mercredi 4 juillet 2018

Oui ! Il y a une relation
entre le Message de Fatima
et les abus sexuels dans le clergé



Remarque du traducteur

L'auteur de l'article fait une introduction en énumérant les cas d'abus sexuels dans le clergé qui font les manchettes : l'Évêque Barros et la clique qui l'a couvert au Chili, l'Archevêque McCarrick aux États-Unis, etc... Nous allons passer outre cette introduction pour tomber d'emblée dans le vif du sujet, à savoir le Message de Fatima annonçait cette crise dans le clergé.

Dire que la plupart d'entre nous ne pensions qu'à connaître qui était le fameux Évêque en blanc qui allait être tué !






Par : Matt Gaspers
Contributeur chez One Peter Five

Le 3 juillet 2018
SOURCE : One Peter Five







Pertinence vitale de Fatima

Vous souvenez-vous de ce que Benoît XVI a déclaré en 2010 ? « On se tromperait en pensant que la mission prophétique de Fatima est complète ». Il prononça ces paroles le 13 mai. Deux jours auparavant, alors qu'il se dirigeait vers Fatima, il prononça des paroles encore plus explosives en réponse à une question tout aussi controversée liée directement aux abus sexuels du clergé.

Le 11 mai 2010, lors du vol vers le Portugal, Benoît XVI a répondu à un petit nombre de questions présélectionnées par les médias qui lui ont été présentées par le Père Federico Lombardi, S.J., alors directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. La troisième et dernière série de questions se lit comme suit (soulignement ajouté):

Père Lombardi : Sainteté, quelle signification ont pour nous aujourd’hui les apparitions de Fatima ? Quand vous avez présenté le texte du troisième secret à la Salle de presse du Vatican, en juin 2000, certains d’entre nous et d’autres collègues d’alors y étaient, il vous fut demandé si le message pouvait aussi être étendu, au-delà de l’attentat contre Jean-Paul II, à d’autres souffrances des Papes. Est-il possible, selon vous, de situer aussi dans cette vision les souffrances de l’Église d’aujourd’hui, liées aux péchés des abus sexuels sur les mineurs ?

Benoît XVI :En 2000, dans la présentation, j’avais dit qu’une apparition, c’est-à-dire un événement surnaturelle, qui ne vient pas seulement de l’imagination de la personne, mais en réalité de la Vierge Marie, du surnaturel, qu’un tel événement entre dans un sujet et s’exprime dans les possibilités du sujet... Je dirais donc, ici aussi, au-delà de cette grande vision de la souffrance du Pape, que nous pouvons en premier lieu rapporter au Pape Jean-Paul II, sont indiquées des réalités de l’avenir de l’Église qui au fur et à mesure se développent et se manifestent. Par conséquent, il est vrai que au-delà du moment indiqué dans la vision, on parle, on voit la nécessité d’une passion de l’Église, qui naturellement se reflète dans la personne du Pape, mais le Pape est pour l’Église et donc ce sont des souffrances de l’Église qui sont annoncées. Le Seigneur nous a dit que l’Église aurai toujours souffert, de diverses façons, jusqu’à la fin du monde.... Quant aux nouveautés que nous pouvons découvrir aujourd’hui dans ce message, il y a aussi le fait que les attaques contre le Pape et contre l’Église ne viennent pas seulement de l’extérieur, mais les souffrances de l’Église viennent proprement de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église. Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice.

Bien qu'il n'ait pas donné un simple « oui » en réponse, Benoît XVI a proposé une réponse affirmative à la question concernant « les souffrances de l'Église aujourd'hui pour les péchés impliquant les abus sexuels des mineurs ». En soulignant que le Troisième Secret concerne « l'avenir de l'Église » et, plus spécifiquement, « une passion de l'Église » résultant « du péché dans l'Église » qui se manifeste « aujourd'hui ... d'une manière vraiment terrifiante », Benoît XVI affirmait sans ambiguïté que le Troisième Secret traite beaucoup plus qu'une tentative d'assassinat ratée. ( L'idée que quiconque connaissant les faits et dans son bon sens pourrait retenir une explication aussi absurde est à la fois insultante et comique ).

Pourtant, la longue réponse de Benoît en 2010 soulève une autre question : où, dans la description de la vision de Soeur Lucie, voyons-nous quelque chose au sujet du « péché dans l'Église »? En termes simples, il n'y a aucune indication de ce que ce soit, ce qui signifie évidemment, dans les mots de Mère Angélica, que « nous n'avons pas reçu tout le Message ». [1]

Le troisième secret parle d'apostasie

Heureusement, en raison du témoignage de plusieurs témoins et d’académiciens clés — et des efforts d'hommes comme le Père Nicholas Gruner et John Vennari ( qu'ils reposent en paix ), qui ont travaillé sans relâche pour répandre ce témoignage crucial — nous connaissons la substance des paroles encore cachées de Notre-Dame, qui peuvent être résumées par un seul mot : l'apostasie. Voici un bref échantillon des témoignages à cet effet, dont la plupart se trouvent dans le volume 3 de « Toute la vérité sur Fatima » écrit par le Frère Michel de la Sainte Trinité [2] :

  • « Je ne peux rien dire de ce que j'ai appris à Fatima au sujet du Troisième Secret, mais je peux dire qu'il comporte deux parties : l'une concerne le Pape. L'autre, logiquement — bien que je ne doive rien dire — devrait être la suite des mots : Au Portugal, le Dogme de la Foi sera toujours préservé ».[3] [soulignement ajouté] — Joseph Schweigel, S.J., d. 1964 ( il a interrogé Sœur Lucie sur le Troisième Secret au nom du Pape Pie XII le 2 septembre 1952 ) [4]

  • « Dans la période précédant le grand Triomphe du Cœur Immaculé de Marie, des choses terribles doivent arriver. Ceux-ci forment le contenu de la Troisième Partie du Secret. Quelles sont-elles ?

  • Si « au Portugal le Dogme de la Foi sera toujours préservé », on peut en déduire clairement que dans d'autres parties de l'Église, ces dogmes vont devenir obscurs ou même complètement perdus. Il est donc tout à fait possible que dans cette période intermédiaire qui est en question ( après 1960 et avant le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie ), le texte fasse des références concrètes à la crise de la Foi de l'Église et à la négligence des pasteurs eux-mêmes ».[5] ajouté] — Père Joaquin Alonso, C.M.F., d. 1981 ( Prêtre Clarétien et archiviste officiel de Fatima depuis plus de seize ans, avait un accès inégalé à Soeur Lucie )

  • « Le Secret de Fatima ne parle ni des bombes atomiques, ni des ogives nucléaires, ni des missiles Pershing, ni des SS-20. Son contenu ne concerne que notre foi. Identifier le secret avec des annonces catastrophiques ou avec un holocauste nucléaire, c'est déformer le sens du message. La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation ; et il est vrai que la foi diminue continuellement en Europe ».[6] [soulignement ajouté] — Mgr Alberto Cosme do Amaral, d. 2005 ( ancien Évêque de Fatima-Leiria, remarques faites à Vienne, Autriche, le 10 septembre 1984 )

  • « Il [le Troisième Secret] n'a rien à voir avec Gorbatchev. La Sainte Vierge nous a alertés contre l'apostasie dans l'Église ».( Soulignement ajouté ) — Le Cardinal Silvio Oddi, d. 2001 ( diplomate du Vatican et ami personnel du Pape Jean XXIII, dont il connaissait certains détails concernant le Troisième Secret ) [7]

  • « Dans le Troisième Secret, il est prédit, entre autres choses, que la grande apostasie dans l'Église commencera au sommet ». [Italique ajouté] — Le Cardinal Mario Luigi Ciappi, O.P., d. 1996 ( théologien personnel aux Papes Jean XXIII - Jean Paul II ) [8]

Le témoignage le plus convaincant de tous est peut-être celui de Sœur Lucie elle-même, qui a raconté ce qui suit au Père Augustine Fuentes lors d'une interview le 26 décembre 1957 :

« Père, le diable est d'humeur à s'engager dans une bataille décisive contre la Sainte Vierge. Et le diable sait ce qui offense le plus Dieu et qui, dans un court laps de temps, lui vaudra le plus grand nombre d'âmes. Ainsi le diable fait tout pour vaincre les âmes consacrées à Dieu, car ainsi le diable réussit à laisser les âmes des fidèles abandonnées par leurs chefs, d'autant plus facilement qu'il les saisira.

Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur de Jésus, c'est la chute des âmes religieuses et sacerdotales. Le diable sait que les religieux et les prêtres qui s'éloignent de leur belle vocation entraînent de nombreuses âmes en enfer ... Le diable veut prendre possession des âmes consacrées. Il essaie de les corrompre pour endormir les âmes des laïcs et ainsi les conduire à l'impénitence finale. Il emploie tous les tours, allant même jusqu'à suggérer le retard de l'entrée dans la vie religieuse. Il en résulte la stérilité de la vie intérieure et, chez les laïcs, la froideur ( le manque d'enthousiasme ) en matière de renoncement aux plaisirs et de dévouement total à Dieu...

Dorénavant, nous devons choisir notre côté. Soit nous sommes pour Dieu ou nous sommes pour le diable. Il n'y a pas d'autre possibilité ».[9] [soulignement ajouté]

L’ apostasie et la corruption morale

Vous demandez peut-être : Qu'est-ce que l'apostasie ( la perte de la foi ) a à faire avec les abus sexuels du clergé ? Plus que nous pourrions le penser, précisément parce que la pureté de la foi et la pureté du cœur ( et, finalement, de la conduite ) sont profondément liées. Saint Augustin d'Hippone ( A.D. 354-430 ) touche cette vérité à la fin de son traité sur la Foi et le Credo ( Ch. 10, 25 ), où il explique :

« C'est la foi qui, en peu de mots, est donnée dans le Credo aux novices Chrétiens, pour être retenue par eux. Et ces quelques mots sont connus des fidèles, afin qu’à croire ils peuvent être soumis à Dieu ; et étant fait sujets, ils peuvent bien vivre ; et qu'en vivant bien, ils peuvent rendre leur coeur pur ; qu'avec le coeur purifié, ils puissent comprendre ce qu'ils croient ». [10]

Si nos esprits ne sont pas soumis à Dieu par « l'obéissance à la foi » ( Romains 1 : 5, 16 :26 ), alors nos volontés s'éloignent inévitablement de suivre les diktats de Sa Loi. Et vice versa : si nous choisissons de commettre des péchés graves — en particulier les péchés de la chair — et formons ainsi une habitude profondément ancrée du péché, notre intérêt pour les vérités de la Foi sera finalement étouffé, tout comme « la fin du commandement » — c'est-à-dire le résultat de l'observation de la loi de Dieu — « dont le but est de susciter l'amour qui vient d'un coeur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère ». ( 1 Timothée 1 : 5 ). En choisissant de pécher, nous devenons « des amoureux du plaisir plus que de Dieu : ayant une apparence de piété, mais niant sa puissance » ( 2 Tim 3 : 4-5 ) — à savoir le pouvoir de la grâce de changer le comportement coupable.

Cela ne décrit-il pas convenablement des hommes comme le Cardinal McCarrick, ceux qui ont vécu pendant des décennies avec « une apparence de piété » qui était, en fait, un vernis couvrant une habitude dégoûtante de vice contre nature ?

« Le secret, c'est terrible »

Rappelons une fois de plus les paroles de Benoît XVI :

« ... que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de réapprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice ».

« Ne vous y trompez pas, nous avertit Saint Paul, on ne se moque pas de Dieu » ( Galates 6 : 7 ). De même : « C'est moi qui tirerai vengeance, c'est moi qui paierai de retour, dit le Seigneur » ( Romains 12 :19, Deutéronome 32 :35 ). Les crimes abominables d'hommes comme le Cardinal McCarrick — des péchés qui sont en grande majorité homosexuels dans leur nature et qui crient au ciel pour la vengeance — ne resteront pas impunis. La réalité effrayante est que le châtiment infligé à de tels péchés affecte tout le Corps Mystique du Christ et le monde entier.

Dans cet esprit, réfléchissons à un dernier élément de preuve concernant le Troisième Secret et son contenu. Il se trouve dans un livre écrit par le Frère François de Marie des Anges, un confrère de Frère Michel, et se rapporte au Cardinal Albino Luciani, qui a régné pendant seulement 33 jours comme le Pape Jean-Paul I ( 26 août-28 septembre 1978 , emphase ajoutée ) :

En 1977, pour célébrer le soixantième anniversaire des apparitions de Notre-Dame de Fatima, le Cardinal Albino Luciani dirigea un groupe d'une cinquantaine d'Italiens de Venise à la Cova da Iria, parmi lesquels se trouvaient une douzaine de prêtres. Ils se sont rendus au Carmel de Coimbra le 11 juillet. Le Patriarche de Venise, le futur Pape Jean-Paul Ier, a célébré la Messe dans la chapelle du couvent. Puis, à la demande de Soeur Lucie, il s'entretint avec elle pendant près de deux heures. A la fin de cette entrevue, « le Cardinal paraissait très pâle au point d’en laisser une impression sur les personnes présentes ».

Les photographies prises quelques mois plus tard, au début de l'année 1978, quand il prêchait le Carême dans sa patrie, le montrent encore « avec une expression qui ne lui était pas habituelle, extrêmement sérieuse ». Pendant son séjour, son frère et sa belle-soeur, Edoardo et Antonietta Luciani, s'aperçurent que le Cardinal était étrangement absorbé, pensif et impénétrable. « Un soir, raconte Regina Kummer dans sa biographie de Jean-Paul Ier, Antonietta remarqua soudain, pendant le dîner, sa pâleur extrême et angoissée. Il s'excusa et, sans donner d'autres explications, il prit son bréviaire et se retira dans sa chambre. La même chose s'est produite le lendemain soir. Comme une bonne hôtesse, elle lui a demandé si la nourriture était la cause de son malaise. Le Cardinal leur répondit : Je pensais seulement à ce que Soeur Lucie m'a dit à Coimbra.

Puis il a ajouté : « Le secret, c'est terrible » . [11]


[1] Cité par Christopher A. Ferrara dans son livre «The Secret Still Hidden » [ le Secret encore caché ] ( Pound Ridge : Good Counsel Publications, 2008 ), p. 68. En août-sept. Le Dr. Robert Moynihan ( fondateur et rédacteur en chef d'ITV ) a révélé que l'Archevêque Pietro Sambi, Nonce Apostolique des États-Unis récemment décédé, avait lui-même recommandé personnellement ce livre à Moynihan. .

[2] En mai dernier, lors de son discours au Forum de Rome sur la Vie, le Cardinal Raymond Burke a salué le travail de Frère Michel comme une « étude monumentale des apparitions de Notre-Dame de Fatima » et a cité le volume 3 : « En somme, le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie se réfère sans doute beaucoup plus au Troisième secret que même le Second. Car le rétablissement de la paix sera un don du ciel, mais ce n'est pas, à proprement parler, le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie. Sa victoire est d'un autre ordre, surnaturel, puis temporel par addition. Ce sera d'abord la victoire de la foi, qui mettra fin au temps de l'apostasie et aux grands défauts des pasteurs de l'Église.

[3] Cité par le frère Michel de la Sainte Trinité dans son livre « Toute la vérité sur Fatima », Volume III : Le Troisième Secret ( 1942-1960 ), trad. John Collorafi ( Buffalo : Immaculate Heart Publications, 1990 ), p. 710.

[4] Ibid., Voir pp. 337-338.

[5] Ibid., P. 687.

[6] Ibid., P. 677-678.

[7] Voir Maike Hickson, « Le Cardinal Oddi sur le Troisième Secret de Fatima, le Concile Vatican II et l'Apostasie », One Peter Five, 28 novembre 2017.

[8] Voir « Alice Von Hildebrand jette une nouvelle lumière sur Fatima », One Peter Five, 12 mai 2016.

[9] Voir « Toute la vérité sur Fatima », vol. III : Le Troisième Secret, pp. 505, 507.

[10] Philip Schaff ( Ed. ), Nicene et Post-Nicene Fathers, première série, vol. 3 ( Peabody, MA : Hendrickson Publishers, Inc., cinquième impression - janvier 2012 ), p. 333.

[11] Frère François de Marie des Anges, « Fatima : Joie Intime, Événement Mondial », Livre IV « Fatima : Tragédie et Triomphe » ( Buffalo : Immaculate Heart Publications, 1994 ), pp. 143-144. Concernant les origines et le but de ce travail, l'auteur lui-même explique dans sa Préface : « Quand Frère Michel a quitté notre communauté [ le Petit Frère du Sacré Cœur ] en 1989, pour se consacrer à la vie contemplative en Chartreuse, il n'avait pas encore rédigé le quatrième volume de La Vérité sur Fatima, annoncé comme « À la fin mon Coeur Immaculé Triomphera » Quelques mois plus tard notre Père Supérieur [Abbé Georges de Nantes] m'a demandé de poursuivre les études de Frère Michel sur Fatima, en préparant un résumé des trois volumes déjà imprimés, et du quatrième volume qui n'a pas encore paru. ... La dernière partie de cet ouvrage [Livre IV de Fatima : Joie intime, Événement mondial], abrégé du quatrième volume [de Toute la vérité sur Fatima] traite principalement de la période 1960-1991. Ainsi, ce livre montrera de manière convaincante l'actualité des avertissements prophétiques contenus dans le grand secret de Fatima, ainsi que l'importance mondiale du Message de Notre-Dame dans ces dernières années du 20ème siècle » ( pp. viii-ix ).