jeudi 8 septembre 2016

Pourquoi les révolutionnaires écrasent
toujours en premier les Soeurs Contemplatives







Écrit par Hilary White
ex-correspondante à Rome
Le 7 septembre 2016
SOURCE : The Remnant





Note au lecteur : cet article est une suite du même sujet des Soeurs Contemplatives que l'auteur avait déjà traité ici.


Un prêtre italien :
« Chères Moniales Contemplatives
cherchez la face de Dieu tant que vous le pouvez »
.

L'ancienne occupation Chrétienne de contempler Dieu à temps plein, le retrait volontaire du monde et de ses préoccupations temporelles, l'auto-immolation et l'immersion dans la vie de prière, pourraient bientôt être efficacement supprimés par les occupants actuels du Saint-Siège, ces hommes déterminés dans toutes les sphères de la vie Catholique à forcer une conformité avec les tendances sécularistes de Vatican II. Le document publié récemment par la Congrégation pour les Religieux, réécrit la plupart des normes canoniques pour les communautés contemplatives féminines et centralisera le contrôle de la vie monastique.

Un prêtre italien a exprimé les craintes de plusieurs que le but est de forcer les quelques religieuses traditionnelles non-conformistes ou de tradition d'esprit à se conformer au nouveau paradigme de l’Église Bergoglienne. Les monastères, à qui on a traditionnellement accordé une large autonomie, seront soumis centralement.

Peu dans l'Église et presque personne à l'extérieur, ont même remarqué la Constitution Apostolique « Vultum dei quaerere » qui expliquent que toutes les maisons monastiques de femmes doivent se joindre à des « fédérations » qui dirigeront leur formation de base et leur formation subséquente. Le non-respect de ces nouvelles conditions entraînera probablement dans ces maisons d’être déclarées non viables et fermées.

Don Giorgio Ghio a offert le conseil évident aux religieuses : continuez. Peu importe ce qui advient, ignorez les attaques du nouveau régime et continuez à chercher la face de Dieu. Ils ne peuvent pas vous empêcher de prier. Ils peuvent vous enlever votre monastère. Ils peuvent vous forcer à vous débarrasser de votre règle. Ils peuvent établir des hérétiques modernistes au-dessus de vous et émettre de nouvelles règles « de formation ». Mais parce qu'ils ne croient pas, ils ne peuvent pas savoir que rien de tout cela va vraiment vous empêcher d’accomplir votre vocation.

Appelant la vie contemplative la « pointe de diamant de l'Église », Don Giorgio écrit que « les enjeux du point de vue surnaturel » qui sont « les seuls appropriés pour donner la vraie mesure des décisions ecclésiastiques » sont à leur « plus haut » (« altissimi »dans l'original).

Ceux qui sont familiers avec les textes post-conciliaires, dit-il, peuvent « renifler » dans ce document, les « idées, les intentions et les mouvements typiques du « renouveau » de la vie religieuse » qui a causé presque partout la « décadence scandaleuse » dans les couvents et les monastères. Ce faux renouvellement, dit-il, a « eu pour effet de réduire [la vie religieuse] à un genre de vie de la classe moyenne qui diffère de son équivalent laïc seulement à cause de l’exemption confortable de la nécessité de travailler et d’assumer des responsabilités réelles ».

Dès le début, le document propose un ensemble d'objectifs vagues — « témoignage, signe, prophétie... » — plutôt que Dieu lui-même comme le but de la vie religieuse contemplative.

À partir de « Cette perspective déformée » poursuit-il, « des normes vagues ou abstraites sont souvent établies, visant à résoudre des problèmes la plupart du temps non réels, mais soulevés pour des raisons de saveur idéologique, provenant d'idéaux irréalistes et peut-être appropriés pour être une couverture dans le cadre d’une intention subreptice.

« Il convient également de noter que les citations incluses dans le texte (l'Écriture, les Pères, le Magistère) sont souvent infléchis de force pour confirmer le discours, typiquement moderniste dans le ton : puisque la vie cloîtrée est un défi pour notre temps, nous devons la changer ».

« Il est difficile de comprendre la logique d'une telle hypothèse tacite sauf si vous voulez déformer la vocation qui, dès le début, est l'antidote le plus efficace contre la corruption et ceux qui se font tièdes [« intiepidimento »] dans le peuple Chrétien ».


« Le soupçon est renforcé par l'insistance du décret sur la nécessité d'un apprentissage tout au long de la vie, la collaboration entre les monastères appartenant aux fédérations : il est difficile de ne pas penser à une tentative d'ingérence dans la vie monastique et une méthode d'endoctrinement, étant donné les bons résultats produits par les religieux en général à partir de l'étude de la mauvaise théologie et de l'influence des associations locales ... » [emphases gras ajoutées.]

Il va dans les détails sur les sections du document parmi lesquels il y a ce refus de la croyance de longue date dans l'Église que la vie contemplative est une vie Chrétienne plus parfaite. Il cite : « La communauté de prière et surtout de la vie contemplative ... n'offre plus une réalisation parfaite de l'Évangile », une notion qu'il appelle « évidemment fausse ».

Le document demande le [§§ 7-8] « aux consacrés un renouveau adapté aux nouvelles conditions des temps à l'évolution des conditions socio-culturelles... ». Don Giorgio demande : « La perfection Évangélique n'est-elle pas bonne à tous les temps et pour tous les lieux ? »

Sur la bombe extraordinaire du document à savoir que la vie contemplative doit maintenant exiger [§ 15] « neuf à douze ans de formation avant la profession », Don Giorgio demande : « A-t-on besoin d'un doctorat pour devenir une religieuse cloîtrée ?"

« Il ne semble pas que Sainte Thérèse d'Avila ait étudié à Salamanque, tout en faisant usage de directeurs spirituels érudits » ajoute-il.

À la fin, Don Giorgio dit que le document « manque totalement de perspective concernant les droits de Dieu et le service désintéressé qui Lui est dû sans condition ».

Parce que ses seules « dispositions concrètes » sont sur la formation, la nature de la clôture du monastère et leur autonomie », ça sent une tentative déguisée de manipulation, de structuration et de contrôle ».

Plus inquiétant encore, il ajoute que parce que la vie cloîtrée féminine « est en bonne santé en général », les nouvelles restrictions sont susceptibles de viser seulement les monastères qui sont en voie d’une naissance à la « tendance traditionnelle ». Il est donc « difficile à enlever le soupçon qu'ils les veulent « normalisés », c’est-à-dire « aplatis dans le paysage sombre de la vie consacrée d'aujourd'hui ». Cela signifie « se plier à cette vision des Lumières qui admet [la vie religieuse] seulement en fonction des fins sociales et humanitaires ».

« Comme il est notoire, cependant, de voir les institutions qui ne sont pas conformes aux caprices du régime être condamnées, l'une après l'autre, le rouleau compresseur du commissaire ».

Il demande aux religieuses elles-mêmes de le « supporter » parce que « cette tempête passera et tous les geôliers, l'un après l'autre, devront se présenter [eux-mêmes] au Jugement Divin ».

« Ceux qui, comme aux jours de la Révolution Française, ont tout supporté envers et contre tout, ont pu grandir en sainteté et recevoir la récompense en tant que serviteurs fidèles et amis de Dieu ».

Don Giorgio, un prêtre de l'Archidiocèse de Toulouse, à l'origine incardiné à Rome, est un collaborateur régulier dans des blogs Catholiques traditionnels et dans des magazines en ligne en italien. (À titre de mise en garde, je note que sa lettre aux religieuses a été publiée sur un site Web qui fait la promotion des « apparitions » manifestement fausses de Medjugorje mais il n'y a aucune raison de penser que Don Giorgio lui-même soit d'accord.)

Les croyants Catholiques ont été profondément alarmés par cette attaque très précisément ciblée sur les soeurs. Ce qui reste du peu de vie dans l'institution Catholique est en grande partie le résultat de la grâce et de la miséricorde de Dieu demandées et versées par ces puissantes maisons de prière. Cela a toujours été compris par les croyants Catholiques d’être le rôle des religieuses contemplatives. Et c’est précisément ce but religieux purement surnaturel que Rome vise à éliminer. Ça ne nourrit pas « Le Pauvre », donc, comme tous les idéologues laïques ont toujours maintenu, c’est sans valeur. Et plus que cela : dangereux.

Il y a une raison aux régimes laïques de fermer toujours les maisons des moniales contemplatives. Très souvent, dans l'histoire depuis la Révolution Française, elles ont été traitées de façon la plus impitoyable, souvent exécutées en public, en raison de l'opposition totale aux objectifs du nouvel ordre que leur mode de vie représentait.

Les Bienheureuses Martyrs de Compiegne

Guillotinées à la Place du Trône Renversé (maintenant appelé Place de la Nation), Paris, le 17 Juillet, 1794. Elles sont parmi les premières victimes du règne de la Révolution Française de la Terreur. Avant leur exécution, elles se sont agenouillées et ont scandé le « Veni Creator », comme dans une procession, après quoi elles ont toutes renouvelé à haute voix leur baptême et leurs vœux religieux. La novice a été exécutée en premier. « Elle avait l'air », a dit un témoin oculaire, « comme une reine qui va être couronnée ». Et la dernière fut la Prieure. Le silence absolu régnait tout le temps que les exécutions se poursuivaient.

Il y a eu beaucoup de spéculations sur les raisons que le Vatican de François a particulièrement choisi de cibler les religieuses contemplatives, à l'exclusion des ordres actifs et des monastères d’hommes. Beaucoup ont souligné l'intransigeance des Soeurs Franciscaines de l’Immaculée comme une irritation, une gêne et obstacle à l'ordre du jour de François. Mais peut-être une raison plus simple peut être trouvée dans le fait que les sœurs actives — ce qui reste d'entre elles — sont déjà près de 100% avec le programme de la Nouvelle Église Bergoglienne.

Elles sont également en train de mourir. Statistiquement, presque les seuls Ordres que l’on peut dire qui survivent — avec une poignée qui sont en fait en plein essor en termes de vocations — sont des monastères contemplatifs qui ont conservé leurs anciennes traditions, leur adhésion à la religion Catholique.

Le mois prochain, les abbés Bénédictins et les responsables des monastères d'hommes auront leur réunion régulière à Rome. Ils sont cédulés pour avoir une rencontre avec le Pape. Nous allons voir ce qui advient de cela.

Pendant ce temps, le Père Daniel Couture, le Supérieur régional pour le Canada de la FSSPX, a publié une lettre encourageant les Catholiques à se joindre à eux dans leur croisade du Rosaire pour la Royauté Sociale du Christ dans le monde.

Il cite Sœur Lucie qui parle au Père Fuentes en 1957 en disant : « Le Saint-Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie sont nos deux derniers recours et cela signifie donc qu'il n'y aura pas d'autres recours ... Avec une certaine appréhension, Dieu nous offre les moyens finaux de salut, Sa Très Sainte Mère ».

Le Père Couture ajoute que, dans le message de Fatima : « On y trouve l’antidote à cette funeste séparation de l’Église et de l’État, c’est-à-dire entre l’ordre spirituel et l’ordre temporel qui est précisément ce dont nous souffrons tant aujourd’hui, et qui se résume bien dans le titre du livre de Mgr Lefebvre, Ils l’ont découronné ».

« L'objectif fixé par Mgr Bernard Fellay est un bouquet de 12 millions de rosaires et de 50 millions de sacrifices pour Notre-Dame de Fatima ».

De plus en plus, il semble que nous soyons réduits en ces temps de plus en plus sombres à ce « dernier recours ».