mardi 27 septembre 2016

Les grands vaticanistes Tosatti & Magister
voient les prêtres mariés à l’horizon





Par Dr Maike Hickson
Le 27 septembre, 2016
SOURCE : One Peter Five









Comme nous l'avons rapporté auparavant, le sujet des prêtres mariés semble être à l'ordre du jour du Pape François. Non seulement Sandro Magister le rapporte sur cette question juste après le second Synode sur la Famille de l'année dernière, mais aussi l’Évêque Erwin Kräutler du Brésil a déclaré, après son audience privée avec le Pape François en 2014, que le Pape l'avait encouragé à explorer davantage cette question et d'être « courageux » à le faire. Ce mois de septembre a vu à nouveau deux autres articles annonçant que le Pape François entend favoriser l'idée et la pratique des prêtres mariés : un article a été écrit par Marco Tosatti ; l'autre par Sandro Magister.

Tosatti, le spécialiste du Vatican Italien, a rapporté le 7 septembre certaines initiatives prises récemment par le Cardinal Claudio Hummes de 82 ans, préfet de la Congrégation pour le Clergé. Tosatti rapporte qu'il y a dans l'air un prochain Synode local des diocèses de l'Amazonie qui pourrait discuter de la question de « transformer les diacres permanents en « viri probati » — que Tosatti définit comme « une sorte d'administrateurs laïques des Sacrements en tant que substituts pour les prêtres ». Cependant, dit le journaliste Italien, ce sujet des « viri probati » pourrait facilement être également transformé en une discussion sur le relâchement de l'exigence du célibat des prêtres dans le Rite Latin.

Comme Tosatti le montre, Hummes aime à dire qu'il parle au nom du Pape. Lors d'une conférence récente au Brésil, organisée par l’Évêque João Bosco de Osasco, Hummes a prononcé une allocution et a répondu, comme suit, à l'idée proposée d'inviter plus de prêtres de d'autres pays pour aider la région Amazonienne, compte tenu de son manque actuellement déclaré de prêtres, selon Marco Tosatti :

Hummes a dit : « Non, non, le Pape ne veut pas ; depuis le Concile [Vatican II], il ne devrait plus y avoir de missionnaires, chaque peuple doit s'évangéliser seul. Il devrait y avoir seulement un clergé, des prêtres et des Évêques indigènes —également sans formation académique.

Hummes a ensuite continué à dire que, dans les temps anciens, c’était « un tabou de parler de prêtres mariés » mais maintenant le Pape invite les Évêques à en « parler entre eux », et il leur conseille « d'ordonner un grand nombre de diacres permanents ». Selon les sources de Tosatti, l'objectif du Pape est de « prendre la voie de l'ordination des laïcs mariés afin de compenser la pénurie de prêtres ». Avec l'encouragement du Pape, Hummes a visité la plupart des diocèses de l’Amazonie afin de préparer un tel synode local régional Amazonien qui traiterait de ces questions de manière plus détaillée. Le Synode pourrait bientôt avoir lieu.

Dans ce contexte, un autre article italien — cette fois par Sandro Magister — est d'une grande importance. Le 21 septembre, il rend compte de la récente audience privée du Cardinal Hummes avec le Pape François. Comme le dit Magister, Hummes est aujourd'hui le président à la fois de la Commission de la Conférence des Évêques Brésiliens pour l'Amazonie et du Réseau Pan-Amazonien qui réunit 25 Cardinaux et Évêques de la campagne environnante, en plus des représentants autochtones des différentes ethnies locales.

Magister confirme que ce Synode Amazonien mentionné ci-dessus est « effectivement dans une phase avancée de préparation ». Il continue :

« Non seulement cela. On observe un regain de vigueur derrière la rumeur que Jorge Mario Bergoglio veut attribuer au prochain Synode Mondial des Évêques, prévu pour 2018, précisément la question des ministres ordonnés, des Évêques, des prêtres, des diacres, y compris l'ordination des hommes mariés ».

Magister souligne que, curieusement, peu de temps avant la visite Hummes avec le Pape, une source bien informée avait déjà publié en détail en Italie les trois sous-thèmes du prochain Synode des Évêques sur « le ministère ordonné dans l'Église » pour inclure « la possibilité d'un diaconat féminin ».

Il semble maintenant que les divorcées « remariés » sont en effet plus susceptibles d'être admis aux Sacrements, surtout la Sainte Communion, le prochain domaine de la réforme prétendue sera la prêtrise. Ainsi, nous devrions tous nous préparer convenablement pour la prochaine bataille Doctrinale et disciplinaire.

Le Cardinal Walter Brandmüller, l'un des défenseurs les plus virulents de l'indissolubilité du mariage, a déjà relevé ce prochain défi. Il vient de publier un article qui provient en grande partie d'une préface qu'il avait écrite il y a quelques années pour un livre à la défense du célibat sacerdotal. Comme il est un historien de l'Église — et l'ancien président du Comité Pontifical des Sciences Historiques —il a donc probablement la meilleure réputation et qualification pour le faire.

Dans un article récent, j’ai personnellement traduit et présenté les principaux arguments de son avant-propos de ce livre de 2011 sur le célibat, intitulé Reizthema Zölibat : Pressestimmen (Le Sujet Provocant du Célibat : commentaires de presse), qui a été publié par la maison d'édition Allemande fé-Medienverlag. Là dans son livre, le Cardinal Allemand est clair que le célibat découle tout droit de la Sainte Écriture et de la Tradition Apostolique, et qu'il a toujours été soutenu par l'Église Catholique, même s'il y a eu parfois de graves violations de ce célibat sacerdotal. Dans la conclusion de son essai introductif, le Cardinal Brandmüller rend aussi clair que le célibat sacerdotal fait partie du patrimoine apostolique qui ne peut être abandonné pour une raison quelconque. Il montre que l'on doit rappeler aux Catholiques « le caractère contraignant des traditions apostoliques » et continue comme suit : « Il pourrait être utile dans ce contexte de soulever la question de savoir s'il serait possible d'abolir — avec l'aide du Conscile — la célébration du dimanche qui, en passant, a beaucoup moins de fondation Biblique que le célibat ».

Le Cardinal Brandmüller conclut sa défense bien documentée du célibat sacerdotal avec quelques belles paroles :

« De plus, le célibat — ainsi que la virginité — choisi pour la cause du Royaume des Cieux sera toujours une pierre d'achoppement pour ceux qui ont seulement une compréhension séculaire de la vie. Jésus lui-même avait déjà parlé à ce sujet quand il a dit : « Que celui qui peut accepter cet enseignement l'accepte ! »

Le Cardinal de 87 ans a maintenant encore plus de raisons d'être loué pour son courage et son endurance intentionnelle. On se demande : qui d'autre va venir à l'aide concernant l'une des parties essentielles de la Foi, de la Vie de l'Église et de la Pratique ? Que restera-t-il si le sacerdoce — le pilier de l'Église Catholique — vient à être atténué davantage et même évidé ?