vendredi 1 juin 2018

Le Président Italien Mattarella et le Vatican
sont-ils d'un même esprit ?



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 31 mai 2018


La situation actuelle en Italie, dont le Président, Sergio Mattarella, a outrageusement bloqué la formation d'un nouveau gouvernement par la coalition des partis « Euro-sceptiques » ( le mouvement Cinq Étoiles et le parti La Ligue ) qui ont triomphé lors des dernières élections, semble avoir la puanteur de l'implication du Vatican en faveur de la domination continue de l'Union Européenne dans les affaires Italiennes.

Le commentateur pseudonyme « Pezzo Grosso », dans un article paru sur le blog de Marco Tosatti, écrit : « Je n'aurais jamais imaginé que même le gouvernement actuel du Saint-Siège interviendrait pour soutenir cette action. Et, en fait, un rapport non confirmé circule à l’effet qu'un très haut personnage qui réside au Vatican est intervenu auprès du Président Mattarella, l'invitant à faire ce qu'il a fait. Est-ce vrai ? Je ne sais pas. Mais cela ne me surprendrait pas, vu les résultats ». Cela ne me surprendrait pas non plus, compte tenu de la mesure dans laquelle l'élément humain de l'Église est devenu, depuis Vatican II, ce que Antonio Socci appelle un « assistant social du Nouvel Ordre Mondial ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Le principal moyen par lequel l'Adversaire a installé ce nouvel Ordre, détruisant ainsi ce qui était autrefois la Chrétienté, est le processus de construction de la nouveauté sociopolitique de l'État-nation unitaire au moyen de la violence révolutionnaire, avec le résultat qui est maintenu en place avec autant de coercition qui est nécessaire au besoin de temps en temps. L'Âge de la Révolution Démocratique a été suivi par l'Âge de l'Obéissance Absolue à l'état-nation laïque de la modernité politique.

Le grand savant de la religion et de la politique, William T. Cavanaugh, a décrit avec justesse le processus comme un « aplatissement » de « l'espace complexe » de la République Chrétienne, avec ses nombreux corps intermédiaires entre le pouvoir civil et l'individu, par-dessus tout Église, dans un « espace simple » dans lequel le poids d'un état indiscutable conduit l'Église et d'autres institutions concurrentes au-dessous du niveau d'influence pouvant contrôler le public. La religion, avant tout, est donc privatisée. Ce qui signifie que l'Église Catholique en particulier est réduite de facto à une sorte d'organisation non gouvernementale ( ONG ) dont le rôle se limite à servir les fins de l'État, ou du moins à s'abstenir de toute opposition sérieuse aux fins de l'État.

La manie révolutionnaire de la centralisation du pouvoir, qui commença en Italie avec le soi-disant risorgimento [ renaissance ou résurrection ], cette campagne des révolutionnaires Maçonniques pour renverser le pouvoir temporel du Pape et absorber les états pontificaux en une Italie « unifiée » dont la capitale serait Rome. Une révolution qui a réussi après que des rivières de sang eurent été répandues, ne laissant au Pape qu'une petite enclave au milieu de la ville, entourée de murs.

Mais même cette centralisation n'est pas suffisante pour les pouvoirs en place, qui exigent un État-nation unitaire englobant toute l'Europe, c'est-à-dire l'Union Européenne. Pliant à la volonté de Bruxelles, Mattarella a usurpé la volonté de l'électorat Italien en refusant d'accomplir sa fonction cérémoniale d'accepter le Ministre des Finances proposé par la nouvelle coalition gouvernementale au Parlement Italien, empêchant ainsi la naissance du nouveau gouvernement. Bruxelles préfère un technocrate qui ne menacera pas la participation continue de l'Italie dans la zone Euro.

Pezzo Grosso résume la leçon à tirer avec une ironie amère : que « les élections servent exclusivement à évaluer la maturité politique d'un peuple. Si ce peuple démontre de l'immaturité, il faut l'aider à ne pas faire d'erreurs. Le gouvernement Européen est une manifestation du Ventotene appliqué dans la pratique » — une référence au Manifeste Ventotene de 1941, appelant à une Europe « unie » et à un gouvernement mondial.

Au moment où cette chronique va sous presse, il est possible qu’il y ait une percée sous la forme d'un autre choix de ministre des Finances selon lequel Mattarella, en continuant à usurper le pouvoir, « permettrait » d'être plus acceptable aux intérêts de l'Union Européenne. Même si cela arrive, il faut encore se confronter à la réalité d'une Église réduite au statut de vassal de l'Union Européenne, notamment sous ce Pontificat. Comme le remarque Pezzo Grosso : « Il semble clair que l'immigration visant le syncrétisme religieux est l'un des premiers objectifs stratégiques de ce Pontificat ... Que devrions-nous faire alors ? Trouver un Charles V pour lui arranger une visite chez les lansquenets ? » Une référence étonnante aux mercenaires Allemands qui se sont rebellés contre Charles V et ont saccagé Rome en 1527, attaquant le Pape même avec lequel Charles V avait simplement cherché une audience.

Qu’est-ce que ça dit de la condition de l'Église aujourd'hui alors qu'un écrivain Catholique suggérait, bien que ce soit ironique, qu'une invasion de Rome pourrait être nécessaire pour défendre la Foi contre Rome. Mais telle est l'apostasie qui « commence au sommet », comme il est prédit dans cette partie du Troisième Secret qui, comme Tosatti lui-même l'a soutenu, n'a pas encore été révélée.