samedi 14 juillet 2018

Le Cardinal Marx de l'Allemagne se fait
l'ennemi des monastères et des sœurs


Le Monastère de Kloster Reutberg à Sachsenkam.
Via Hihiman, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.



Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 13 juillet 2018


Peter Seewald, le journaliste Allemand qui a publié plusieurs livres avec Joseph Ratzinger / Pape Benoît XVI, a récemment écrit des articles sur la fermeture des monastères dans le Diocèse de Freising-Munich, toujours contre la volonté révérencielle des Moniales dans ces monastères.

En avril 2018, One Peter Five a évoqué le cas d'Altomünster, une Abbaye millénaire en Bavière. Le Cardinal Reinhard Marx a décidé de fermer cette abbaye, malgré le fait qu'il y avait encore plusieurs religieuses et plusieurs autres jeunes femmes désirant devenir religieuses. Ces religieuses étaient déterminées à promouvoir ce Monastère et à le faire grandir à nouveau. Cependant, comme l'a rapporté Peter Seewald, l'Archidiocèse de Munich a travaillé par le mensonge, la tromperie, l'intimidation et des méthodes sordides pour fermer cette Abbaye et la transférer ( et sa richesse considérable ) à Munich, avec l'aide apparente d'un verdict de Rome. L’« absurde situation », selon les propres termes de Seewald, va si loin que le Cardinal Marx a ordonné à des gardes de protéger l'Abbaye contre les religieuses, en leur interdisant d'y rester ou d’y rentrer.

Il n'y a pas longtemps, le 7 juin, Seewald s'occupait du sort d'un autre monastère. Le Monastère de Reutberg est dirigé par des religieuses Franciscaines en Haute-Bavière et, selon Seewald, il est en voie de destruction avec des méthodes sordides semblables à ce qui se passe à Freising-Munich, et ceci malgré le fait que « il y a un grand groupe de citoyens soutenant le Monastère ; même s'il y a un cercle d'amis qui a recueilli plusieurs centaines de milliers d'euros pour sa restauration ; et même si plusieurs autres ordres religieux ont déjà offert leur aide ». Le « scandale » est, aux yeux de Seewald, à l’effet que ce Monastère a d'abord été dépossédé de ses droits et ensuite dépossédé d'un demi-million d'euros.

Où est le contrôle ? Où est l'Évêque ? Ce sont des questions posées par Seewald.

Le Monastère de Reutberg a été fondé en 1618, et les religieuses sont consacrées à une vie pieuse et Eucharistique à travers laquelle la vie du Christ doit briller. Les religieuses gagnent leur vie ; pendant des siècles, elles ont dirigé une brasserie qui existe toujours sous différents dirigeants. Un beau restaurant est adjacent au Monastère. La communauté des « Mères de la Sainte Croix » a demandé à pouvoir envoyer des sœurs à partir d'autres maisons jumelées ( à Munich et en Tanzanie ) pour combler certaines lacunes de personnel à Reutberg. C'est « une offre que l'on ne peut vraiment pas refuser » commente Seewald. Cependant, le bureau de l'Ordinariat de Cardinal Marx n'était pas intéressé. « Ce n'est qu'une partie de la conduite étrange » que l'on peut voir dans la bureaucratie de Marx, commente le journaliste Allemand.

La paroisse locale de Sachsenkam, ainsi que les citoyens de cette région — y compris le maire et plusieurs personnalités — se sont engagés à aider ce Monastère, même financièrement. Comme le dit Ulrich Rührmair, un des orateurs de l'initiative des laïcs, perdre le Monastère serait perdre « un endroit spécial où la Foi a été vécue pendant plusieurs siècles, apportant des bénédictions. » Après une politique d'assèchement du Monastère pendant des années — maintenant, il n'y a plus que deux religieuses — le Monastère doit finalement avoir une chance de se rétablir. Il ne s'agit pas de « râleurs » explique Rührmair, mais d'un « grand nombre de fidèles » qui ont des liens avec ce Monastère depuis des générations. Il pourrait continuer à apporter des bénédictions pour la région et favoriser la piété parmi la population.

De l'avis de Seewald, le schéma opérationnel de la hiérarchie ecclésiale ne semble pas tant favoriser la piété et la spiritualité, mais favoriser la bureaucratie et les centres éducatifs de plus en plus laïques. Le journaliste souligne que le Pape François, dans son nouveau document Cor Orans, souhaite soutenir les Monastères des Moniales vieillissantes afin qu'elles ne deviennent pas une « proie facile pour ceux qui souhaitent s'emparer de leurs biens ». Dans le cas de Reutberg, il y a un bâtiment historique, des trésors artistiques précieux et 145 acres de forêt et de terre. Tout cela, dit Seewald, « irait à l'Archidiocèse ».

Dans son article, Seewald est capable de démontrer comment la politique ecclésiastique diocésaine dans ce domaine devait empêcher les tentatives d'autres maisons religieuses d'envoyer plus de religieuses à Reutberg. Il est démontré comment Marx a établi en 2010 un administrateur pour le Monastère qui a ainsi retiré aux Moniales leur propre indépendance financière et leur contrôle. De plus, une compagnie a été amenée pour l'administration du Monastère ; Gerhard Bosl, le mari de la directrice de cette entreprise, travaille pour l'Archidiocèse de Munich au département des finances. Cette société, Bosl Beratung GmbH, a énormément augmenté les coûts et a aidé à drainer les finances du Monastère. ( Fait intéressant, cette même société a également été impliquée dans la dissolution de l'Abbaye d'Altomünster, comme les sources le confirment à One Peter Five ).

Pour quelqu’un de l’extérieur, ce traitement du Monastère ressemble au traitement d'un patient que les médecins souhaitent mourir.

À la fin de mai de cette année, le Père Josef Beheim, directeur spirituel du Monastère, a reçu l'ordre de partir. Jusqu'à présent, il célébrait la Messe quotidienne et travaillait pour les Moniales et pour la communauté plus large de la région pour leurs propres besoins, tels que les Mariages et les Baptêmes.

Au début de juin, 250 personnes se sont réunies à Reutberg et ont décidé de ne pas abandonner la juste lutte pour le Monastère, même si la dernière religieuse a maintenant reçu l'ordre de partir.

Il existe le groupe « Les amis du Monastère de Reutberg » et ils ont maintenant lancé une pétition intitulée « Sauvez le Monastère de Reutberg maintenant ! » qui s'adresse au Cardinal Reinhard Marx. Certains observateurs espèrent que cette pétition recevra un soutien international pour la défense de la Foi et de la spiritualité traditionnelle du Monastère. Jusqu'à présent, la pétition a recueilli 1 700 signataires.

Comme Peter Seewald le dit de façon si percutante dans son propre article : on a dit aux Monastères — même il y a deux mille ans — de ne pas s'adapter aux temps présents. Il continue :

Peut-être aussi il y a mille ans lorsque le Moine Bénédictin Irlandais-Écossais Winfried, appelé Boniface — « l'Apôtre des Allemands » — fondait à la demande du Pape des monastères sans fin qui s'étendaient sur la terre comme des points de fixation d'un filet, afin d'être là pour Dieu et pour donner de la force à l'homme ; afin d'être la lumière sur la montagne quand, dans la vallée, c’était devenu sombre.