samedi 30 juin 2018

Du Dr en Droit Canon, Jeff Mirus

Les Allemands sur l'intercommunion
Une blague ou simple absurdité ?







par : Dr. Jeff Mirus ( Droit Canon)
Le 29 juin 2018


SOURCE : Catholic Culture




L'histoire que nous avons lue chez One Peter Five concernant les nouvelles « directives » Allemandes pour l'intercommunion se lit comme une parodie. Et franchement, je me demande si c'est le cas.

Si vous cliquez à travers notre résumé sur l'histoire sur laquelle elle est basée, vous verrez ce qui semble être un effort très douteux par les Évêques Allemands pour mettre en œuvre leur politique sur l'admission des conjoints Protestants à la Communion malgré le fait que le Pape François leur dit de ne pas faire cela. Selon un rapport antérieur ( étayé par une lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ), le Pape François ne voulait pas que les Évêques Allemands poursuivent leur politique parce qu'elle abordait de graves questions de Doctrine, de droit et de pratique qui s'appliquent à l'Église Universelle.

Mais un mois plus tard, nous avons le rapport de One Peter Five qui dit ce qui suit :

  • « Les Évêques Allemands ont décidé de publier leurs idées sur l'intercommunion avec les Protestants comme « lignes directrices » pour les Évêques individuels puisque le Pape ne voulait pas que la Conférence Épiscopale Allemande agisse officiellement en la matière ».

  • « Mais même en tant que lignes directrices, le document distribué aux Évêques locaux n'est pas désigné comme provenant de la Conférence ou de quelque personne ou organisme que ce soit ».

  • « La théorie qui sous-tend la décision de publier les lignes directrices est que le Pape voulait reconnaître chaque Évêque local, et non la Conférence, comme autorité canonique dans chaque diocèse ( après tout, les Conférences Épiscopales sont des utilités et ne font pas partie de la Constitution Sacrée de l'Église ) ».

  • « Les lignes directrices sont censées s'appliquer uniquement à des cas exceptionnels où il existe un désir intense pour l'Eucharistie, ce qui nécessite un discernement particulier ».

  • « Et étonnamment, Mgr Gerhard Feige de Magdeburg a justifié les lignes directrices en citant une déclaration privée du Saint-Père ( « Généralement, je ne peux rien changer, mais parlez avec le Seigneur et avancez » ) et conclure : « Avec notre document, nous avons seulement pris le Pape à ses paroles ».

Maintenant, vraiment, cela ne ressemble-t-il pas à l'histoire d'un poisson d'avril — une histoire tirée de nulle part comme une blague ?

Si nous supposons que cette histoire est en fait une blague, alors nous devons admettre que c'est une très bonne chose, à peine croyable parce que la direction de l'Église Allemande est tombée si bas dans son désespoir de conserver des chiffres ( pour les avantages fiscaux ? ) et pour plaire à des attitudes.

Mais si l'histoire est exacte, l'absurdité de cette action par les Évêques Allemands mendie presque la croyance. Par exemple :

  • L'action est une violation assez claire, pour des raisons clairement spécieuses, de l'intention manifeste de la communication officielle du Vatican sur ce sujet de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

  • Le mutisme imposé au rôle de la Conférence ( ou même de toute autorité ecclésiastique ) suggère fortement à la fois un désir délibéré de tromper en espérant que l'intercommunion deviendra, sous une forme ou une autre, une norme diocésaine répandue indépendamment de l'Église Universelle.

  • Couplées avec l'accent mis sur le caractère « exceptionnel » de l'intercommunion, les lignes directrices semblent reposer sur le principe bien connu que ce qui est autorisé pour certains deviendra rapidement la norme.

  • Les liens avec Amoris Laetitia et les sentiments privés du Saint-Père suggèrent une tentative de créer ( ou de continuer ) un modèle de gouvernance dans lequel les hommes d'Église se sentiraient libres de violer la Doctrine Catholique et le Droit Canonique.

En d'autres termes, toute cette charade est basée sur une conception auto-contradictoire et absurde de la gouvernance de l'Église. Elle est également basée sur une absurdité psychologique et même théologique. Car, pourquoi une personne saine d'esprit, qui comprend la nature de l'Eucharistie Catholique et qui désire intensément la recevoir pour les bonnes raisons, refuse-t-elle de professer sa foi et d'entrer dans l'Église ?

Permettez-moi de conclure en énonçant un point plus évident. Prendre un Pape à sa parole personnelle n'a jamais été une base solide pour perturber la Doctrine Catholique, la loi Catholique ou même la pratique Catholique traditionnelle. C'est une justification particulièrement faible sous le Pontificat actuel parce que le Pape François — malgré ses qualités inspirantes — est un homme de paroles personnelles aussi volatiles qu'imprécises.