mercredi 6 juin 2018

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi aux Évêques Allemands
sur l’« intercommunion » avec les Protestants


Hé, les amis, pas si vite !



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 24 mai 2018


Sandro Magister a publié sur son blog le texte intégral de la lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ( CDF ) aux Évêques Allemands au sujet du plan de la Conférence Épiscopale Allemande de publier un document permettant l'administration de la Sainte Communion aux conjoints Protestants des Catholiques, y compris vraisemblablement les « conjoints » Protestants des Catholiques divorcés et « remariés » — un sacrilège en double. Telle est ( à quelques nobles exceptions) la corruption de la hiérarchie Allemande soutenue par l'État, que le Vatican prétend être encore en communion avec la Sainte Église Catholique.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

La lettre de la CDF, signée par le Cardinal Ladaria, le nouveau responsable de la CDF, a été motivée par l'objection de sept Évêques Allemands dissidents qui ont protesté à l’effet que le sacrilège proposé était contraire à la Foi et à l'unité de l'Église. Magister écrit qu'en approuvant la publication de la lettre, François a « bloqué » le document des Évêques Allemands. C’est vrai, mais à lire le texte de la lettre, c'est comprendre que François a dit en effet : Ne vous précipitez pas en masse vers une sortie de la discipline bimillénaire de l'Église, enracinée dans la Loi Divine concernant la fonction de la Sainte Communion comme signe prééminent de l'unité de l'Église. Sortez, plutôt, un à la fois, diocèse par diocèse ! Tout juste de la même manière donc, les Évêques abandonnent l’interdiction bimillénaire de la Sainte Communion pour les adultères publics bien que Jean-Paul II, conformément à la Tradition, ait déclaré qu'il était « intrinsèquement impossible » de les admettre à la Communion.

L'échappatoire du CDF se trouve au paragraphe 2 (c) de sa lettre, qui se lit comme suit :

« Cette thématique concerne le droit de l’Église, principalement l’interprétation du canon 844 CIC. Étant donné que dans certains secteurs de l’Église, il y a des questions ouvertes sur ce sujet, les dicastères compétents du Saint-Siège ont déjà été chargés de fournir une clarification convenable sur ces questions au niveau de l’Église universelle. Il semble en particulier opportun de laisser l’Évêque diocésain juger de l’existence d’une « grave nécessité ».

Ici la CDF se réfère au Canon 844 du Code de Droit Canon de 1983, qui permet l'administration de la Confession, de la Sainte Communion et de l'Extrême-Onction aux Protestants quand il y a « danger de mort ... pourvu qu'ils manifestent la Foi Catholique sur ces Sacrements et qu'ils soient dûment disposés ».

Mettant de côté le caractère extrêmement problématique de l'innovation sans précédent impliquée dans ce Canon comme norme universelle, on peut imaginer une situation particulière dans laquelle un Protestant agonisant, qui fait un acte de Foi Catholique et souhaite confesser ses péchés, peut faire une bonne confession et lui être donnée la Sainte Communion ( le viatique ) à cause de ce qui est effectivement une conversion sur un lit de mort, même s'il n'y a pas de temps pour l'instruction formelle dans les principes de la Foi. ( C’est à être distingué des cas n'impliquant pas une urgence dans laquelle un Protestant devrait subir le plein processus de conversion formelle afin d'être reçu dans l'Église ). Au cours des siècles, je n'ai aucun doute que les prêtres Catholiques, zélés pour la moisson des âmes alors qu'elles sont sur le point de quitter ce monde, ont suivi cette pratique afin de sauver les Protestants mourants dans les hôpitaux, sur les champs de bataille et ailleurs, sans qu'il soit nécessaire de changer le Droit Canonique.

La conversion sur le lit de mort mise à part, cependant, qu'est-ce qui constitue une « grave nécessité » pour l'administration des Sacrements à un Protestant ? Certainement pas le simple fait du mariage d'un Protestant avec un Catholique. Si c'était une « nécessité grave », qu'est-ce qui ne le serait pas ? Pourtant, la CDF a clairement autorisé chaque Évêque diocésain à décider de lui-même que le mariage confessionnel mixte constitue une grave nécessité. Nulle part la lettre de la CDF n'interdit une telle « interprétation » du Canon 844. La lettre dans son ensemble est plutôt, sinon un feu vert, une lumière jaune : faites attention, mais un seul Évêque à la fois.

Le Cardinal Müller, que François a limogé stratégiquement de la tête de la CDF en faveur du « modéré » Ladaria, a écrit une critique dévastatrice du complot des Évêques Allemands, qui doit être lue dans son intégralité. Dans la partie pertinente, il écrit :

« Bien que le mariage et la famille de confessions mixtes soient susceptibles d'être un grand défi pour les conjoints et leurs enfants, il peut, en même temps, être une opportunité du point de vue œcuménique. Cependant, il ne s'agit certainement pas d'une situation de « besoin grave et pressant », qui exige l'administration des Sacrements de l'Église Catholique à la partie non Catholique pour le salut de son âme. Si les Chrétiens Protestants parviennent à la conviction intérieure qu'ils affirment dans leur conscience toute la Foi Catholique et sa forme ecclésiale, ils doivent aussi rechercher la pleine communion visible avec l'Église Catholique ...»

« Il est même suggéré que les Conférences Épiscopales ou les Évêques individuels aient leur propre Magistère par lequel ils peuvent interpréter la Révélation de leur propre chef d'une manière qui soit dogmatiquement contraignante sans lien avec le Pape et l'Épiscopat universel. Cette proposition révèle non seulement un manque effrayant d'éducation théologique, mais elle n'est rien de plus qu'une attaque monstrueuse contre l'unité de l'Église dans le Christ ».

Mais c'est précisément François — quelqu'un peut-il en douter à ce stade ? — qui déchaîne une attaque monstrueuse contre l'unité de l'Église, comme déjà vu avec sa fracture explicitement approuvée de la discipline Eucharistique universelle concernant les divorcés et les « remariés ». Pour rappeler sa déclaration vraiment terrifiante dans Amoris Laetitia :

« Bien entendu, dans l’Église une unité de Doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la Doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit nous conduise à vérité entière (cf. Jean 16, 13), c’est-à-dire, lorsqu’il nous introduira parfaitement dans le mystère du Christ et que nous pourrons tout voir à travers son regard. En outre, dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux ».

Double discours pur : l'unité de l'enseignement et de la pratique est nécessaire, sauf quand elle ne l'est pas. Et le gnosticisme pur aussi : le Saint-Esprit doit encore révéler la « vérité entière » de la Révélation Divine. François, apparemment, publiera plusieurs bulletins sur ce que « l'Esprit » a révélé récemment.

Que Dieu aide Sa Sainte Église au milieu de cette incroyable débâcle.