jeudi 12 juillet 2018

Conférence internationale au Vatican
pour les 3 ans de Laudato Si
( tenue les 5 et 6 juillet 2018 )


Vers une Église « sans Christ »



Par : Riccardo Cascioli
Le 11 juillet 2018

SOURCE : One Peter Five





En présentant la Conférence du Vatican tenue les 5 et 6 juillet à l'occasion du troisième anniversaire de Laudato Si, le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral a annoncé qu'il était devenu « sans plastique » pour donner le bon exemple à tous. Mais est-ce le témoignage que le Christ a demandé ?

La semaine dernière, du 5 au 6 juillet, une grande conférence internationale s'est tenue au Vatican, qui a voulu faire une grande affaire au sujet du troisième anniversaire de la publication de l'Encyclique Laudato Si. Le thème de la conférence était « Sauver notre maison commune et l'Avenir de la vie sur Terre ». La conférence était organisée par le nouveau Dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral, présidé par le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, avec Caritas Internationalis et le Mouvement Catholique Mondial sur le Climat. Des politiciens, des scientifiques, des économistes et des représentants d'organisations non gouvernementales y ont participé, tous convaincus ou bien promoteurs en quelque sorte de l'écologisme et de la lutte contre le changement climatique.

Je ne parlerai pas directement du contenu spécifique de la conférence, car c'est un sujet que nous avons déjà abordé de nombreuses fois et aussi tout récemment. Au contraire, je pense qu'il vaut la peine de s'attarder sur un détail particulièrement curieux qui a fait la nouvelle lors de la conférence de presse donnée à la Conférence. Comme « il est nécessaire de donner l'exemple » — comme l'ont expliqué les responsables du Dicastère du Vatican — et aussi parce que la Conférence consacre amplement de temps à discuter des « bonnes pratiques » — le Dicastère pour le Développement Humain Intégral a annoncé qu'il est premier département du Vatican à être « sans plastique », absolument sans plastique.

Puisque le plastique est le nouvel « Ennemi numéro 1 », son utilisation a été interdite dans tous les bureaux du Dicastère : tous les employés et les fonctionnaires vont maintenant apporter des contenants de boissons en verre, utiliser uniquement des couverts en métal, etc. Et puisque les Catholiques sont par nature des missionnaires, l'intention [ du Dicastère ] est d'étendre cette initiative à tous les bureaux du Vatican. Mais ce n'est pas tout : à cause de leur désir infini pour le bien, le Secrétaire du Dicastère a également annoncé l'objectif de devenir « neutre en carbone », ou neutre du point de vue des émissions d'anhydride carbonique qui — selon la théorie qui considère que l'activité humaine est la principale cause du changement climatique — seraient la cause du réchauffement climatique. Nous allons donc maintenant demander aux Monseigneurs et aux employés du Dicastère engagés à quantifier et ainsi réduire et compenser leurs émissions de dioxyde de carbone. Aussi tentant et aussi facile que cela puisse être, j'éviterai de me permettre de commenter sur la façon dont il serait possible de réduire les « émissions » des Monseigneurs afin d'aller directement au cœur du problème.

Supposons un instant — et je ne concède pas que ce soit vrai — que la théorie du changement climatique qui serait causé par l'homme soit correcte. L'Église Catholique a-t-elle vraiment besoin d'initier des campagnes écologiques ? Est-ce la raison pour laquelle le Christ a institué l'Église ? Libérer l'humanité du plastique ? La mission de l'Église est-elle de sauver la planète ?

Il est impossible de ne pas se sentir mal à l'aise d'entendre des Cardinaux et des Évêques parler avec autorité le même langage que le Fonds Mondial pour la Nature ou les agences des Nations Unies, langue qui s'inspire en plus des idéologies néo-païennes et des projets politiques maçonniques mondialistes. Il est décourageant d'entendre le mot « prophétie » utilisé pour éliminer les plastiques, pour utiliser des panneaux solaires et pour séparer les poubelles de collecte des déchets. Il est troublant de voir le témoignage Chrétien réduit aux « bonnes pratiques » et à « donner un bon exemple ».

On a l'impression qu'à certains niveaux, plus qu'une Église « sans plastique », ce qui est vraiment désiré, c'est une Église « sans Christ », dans laquelle Jésus est considéré comme un obstacle embarrassant à la rencontre des gens. Parlant de son propre point de vue — et donc d'une manière positive — l'un des responsables du Fonds Mondial pour la Nature dans ses commentaires à la conférence a souligné comment dans le titre de « Laudato Si » — qui est aussi inscrit dans le titre de la conférence — le choix a été fait de parler de « notre maison commune » et non de « Création », qui est un terme religieux : « Le choix de ne pas utiliser la terminologie religieuse dans le titre est le premier signe d'une grande ouverture au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté ». En d'autres termes : évitons de parler de Création, qui a un ordre hiérarchique ; évitons de parler d'un Dieu Créateur qui est la source de notre responsabilité envers la Création — ce serait un thème diviseur. Parlons plutôt de la biodiversité, de la sauvegarde des animaux et des plantes ainsi que de l'interdiction des plastiques. C'est ainsi que nous nous comprendrons tous.

Mais quand nous avons atteint ce point, il est évident que nous sommes déjà devenus « sans Christ ».

Traduit par Giuseppe Pellegrino

Une version de cet article a été initialement publiée à La Nuova Bussola