mardi 13 septembre 2016

Pourquoi toutes ces histoires concernant
la permission de Communier aux divorcés/remariés
seulement dans certains cas les plus complexes ?





Par : John-Henry Westen
Éditorialiste en chef de Life Site News
Le mardi 13 septembre, 2016 - 11 :18 EST


SOURCE : Life Site News






Le 13 septembre 2016 (LifeSiteNews) - Après la bataille dans l'Église Catholique au cours des deux dernières années qui a abouti à la publication de l'Exhortation Apostolique Amoris Laetitia de François, de nombreux Catholiques peuvent être encore se gratter la tête. L'une des pensées les plus courantes est cette raison pourquoi toute cette agitation concernant la permission de communier aux divorcés/remariés » dans certains cas ? Et pourquoi ne pas permettre au nouveau couple heureusement marié d’être de bons Catholiques et d’aller à la Sainte Communion ?

Ce fut aussi l'une des critiques les plus fréquentes suite à notre article en date du 9 septembre à propos de la lettre du Pape louant la directive des Évêques Argentins permettant la Communion aux divorcés/remariés.

Mais alors que cette pratique de donner la Communion seulement dans certains des cas les plus complexes peut sembler tout à fait raisonnable, ce serait en fait saper totalement la Foi. Permettez-moi de l'expliquer, parmi d’autres arguments, à l'aide des commentaires très applicables écrits par le Cardinal Ratzinger et approuvés par le Pape Jean-Paul II en 1994.

Mais d'abord, permettez-moi de présenter une analogie. Bon nombre des cauchemars moraux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui ont été introduits en utilisant la notion de « certains cas complexes ». Nous avons trois exemples importants de ce petit jeu au cours des 40 dernières années : la contraception, l'avortement et l'euthanasie.

Lorsque la Conférence (anglicane) de Lambeth a proposé la permission à la contraception en 1930, ça ne devait être que pour les couples mariés et seulement dans certains cas. Avant cela, tous les Chrétiens dans le monde s’opposaient à la contraception.

Lorsque l'avortement a été légalisé, c’est d'abord toujours venu en sous le couvert de la protection de la vie et la santé de la mère avec plusieurs médecins qui avaient besoin de confirmer sa nécessité. L’euthanasie a commencé comme une fin volontaire à la souffrance intolérable pour seulement ceux dont la mort était proche.

Dans tous ces cas, nous avons vu comment des violations initiales limitées d’un principe précédemment inviolable a conduit à une utilisation beaucoup plus libérale et à l'anarchie morale.

La fameuse proposition Kasper, maintenant connue pour être privilégiée par François, n'a jamais été aussi simple qu’une demande mal taillée pour que les divorcés/remariés soient admis à l'Eucharistie. Cette confusion a conduit certains commentateurs à lire Exhortation Apostolique du Pape François comme un rejet de la proposition Kasper.

Pour Kasper, que ce soit intentionnel ou non, son modus operandi n'a jamais été une demande pure et simple pour quelque chose d’hérétique. Ça a toujours été un moyen de connivence et nuancé pour saper l’enseignement de l'Église.

Il y a vingt trois ans, alors qu'il était Évêque en Allemagne, Kasper a publié une lettre pastorale devant être lue dans toutes les églises qui suggérait que l'interdiction de la Communion pour les couples divorcés/remariés n’était pas universellement applicable et devait être décidée au cas par cas.

Un résumé de l'affaire par le Révérend Professeur Joseph Bolin de l'Institut Théologique International note qu’en 1993, Kasper, ainsi que les Évêques Karl Lehmann et Oskar Saier, ont publié une lettre pastorale invitant à un dialogue pour examiner si l'interdiction « généralement valable » envers les divorcés/remariés concernant l’admission à l'Eucharistie s’appliquait dans tous les cas, en faisant valoir qu'il devrait y avoir « une marge de manœuvre pastorale dans les cas individuels complexes ».

Les Évêques reconnaissaient l'enseignement de l'Église dans Familiaris Consortio à l’effet que « les personnes divorcées et remariées ne peuvent généralement pas être admises à la fête Eucharistique alors qu’ils se trouvent dans des situations de vie qui sont en contradiction objective avec l'essence du mariage Chrétien ». Mais ils font valoir que le Droit Canon peut « mettre en place seulement une norme générale valable mais qu’il ne peut pas réglementer tous les cas individuels souvent très complexes ».

Semble familier ? Cela devrait. C’est en effet le même langage utilisé dans Amoris Laetitia.

Le document de Kasper a reçu une réprimande du Vatican en 1994 par une lettre approuvée par le Pape Jean-Paul II, mais écrite par le Cardinal Joseph Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi et qui deviendra plus tard le Pape Benoît XVI.

Et depuis ce temps, la proposition Kasper reste largement inchangée dans son itération courante qui est maintenant connue pour être acceptée dans Amoris Laetitia. La lettre de réprimande de cette époque écrite par le Cardinal Ratzinger d’alors peut être lue encore de nos jours comme une réponse à la proposition Kasper qui est reflétée dans l’Exhortation Apostolique Amoris Laetitia du Pape François.

La lettre du Vatican prenait le plus complexe des cas intentionnellement afin de montrer la logique de la nécessité d'adhérer à l'enseignement et la pratique de l'Eglise dans tous les cas. Ce scénario étant celui où le Cardinal Ratzinger écrit à propos d’une situation où le couple se considérait justifié en conscience de recevoir la Communion. Voici ce qu’il écrivait alors :

« Ainsi, par exemple, lorsqu'ils ont été abandonnés tout à fait injustement, bien qu'ils se soient efforcés sincèrement de sauver leur précédent mariage, ou quand ils sont convaincus de la nullité du mariage précédent sans pouvoir la démontrer au for externe, ou lorsqu'ils ont déjà parcouru un long chemin de réflexion et de pénitence, ou encore quand, pour des motifs moralement valables, ils ne peuvent satisfaire à l'obligation de se séparer ».

Le Cardinal Ratzinger propose dans ce scénario que le couple doit consulter un prêtre expert qui procède à une « solution bienveillante et pastorale » en respectant leur conscience sans même impliquer une autorisation officielle.

Il présente ensuite la réponse avec clarté et charité (emphases par Life Site News) :

« Dans la fidélité à la parole de Jésus-Christ (5), l’Église affirme qu'elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le mariage précédent l'était. Si les divorcés se sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu et, dès lors, ils ne peuvent pas accéder à la Communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation »(6).

« Cette norme n'a aucun caractère punitif ni certes discriminatoire à l'égard des divorcés remariés, mais elle exprime plutôt une situation objective qui par elle-même rend impossible l'accès à la Communion eucharistique : « Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis, car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier : si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Église concernant l'indissolubilité du mariage »(7).

« Pour les fidèles qui se trouvent dans une telle situation matrimoniale, l'accès à la Communion eucharistique sera ouvert uniquement par l'absolution sacramentelle qui ne peut être donnée « qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par exemple l'éducation des enfants - remplir l'obligation de la séparation, qu'ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux' »(8). Dans ce cas, ils peuvent accéder à la Communion eucharistique, l'obligation d'éviter le scandale demeurant toutefois ».

En conclusion le Cardinal Ratzinger, avec l'approbation et la sanction de Pape Jean-Paul II, invite les pasteurs et tous les fidèles à s’assurer de bien recevoir cet enseignement. « Dans l'action pastorale, il faut tout faire pour veiller à ce que cela soit compris comme n’étant pas une question de discrimination » écrit-il « mais seulement d’une fidélité absolue à la Volonté du Christ qui a restauré et nous a confié à nouveau l’indissolubilité du mariage comme un don du Créateur » ( accent mis par Life Site News).