vendredi 2 septembre 2016

Allez et promouvez
le développement humain intégral




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 2 septembre 2016

Il y a près de deux mille ans, le Dieu Incarné a lancé son Église à sa mission salvatrice avec ces paroles : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé, mais celui qui ne croira pas, sera condamné ». La mission divine de l'Église Catholique ne pouvait pas être plus simple : convertir le monde au Christianisme pour le salut des âmes.

Deux mille ans plus tard, cependant, au milieu de la pire crise de la foi et de la discipline que l'Église n’ait jamais connue, on nous présente maintenant cette description de la mission de l'Église :


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

« Dans tout son être et par tout son agir [ !], l’Église est appelée à promouvoir le développement intégral de l’homme à la lumière de l’Évangile ». « Un développement qui se réalise » précise François « à travers le soin que l’on porte aux biens incommensurables de la justice, la paix et la sauvegarde de la création ». Le Successeur de l'Apôtre Pierre, dans son travail pour affirmer ces valeurs, est continuellement à adapter les institutions qui collaborent avec lui afin qu'elles puissent mieux répondre aux besoins des hommes et des femmes qu’elles sont appelées à servir ».

Ce sont les premiers mots de la lettre Apostolique Humanum Progressionem de François qui annonce une continuation de ce qui semble être un thème de ce pontificat : La Nouveauté de la Semaine. Cette fois-ci, c’est la création d'un nouveau « Dicastère pour la promotion du développement humain intégral » qui va absorber et donc abolir le Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix, le Conseil Pontifical Cor Unum, le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Itinérants et le Conseil Pontifical pour les Travailleurs de la Santé.

Ainsi, selon François, l'Église n’est pas appelée à prêcher l'Evangile à tous les hommes et en les baptisant pour leur salut éternel, mais plutôt « en promouvant le développement intégral de la personne humaine », un développement qui se réalise, précise François, « à travers le soin que l’on porte aux biens incommensurables de la justice, la paix et la sauvegarde de la création ». La « lumière de l'Évangile » est donc simplement une aide à la promotion de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création.

Mais qu'en est-il le salut des âmes ? Humanum Progressionem abroge les articles 142-153 de Pastor Bonus, la Constitution Apostolique de Jean-Paul II qui a créé les quatre départements du Vatican que François vient d’abolir. Fait révélateur, Pastor Bonus commence par ces mots : « Le BON PASTEUR, le Christ Jésus (cf. Jn 10,11-14), a confié aux Évêques, successeurs des apôtres, et de manière spéciale à l'Évêque de Rome, la mission d'enseigner toutes les nations et de prêcher l'Évangile à toute créature ».

Pastor Bonus procède alors en mentionnant le salut pas moins de onze fois, y compris les expressions « moyens de salut », « ministère du salut », « salut des âmes », « l'œuvre du salut dans le monde » et « leur mission de communiquer aux hommes le salut éternel... »

Humanum Progressionem, d'autre part, ne dit pas un mot sur le salut, ni sur les moyens de salut ou la mission salvifique de l'Église dans sa déclaration de ce que l'Église est appelée à faire dans ce monde. François, le Vicaire du Christ, ne mentionne même pas le Christ.

Au tout début de son pontificat François a déclaré : « L'Église est pas une ONG » — ce qui signifie une organisation non gouvernementale engagée dans le travail caritatif laïque. Mais que doit-on penser d’une Église dont la mission est d'être reformulée sous nos yeux en ce qui suit : « Allez et promouvez le développement humain intégral, la participation aux biens incommensurables de la justice, la paix et la sauvegarde de la création ».

La « lumière de l'Évangile » à laquelle se réfère François n’est certainement pas la lumière du salut sans laquelle les âmes sont perdues pour toute l'éternité. C’est toute autre chose ; quelque chose qui emploie la langue traditionnelle pour exprimer de nouvelles significations révolutionnaires. Et c’est la révolution continue immensément destructrice dans l'Église que ce pontificat a amenée à un tout nouveau niveau, accélérant sans aucun doute le jour où Dieu interviendra — de façon plus dramatique — pour amener la crise sans précédent à laquelle nous assistons maintenant à sa fin.