mardi 17 juillet 2018

Un journaliste chevronné Catholique

« Tous les Évêques impliqués
dans un scandale des abus sexuels
doivent démissionner »




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 17 juillet 2018


Christopher Manion, journaliste chevronné et analyste politique, lance un vibrant appel à la démission de tous les Évêques Américains qui ont été au courant de la crise actuelle des abus sexuels au sein de la hiérarchie Américaine pendant des années sans pour autant intervenir. Il révèle également quelques aspects douloureux du rôle de Rome à cet égard — à savoir, la réponse boiteuse du Pape Jean-Paul II à cette crise.

Écrivant le 30 juin pour le journal Catholique The Wanderer, le Dr. Manion reprend le scandale McCarrick et le fait que le comportement gravement immoral de ce prélat était connu de plusieurs dans la hiérarchie Américaine depuis de nombreuses années. À titre d'exemple, il se réfère au travail de Paul Likoudis, le courageux rédacteur en chef de The Wanderer, aujourd'hui décédé, qui a été parmi les premiers à révéler le réseau homosexuel au sein de l'Épiscopat Américain. ( Ici, nous pourrions aussi nous souvenir du livre du Père Enrique Rueda, publié en 1982, sur le réseau homosexuel dans l'Église ). D'un ton tranchant, Manion commente :

« Bien avant que The Boston Globe ne publie son « exposé » au début de 2002, Paul Likoudis a fait état d'une série d'abus et de dissimulations dans des chancelleries à l'échelle nationale. Pour ses efforts de yeoman, il a été ridiculisé, harcelé, menacé, intimidé, et, surtout, soigneusement ignoré chaque fois que possible par un Évêque coupable après l'autre ».

Quand, en 2002, la crise est devenue plus connue, dit le journaliste, les Évêques Américains ont prétendu l'avoir « sous contrôle ». « C'est fini » a déclaré aux Chevaliers de Malte en février 2002 l'Évêque Auxiliaire ( maintenant Cardinal au Vatican ) Kevin Farrell »

Dans l'une des parties les plus pertinentes de son article, Manion parle du rôle de Rome ( emphase ajoutée ) :

« En avril 2002, les responsables de l'USCCB [ Conférence des Évêques Américains ] ont dit au Vatican de ne pas s'inquiéter. Nos Évêques ont pu gérer la situation eux-mêmes, ont-ils insisté. Quelques jours plus tard, le Pape Jean Paul II a convoqué tous les Cardinaux Américains au Vatican. Il aurait pu exiger de sérieux changements, mais il ne l'a pas fait. Il ne condamna pas non plus les méfaits sévères de la hiérarchie Américaine. Au lieu de cela, il accepta les excuses plaintives qu'ils répétaient depuis des années. Par exemple, que ces Cardinaux ont été induits en erreur par des « experts cliniques » qui pensaient que le viol d'un enfant homosexuel était une maladie et non un crime. Ce n'était donc pas de leur faute ».

Les Cardinaux rentrèrent chez eux, dit Manion, promettant de « faire mieux ». Le Cardinal Mahoney rentra chez lui « pour dépenser un milliard de dollars de l'argent des fidèles pour couvrir les abus sexuels et échapper aux poursuites ( Il insista même sur le fait que les dossiers personnels des prêtres étaient protégés par le secret du confessionnal ! ) ». Ce commentaire à lui seul a révélé comment inefficaces les paroles papales ont été. « Aucun des prélats Américains n'a offert sa démission. Personne n'a demandé la démission d'aucun de leurs collègues à la Conférence des Évêques ».

Avant de continuer à présenter l'article de Manion, nous devrions considérer ce résumé du traitement de la crise des abus sexuels dans l'Église Catholique en Amérique comme un scandale en soi. Il montre l'échec cuisant de toute la hiérarchie de l'Église, en commençant par le sommet, à punir et éradiquer les abuseurs des rangs du clergé. C'est déchirant, surtout si l'on considère les dommages causés à tant d'âmes. ( Dans le nouveau scandale Autrichien, il y a une femme qui a été harcelée sexuellement par un prêtre. Il est toujours actif même s'il a quitté sa paroisse. Elle a maintenant abandonné la Foi, accusant le prêtre et son Évêque responsable, Alois Schwarz ).

Poursuivant l'histoire du scandale des abus de Manion aux États-Unis, en juin 2002, lors d'une réunion à Dallas, les Évêques Américains ont été confrontés à un article montrant que la moitié d'entre eux avaient été impliqués dans la couverture de cas d’abus sexuels ». Ainsi, quand ils ont publié leur Charte de « Protection » [ dite Chartre de Dallas ], Manion dit : « Ils se sont exemptés à la télévision nationale et sont rentrés à la maison pour se préparer à se défendre contre les attaques et les critiques. Aucun d'entre eux n'a démissionné ( le Cardinal Law, aujourd'hui décédé, s'est enfui à Rome ) ». On se demande pourquoi le Cardinal Law a même été reçu à Rome.

En ce qui concerne Rome, Manion révèle le douloureux fait que McCarrick a reçu du Pape Jean-Paul II le chapeau rouge en dépit du fait qu’à ce moment-là il y avait suffisamment d'informations envoyées à Rome contre une telle décision. Manion écrit :

« Un autre prélat assistant aux rencontres à Rome et à Dallas en 2002 était le Cardinal Washington Theodore McCarrick. Dans ses précédents postes à Newark et Metuchen, il avait déjà réglé en privé deux procès impliquant ses agressions sexuelles sur des hommes adultes. Rod Dreher rapporte qu'un groupe de Catholiques s'était rendu à Rome pour avertir le Pape au sujet de McCarrick — en vain : le Pape Jean Paul II l'avait nommé Archevêque de Washington, D.C., en 2000, et l'a nommé Cardinal l'année suivante.

C'est à la suite de cette description douloureuse de la conduite indigne soutenue, à la lumière d'une histoire de nombreuses dissimulations, que Manion appelle à la démission de chaque Évêque qui y était impliqué d'une manière ou d'une autre. Après avoir cité d'abord un Jésuite qui explique que « les Évêques ne se corrigent pas fraternellement, parce qu'ils ne veulent pas être corrigés fraternellement », il demande : « Alors, que faut-il faire ? »

« C'est le moment maintenant. Les laïcs doivent abattre leurs défenses contre les attaques et les critiques. Les Évêques ont suivi l'adage de Ben Franklin — « soit nous nous pendons ensemble, soit nous nous pendons séparément ».

« Assez ! Chaque Évêque qui a couvert McCarrick et d'autres agresseurs afin qu'ils puissent tous rester au pouvoir doit démissionner — dès maintenant. Leur crédibilité est déchiquetée — pourquoi restent-ils ? »

À la lumière de ces paroles fortes et très nécessaires d'un journaliste chevronné qui a été témoin des dernières décennies d'échec épiscopal en ce qui concerne la crise des abus sexuels, il est remarquable que maintenant l'une des victimes du Cardinal McCarrick parle en public dans le New York Times. Dans cet article, le New York Times fait référence à Boniface Ramsey comme une autre source — un prêtre qui révèle maintenant qu'il avait, tôt en 2000, mis en garde Rome à propos de McCarrick. Avec cette révélation, nous terminerons ce compte-rendu mordant :

« Au moins un prêtre a mis en garde le Vatican contre la nomination [ de McCarrick ]. Le pasteur Boniface Ramsey a dit que lorsqu'il était professeur au Séminaire de l'Immaculée Conception de l'Université Seton Hall au New Jersey de 1986 à 1996, des séminaristes lui ont parlé des abus sexuels de l'Archevêque McCarrick à sa maison de plage. Lorsque l'Archevêque McCarrick a été nommé à Washington, le Père Ramsey s'est entretenu par téléphone avec le représentant du Pape dans la capitale nationale, l'Archevêque Gabriel Montalvo, le Nonce Papal, et a envoyé une lettre au Vatican sur l'histoire de l'Archevêque McCarrick. Le Père Ramsey, maintenant prêtre à New York, a déclaré qu'il n'avait jamais eu de réponse.

Mise à jour : À la lumière des graves conséquences que cette affaire McCarrick a eues sur de nombreux fidèles Catholiques aux États-Unis, nous citerons ici le témoignage de Bart Aslin, un ancien prêtre qui a quitté le sacerdoce à cause de ce scandale :

« Les choses dont j'ai été témoin au séminaire et en tant que prêtre m'ont finalement conduit à quitter le sacerdoce après cinq ans. C'est l'hypocrisie de McCarrick et de mes collègues prêtres ( homosexuels ) qui m'a conduit à partir. À certains égards, j'ai été expulsé parce que je ne correspondais pas au moule d'un prêtre diocésain de Newark. C'était assez difficile de vivre une vie de célibat, mais sachant que mes « frères en Christ » ne suivaient pas les enseignements de l'Église, cela m'a causé beaucoup de conflits et de souffrances spirituelles. [ ... ] »

« Je conclus en disant que cela me fait mal que l'Église ait pris plus de 30 ans pour enlever cet homme répréhensible. Ils savaient tout de ses actions et ont fermé les yeux. J'observe chaque dimanche que peu de jeunes et de familles assistent à la Messe. N'y a-t-il rien d'étonnant ? Le péché et l'hypocrisie de ses serviteurs ont détourné et éloigné son peuple. Comme le Seigneur doit pleurer !