samedi 9 juin 2018

Le Synode Pan-Amazonien de 2019

Le Document Préparatoire vient de sortir
On y envisage des prêtres mariés et même des femmes prêtres




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 8 juin 2018


Le 8 juin, le Vatican a présenté quelque chose d'important lors d'une conférence de presse : le Document Préparatoire pour le prochain Synode Pan-Amazonien de 2019 dans lequel on parle maintenant de donner aux femmes un « type de ministère officiel » et de faire des propositions « courageuses » et acculturées concernant l'action ministérielle inclusive de l'Église ». L'un des principaux organisateurs de ce Synode, Mgr Kräutler, dit que cette réforme devrait inclure des prêtres mariés, hommes et femmes. Le Document Préparatoire lui-même fait indirectement référence à une réunion décisive qui a eu lieu en 2014 entre le Pape et Kräutler.

Comme un rapport de Reuters le résume aujourd'hui, la conférence de presse d'aujourd'hui et le document préparatoire pour ce Synode Pan-Amazonien suggèrent « un rôle pour les prêtres mariés et les femmes en Amazonie ». C’est ainsi que même un média profane comme Reuters a largement compris le Document Préparatoire de 23 pages ainsi que des interventions des différents intervenants lors de la conférence de presse d'aujourd'hui. L’agence ajoute également dans son rapport les paroles du Secrétaire Général du Synode des Évêques, le Cardinal Baldisseri, prononcées lors de la conférence de presse d'aujourd'hui :

« Pressé par des journalistes lors d'une conférence de presse sur les « viri probati », le Cardinal Lorenzo Baldisseri a déclaré : « L'Église n'est pas statique ... il y a une possibilité de mouvement ».

Mais il a exhorté à la patience et à la prudence. « Laissons le temps nécessaire à la réflexion sur tout ce qu’il y a ici » ».

Le Document Préparatoire pour le Synode Pan-Amazonien de 2019

À la lumière de ces paroles, passons maintenant en revue quelques-unes des prétentions étonnantes de ce document préparatoire. Par la suite, nous présenterons à nos lecteurs les idées telles qu'elles ont été exposées en 2016 par Mgr Erwin Kräutler, membre du Conseil pré-Synodal, Évêque à la retraite de Xingu au Brésil ( une partie de la région Amazonienne ).

Disons-le dès le début : tout le Document Préparatoire est imprégné de l'esprit d'inculturation, de la théologie de la libération, du vocabulaire Terre Mère et d’un spiritualisme populaire. Pour résumer, c'est une nouvelle religion syncrétiste [Syncrétisme = système philosophique ou religieux qui tend à faire fusionner plusieurs doctrines différentes --- de la macédoine religieuse, quoi ]. Par exemple, dans le questionnaire annexé à la fin du document, on peut trouver une question qui est totalement incompatible avec l'esprit missionnaire de la Foi Catholique : « S'il y a des Peuples Autochtones en isolement volontaire dans votre territoire, que devrait faire l'Église pour défendre leurs vies et leurs droits ? »

Voyons maintenant le document de plus près. Le texte a un fort ton sociologique et révolutionnaire ; par exemple, lorsqu'il demande : « Comment pouvons-nous travailler ensemble à la construction d'un monde qui rompt avec des structures qui prennent vie et avec des mentalités colonisatrices, afin de construire des réseaux de solidarité et d'inter-culturalité Comme nous le verrons plus loin, pour ces organisateurs, la venue de la civilisation Occidentale dans la région de la Pan-Amazonie fut surtout un événement pénible et négatif :

Aussi, la IIIe Conférence des Évêques d'Amérique Latine, tenue à Puebla ( 1979 ), rappelle également que l'occupation et la colonisation des terres indigènes constituaient « un vaste processus de domination » qui était plein de « contradictions et de blessures profondes » ( DP 6 ). Plus tard, la IV Conférence de Santo Domingo ( 1992 ) a rappelé «l' un des épisodes les plus tristes de l'histoire Latino-Américaine et Caribéenne » qui « a été le transfert forcé, en tant qu'esclaves, d'un nombre énorme d'Africains ». [ Nous soulignons ]

Ayant avancé ce ton agressif contre l'influence Occidentale indue auprès des cultures indigènes de cette région dans le monde ( incluant l'œuvre missionnaire ? ), le document souligne que nous, de l'Église Catholique, pouvons apprendre de ces peuples autochtones. Il met en évidence le rôle des « Sages Aînés — appelés de façon interchangeable « payés, mestres, wayanga ou chamanes » parmi d'autres » qui « favorisent l'harmonie entre eux et avec le cosmos ». À la lumière de l'Encyclique papale Laudato si et de son attention aux supposés problèmes écologiques dans le monde, et donc à la nécessité d'une « conversion écologique », les peuples autochtones sont présentés comme un monde que nous devrions écouter et de qui nous devrions apprendre. On peut trouver une autre référence à ce document de Puebla de 1979 en insistant sur les thèmes « Participation et communautés de base » ( Puebla 1979 ).

À la lumière de l'attention portée à la « Terre Mère » et à la création en général, la Sainte Eucharistie devient ainsi « un acte d'amour cosmique ». Le texte énonce :

L'Eucharistie nous renvoie donc au « centre vital de l’univers », « le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables » présent sous l'espèce du pain et du vin, fruit de la terre et du travail des mains humaines ( LS 236 ). Dans l'Eucharistie, la communauté célèbre un acte d'amour cosmique, dans lequel les êtres humains, ensemble avec le Fils de Dieu incarné et toute la Création, rendent grâce à Dieu pour une nouvelle vie dans le Christ ressuscité ( LS 236 ). [ Nous soulignons ]

À la lumière des dangers écologiques et de l'exploitation injuste des populations locales par les organisations capitalistes et d'autres problèmes connexes, le texte parle de la nécessité de changements à la lumière d'une « dimension prophétique » : « Face à la crise socio-environnementale actuelle, un besoin urgent d'orientation et d'action afin de mettre en œuvre la transformation des pratiques et des attitudes ». [ Nous soulignons ]. Ici encore, toute la création est en quelque sorte incluse dans la vie mystique de l'âme : « La conversion écologique signifie embrasser la nature mystiquement interconnectée et interdépendante de toute la création ». Nature et Grâce, la vie naturelle et surnaturelle sont entremêlées ou confondues.

De plus, le texte Synodal appelle à une autre conversion, un « changement de cœur », et il parle d'un « nouveau paradigme », en disant : « Embrasser la vie à travers la solidarité communautaire implique un changement de cœur. Ce nouveau paradigme ouvre de nouvelles perspectives pour la transformation personnelle et sociale ». [ Nous soulignons ]

En parlant de questions communautaires, ce sont les autochtones qui doivent maintenant enseigner l'Église : ils « ont beaucoup à nous apprendre » ( EG 198 ). Le document continue :

Pour cette raison, le Pape François a souligné que « nous devons nous laisser évangéliser par eux » et par leurs cultures, et que la nouvelle évangélisation implique « de donner la parole à leurs causes, mais aussi [ nous sommes appelés ] à être leurs amis pour les écouter, à parler pour eux et à embrasser la sagesse mystérieuse que Dieu veut partager avec nous à travers eux » ( EG 198 ). Ses enseignements pourraient donc définir la direction des priorités pour les nouvelles voies de l'Église en Amazonie.

Ici, il est à noter que le texte regrette que certains Occidentaux continuent de mépriser ces cultures et même de les « diaboliser » : « Aujourd'hui, malheureusement, des traces du projet colonisateur existent encore, ce qui a donné naissance à des attitudes qui déprécient et diabolisent les cultures indigènes ».

Pour résumer cette partie de ce document troublant — les points 1-13 — le ton est donné que l'Église devrait écouter les cultures locales afin de les aider à sauver leur propre région du désastre écologique et social. L'Occident, affirme-t-il, a cruellement colonisé cette région au cours des derniers siècles et devrait donc maintenant humblement entreprendre les pistes pour la solution des populations locales et de leurs cultures d'autant plus qu'elles sont si proches de Mère Nature.

C'est dans cette optique que nous devons considérer les mots concernant qui devraient être responsables dans cette région afin de combler l'écart face à un manque sérieux de prêtres. Comme il est indiqué, beaucoup de paroisses n'ont que quelques fois par an un prêtre en visite et avec lui la Sainte Eucharistie.

De plus, l'important chapitre 14 s'intitule « Un ministère au visage Amazonien » ».

Le document nous dit que « l'Église du bassin Amazonien en est venue à reconnaître que sa pastorale a été éparpillée de façon précaire ». Il y a donc un besoin de « nouvelles voies pour la pastorale ». Considérons le paragraphe plus long :

Ces nouvelles voies de pastorale en Amazonie appellent à « relancer l'œuvre de l'Église » ( DAp 11 ) sur le territoire et à approfondir le « processus d'inculturation » ( EG 126 ), qui exige de l'Église dans la région Amazonienne de faire des propositions « courageuses », c'est-à-dire des attitudes « audacieuses » et « intrépides » que le Pape François nous demande [ c'est la référence à une conversation entre le Pape et Mgr Kräutler ] . La mission prophétique de l'Église se réalise aujourd'hui à travers son action ministérielle inclusive, qui permet aux peuples autochtones et aux communautés Amazoniennes d'être ses « principaux interlocuteurs » ( LS 146 ) sur l'ensemble des questions pastorales et socio-environnementales du territoire. [ Nous soulignons ]

Ces mots signifient apparemment que le peuple autochtone doit dire à l'Église comment remplir sa « mission prophétique » et son « action ministérielle inclusive ». Afin de « transformer la présence précaire de l'Église et de la rendre plus large et plus incarnée », il y a un « besoin d'intégrité Eucharistique » ( DAp 436 ) pour la région Amazonienne, « afin que tous les baptisés puissent « participer à la Messe dominicale ». C'est ici que nous rappelle le document préparatoire, à la lumière de Vatican II, que le « Peuple de Dieu participe au Sacerdoce du Christ », tout en maintenant une distinction entre « le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel » ( LG 10 ).

Maintenant, le texte propose « d' évaluer et de repenser les ministères qui sont aujourd'hui nécessaires pour répondre aux objectifs d'une « Église avec un visage Amazonien et une Église avec un visage autochtone ». [ Citation Pape François ] [ Nous soulignons ]. C’est ce concept d'une « pastorale inculturée » — autrefois une idée particulièrement chérie des théologiens de la libération — qui entre maintenant dans les documents officiels de l'Église. L'inculturation signifie ici respecter, par exemple, que les femmes sont souvent les leaders dans les communautés locales et que les hommes peuvent ne pas aimer le célibat. C'est ici que le document propose d'envisager de donner aux femmes un « type de ministère officiel ». Il convient une fois de plus de citer un passage plus long :

Une priorité est de préciser les contenus, les méthodes et les attitudes nécessaires à un ministère pastoral inculturé capable de répondre aux grands défis du territoire. Une autre est de proposer de nouveaux ministères et services pour les différents agents pastoraux, qui correspondent aux activités et responsabilités au sein de la communauté. Dans ce sens, il est nécessaire d'identifier le type de ministère officiel qui peut être conféré aux femmes, en tenant compte du rôle central que les femmes jouent aujourd'hui dans l'Église Amazonienne. Il est également nécessaire de promouvoir le clergé indigène et local, en affirmant leur propre identité et valeurs culturelles. Enfin, de nouvelles voies devraient être envisagées pour que le Peuple de Dieu ait un accès meilleur et plus fréquent à l'Eucharistie, centre de la vie Chrétienne ( DAp 251 ). [ Nous soulignons ]

Il fut une fois un temps où l'Église envoyait des missionnaires dans des lieux où il y avait un besoin de prêtres ; il fut un temps où les peuples autochtones du monde entier étaient invités à se conformer aux enseignements du Christ et aux traditions et coutumes sacrées de l'Église — tout en respectant, si possible, les différences locales. Maintenant, la nouvelle Église « réformée » veut demander aux autochtones ce qui leur plairait. Pas ce qui plaît à Dieu, tel que traditionnellement enseigné à travers Son Église.

Parlant d'une « Église avec un visage Amazonien », le chapitre 15 considère de « nouvelles voies » et une « nouvelle forme de cette Église », ajoutant qu'elle « partira de l'expérience de la diversité culturelle de ses peuples ». Nos nouvelles voies auront un impact sur les ministères, la liturgie et la théologie ( théologie indienne ) ». [ Nous soulignons ] Ici, « tout le peuple de Dieu, avec leurs Évêques, les prêtres, les religieux et les femmes, les religieux et les laïcs missionnaires » doivent aborder ce « nouvelle voie avec un cœur ouvert ». Les « rôles principaux des peuples eux-mêmes » doivent être renforcés. « Nous devrions affiner une spiritualité interculturelle pour nous aider à interagir avec la diversité des peuples et de leurs traditions ».

Enfin, certaines des questions ajoutées au questionnaire ci-joint dans le document Synodal nous montrent également la méthode et la direction de cette tentative révolutionnaire de remodeler l'Église de la région Pan-Amazonienne en ce qui concerne la Sainte Eucharistie et le sacerdoce :

3. Y a-t-il place pour l'expression indigène et la participation active à la pratique liturgique de vos communautés ? 4. L'un des défis majeurs dans le bassin Amazonien est l'impossibilité de célébrer fréquemment l'Eucharistie partout. Comment pouvons-nous répondre à ce besoin ? 5. Comment pouvons-nous reconnaître et valoriser le rôle des laïcs dans divers domaines pastoraux ( catéchèse, liturgie et charité ) ? [ ... ]

10. Quels sont, selon vous, les activités et les ministères particulièrement Amazoniens qui devraient être créés et promus ? 11. De quelle manière la vie consacrée et ses charismes peuvent-ils contribuer à l'édification d'une Église à visage Amazonien ? 12. Le rôle des femmes dans nos communautés est de la plus haute importance, comment pouvons-nous les reconnaître et les valoriser dans nos nouvelles voies ? [ Nous soulignons ]

Le Plan de réforme établi en 2014 par Monseigneur Kräutler : des femmes prêtres ; des prêtres mariés

Passons maintenant à Mgr Kräutler et à ses idées. En 2014, le 4 avril, il a eu une audience privée avec le Pape François. Lors de cette réunion, il s'est passé deux choses importantes. D'abord, l'Évêque a présenté au Pape un texte espagnol contenant des recommandations concernant le document à venir du Pape, Laudato si, qui ont toutes été incorporées par le Pape dans cette Encyclique ( selon Kräutler ). Deuxièmement, la conversation s'est tournée vers le manque de prêtres dans la région Amazonienne. C'est dans ce contexte, comme nous le verrons, que le Pape a demandé aux Évêques de cette région de faire des « propositions audacieuses et courageuses » ou, comme le dit le document préparatoire lui-même, de faire des propositions « courageuses », c’est-à-dire d’avoir des attitudes « audacieuses » et « intrépides » que le Pape François nous demande » .[ Soulignement ajouté ]

À la suite de cette audience papale, Mgr Kräutler a aidé à fonder le réseau Pan-Amazonien Ecclésial Rouge REPAM, un réseau de neuf Églises de la région Pan-Amazonienne ( Brésil, Colombie, Équateur, Guyane, Pérou, Surinam et Guyane française, Pérou et Venezuela ) qui semble avoir été « inspiré par Laudato si » ( qui, à son tour, a été co-écrit par Kräutler lui-même ). Il semble que le Pape François lui-même a initié la fondation de cette organisation en 2013 lors de sa visite au Brésil —sa première visite papale. Mgr Kräutler est le coordinateur de la branche Brésilienne REPAM. Guiseppe Nardi, journaliste pour le site Allemand Katholisches.info, a apporté une contribution importante en couvrant le rôle du REPAM, en particulier en ce qui concerne le prochain Synode Pan-Amazonien de 2019.

Non seulement le Document Préparatoire d'aujourd'hui donne quatre références au REPAM, mais plus important encore, comme l'a dit le Cardinal Lorenzo Baldisseri lors de la conférence de presse d'aujourd'hui, la préparation du Synode a été faite en étroite collaboration avec ce réseau REPAM. Baldisseri a dit :

Pour cette raison, depuis le début du parcours Synodal, le Secrétariat Général du Synode des Évêques a travaillé en étroite collaboration avec le Réseau Ecclésial Pan-Amazonien Rouge ( REPAM ), un organisme qui mène des activités ecclésiales dans cette région.

Voyons maintenant ce que l'Évêque Kräutler lui-même a à l'esprit concernant le problème du manque de prêtres dans cette région Pan-Amazonienne. Dans un rapport que j'ai récemment fait pour Life Site News, j'ai souligné le fait que cet Évêque a déclaré dans deux interviews différentes en 2016 qu'il était en faveur non seulement des prêtres mariés — le soi-disant viri probati — mais aussi en faveur de l'ordination de femmes prêtres. Comme j'ai alors écrit :

Dans une interview en 2016 , l'Évêque [ Kräutler ] a affirmé que la Lettre apostolique de 1994, Ordinatio sacerdotalis, qui interdit les femmes prêtres, « n'est pas un dogme et n'a même pas le poids d'une Encyclique ». Lorsqu’on lui a demandé si ce document papal plus ancien pouvait être révisé, l'Évêque retraité a répondu : « Rien n'est impossible ici ! »

De plus, dans son livre de 2016 intitulé Habt Mut ( « Soyez courageux », édité par Tyrolia Verlag ), Erwin Kräutler parle du Pape François et de sa voie de réforme, mais il parle aussi à plusieurs reprises de sa conversation de 2014 avec le Pape.

Comme le souligne Kräutler, le Pape François était très sympathique à ses idées. Quand Kräutler a parlé du manque de prêtres dans la région Pan-Amazonienne, le Pape lui-même a évoqué l'expérience d'un diocèse au Mexique où l'Évêque a atténué et adouci, en partie, le problème du manque de prêtres en ordonnant 300 dirigeants de paroisses mariés comme diacres ». Ici, le Pape faisait référence à Samuel Ruiz García, Évêque de San Cristóbal de las Casas ( Chiapas ). Le journaliste Allemand Giuseppe Nardi a montré que cet Évêque avait en tête un « sacerdoce indigène » lorsqu'il a ordonné ces 300 diacres dans les années 1990. En 2001, lorsque l'Évêque a pris sa retraite, le Vatican a arrêté cette entreprise. Cependant, le Cardinal Beniamino Stella, nommé par le Pape François comme Préfet de la Congrégation pour le Clergé, a plus tard donné l'autorisation de reprendre cette pratique, en 2014.

Ce qui est étrange dans cette expérience Mexicaine, c'est que Mgr García a non seulement ordonné au diaconat un grand nombre d'hommes mariés indigènes ; mais il a aussi « co-ordonné » leurs femmes d' une manière très inhabituelle , en tenant compte du rôle culturel des épouses des chefs indigènes.

Ici, il peut être bon de savoir qu'en 2015, lorsque le Pape François a visité le Mexique, il est allé sur la tombe de Mgr García ( décédé en 2011 ) et a prié.

Il convient également de mentionner que le propre directeur du REPAM, Mauricio Lopez, a donné en novembre 2017 une interview où il fait référence à cette expérience lancée par Mgr García, indiquant l'idée d'avoir un couple choisi par la communauté pour « faire le service » et devenir les leaders spirituels de cette communauté. Pour lui, il s'agit de trouver un nouveau « modèle d'Église ». Encore une fois, le REPAM est directement mentionné comme ayant aidé à organiser le prochain Synode Pan-Amazonien de 2019.

Donc, quand, dans sa conversation de 2014 avec Mgr Kräutler, le Pape se réfère à cet Évêque Mexicain, il devrait sérieusement troubler tous les fidèles Catholiques. Mais, malheureusement, cela empire même.

Selon Kräutler :

Le Pape a également évoqué la proposition d'un Évêque en Afrique du Sud — c'est l'Évêque Fritz Lobinger — selon laquelle les paroisses sans prêtres pourraient être dirigées par une « Équipe d'Anciens ». Mgr Lobinger recommande également de les ordonner pour qu'ils puissent célébrer également l'Eucharistie avec leurs paroisses. L'expression [ « Team of Elders » ou « Équipe d'Anciens » ] a l'avantage que les « Anciens » eux-mêmes n'ont pas nécessairement besoin d'être vieux. [ Nous soulignons ]

Ces « Anciens » sont plutôt des hommes « expérimentés », mais ce que Kräutler ne dit pas ici, c'est que Lobinger lui-même imaginait que, parmi ces « Anciens » ordonnés, il pouvait y avoir des femmes incluses. En tout cas, c'est dans ce contexte précis, selon Kräutler, que le Pape a alors fait la demande de « propositions audacieuses ». Le Pape a utilisé le mot « corajudos », explique Mgr Kräutler, originaire d'Autriche. Ce mot expressif connote ou implique habilement l'audace, l'intrépidité et l'ouverture.

Certains de nos lecteurs se souviendront peut-être dans ce contexte que le Pape François a discuté, en 2015, avec les Évêques Allemands des livres de Mgr Lobinger. À cette époque, le Pape a dit aux Évêques Allemands, lors de leur visite ad limina à Rome, qu'il avait lu les trois imposants livres de Lobinger qui traitent de la pénurie de prêtres et des solutions possibles.

Comme Mgr Kräutler lui-même l'explique dans son livre de 2016, le Pape François espère une Église plus décentralisée. Kräutler, avec la Conférence des Évêques Brésiliens, travaille maintenant sur de telles propositions ( comme on peut le voir maintenant dans le Document Préparatoire d'aujourd'hui ). Il s'agit de « nouvelles formes de paroisses Chrétiennes et de leur direction, pour y inclure l'Eucharistie le dimanche ». Ici, l'Évêque évoque l'idée « ad experimentum » d'ordonner au sacerdoce les soi-disant viri probati ( hommes mariés moralement avérés ) , mais pour lui, cette solution proposée est défectueuse car elle « exclurait les femmes ».

Selon cet Évêque Autrichien, le Pape François serait même ouvert à l'ordination des femmes au sacerdoce. Kräutler dit que « je ne crois pas qu'il dirait un « non » strict à l'ordination des femmes, un «quod non ». Il n’en viendrait pas simplement et personnellement à faire un tel changement, ajoute Kräutler, car le Pape sait qu'il aura besoin de l'approbation des Évêques. En outre, il devrait faire une telle permission régionale, au début, mais pas tout de suite pour l'Église Universelle. Selon Kräutler, le Pape sait bien que parfois, dans l'histoire de l'Église, des décisions ont été prises « qui, à quelques décennies auparavant, personne n'aurait pu imaginer ». Ici, l'Évêque cite en exemple comment l'Église a changé de position vis-à-vis du sujet de la séparation de l'Église et de l'État, ainsi que sur le thème de la démocratie. Il mentionne également le texte de Vatican II, Dignitatis Humanae , « qui a définitivement supprimé » le Syllabus des Erreurs de Pie IX, notamment en ce qui concerne la liberté religieuse.

Mgr Kräutler conclut : « Certaines convictions et interprétations, autrefois véhémentes et même défendues comme immuables, ont souvent, cependant, complètement changé au cours de l'histoire ». Ici, il insiste sur le fait que c'est aussi le regard du Pape François sur les changements dans l'enseignement de l'Église : « Je suis convaincu que François se tient dans cette tradition qui est finalement ouverte au dialogue et aux changements ».

Parlant des femmes prêtres, Kräutler admet que la situation est un peu plus difficile en raison du document Ordinatio sacerdotalis de 1994 écrit par le Pape Jean-Paul II, même si, aux yeux de Kräutler, il ne représente pas une doctrine de fide definita. ( Il y a une semaine, One Peter Five a tendu la main à Mgr Kräutler, lui demandant s'il allait changer cette affirmation à la lumière de la déclaration du 30 mai de l'Archevêque Luis Ladaria selon laquelle l'interdit des femmes prêtres fait partie de l'enseignement infaillible de l'Église. Jusqu'à présent, nous n'avons pas eu de ses nouvelles ).

Mgr Kräutler poursuit en disant que, puisque la déclaration du Pape Jean-Paul II « est très déterminée », le Pape « ne fera rien seul sur la question du sacerdoce, du célibat et de l'ordination des femmes mais, si c'est le cas, il le fera avec les Évêques ». Sur ce sujet, il « ne prendra certainement pas de décision qui sera immédiatement appliquée dans le monde entier ». Pour que cela se produise, il devrait y avoir « un nombre important de Conférences Épiscopales en Amérique Latine, en Asie, en Afrique » qui désirent un changement. Seul un tel consensus mondial « aurait assez de poids, pour réviser la déclaration antérieure d'un Pape ». « Mais tout seul, François ne le fera certainement pas ».

La propre proposition de Kräutler est qu'il devrait y avoir d'abord quelques « solutions régionales ». Même au Brésil, il y a des régions qui ne manquent pas de prêtres. Dans la région Amazonienne, cependant, il y a un grand manque de prêtres, explique le prélat. Pour ces régions, on pourrait permettre certains changements. « Mais ça doit être clair : il ne s'agit pas d'un « oui » ou d'un « non » au célibat. Parfois, les gens m'accusent de vouloir abolir le célibat » ajoute Kräutler. « Non, je ne le souhaite pas du tout et le Pape ne le souhaite pas non plus ». Il est visible ici que Kräutler et le Pape ont dû aussi parler en détail de cette question.

En outre, Kräutler détaille son idée selon laquelle les femmes qui préparent et dirigent la liturgie du dimanche — ainsi que les hommes plus jeunes et plus âgés — pourraient être mieux préparés « pour pouvoir présider l'Eucharistie pour leur paroisse. Pour leur paroisse ! Cette limitation me semble importante ». L'Évêque Autrichien pense que ce groupe de personnes sont des hommes et des femmes qui ne sont ordonnés que pour leur propre paroisse. « Idéalement, cela pourrait être même deux ou trois personnes, dans le sens des Équipes d'Aînés comme a proposé par Mgr Lobinger ». À cet égard, Kräutler insiste sur l'ordination de ces personnes.

C’était intentionnel de présenter ici les idées et les souvenirs de Kräutler en détail, car ils pourraient tous très bien réapparaître, d'une manière ou d'une autre, dans les discussions à venir sur le Synode Pan-Amazonien. Le plan de Kräutler tel qu'il est présenté ici fait très probablement partie du programme du Pape. Nous resterons attentifs à cette affaire du moment pour l'Église Catholique.