu, avec la réalité et entre nous ».

« La bonne nouvelle est que la vérité ne peut jamais être fausse. Ce n'est pas une idole, et défendre la vérité, ce n'est pas détourner les gens de Dieu vers un faux culte, mais plutôt les inviter à embrasser ce qui est, en fait, leur plus profond désir de bonté, de bonheur et de paix ».

« La vérité vous libérera, elle ne vous asservira pas dans l'erreur et l'obscurité. Ceux qui cherchent à être guéris en se rapprochant du Christ dans ses Sacrements ne réaliseront ce but qu'en sachant et en faisant ce que Jésus leur demande. Rejeter en pratique Ses Paroles sur la permanence du mariage et l'obligation d'éviter l'adultère, puis affirmer le droit de recevoir les Sacrements, risque de faire d'une opinion erronée une idole ».

Ici, comme dans tant d'autres cas, l'accusation que le Pape François lance aux fidèles — avec ses fausses accusations de « rigidité », de « néo-pélagianisme », de gnosticisme, de narcissisme, d'hypocrisie, d '« auto-référentialisme », etc. ad nauseam — s'applique effectivement à lui. Comme le suggère à juste titre le Père Murray, François a fait une idole de son opinion erronée et exige que toute l'Église sacrifie la vérité du Christ à ses pieds.

Il est tout à fait étonnant qu'un bon prêtre comme le Père Murray ainsi que les fidèles du monde entier doivent se prononcer si fortement et si souvent pour défendre l'orthodoxie contre l'occupant même de la Chaire de Pierre. Comment cette situation est-elle quelque chose de moins qu’apocalyptique dans son envergure ? Mais de parler, nous devons le faire pour la vérité et le bien-être des âmes, y compris la nôtre, tout en priant pour la délivrance de l'Église de cette épreuve sans précédent.

Notre Dame de Fatima, sauvez l'Église dont Vous êtes la Mère !