vendredi 22 juin 2018

De Mattei

Attaque du Sacerdoce, attaque à l'Eucharistie




Par : Roberto de Mattei, vaticaniste
Corrispondenza Romana

Le 21 juin 2015
SOURCE : Rorate Caeli

Traduction de l'Italien vers l'Anglais :
Contributrice : Francesca Romana


La Sainte Eucharistie a toujours été la cible de choix de ceux qui détestent l'Église. La Sainte Eucharistie, en effet, résume l'Église. Comme le note un théologien Passioniste, l'Eucharistie « incarne toutes les vérités révélées ; c'est la source exclusive de la Grâce : c'est l'anticipation de la félicité, la somme de toutes les merveilles du Tout-Puissant ». ( Enrico Zoffoli, Eucarestia o nulla, [ L'Eucharistie ou Rien ] Edizioni Segno, Udine 1994, p 70 ) .

Les attaques actuelles sur le Sacrement de l'Eucharistie ont été prédites par Notre-Dame de Fatima en 1917. À la Cova da Iria, la Vierge a exhorté les trois petits bergers à prier « […] Jésus Christ, présent dans tous les tabernacles du monde en réparation des outrages, des sacrilèges et des indifférences par lesquels Il est offensé ». Et même avant, au printemps de 1916, l'Ange était apparu aux enfants tenant un calice à la main, au-dessus duquel une Hostie flottait dans les airs. Il donna l'Hostie Sacrée à Lucie et le Sang du Calice à Jacinta et Francesco, qui restèrent à genoux, en disant : « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement insultés par des hommes ingrats. Faites réparation pour leurs crimes et consolez votre Dieu ».

Le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation du Culte Divin, dans la préface du livre de Don Federico Bortoli — La Communion dans la Main. Profils historiques, juridiques et pastoraux ( Cantagalli, Sienne 2017 ), affirme que cette toile de fond « nous montre comment nous devons recevoir le Corps et le Sang de Jésus-Christ ».

Selon le Cardinal, « les outrages que Jésus reçoit dans l'Hostie Sacrée » sont avant tout « les profanations horribles, pour lesquelles certains anciens satanistes ( maintenant convertis ) ont donné des descriptions horribles » ; mais aussi « des Communions sacrilèges, reçues quand on n’est pas en état de grâce ou ne professons pas la Foi Catholique ». De plus « tout ce qui pourrait empêcher la fécondité du Sacrement, surtout les erreurs semées dans l'esprit des fidèles, qui ne croient plus à l'Eucharistie ».

Mais l'attaque diabolique la plus insidieuse consiste « à essayer d'éteindre la Foi en l'Eucharistie, en semant des erreurs et en favorisant une manière inconvenante de recevoir la Communion ; la guerre entre Michel et ses Anges d'un côté, et Lucifer de l'autre, continue dans le cœur des fidèles : la cible de Satan est le Sacrifice de la Messe et la Vraie Présence de Jésus dans l'Hostie Consacrée ». Cette attaque suit deux lignes : la première est « la réduction du concept de la « Présence Réelle » avec la neutralisation du terme « transsubstantiation ».

La seconde est « la tentative de retirer du cœur des fidèles le sens du sacré ». Le Cardinal Sarah écrit : « Alors que le terme « transsubstantiation » désigne la Présence Réelle, le sens du sacré nous aide à entrevoir le caractère distinctif et la sainteté absolue de l'Hostie Sacrée. Quelle misère ce serait de perdre le sens du sacré dans ce qui est précisément le plus sacré ! Et comment est-ce possible ? En recevant la nourriture spéciale de la même manière que la nourriture ordinaire ».

Il donne ensuite un avertissement : « qu'aucun prêtre n'ose imposer sa propre autorité en refusant ou en maltraitant ceux qui désirent recevoir la Sainte Communion à genoux et sur la langue : nous venons en tant qu'enfants et nous recevons humblement le Corps du Christ agenouillé et sur la langue ».

Les observations du Cardinal Sarah sont plus que justes, mais doivent être placées dans un processus de sécularisation de la liturgie qui trouve ses origines dans l'ambigu Novus Ordo Missae de Paul VI ( 3 avril 1969 ) qui verra l'an prochain son sinistre 50ème anniversaire. Cette réforme liturgique, telle que l'écrivaient les Cardinaux Ottaviani et Bacci lors de la présentation de leur Brève Étude Critique, représentait « à la fois dans son ensemble et dans ses détails, une rupture frappante avec la théologie Catholique de la Messe formulée à la session XXII du Concile de Trente ». Une nouvelle théologie de la Messe remplaça la traditionnelle, la notion de sacrifice fut supprimée et la Foi dans l'Eucharistie, dans la praxis, fut minée.

D'autre part, l'ouverture aux divorcés et remariés, encouragée par l'Exhortation Amoris Laetitia, et l'intercommunion avec les Protestants, souhaitée par de nombreux Évêques — que sont-ils sinon des outrages à l'Eucharistie ? Le prêtre Bolognais Don Alfredo Morselli a bien illustré les racines théologiques qui relient Amoris Laetitia et l'intercommunion avec les Évangéliques.

Disons aussi que l'attaque de l'Eucharistie est aujourd'hui devenue une attaque contre les Ordres Sacrés, à cause du lien étroit qui unit les deux Sacrements. La constitution visible de l'Église est fondée sur les Ordres Sacrés, le Sacrement qui rend le baptisé participant au Sacerdoce du Christ ; le sacerdoce s'exerce principalement dans l'offrande du Sacrifice Eucharistique qui requiert le miracle de la transsubstantiation, le Dogme central de la Foi Catholique. Si la présence du Christ dans le Tabernacle n'est pas réelle et substantielle et que la Messe est réduite à un simple mémorial ou symbole de ce qui s'est passé au Calvaire, il n'y a pas besoin de prêtres qui offrent le sacrifice et puisque la hiérarchie est dans l'Église fondée sur le Sacerdoce, la constitution de l'Église et son Magistère sont annulés. En ce sens, l'admission des divorcés / remariés et des Protestants à l'Eucharistie est liée à la perspective d'attribuer le sacerdoce aux laïcs mariés et de conférer les Ordres Sacrés mineurs aux femmes. L'attaque contre l'Eucharistie est une attaque contre le Sacerdoce.

Il n'y a rien de plus grand, de plus beau, de plus touchant que la Miséricorde de Dieu envers le pécheur. Ce Coeur qui a tant aimé l'humanité, par l'intercession du Cœur Immaculé de Marie, auquel il est inséparablement lié, veut que nous jouissions du bonheur éternel dans le Ciel et personne, pas même le pécheur le plus endurci, ne doute de cet amour rédempteur. Pour cette raison, nous ne devons jamais perdre confiance en Dieu, mais conserver celle-ci jusqu'à la fin de nos vies alors que personne n'a jamais été trompé par cette confiance ardente. Notre Seigneur ne nous trompe pas, mais nous pouvons essayer de Le tromper et nous-mêmes. Et il n'y a pas de plus grande tromperie que de faire croire qu'il est possible d'être sauvé sans se repentir de nos péchés et sans professer la Foi Catholique.

Ceux qui pèchent ou vivent dans le péché, s'ils se repentent, seront sauvés; mais s'ils prétendent tromper Dieu, ils ne seront pas sauvés. Ce n'est pas Dieu qui les condamne, mais eux-mêmes, car, en s'approchant indignement des Sacrements, ils mangent et boivent leur propre condamnation. C'est Saint Paul qui explique ceci aux Corinthiens, avec ces paroles graves: « C'est pourquoi, celui qui mange le pain du Seigneur ou boit de sa coupe de façon indigne, se rend coupable de péché envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'examine soi-même et qu'il mange alors de ce pain et boive de cette coupe ; car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même ». ( 1 Cor 11, 27-29 ). Saint Paul remarqua alors que, dans l'Église de Corinthe, à la suite de communions sacrilèges, il y avait beaucoup d'entre vous sont malades et faibles, et que plusieurs sont morts. ( 1Cor 11,30 ).

Triste est le sort de ceux qui ne s'approchent pas des Sacrements parce qu'ils persistent dans une vie de péché. Le pire est le destin de ceux qui s'approchent des Sacrements de façon sacrilège, en n'étant pas en état de grâce. Encore plus grave est le péché de ceux qui encouragent les fidèles à recevoir la Communion dans un état de péché et à leur administrer illicitement l'Eucharistie.

Ce sont les outrages qui blessent et transpercent le plus profondément le Sacré Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie. Ce sont les péchés qui exigent notre réparation, notre présence devant le Tabernacle et notre défense publique de l'Eucharistie contre toutes sortes de profanateurs. En agissant ainsi, nous assurerons notre salut, celui de notre prochain et accélérerons l'avènement du Royaume de Jésus et de Marie dans nos sociétés, qui ne tarderont pas à s'établir sur les ruines du monde moderne.