mardi 24 juillet 2018

Humanae Vitae, ça ne sent pas bon...

Mgr Marengo confirme
le plan visant à miner Humanae Vitae




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 24 juillet 2018


Un article de la correspondante du Vatican, Cindy Wooden du Catholic News Service, donne d'autres signes inquiétants que le Pape François veut miner l'enseignement de Humanae Vitae ( HV ), qui réaffirme l'enseignement infaillible de l'Église sur le mal intrinsèque de la contraception de la même manière qu’il a miné l'enseignement de tous ses prédécesseurs sur le mal intrinsèque de l'adultère sous la forme de divorce et de « remariage ». Autrement dit, il réduira l'enseignement à un idéal qui vaut la peine d'être poursuivi, mais pas un Commandement Divin auquel il n'y a aucune exception, dont la violation implique un comportement intrinsèquement désordonné et mortellement coupable.

Dans les remarques à la presse rapportées par Wooden, Mgr Gilfredo Marengo, un membre de la commission d'étude de François ( lire : commission qui cherche un moyen de contourner HV ) sur HV a donné d'autres indications sur l'intention subversive notée dans ma précédente chronique sur ce sujet.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Tout d'abord, comme le rapporte Wooden, Marengo affirme qu'il est « très important » que Paul VI ait consulté les 199 Évêques de Rome pour la première session de sa nouveauté de « synode universel » parce que « l'une des accusations répétées le plus souvent après la publication de Humanae Vitae était que le Pape avait décidé d'agir seul, d'une manière qui n'était pas collégiale ».

Depuis quand est-ce mal pour un Pape d’agir seul en réaffirmant un enseignement constant et donc infaillible du Magistère ordinaire sur la morale fondamentale ? Depuis quand un Pape est-il obligé de consulter quelques centaines d'Évêques réunis à Rome avant de réaffirmer l'enseignement infaillible de l'Église ? Depuis que la nouveauté de la « collégialité » a été introduite à Vatican II — un néologisme vague qui implique, mais ne peut évidemment pas obliger, qu'une sorte de participation épiscopale parlementaire soit nécessaire pour la validité ou l'acceptation d'un enseignement papal sur la Foi et la morale.

Wooden note, comme si cela importait pour la vérité de l'enseignement, selon les recherches de Marengo, sur les 25 réponses reçues des Évêques de Rome, « seulement sept Évêques demandèrent à Paul de répéter l'enseignement de l'Église Catholique contre l'usage des contraceptifs ». Et alors ? Cela n'aurait pas eu d'importance si les 25 réponses préconisaient un changement dans l'enseignement. Un changement était et est impossible.

Wooden note que les recherches de Marengo montrent que parmi les 18 autres réponses figurait « une réponse Américaine conjointe du Cardinal Lawrence Shehan de Baltimore, du Cardinal John Krol de Philadelphie, de l'Archevêque John Dearden de Detroit et de l'Évêque John Wright de Pittsburgh » qui démontrait « une ouverture dans certaines circonstances, toutefois, « aucun d'entre eux n’ont dit que l'utilisation de la pilule était une bonne chose » a déclaré Marengo au Catholic News Service.

Si l'utilisation de la pilule n'est pas une bonne chose, alors cela doit être une mauvaise chose. Mais comment une mauvaise chose peut-elle être justifiée « dans certaines circonstances », étant donné qu'on ne peut jamais faire le mal afin qu’un supposé bien puisse en découler ? Ce n'est rien d'autre que le même genre d'éthique de situation qui, grâce à François, divise et confond l'Église en matière de divorce et de « remariage ».

Marengo affirme en outre — et c'est assez inquiétant — que le Pape Paul :

« se trouvait dans une situation qui n'était pas facile. Son jugement avait mûri et il se sentait obligé en conscience de l'exprimer en vertu de son ministère apostolique, sachant bien qu'aller dans cette direction le placerait à une distance prévisible et douloureuse des secteurs de la communauté ecclésiale qui n'étaient pas marginaux ».

Traduction : Les subversifs ecclésiastiques Modernistes qui s'opposaient à HV étaient de bons Catholiques en règle, pas des dissidents marginaux de la vérité infailliblement proclamée sur le mal intrinsèque de la contraception, que Paul aurait dû affirmer même si toute la hiérarchie et la population entière du monde avaient été contre lui.

Ensuite, Marengo ne fait que donner un coup de main. Comme le rapporte Wooden : « Pour Marengo, le processus de rédaction d'Humanae Vitae ne peut être compris sans reconnaître les changements dans l'Église libérés par le Concile Vatican II, y compris sur le thème du mariage et de la parentalité ».

Et nous y voilà ! Vatican II, avec ses « changements » illusoires dans l'enseignement de l'Église qui ne peuvent être changés, frappe à nouveau.

Citation de Marengo :

« Depuis que le Concile dans Gaudium et Spes a reconnu la « parentalité responsable » comme une valeur — fondamentalement différente de la vision du mariage — l'idée de plusieurs était qu'elle nécessitait également un changement dans la moralité sexuelle de l'Église ».

Aucun Concile œcuménique, aucun Pape, personne n'a le pouvoir de « changer fondamentalement la vision du mariage », surtout pas par la simple expression de la phrase vide « parenté responsable ».

Marengo déclare ensuite, selon Wooden, que « l'accent mis par HV sur le « lien inséparable » entre les qualités « unitives et procréatrices » de l'amour conjugal ... a marqué un changement significatif dans l'enseignement de l'Église par rapport à avant Vatican II ; auparavant, l'Église enseignait que le but premier du mariage était la procréation ».

Auparavant mais plus maintenant ? Après Humanae Vitae, la procréation a soudainement cessé d'être le but principal du mariage ? Non-sens absolu, qui expose tout l'enseignement Catholique à l'accusation qu'il « évolue » avec le passage du temps, notion qui conduit, comme le disait Saint Pie X dans Pascendi à « une immense collection de sophismes ... qui ruine et détruit toute religion ».

Mais maintenant le bouquet. Marengo, comme le rapporte Wooden, fait valoir que :

« Le travail personnel de Paul dans la réécriture des « directives pastorales » de l'Encyclique reflète également l'enseignement de Vatican II ... Auparavant, « la tâche magistérielle consistait à expliquer, et la tâche pastorale consistait à dire aux gens d'accepter. « Vous devez obéir » qui était l'approche pastorale classique ». Mais, il a dit : « Le Pape Paul a brisé ce schéma, en disant : « Je vais expliquer l'enseignement et si vous essayez de le comprendre, vous verrez qu'il est vrai et qu’il est le meilleur pour vous » ».

Nous l'avons bien ici : on jette les bases d'une conception révisionniste de HV selon laquelle elle ne commande aucune obéissance à un précepte négatif de la Loi Naturelle dont personne n'est exempt en aucune circonstance, sous peine de péché mortel, mais plutôt conseille simplement les fidèles sur « ce qui est le mieux » pour eux, en évitant complètement la question du péché.

Comparez cette ordure avec l'enseignement de Pie XI dans Casti Connubii :

« Mais aucune raison assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre nature devienne conforme à la nature et honnête. Puisque l'acte du mariage est, par sa nature même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l'accomplissant, s'appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité, agissent contre la nature ; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête ».

« Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir les Saintes Écritures attester que la divine Majesté déteste au plus haut point ce forfait abominable, et qu'elle l’a parfois puni de mort, comme le rappelle saint Augustin : « Même avec la femme légitime, l'acte conjugal devient illicite et honteux dès lors que la conception de l'enfant y est évitée. C'est ce que faisait Onan, fils de Judas, ce pourquoi Dieu l'a mis à mort ».

En conséquence, comme certains, s'écartant manifestement de la Doctrine Chrétienne telle qu'elle a été transmise depuis le commencement, et toujours fidèlement gardée, ont jugé bon récemment de prêcher d'une façon retentissante, sur ces pratiques, une autre doctrine, l'Église Catholique, investie par Dieu même de la mission d'enseigner et de défendre l'intégrité des mœurs et l'honnêteté, l'Église Catholique, debout au milieu de ces ruines morales, afin de garder la chasteté du lien nuptial à l'abri de cette honteuse déchéance, se montrant ainsi l'envoyée de Dieu, élève bien haut la voix par Notre bouche, et elle promulgue de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la Loi de Dieu et la Loi Naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute grave ».

C'est le véritable enseignement du Magistère, aujourd'hui attaqué par les sommets mêmes de l'Église. Et cette attaque est encore un signe de plus de ce que le Cardinal Ciappi, dont le brouillon entièrement traditionnel de l'Encyclique de Paul sur la contraception a été bloqué à la dernière minute, a appelé une apostasie qui « commence au sommet ».

Chapeau au lecteur Remnant John Seiler pour m'avoir averti de l'article de Wooden.