mercredi 9 mai 2018

Une autre gaffe grossière du Vatican dans le traitement des plaintes d'abus sexuels



Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 7 mai 2018


Un pas en avant, deux pas en arrière. Une excellente déclaration concernant un engagement intelligent dans la lutte contre les abus sexuels, puis un acte public qui suggère que le problème n'est toujours pas une priorité absolue.

Les victimes d'abus Chiliens ont été émues et encouragées par leur rencontre privée avec le Pape François la semaine dernière. Puis, le 5 mai, alors que le Pape a participé à une célébration publique pour le 50e anniversaire du Chemin néocatéchuménal, l'Archevêque Anthony Apuron, récemment condamné pour abus sexuels par un tribunal du Vatican [ ndt : le Cardinal Burke présidait le tribunal ], était assis sur la scène près du Pontife.

Il est vrai que l'Archevêque Apuron a fait appel de sa condamnation et proclame toujours son innocence. Mais il est l'un des deux seuls Archevêques à avoir jamais été reconnu coupable d'abus sexuels — non seulement pour avoir ignoré des preuves d'abus sous sa gouvernance, mais pour avoir agressé des garçons lui-même. Pourquoi le Vatican lui donnerait-il un rôle important dans une cérémonie publique quelques semaines après avoir annoncé sa condamnation ?

Peu de temps après son élection à la Papauté, Benoît XVI a donné à son personnel l'instruction de ne jamais donner au Père Marcial Maciel l'occasion d'être vu aux côtés du nouveau Pape ; le fondateur des Légionnaires du Christ a été discrètement isolé des événements papaux. Et c'était bien avant la révélation publique des abus de Maciel. Mais maintenant, l'Archevêque Apuron ( qui sera destitué de ce titre si le verdict du tribunal est confirmé ) a sa photo avec le Pape — le même Pape qui, une semaine plus tôt, avait imploré pardon aux victimes Chiliennes, reconnaissant qu’il « avait été une partie du problème ».

Malheureusement, ce que les journalistes ont dit à propos des Évêques Américains en 2002 s'applique aux officiels du Vatican aujourd'hui : ils ne comprennent toujours pas.