lundi 23 juillet 2018

L’IMMENSE TRISTESSE
de la situation des bons prêtres.


SOUS-TITRE
Choses à faire en cas d'urgence : « Quel est votre métier ? »




Écrit par Hilary White
ex-correspondante à Rome
Le 22 juillet 2018
SOURCE : The Remnant



Eh bien, ça fait pas mal de nouvelles ces dernières semaines pour l'Église Catholique, hein ? McCarrick, Pineda / Maradiaga, le Père James Larkin botté dehors de Dublin pour avoir donné un enseignement Catholique sur l'avortement ... Je sais que certaines personnes sont, pour le dire franchement, paniquées. La colère des laïcs face à la situation McCarrick déborde dans le Twitter des personnes que nous appelons encore « les bons Évêques ». L'Évêque Thomas Tobin de Providence, Rhode Island, surnommé le « Bon Tobin » par opposition au « Mauvais Tobin » qui est le Cardinal Francis Joseph Tobin de Newark, a reçu tout un savon en twittant l'autre jour : « Malgré les offenses flagrantes de quelques-uns et, malgré les fautes et les péchés que nous avons tous, je suis très fier de mes frères Évêques et j'admire et j’applaudis le grand travail qu'ils accomplissent tous les jours pour le Christ et son Église ».

Les réponses ne sont pas encore terminées, c’est rendu à 121, presque toutes expriment leur indignation face à cette attitude cavalière envers la révélation selon laquelle le Cardinal McCarrick a prouvé qu'il était un violeur homosexuel et un prédateur sexuel qui trafiquait et trappait des jeunes hommes et des enfants par des contacts sexuels non désirés ; et que presque tout l'épiscopat des États-Unis a fait collusion directe ou s'est tenu tranquille à ce sujet. Il est clair que même les « bons Évêques » n'ont tout simplement aucune idée à quel point ils sont proches d'être expulsés physiquement de leurs propres églises par des foules furieuses.

Comme je l'ai écrit ailleurs, depuis 2002, la plupart des Catholiques savent parfaitement, malgré la tentative de blanchiment, « les Évêques Américains se sont donnés un laissez-passer » sur les abus sexuels cléricaux avec la Charte de Dallas, « une chose qui a rejeté effrontément la faute ». Bien qu'ils continuent à le faire, un certain nombre de laïcs Catholiques ne le prennent tout simplement pas.

Nous voyons la dernière diapositive, le résultat attendu et inévitable des 100 dernières années. L'Église a été infiltrée, nous le savons, au XIX e siècle par des forces assez sombres, et ces forces ont finalement pris l'ascendant et se montrent très clairement pour ce qu'elles sont. Les nouvelles de McCarrick — et toutes les choses qui tourbillonnent autour de lui comme la dernière sur l'Évêque Pineda et son lien avec le Pape François à travers le Cardinal Maradiaga — ne sont pas venues en contraste avec cela, mais comme une partie intrinsèque de tout ceci. Le scandale de McCarrick est simplement une émission toxique, une décharge des gaz qui s'accumulent naturellement autour de n'importe quelle chose pourrie.


Les Cardinaux Maradiaga et McCarrick

Rod Dreher [ 1 ] fait un excellent travail en compilant des témoignages de prêtres et d'autres qui disent à haute voix ce que beaucoup d'entre nous connaissaient depuis de nombreuses années à propos de McCarrick et de son gang. Il a montré au monde ce que les Traditionalistes ont connu, à savoir que ce n'est absolument PAS le résultat d'une « mauvaise pomme » ou même d'un « petit nombre » comme l'infortuné « Conservateur » Mgr Tobin a tenté de revendiquer sur Twitter. C'est le résultat d'une collusion de masse. Comme l'a dit notre ami Steve Skojec l'autre jour : « Nous devons cesser de prétendre que c'est juste l'élément Progressiste de l'Église. Les « Conservateurs » sont eux aussi complices ». Bref, comme c’était lors de ses jours de gloire, le globe trottait sur le dix sous du Département d'État, accueillait des Présidents pour le dîner et invitait Jean-Paul II et Mère Teresa à prendre le thé. Ainsi c’est maintenant : McCarrick est le visage du Nouveau Paradigme. S'il doit maintenant vivre dans l'obscurité dans une maison de plage des Caymans, cela restera vrai : McCarrick est la « Nouvelle Église ».

Un point soulevé par les informateurs de Dreher nous amène à être emphatiques : la cabale homosexuelle qui est actuellement rapportée comme étant dominante dans la hiérarchie Catholique ( et n'imaginez pas que cela soit confiné aux États-Unis ou même au monde anglophone ) a une méthodologie bien documentée de protection mutuelle et de menaces qui maintient l'ensemble de l'appareil à flot. Dans les termes les plus brefs et les plus simples possibles, l'activité sexuelle immorale ou même illégale est préférée parce qu'elle laisse un homme ouvert au chantage, pour le contrôler par la peur de l'exposer [ 2 ] . Quand cette culture du chantage devient ascendante, elle rejettera toujours la morale droite comme trop dangereuse, trop difficile à contrôler. C'est pourquoi les séminaristes fidèles sont rejetés et pourquoi les prêtres fidèles sont harcelés.

Comme l'a signalé Dreher:

Quand les prêtres homosexuels prédateurs dirigent des séminaires, ils choisissent avec préjugé les candidats homosexuels ... Les séminaristes gays qui ont l'intention d'être célibataires, a déclaré Sipe, font face à une énorme pression pour avoir des relations sexuelles. S'ils se dérobent même une seule fois, leur refus sera noté et partagé ... Et ils seront amenés à comprendre qu'on se souvient de leur erreur. Plus tard, en tant que prêtres, les prédateurs dans le sacerdoce ont cette attitude de faire des rappels constants aux autres prêtres gais afin de les garder silencieux si jamais ils ont le désir d’en parler publiquement.

Quand je couvrais ce scandale au début des années 2000, j'ai parlé à plusieurs hommes hétérosexuels non connectés — prêtres, anciens prêtres, séminaristes — qui disaient que les recteurs de séminaires gays ou les responsables diocésains les encourageaient à prendre des partenaires sexuels féminins afin qu’elles soient complices de leur secret sexuel bien gardé, et donc ne plus être un danger potentiel. Rien dans un système comme celui-ci ne constitue une plus grande menace pour les corrompus que les hommes qui ne sont pas corrompus
.

Pour beaucoup de prêtres, on pourrait dire pour tous les bons prêtres, ce n'est pas une situation viable, c'est le moins que l'on puisse dire. J'ai eu pas mal de conversations avec des prêtres qui demandent maintenant comment y faire face. Comment vont-ils continuer à offrir les Sacrements dans cette situation ? Où vont-ils vivre ? Comment pourront-ils subsister ? Ce sont des prêtres qui ont réussi à traverser cette épreuve institutionnelle et qui restent fidèles maintenant mais sont toujours sous le contrôle de ces hommes souvent corrompus et pervers.

Comme ces hommes sont connus pour être incorruptibles eux-mêmes, il y a une grande cible peinte dans leurs dos. En bref, non seulement un mauvais Évêque peut harceler un homme de son ministère, mais il a un contrôle total sur la vie matérielle du prêtre. L'Évêque peut, d'un simple coup de crayon ou d'un simple appel téléphonique, rendre un prêtre sans-abri, sans-argent et sans emploi. Et ceux-ci, souvenez-vous, sont des hommes, souvent bien âgés, dont la seule éducation et formation professionnelle ont probablement été des diplômes universitaires en philosophie et en théologie, et dont les seuls contacts professionnels sont ecclésiastiques. De plus, à cause de la globalisation du réseau des Évêques, un homme blackboulé pour son authentique Catholicité sera un paria dans tous les diocèses du monde. Et avec l'arrivée de Bergoglio à Rome, il n'y a plus de refuges ; comme beaucoup d'anciens Frères Franciscains de l'Immaculée l'ont appris, le blackboulage est devenu mondial avec ce Pontificat. Un tel prêtre fidèle restera un paria même parmi les soi-disant « bons » Évêques qui vivent dans la terreur de l'immense pouvoir de la cabale ...

J'ai entendu des prêtres dire en effet : « Nous sommes pris au piège dans cette situation et nous sommes forcés de garder le silence parce que si nous ne le faisons pas, nous serons non seulement incapables de fonctionner comme prêtres, mais nous serons sans-abri et sans le sou. Nous sommes inemployables dans n'importe quel autre domaine ». Et même si nous sommes tentés de dire : « Eh bien, préparons-nous à donner le grand coup, c'est pour le bien des âmes », la réalité est que ce ne sont pas de petites considérations. Beaucoup de prêtres vieillissent — beaucoup d'entre eux ont des problèmes de santé — et un homme qui a déjà donné 20 ou 30 ans de sa vie à l'Église est confronté à une impossibilité pratique s'il se retrouve sur une liste noire.

Bien sûr, il y en a qui ne correspondent pas à ce moule. Il y a beaucoup de secondes carrières dans le sacerdoce et beaucoup de gens vont au séminaire après quelques années dans la main-d'œuvre normale et peuvent y retourner au besoin. Certains des hommes qui se plaignent maintenant contre McCarrick, qui ont quitté le sacerdoce à cause de leurs expériences, ont continué à mener une vie normale et saine.

Mais je pense honnêtement que la plupart des prêtres sont coincés et ils le savent, tout comme leurs Évêques. Je pense qu'un jeune homme va de l'avant avec beaucoup de foi, passe dix à quinze ans à étudier la philosophie et la théologie — des domaines qui n'ont presque aucune application en dehors du monde académique ou de l'Église — avec une honnête et franche espérance d'emploi et un filet de sécurité à la fin. Comme l'un d'eux m'a dit : « L'ancien arrangement était : « Reste fidèle, fais le travail, et nous nous occuperons de toi. Nous allons t’héberger, te nourrir et te vêtir et on s’occupe de ta retraite. Le nouvel arrangement est une perversion de cela : « Reste calme, vis avec tout cela et tout ira bien, mais fais un pas de travers et nous te détruirons ».

Alors que faisons-nous ? Le vieux paradigme est détruit et suivre le nouveau paradigme est une garantie de destruction pour soi-même et pour tous les autres. Comme nous l'avons vu en Irlande cette semaine, la purge a commencé .

Il ne suffit pas d'exiger simplement qu'un prêtre continue son ministère quoi qu'il arrive. Nous devons commencer à travailler avec des prêtres fidèles — pendant qu'il y en a encore — pour les aider à créer des alternatives matérielles pratiques. Si nous qui aimons encore l'Église, désirons que les prêtres soient fidèles, et même que nous commencions à dénoncer le mal et la corruption qu'ils voient, nous allons devoir les aider à créer un minimum d'indépendance et de sécurité pour le faire.

L'autre jour, l'écrivain conservateur Américain, John Zmirak, a écrit une suggestion sur Twitter, selon laquelle il est temps que nous prenions tous les choses au sérieux. En réponse aux outrages continus à la fois des « bons » et des mauvais Évêques, Zmirak suggéra d'établir « un fonds de séquestre dans chaque diocèse en proie aux scandales, où les profanes [ peuvent ] déposer les fonds qu'ils auraient donnés à leur église locale jusqu'à un nouvel Évêque soit nommé.

J'ai répondu : « Et l'argent pourrait être utilisé pour acheter des propriétés pour abriter des prêtres fidèles punis par leurs Évêques pour avoir refusé le Nouveau Paradigme. Nous pourrions même peut-être acheter quelques couvents afin que les religieuses contemplatives puissent continuer à prier en paix, sans être harcelées par les hommes pervers de Rome » [ re : Cor Orans et ici aussi ].

J'ai entendu récemment des laïcs qui commencent à parler de la mise en place de structures financières pour s'assurer que la vie Catholique authentique puisse être maintenue grâce à ce qui est de toute évidence un effondrement général de l'institution. Cela signifierait des fondations indépendantes à but non lucratif qui pourraient construire ou acheter des églises, des couvents et même des écoles et fournir des salaires pour les prêtres et autres membres du personnel.

J'ai commencé à y penser récemment quand j'ai reçu une note d'un lecteur avec un lien vers une pétition en ligne de l'Allemagne, adressée aux Évêques Allemands [ ! ! ! ] « suppliant » ces hommes manifestement mauvais et apostats de ne pas fermer une ancienne et célèbre maison monastique. J'ai répondu que ce n’est pas la tournure que les choses devraient prendre. Les Catholiques vont devoir sortir de leur tête cet état d'esprit qu'ils sont des demandeurs sans défense, « suppliant » la hiérarchie de maintenir la Foi. Tout d'abord, cela ne fait que leur donner un frisson de plaisir de nous voir ramper et implorer la miséricorde. Ne leur donnons pas ça, d'accord ? Ils ont déjà assez de « frissons de plaisir » dans leur vie.

Deuxièmement, cela ne fonctionnera tout simplement pas. En Allemagne, aux États - Unis, au Canada, en Italie, en Grande - Bretagne ... dans toute l'Église du Premier Monde et dans une grande partie ailleurs, les hommes chargés de l'« Église institutionnelle » — c’est-à-dire ceux dont les noms sont inscrits sur les comptes bancaires — sont dédiés à la destruction de tout ce que nous voulons préserver. Les loups regardent maintenant avec des yeux fous les fidèles. Ils sont, en un mot, nos ennemis. Ils sont devenus ainsi en se faisant les ennemis du Christ et de Sa Sainte Église. Ils le savent et il est temps que nous arrêtions d'imaginer le contraire.

L'autre suggestion que j'ai s’adresse aux jeunes hommes intéressés par le sacerdoce pour se fortifier non seulement spirituellement mais dans la sphère matérielle.

Il y a une grande vulnérabilité de laquelle nous pouvons nous protéger assez facilement. Personne ne devrait faire face à la pénurie et au chômage permanent parce qu'il est un Catholique fidèle. Nous ne devrions jamais laisser un jeune homme entrer dans un séminaire diocésain sans être propriétaire. Il devrait posséder une maison ou en hériter. Les familles doivent en venir à voir cela comme un devoir envers l'enfant et envers l'Église.

Et plus que cela, le prêtre potentiel doit avoir des compétences professionnelles qui n'ont rien à voir avec le sacerdoce. Parmi les classes laborieuses, il existe un préjugé contre le travail intellectuel. Mais la plupart des gens de la classe ouvrière ont une attitude assez sensée envers les ambitions dans le milieu universitaire : obtenir quelque chose à votre actif sur lequel vous pouvez vous appuyer. Combien de doctorants en philosophie peuvent se construire une bibliothèque ? Changer l'huile dans une voiture ? Rebrancher une maison ? Le cliché standard des jeunes ayant des diplômes universitaires inutiles travaillant chez Starbucks est devenu si courant que cela ne vaut même plus la peine d’en parler.

Combien de jeunes hommes prévoyons-nous qui seront expulsés des séminaires pour avoir eu la mauvaise « orientation sexuelle » ? Chacun de ces gars doit être capable de claquer ses doigts au visage du recteur et marcher droit dans un travail décent, basé sur aucune recommandation d'un Évêque corrompu, mais sur ses solides compétences. Parmi les classes de cols blancs, il y a un parti pris contre les cols bleus, mais les métiers de cols bleus sont en mal d’hommes compétents et un diplôme d'école de métiers en réparation de tracteurs est beaucoup moins cher et beaucoup plus rapide qu'un diplôme universitaire. C'est un atout économique sur lequel nous ne pouvons pas lever le nez.

Cela me rappelle une discussion que j'ai eue il y a quelques années avec le Prieur d'un Monastère Bénédictin qui attire beaucoup de jeunes vocations. Un enfant a voulu se joindre à moi et m'a dit qu'ils lui avaient recommandé d'aller dans un collège ou un autre pour étudier la philosophie en premier. Ce collège, apparemment, renonce à une grande partie des frais de scolarité et confie des travaux d’études aux personnes qui vont au sacerdoce et à la vie religieuse afin d'éviter le piège du prêt étudiant. C'est bien, bonne idée. Mais je lui ai demandé ce qu'il savait faire. « Pouvez-vous réparer un tuyau de salle de bain ? Savez-vous comment nourrir un mouton ou comment prendre soin d'une vache ? Pouvez-vous conduire un tracteur ? » Ce gentil garçon, qui a certainement une vocation, pouvait lire des livres, chercher des choses sur Internet et écrire un joli papier sur Thomas d'Aquin, mais pas grand-chose d'autre.

Il va falloir changer d'attitude dans nos institutions fidèles restantes. Est-ce qu'un monastère a vraiment besoin que tous ses membres aient des doctorats en philosophie et en théologie ? Ne serait-il pas utile d'avoir un électricien, un plombier, un charpentier, un cuisinier, quelqu'un qui sait réparer une voiture ou un tracteur ? Ou d'ailleurs, un comptable certifié ou un banquier spécialisé en investissements ? Si vous insistez pour avoir des gens avec des diplômes, peut-être un diplôme en agriculture serait un bon choix pour une grande fondation monastique avec beaucoup de terres comme, disons, Clear Creek ou ce nouveau lieu Carmélite au Nebraska. Je pense que c'est le moment où nous devrons commencer à surmonter notre snobisme de classe.

Les jeunes hommes ayant des ambitions pour le sacerdoce vont devoir penser à se réserver une employabilité et à une fondation financière indépendante, de la même manière que les gens avaient l'habitude de mettre de côté de l’argent pour les mauvais jours. En termes simples, ils doivent cesser d'être matériellement dépendants de la hiérarchie. Cette vulnérabilité est une arme à feu sur leurs têtes en ce moment. Le prochain gars qui me dit quelque chose au sujet de vouloir entrer dans le sacerdoce diocésain, je vais demander : « Comment va votre portefeuille d'investissement ? » Au prochain candidat à la vie religieuse, je vais demander : « Super ! Quel est ton métier ? Sur quoi peux-tu te rabattre ? » ?

On me fait comprendre que certaines maisons de la Congrégation de l'Oratoire demandent aux candidats de venir avec un revenu indépendant, ce qui, compte tenu de ce que nous voyons ailleurs, ne semble pas être une mauvaise idée. Peut-être que les conseillers financiers Catholiques pourraient être encouragés à mettre en place un programme pour enseigner aux jeunes hommes comment créer une base financière saine avec des investissements.

En attendant, nous devons recentrer notre énergie sur la Foi elle-même, au lieu des structures physiques et même canoniques qui la logent. Ce monastère en Allemagne est perdu. Ces Évêques veulent la propriété et ils l'obtiendront. Ce que le groupe de laïcs devrait faire, au lieu de demander qu'il soit sauvé, c'est de trouver un endroit où les religieuses peuvent vivre leur charisme de vie religieuse sans harcèlement épiscopal. Les Évêques ne protégeront pas et ne soutiendront pas les bons prêtres ? Ensuite, ça dépend de nous. Le Vatican veut-il forcer toutes les congrégations religieuses à adopter le modèle Marxiste anti-nonne, du style LCWR [ Leadership Conference of Women Religious --- Conférence des femmes religieuses Américaines --- affreux comme valeurs anti-catholiques ] ? Nous ne sommes pas sans défense. Nous commençons à acheter des bâtiments de couvent et à créer un fonds pour soutenir les nonnes réfugiées.

Notre but doit être de préserver le précieux trésor, le Dépôt de la Foi, la vie sacramentelle, les grands charismes et les artefacts de la vie religieuse.

Cela me rappelle ce que les conservateurs du Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg ont fait face à l'avancée de l'armée Allemande. Ils ont pris, emballé et caché les trésors d'art, certains des plus grands du monde. Plus d'un million d'œuvres d'art précieuses ont été envoyées à bord de trains pour être cachées dans l'Oural. Deux trains se sont échappés en sécurité, mais l'un d'eux était toujours là quand les Allemands ont encerclé la ville et commencé le siège.

Le site du musée nous dit :

« Malgré la famine et les températures extrêmement froides, le musée a poursuivi ses fonctions de conservation. Avec seulement un personnel squelettique laissé en place, il était difficile de protéger les vastes bâtiments et leurs intérieurs somptueux contre la neige, le vent et la pluie. Munis de trousses de premiers soins, de casques et de gants, les gardes du parc du Musée ont enlevé des tas de briques brisées et les restes de planchers carbonisés après que chaque bombe eut heurté le bâtiment ; ils ont aidé à déterrer les vivants et les morts et à panser les blessés après des raids dans les environs. Douze abris antiaériens ont été aménagés dans les sous-sols du complexe du musée et, jusqu'à la première évacuation en mars 1942, 12 000 personnes s'y trouvaient en permanence, parmi lesquelles le directeur du musée, le célèbre académicien Iosif Orbeli ».

« Le personnel de l'Ermitage, à Sverdlovsk et à Leningrad, a joué le rôle de préposé aux musées, continuant son activité scientifique et donnant des conférences dans les hôpitaux, organisant des conférences, rédigeant des articles érudits. Aucun objet n'a été perdu pendant l'évacuation ».

Pour maintenir le moral de tout le monde, le personnel du musée, alors que les bombes tombaient et qu’eux-mêmes et leurs clients étaient également affamés, continuait à donner des visites et des conférences, décrivant parfaitement les œuvres qui avaient été enlevées. Ils ont compris la valeur de ce qu'ils avaient et ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour le préserver et le protéger
.

Est-ce que tout cela sonne un peu, schismatique ? Pas nécessairement. Tout Évêque qui peut démontrer par ses actions et pas seulement par ses tweets, qu’il peut prouver qu'il est encore Catholique et non un loup, est invité à nous rejoindre. Mais nous serions fous de les attendre. Quoi que vous pensiez de la solution de Mgr Lefebvre au cours des dernières décennies, il semble incontestable que l'état d'urgence pour lequel il se préparait est enfin arrivé. Et en état d'urgence, certaines normes sont naturellement suspendues.

Le simple fait est que bientôt il y aura des prêtres « vagaux » [ relatif au nerf vague ] qui seront expulsés de leur ministère pour avoir maintenu la Foi. Il y aura des religieuses et des moines sans foyer, comme dans l'Angleterre d'Henri VIII. Je pense que c'est seulement raisonnable que ceux qui veulent aussi maintenir la Foi doivent tendre la main vers eux et leur offrir l’abri qu’il nous est possible.

Ce que nous avons vu cette semaine montre clairement que nous ne pouvons simplement plus nous asseoir et « supplier » les Évêques de maintenir et de défendre la Foi. Il ne suffit pas maintenant d'aller dans un séminaire ou dans un monastère avec des yeux brillants et une foi ferme. Le sentiment ne va pas être très réconfortant quand le jeune homme n'est plus si jeune et se retrouve dans la rue à l'extérieur de la chancellerie sans compétences, sans argent, sans travail ( et pas d'assurance maladie ) et sans perspective.

S'il est vrai que nous sommes vraiment seuls, alors qu'il en soit ainsi. Arrêtons de pleurer et commençons à faire des choses pratiques à ce sujet.



[ 1 ] Dreher et d'autres posent maintenant des questions très importantes sur les activités des hommes que McCarrick a parrainés, dont l'un fait actuellement les manchettes intéressantes qui est le Cardinal Préfet du nouveau Dicastère pour le Laïcat, la Famille et la Vie du Pape François et qui est l’organisateur principal de la prochaine Rencontre Mondiale des Familles dans son Dublin natal. Il faut probablement noter que, jusqu'au moment où il a arrêté une « différence d'opinion » avec la direction des Légionnaires du Christ, le Cardinal Kevin Farrell était aussi profondément impliqué dans ce groupe. Il s’est joint en 1966, a été ordonné en '78, et a été rapidement nommé à un poste élevé de directeur général chargé des séminaires et des écoles des Légionnaires du Christ en Italie, en Espagne et en Irlande jusqu'en 1983. Cette période était au sommet du pouvoir du corrompu grotesque Maciel, contré qui il a été démontré TOUT ce que le leadership de la Légion avait couvert. L'implication de la famille Farrell dans la Légion continue avec son frère, l'Évêque Brian Farrell, qui a ordonné 20 nouveaux prêtres à la communauté contestée mais officiellement réformée en 2015. Un récent post sur le site officiel de Regnum Christi montre que le Cardinal Kevin Farrell est toujours assez proche de l'organisation « laïque » liée à la Légion pour embaucher du personnel de leurs rangs dans son dicastère. Après avoir quitté la Légion, Kevin Farrell a rejoint le clergé diocésain à Washington DC et est devenu un protégé de l'Archevêque, le Cardinal Wuerl. Il est si proche de McCarrick que les armoiries de Farrell, comme l'a rapporté Elizabeth Yore dans ces pages, ne sont pas beaucoup plus qu'un hommage à son mentor tardivement déshonoré. Donc, quelqu'un à titre de journaliste pourrait vouloir poser quelques questions à propos de ces choses aussi.

[ 2 ] Il convient également de noter que dans son livre, Le Pape Dictateur, l'historien Henry Sire a documenté que c'est ainsi que Jorge Bergoglio a toujours opéré, rassemblant de mauvais hommes autour de lui et les contrôlant avec une combinaison magistrale de menaces et de récompenses. La question naturelle : « Pourquoi le Pape François s’est-t-il entouré de si mauvais hommes ? » est maintenant facile à répondre.