mardi 5 juin 2018

Homélie pour la Fête du Saint-Sacrement 2018





Il m’arrive de présider des célébrations eucharistiques à l’occasion d’un 50e anniversaire de mariage ou à l’occasion des funérailles. À chaque fois, je suis déçu devant la non connaissance de la liturgie dont le silence en est le signe. J’ai beau leur dire : Le Seigneur soit avec vous, je ne reçois pas de réponse. J’ai beau proclamer une parole de Dieu, quand, à la fin, je dis Parole du Seigneur, je n’ai pas de réponse. Ainsi pour toute la liturgie. Et tout ce beau monde s’approche de la table pour communier. Là encore, vous leur dites : le Corps du Christ, pas de réponse. Ils ne savent pas comment communier au Corps et au Sang…

Je pense alors au livre de l’Apocalypse qui nous rapporte de semblables événements. L’auteur nous présente sept lettres écrites aux Églises de son époque, comme de nos jours, à des communautés chrétiennes aux prises avec des changements profonds, face à l’incroyance, aux fermetures d’églises, au petit nombre de pratiquants, au problème de la relève et du vieillissement des prêtres, aux abus et aux dénonciations de toutes sortes. L’auteur du livre de l’Apocalypse écrivait, au nom du Christ, une lettre aux Églises d’Asie du 1er siècle après Jésus Christ : les Églises d’Éphèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie ou de Laodicée. Chacune de ces lettres se termine par la même phrase, à savoir : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises. » À l’occasion de la fête du Saint-Sacrement 2018, j’ai imaginé Jésus en train d’écrire une lettre aux églises de chez nous, qu’elles soient de Montréal, de Québec, de Trois-Rivières, de Rouyn-Noranda, de Sherbrooke, de Baie-Comeau ou de Gaspé.

À l’Ange de l’Église qui est chez vous, salut et bénédiction!

Un jour, j’avais dit à mes disciples : J’ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir! Eh bien! 2000 ans plus tard, j’ai encore ce même désir de vous donner le pain de Dieu, celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. Quand autrefois de grandes foules me suivaient lors de la multiplication des pains, je mis à l’épreuve la foi de mes amis en leur disant : Donnez-leur vous-mêmes à manger. À leur grand étonnement, les foules mangèrent et furent rassasiées de ce pain qui fait vivre pour toujours. C’est alors qu’elles me dirent : Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. Je peux aujourd’hui certifier que, depuis ce jour, ce pain-là ne vous a jamais manqué.

Chers amis, je renouvelle mon ardent désir de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Même si beaucoup aujourd’hui suivent d’autres bergers, je ne désespère pas. Je suis toujours à leur recherche, je marche devant eux et je les aime Car je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. La brebis perdue, je la chercherai; celle qui se sera égarée, je la ferai revenir; celle qui est malade, je la fortifierai. Je vous avais d’ailleurs prévenus, lors de la dernière Cène, quand mes disciples étaient en proie au découragement devant la tournure des événements de ma vie. C’est pourquoi je vous redis comme à eux : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. En ce monde, vous faites l’expérience de la détresse, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.

Mes chers disciples, je sais que beaucoup ne se nourrissent plus à ma table. Déjà, il y a 2000 ans, après avoir longuement parlé du pain de vie, ce que je disais, je le redis aujourd’hui à votre génération, avec un brin de déception : Vous avez vu et pourtant vous ne croyez pas. Je ne suis pas découragé pour autant ni tenté de démissionner car la volonté de mon Père, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés. Malgré les incroyants qui disent : Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger?, je vous rappelle avec la même conviction : Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Quiconque mangera de ce pain vivra pour l’éternité.

En ce temps-ci comme en ce temps-là, plusieurs parmi vous disent : Ce langage est trop dur. Qui peut l’écouter? C’est l’histoire qui se répète pour cette génération : Il en est parmi vous qui ne croient pas. Après ce fameux discours sur le pain de vie, beaucoup de mes disciples s’en retournèrent chez eux et cessèrent de faire route avec moi. Attristé par leur départ, je demandai aux autres et je le demande à vous aujourd’hui : Et vous, voulez-vous partir aussi? Il se trouva alors et il se trouve encore parmi vous des Simon-Pierre pour répondre : Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Voici qu’après 2000 ans, comme à la dernière Cène à Jérusalem, je vous rassemble encore et toujours pour manger cette fois le véritable Agneau pascal livré pour vous et pour la multitude. Sous vos yeux, je referai les mêmes gestes et je redirai les mêmes paroles : Prenez et mangez : c’est mon Corps; prenez et buvez : c’est mon Sang. Chaque fois, faites cela en mémoire de moi. Puissiez-vous répondre avec mon peuple bien-aimé, le peuple de la Première et de la seconde Alliance : Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique.

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Votre ami Jésus de Nazareth


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Paul Arsenault, o.m.i.