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mardi 12 décembre 2017

La réponse de Pierantoni à Buttiglione

Voici pourquoi tout argument permettant la Communion
pour les divorcés « remariés » échoue finalement




par : Diane Montagna

SOURCE : Life Site News
Le 12 décembre 2017



Avant-propos

ROME, le 12 décembre 2017 ( LifeSiteNews ) — En tant qu'« amoureux de la Papauté », les critiques d’Amoris Laetitia souhaitent épargner au Pape François un sort pire qu’Honorius, le seul Pape à avoir été formellement condamné pour hérésie. Mais, en même temps, ceux qui ferment les yeux sur la situation actuelle ne font que « l'encourager sur cette voie ».

Ces remarques, du philosophe Italien et historien de l'Église, le Professeur Claudio Pierantoni, sont venues en réponse à la dernière interview de Rocco Buttiglione avec Vatican Insider.

Rocco Buttiglione est un philosophe et homme politique Italien, et auteur du livre récent Risques amichevoli ai critici di Amoris Laetitia (Réponses amicales aux critiques d'Amoris Laetitia).

Dans l’interview avec le journaliste Andrea Tornielli du Vatican Insider l'un des conseillers en matière de médias les plus proches du Pape François, Buttiglione a dit qu'il y a des cas où des Catholiques divorcés qui n'ont pas obtenu de nullité et qui vivent dans une seconde union sexuellement de façon active « peuvent être considérés comme étant dans la Grâce de Dieu » et « méritent donc de recevoir les Sacrements ».

« Cela semble une nouveauté choquante » a reconnu Buttiglione, « mais c'est une Doctrine qui est entièrement, et j'ose dire, solide comme le roc et traditionnelle ».

Dans l'interview, Buttiglione a également accusé les critiques d’Amoris Laetitia de tomber dans « l'objectivisme éthique » et a déclaré que ceux qui ont accusé le Pape de permettre la propagation d’une hérésie, au moins par omission, sont coupables de « calomnie, de schisme et d’hérésie ».

Le Cardinal Walter Kasper a repris les commentaires de Buttiglione jeudi dernier dans un commentaire de l'édition allemande de Radio Vatican : « L'admission des divorcés remariés aux Sacrements dans des cas individuels est basée sur l'enseignement de la Tradition, spécialement de Thomas d'Aquin et du Concile de Trente ».

« Ce n'est pas une nouveauté, mais le renouvellement d'une vieille tradition » a déclaré le Cardinal Kasper. La faille chez les critiques d’Amoris Laetitia, a-t-il ajouté, est « un objectivisme moral unilatéral qui sous-estime l'importance de la conscience personnelle dans un acte moral ».

Dans son commentaire, Kasper a salué l'approbation officielle par le Pape François des Directives des Évêques Argentins ( en les publiant dans les Acta Apostolicae Sedis ) et a déclaré qu'il espère que cela mettra fin au débat « fatiguant » sur Amoris Laetitia .

D'autres prélats de haut rang, comme l'ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Gerhard Müller, ont suggéré au Pape François de nommer un groupe de Cardinaux pour débattre de ses critiques afin de sortir de l'impasse.

Claudio Pierantoni, l'un des laïcs qui a contribué à façonner la Correction Filiale , a été un contributeur principal au débat théologique sur le sujet au cours de la dernière année. Né à Rome, Pierantoni est actuellement Professeur de philosophie médiévale à la faculté de philosophie de l'Université du Chili ( Santiago ). Il a deux doctorats : en Histoire du Christianisme et en Philosophie.






Ici, le Professeur Pierantoni
répond à la dernière interview de Rocco Buttiglione
dans un rapport exclusif pour Life Site News.

La dernière interview de Rocco Buttiglione sur Amoris Laetitia me semble intéressante et utile, car elle exprime la pensée du philosophe d'une manière synthétique et linéaire sans complication ni digressions indues. Cela rend beaucoup plus facile d'identifier et de répondre brièvement aux principales erreurs qui l'affectent. Buttiglione commence par dire que, grâce à son livre et à la préface du Cardinal Müller :

« Pour la première fois, les critiques ont été forcés de répondre et ne peuvent nier un point : il existe des circonstances atténuantes en vertu desquelles un péché mortel ( un péché qui autrement serait mortel ) devient un péché plus léger, qui n'est que véniel ».

Ici, je voudrais souligner que les critiques ont déjà répondu, disant qu'ils n'ont jamais nié la Doctrine des circonstances atténuantes prises en général : je l'avais moi-même fait dans tous mes articles sur Amoris Laetitia, à partir de septembre 2016 ainsi que dans beaucoup lettres privées à Rocco Buttiglione. Ce que Buttiglione dit ici est donc manifestement faux. Cependant, ce que je veux surtout souligner ici, c'est la fausseté des conséquences que Buttiglione tire de cette déclaration, comme si ces conclusions étaient évidentes. Buttiglione écrit :

« Il y a donc des cas dans lesquels les divorcés remariés peuvent ( par l'intermédiaire de leur confesseur et après un discernement spirituel approprié ) être considérés comme étant dans la Grâce de Dieu et par conséquent méritent de recevoir les Sacrements. Cela semble une nouveauté choquante, mais c'est une Doctrine qui est entièrement, et j'ose dire, solide comme le roc et traditionnelle ».

Notez la précipitation et la superficialité ( certainement pas justifiée par la circonstance atténuante d'un manque d'intelligence ) avec laquelle Buttiglione saute à la double conséquence : dans le premier passage, il tire de la Doctrine générale des circonstances atténuantes la conséquence immédiate que « les divorcés remariés peuvent être considérés comme étant dans la Grâce de Dieu ». Avec cela, il ignore les fortes objections que nous avons soulevées sans même y répondre.

Les circonstances atténuantes seraient fondées, comme Amoris Laetitia l’énonce et comme le répète Buttiglione, sur une compréhension inadéquate de la norme. Amoris Laetitia propose maintenant un « discernement spirituel approprié ». Mais nous dirions que, pour que ce discernement spirituel soit « approprié », il doit nécessairement conduire à une bonne compréhension de la norme. Une mauvaise compréhension de la norme pourrait peut-être être invoquée par ceux qui, laissés à eux-mêmes, n'ont pas accès à un confesseur ou à un guide spirituel. Mais suggérer que cela serait invoqué par quelqu'un qui a accès à cette formation spirituelle est une contradiction.

Quand quelqu'un confesse un péché, même si le confesseur est capable d'évaluer qu'il y a eu des circonstances atténuantes dans le passé, la conséquence logique est que le pécheur renonce à commettre le péché dans le futur. Si ce n'était pas le cas, il ne serait pas en train de commettre un péché et il ne serait donc pas logique de parler de circonstances atténuantes. Si le pénitent pense pouvoir continuer à agir de la sorte, il affirme que « compte tenu de la situation », l'action n'était pas vraiment un péché, mais plutôt la bonne chose à faire. Et c'est précisément ce que dit l'éthique situationnelle que Buttiglione cherche en vain à séparer d’Amoris Laetitia. Dans ce cas, l'adultère ne serait pas intrinsèquement mauvais, comme le dit la théologie morale Catholique, mais le serait « selon les cas ».

En fin de compte, nous sommes confrontés à un dilemme évident : soit la situation irrégulière est pécheresse, soit elle ne l'est pas.

Si nous disons que c'est un péché, alors même qu’il pourrait être atténué par les circonstances dans le passé, il doit être abandonné à l'avenir. Si, au contraire, nous disons que ce n'est pas un péché, nous ne parlons plus de circonstances atténuantes, mais nous tombons de front dans l'éthique situationnelle qui stipule que l'adultère n'est pas toujours mauvais, mais seulement dans certains cas. Et si cela est vrai pour l'adultère, alors il n'y a aucune raison pour que cela ne puisse pas être vrai pour d'autres actions qui sont considérées comme intrinsèquement mauvaises selon la Doctrine Catholique. Ce serait l'effet de « bombe atomique » dont parlait Joseph Seifert.

Lorsque le confesseur détermine qu'il y a eu des circonstances atténuantes pour le péché commis, il ne s'ensuit pas, comme le prétend Buttiglione, que la personne « peut être considérée comme étant dans la Grâce de Dieu ». Il se peut qu'elle le soit devant Dieu et nous devrions jamais avoir l'audace de juger la vie intérieure d'une personne, comme Jésus nous l'enseigne. Mais il n'en résulte pas que le prêtre a le pouvoir de pénétrer le regard de Dieu et de décider positivement qu'une personne est en état de grâce. Le fait qu'une personne soit réellement dans la Grâce de Dieu ( dans le secret de son esprit et de son cœur ) est quelque chose de complètement différent du fait de pouvoir être ainsi considéré positivement par rapport à la discipline ecclésiastique. Cela crée une énorme confusion, comme l'ont souligné tous les meilleurs critiques d’Amoris Laetitia.

Et nous arrivons ici au deuxième point. Dans la deuxième conséquence, Buttiglione déclare :

« Et donc [ divorcés et les remariés ] méritent de recevoir les Sacrements ».

Or, devions-nous supposer que, dans certains cas, le prêtre, à travers un charisme surnaturel, aurait le pouvoir de pénétrer le regard divin pour décider qu'une personne est dans la Grâce de Dieu (ce que ni Amoris Laetitia. ni Buttiglione ne prétendent), il ne s’ensuit pas que les divorcés remariés mériteraient de recevoir les Sacrements. Ici aussi, Buttiglione saute à la conclusion sans se préoccuper de l'objection qui a été soulevée à plusieurs reprises depuis un an et demi par des dizaines, voire des centaines, de critiques. Cette objection est simple et consiste en ce que, selon le Magistère de l'Église, la raison pour laquelle les divorcés remariés ne peuvent être admis aux Sacrements n'est pas un jugement présumé sur le fait que leur âme est ou non en état de grâce devant Dieu.

Personne n'aurait rêvé de faire un tel jugement, avant ou après Amoris Laetitia. La raison en est leur situation objective (visible, vérifiable ) qui contraste avec la situation objective de la réception des Sacrements. La réception des Sacrements visibles dans une Église visible doit correspondre à une situation objective et visible. Sinon, l'ordre visible de l'Église cesse simplement d'exister. Nous n'aurions plus d'Église Catholique et Apostolique, mais une église « pneumatique », pseudo-charismatique ou gnostique, une « Église » dont la discipline extérieure, si l'on pouvait encore parler de la sorte, serait soumise à l'arbitraire le plus absolu. Ce serait « le chaos érigé en système » dont parlait Robert Spaemann en référence à Amoris Laetitia.

En fait, la déclaration du Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs ( Déclaration concernant l'admission à la Sainte Communion des fidèles divorcés et remariés du 24 juin 2000 ) qui est citée par Amoris Laetitia précisément à propos de ce point, affirme qu’un jugement négatif sur une situation objective n'implique pas un jugement sur l'imputabilité ou la culpabilité de la personne impliquée » (Amoris Laetitia 302 et note 345), c’est la même chose qui nie l'accès au Sacrement, précisément parce que « le ministre de la Communion ne pourrait pas juger à partir d’une imputabilité subjective ». La même Déclaration ajoute ensuite avec une clarté absolue que « l'interdiction trouvée dans le canon cité [ CIC 915 ], par sa nature, dérive de la Loi Divine et transcende le domaine des lois ecclésiastiques positives : cette dernière ne peut pas introduire des changements législatifs qui s'opposeraient à la Doctrine de l'Église ».

Sur la base de ces observations, nous pouvons conclure que :

  • En ce qui concerne la théologie morale, ce que dit Buttiglione est faux ; à savoir, que ce que nous traiterions est une affirmation inoffensive de la Doctrine des circonstances atténuantes plutôt que sa déformation perverse, qui est l'éthique situationnelle.

  • En ce qui concerne la théologie sacramentelle, ce qu’énonce Buttiglione est faux ; à savoir, que nous avons affaire à un développement en continuité avec le Magistère précédent, alors qu'en fait, ils prétendent changer quelque chose qui, selon le Pape Jean-Paul II, appartient à la Loi Divine.

  • En ce qui concerne l'accusation selon laquelle les critiques sont coupables de tomber dans « l'objectivisme », il me semble tout à fait clair que c'est le fruit de l'imagination de Buttiglione. En fait, tous nos arguments présupposent nécessairement, comme nous l'avons vu, la distinction entre la dimension objective et l’imputabilité subjective.

  • Enfin, concernant les commentaires personnels adressés aux critiques des textes, des paroles et des actions du Pape, et en particulier envers les auteurs de la Correctio Filialis , que nous sommes des « calomniateurs, des schismatiques », etc., parce que nous avons accusé le Pape de propager l'hérésie, je signale que Buttiglione, dans toutes ses interventions, a systématiquement défendu le texte d’Amoris Laetitia en l'isolant de toutes les autres déclarations du Pape, comme si elles n'étaient pas pertinentes parce qu'elles n'étaient pas « magisterium ». Mais ce genre d'attitude est trop facile : c'est finalement l'attitude de l'autruche qui enfouit sa tête dans le sable. En réalité, tous les actes du Pape ont évidemment un impact extrêmement puissant sur l'Église et le monde entier. Or, ces affirmations non seulement confirment et clarifient la tendance hérétique présente dans Amoris Laetitia, mais soutiennent aussi d'autres hérésies nombreuses : il suffit de penser à la récente exaltation hagiographique de Luther par le Saint-Siège, qui donne en soi le feu vert à toute une foule d'erreurs ( mais elles ne sont pas les seules : pour une liste plus complète, voir l'article récent du théologien anglican Gerald McDermott : « Le Pape François est-il un protestant libéral ? ) ».

  • Le Pape Honorius a été anathématisé par le Troisième Concile Oecuménique de Constantinople (680) pour beaucoup moins que cela. L'anathème a ensuite été confirmé par le Pape Léon II : « Car il n'a pas éteint immédiatement la flamme de l'enseignement hérétique comme devrait le faire l'autorité apostolique, mais par sa négligence, il l'a encouragée » ( voir mon intervention à la conférence récente ) Apporter de la clarté-La cohérence nécessaire du Magistère avec la Tradition : exemples de l'histoire , « Rome, 22 avril 2017 ».

    Nous, les critiques, en tant qu'amoureux sincères de la Papauté, souhaitons épargner le sort d’Honorius à François ( ou peut-être même pire ). Ceux qui ferment les yeux sur la situation actuelle l'encouragent dans cette voie. Nous ne présumons pas juger le for interne de quiconque. Mais malheureusement, d'un point de vue objectif, nous ne pouvons pas déceler de circonstance atténuante dans ce comportement.

    samedi 7 janvier 2017

    Un fonctionnaire du Vatican
    proche du cercle intime du Pape
    partage des informations explosives



    Par John-Henry Westen
    et l'ensemble des éditorialistes

    SOURCE : Life Site News
    Le 3 janvier 2017




    Le 3 janvier 2017 (LifeSiteNews) — Il y a un peu plus d'un an, un lecteur a eu une conversation franche et révélatrice avec un haut fonctionnaire du Vatican proche du cercle intime du Pape François.

    Ils voyageaient sur le même vol vers Rome ; le fonctionnaire était sur son chemin de retour de la Rencontre Mondiale des Familles à Philadelphie, juste avant le Synode ordinaire de 2015 sur la Famille.

    Ce qu'il a dit est remarquable concernant le rejet du Pape de l'orthodoxie et sur son mépris pour les enseignements fondamentaux de la Foi Catholique.

    Le lecteur a gentiment partagé le contenu de leur échange qui donne un aperçu précieux de la manière dont ce pontificat considérait le Synode sur la Famille, la Sainte Communion pour les divorcés/remariés sans nullités et diverses personnalités dirigeant l'Église aujourd'hui.

    Nous ne doutons pas de l'authenticité de l'échange. Le compte rendu du lecteur de leur conversation est ci-dessous :

    Conversation d'avion

    Je suis monté à bord de l'avion et j'ai pris mon siège. Un Italien plus âgé, plutôt costaud, qui avait l'air d'avoir mangé sa bonne part de pâtes, s'est assis à côté de moi. Nous avons échangé des salutations et il s'est présenté comme un fonctionnaire de l'ancien Conseil Pontifical pour la Famille dirigé par l'Archevêque Vincenzo Paglia.

    Le fonctionnaire semblait être libre de s'exprimer et était désireux d’exprimer qu'il connaissait le Cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des Évêques. Il y eut quelques moments pendant notre conversation où il admit qu'il avait longuement parlé au Cardinal Baldisseri mais qu’il ne pouvait pas révéler le contenu de leur conversation.

    Notre conversation s'est rapidement tournée vers le prochain Synode. Je me contentais de poser des questions et je l'écoutais sincèrement et m'intéressais à son point de vue. Aussi, sur ce sujet, je pense qu'il se sentait libre de parler. Le début de notre conversation a porté beaucoup sur la proposition de Kasper, * et j'essayais de comprendre la logique derrière elle.

    Question : [Après avoir demandé à plusieurs reprises comment quelqu'un peut entrer dans une deuxième union lorsque le premier mariage est sacramentel et valide] Je ne comprends pas. Si le premier mariage était sacramentel et valide, comment quelqu'un peut-il être admis à la Communion si elle est dans une seconde union civile ? Qu'en est-il de l'indissolubilité du mariage ?

    Réponse : Que faites-vous quand l'indissolubilité est morte, quand il n'y a plus de sentiment ?

    [« Come si fa quando l’indissolubilta è morta, quando non c’è piu sentimento? »]

    Je me suis dit : « C'est la dernière chose qu'un prêtre devrait dire à un couple nouvellement marié qui éprouve des difficultés ».

    Après quelques interactions, j'ai demandé :

    Question : Mais qu'en est-il de la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II, 84 ? **

    Réponse : Comment pouvons-nous accepter ce document [« ammettere »] ? Ça a été écrit il y a 30 ans ...

    Question : Mais qu'en est-il de l'endroit où le Pape Jean-Paul II dit, dans Familiaris Consortio, que, selon la Sainte Écriture et la Tradition, quelqu'un dont le premier mariage est valide et qui est dans une seconde union ne peut être admis à la Sainte Communion à moins qu’ils ne vivent en frère et soeur.

    Réponse : Nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’un homme et une femme qui dorment dans le même lit puissent vivre en frère et sœur.

    Notre conversation s'adressa à quelques-uns des personnes que le Pape avait nommées au Synode.

    Question : Le Pape a choisi le Cardinal Kasper pour participer au Synode. Pensez-vous que cela signifie que le Pape est d'accord avec Kasper ?

    Réponse : [Pause remarquable] ... Oui

    Question : Que pensez-vous de Kasper ?

    Réponse : « C’est l'homme le plus intelligent dans la salle ».

    Question : Et le Cardinal Burke ? ...

    Réponse : [Il dit rapidement] Il ne viendra pas. Il ne compte pour rien ; il est trop Lefebvriste. [« Non conta per niente; è troppo Lefebvrista »]

    Question : Mais j'imagine qu'il y aura beaucoup d'opposition de la part de certains Évêques et Cardinaux du Synode, en particulier d'Afrique, d'Amérique et de Pologne. Que fera le Pape François ?

    Réponse : « Il écoutera et il fera ensuite ce qu'il veut ».

    Question : Mais qu'en est-il du Pape Benoît ? Je ne pense pas qu'il serait d'accord.

    Réponse : C’est un théologien, mais il n'a pas d'expérience pastorale.

    Question : Et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ?

    Réponse : [Avec ce qui semblait un ton désobligeant] Ils pensent qu'ils sont les gardiens de la Foi ! Le Pape est le gardien de la Foi.

    Question : J'ai entendu dire que le Pape a nommé le Cardinal Danneels *** pour participer au Synode ...

    Réponse : Ah, quel bon homme ... il est raffiné ... [« è raffinato »] Notre conversation s'est finalement tournée vers d'autres sujets plus bénins, puis s'est terminée jusqu'à notre arrivée à Rome. Quand nous avons atterri, il m'a donné son nom et son numéro de téléphone.

    Remarques :

    * La Proposition Kasper était une thèse présentée par le Cardinal Walter Kasper au Consistoire extraordinaire de février 2014 dans laquelle il proposait un cheminement pénitentiel pour certains divorcés/remariés qui finiraient par les amener à être admis aux Sacrements, même si l'Église a traditionnellement perçu ces personnes comme vivant dans une relation adultère.

    ** Familiaris Consortio est l'Exhortation Apostolique du Pape Jean-Paul II en 1981 sur la Famille. Le paragraphe 84 a explicitement réaffirmé la pratique de l'Église, qui est basée sur l'Écriture Sainte, de ne pas admettre à la Communion Eucharistique les divorcés qui se sont remariés. Elle affirme que si ces personnes étaient admises à l'Eucharistie, « les fidèles seraient induits dans l'erreur et la confusion quant à l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du mariage ». Elle indique aussi que la réconciliation dans le Sacrement de Pénitence ouvrant la voie à l'Eucharistie n'est possible que si elles vivent en tant que frère et sœur, s'abstenant de relations sexuelles.

    *** Le Cardinal Godfried Danneels, l'Archevêque émérite de Malines-Bruxelles, a tenté de dissimuler un cas d'abus sexuel impliquant un autre Évêque en 2010. Un enregistrement audio qui a coulé dans les médias Belges a révélé que le Cardinal a exhorté la victime à ne pas révéler que son agresseur était son oncle, Roger Vangheluwe, Évêque de Bruges, jusqu'à ce que l'Évêque n’ait pris sa retraite. Le Cardinal a demandé à la victime s'il attendrait jusqu'à ce que l'Évêque Vangheluwe se retire avant d'aller en public et lui a même dit de « demander pardon » et de « reconnaître sa propre culpabilité ». La victime a répondu : « Quel pardon dois-je rechercher ? Je ne suis pas celui qui doit demander pardon ». Malgré cette dissimulation et les points de vue controversés du Cardinal Danneels sur des questions telles que le mariage homosexuel et l'avortement, le Pape François l'a personnellement invité à participer aux deux Synodes sur la Famille comme l'un de ses délégués triés sur le volet. [ Note du traducteur : Daneels avait par ailleurs dépassé l’âge limite pour participer aux Synodes. ]

    mardi 13 septembre 2016

    Pourquoi toutes ces histoires concernant
    la permission de Communier aux divorcés/remariés
    seulement dans certains cas les plus complexes ?





    Par : John-Henry Westen
    Éditorialiste en chef de Life Site News
    Le mardi 13 septembre, 2016 - 11 :18 EST


    SOURCE : Life Site News






    Le 13 septembre 2016 (LifeSiteNews) - Après la bataille dans l'Église Catholique au cours des deux dernières années qui a abouti à la publication de l'Exhortation Apostolique Amoris Laetitia de François, de nombreux Catholiques peuvent être encore se gratter la tête. L'une des pensées les plus courantes est cette raison pourquoi toute cette agitation concernant la permission de communier aux divorcés/remariés » dans certains cas ? Et pourquoi ne pas permettre au nouveau couple heureusement marié d’être de bons Catholiques et d’aller à la Sainte Communion ?

    Ce fut aussi l'une des critiques les plus fréquentes suite à notre article en date du 9 septembre à propos de la lettre du Pape louant la directive des Évêques Argentins permettant la Communion aux divorcés/remariés.

    Mais alors que cette pratique de donner la Communion seulement dans certains des cas les plus complexes peut sembler tout à fait raisonnable, ce serait en fait saper totalement la Foi. Permettez-moi de l'expliquer, parmi d’autres arguments, à l'aide des commentaires très applicables écrits par le Cardinal Ratzinger et approuvés par le Pape Jean-Paul II en 1994.

    Mais d'abord, permettez-moi de présenter une analogie. Bon nombre des cauchemars moraux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui ont été introduits en utilisant la notion de « certains cas complexes ». Nous avons trois exemples importants de ce petit jeu au cours des 40 dernières années : la contraception, l'avortement et l'euthanasie.

    Lorsque la Conférence (anglicane) de Lambeth a proposé la permission à la contraception en 1930, ça ne devait être que pour les couples mariés et seulement dans certains cas. Avant cela, tous les Chrétiens dans le monde s’opposaient à la contraception.

    Lorsque l'avortement a été légalisé, c’est d'abord toujours venu en sous le couvert de la protection de la vie et la santé de la mère avec plusieurs médecins qui avaient besoin de confirmer sa nécessité. L’euthanasie a commencé comme une fin volontaire à la souffrance intolérable pour seulement ceux dont la mort était proche.

    Dans tous ces cas, nous avons vu comment des violations initiales limitées d’un principe précédemment inviolable a conduit à une utilisation beaucoup plus libérale et à l'anarchie morale.

    La fameuse proposition Kasper, maintenant connue pour être privilégiée par François, n'a jamais été aussi simple qu’une demande mal taillée pour que les divorcés/remariés soient admis à l'Eucharistie. Cette confusion a conduit certains commentateurs à lire Exhortation Apostolique du Pape François comme un rejet de la proposition Kasper.

    Pour Kasper, que ce soit intentionnel ou non, son modus operandi n'a jamais été une demande pure et simple pour quelque chose d’hérétique. Ça a toujours été un moyen de connivence et nuancé pour saper l’enseignement de l'Église.

    Il y a vingt trois ans, alors qu'il était Évêque en Allemagne, Kasper a publié une lettre pastorale devant être lue dans toutes les églises qui suggérait que l'interdiction de la Communion pour les couples divorcés/remariés n’était pas universellement applicable et devait être décidée au cas par cas.

    Un résumé de l'affaire par le Révérend Professeur Joseph Bolin de l'Institut Théologique International note qu’en 1993, Kasper, ainsi que les Évêques Karl Lehmann et Oskar Saier, ont publié une lettre pastorale invitant à un dialogue pour examiner si l'interdiction « généralement valable » envers les divorcés/remariés concernant l’admission à l'Eucharistie s’appliquait dans tous les cas, en faisant valoir qu'il devrait y avoir « une marge de manœuvre pastorale dans les cas individuels complexes ».

    Les Évêques reconnaissaient l'enseignement de l'Église dans Familiaris Consortio à l’effet que « les personnes divorcées et remariées ne peuvent généralement pas être admises à la fête Eucharistique alors qu’ils se trouvent dans des situations de vie qui sont en contradiction objective avec l'essence du mariage Chrétien ». Mais ils font valoir que le Droit Canon peut « mettre en place seulement une norme générale valable mais qu’il ne peut pas réglementer tous les cas individuels souvent très complexes ».

    Semble familier ? Cela devrait. C’est en effet le même langage utilisé dans Amoris Laetitia.

    Le document de Kasper a reçu une réprimande du Vatican en 1994 par une lettre approuvée par le Pape Jean-Paul II, mais écrite par le Cardinal Joseph Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi et qui deviendra plus tard le Pape Benoît XVI.

    Et depuis ce temps, la proposition Kasper reste largement inchangée dans son itération courante qui est maintenant connue pour être acceptée dans Amoris Laetitia. La lettre de réprimande de cette époque écrite par le Cardinal Ratzinger d’alors peut être lue encore de nos jours comme une réponse à la proposition Kasper qui est reflétée dans l’Exhortation Apostolique Amoris Laetitia du Pape François.

    La lettre du Vatican prenait le plus complexe des cas intentionnellement afin de montrer la logique de la nécessité d'adhérer à l'enseignement et la pratique de l'Eglise dans tous les cas. Ce scénario étant celui où le Cardinal Ratzinger écrit à propos d’une situation où le couple se considérait justifié en conscience de recevoir la Communion. Voici ce qu’il écrivait alors :

    « Ainsi, par exemple, lorsqu'ils ont été abandonnés tout à fait injustement, bien qu'ils se soient efforcés sincèrement de sauver leur précédent mariage, ou quand ils sont convaincus de la nullité du mariage précédent sans pouvoir la démontrer au for externe, ou lorsqu'ils ont déjà parcouru un long chemin de réflexion et de pénitence, ou encore quand, pour des motifs moralement valables, ils ne peuvent satisfaire à l'obligation de se séparer ».

    Le Cardinal Ratzinger propose dans ce scénario que le couple doit consulter un prêtre expert qui procède à une « solution bienveillante et pastorale » en respectant leur conscience sans même impliquer une autorisation officielle.

    Il présente ensuite la réponse avec clarté et charité (emphases par Life Site News) :

    « Dans la fidélité à la parole de Jésus-Christ (5), l’Église affirme qu'elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le mariage précédent l'était. Si les divorcés se sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu et, dès lors, ils ne peuvent pas accéder à la Communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation »(6).

    « Cette norme n'a aucun caractère punitif ni certes discriminatoire à l'égard des divorcés remariés, mais elle exprime plutôt une situation objective qui par elle-même rend impossible l'accès à la Communion eucharistique : « Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis, car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier : si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Église concernant l'indissolubilité du mariage »(7).

    « Pour les fidèles qui se trouvent dans une telle situation matrimoniale, l'accès à la Communion eucharistique sera ouvert uniquement par l'absolution sacramentelle qui ne peut être donnée « qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par exemple l'éducation des enfants - remplir l'obligation de la séparation, qu'ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux' »(8). Dans ce cas, ils peuvent accéder à la Communion eucharistique, l'obligation d'éviter le scandale demeurant toutefois ».

    En conclusion le Cardinal Ratzinger, avec l'approbation et la sanction de Pape Jean-Paul II, invite les pasteurs et tous les fidèles à s’assurer de bien recevoir cet enseignement. « Dans l'action pastorale, il faut tout faire pour veiller à ce que cela soit compris comme n’étant pas une question de discrimination » écrit-il « mais seulement d’une fidélité absolue à la Volonté du Christ qui a restauré et nous a confié à nouveau l’indissolubilité du mariage comme un don du Créateur » ( accent mis par Life Site News).