mardi 15 mai 2018

Un ami de Jean-Paul II

La théologie illégitime menace
de miner Humanae Vitae


Sommaire

Le Professeur Stanislaw Grygiel met en garde contre les théologiens qui « élèvent la faiblesse de l'homme à la dignité du principe de la vie ».



Par : Edward Pentin
Le 14 mai 2018

SOURCE : National Catholic Register





Les théologiens qui souhaitent adoucir l'enseignement de l'encyclique Humanae Vitae du Bienheureux Paul VI sont contaminés par des « intérêts politiques et des digressions sociologiques » et mettent la faiblesse humaine plutôt que le Christ au centre du salut, a déclaré un ami de longue date du Pape Jean-Paul II .

Dans une récente allocution, Stanislaw Grygiel, Professeur invité d'anthropologie philosophique à l'Institut théologique Pontifical Jean-Paul II pour les Sciences du Mariage et de la Famille, a déclaré que de tels théologiens incitent à une théologie qui menace dangereusement la Foi et conduit à une nouvelle casuistique ».

Le Professeur, un ancien élève de Jean-Paul II, a déclaré qu'une telle « théologie pragmatique » qui cherche à changer l'enseignement de l'Encyclique qui est contre la contraception artificielle, « ne peut qu'être une théologie illégitime ».

Citant le poète Polonais du 19ème siècle, C.K. Norwid, il l'appelait la théologie « bâtarde » parce que, pour Norwid, « toutes les intelligences pratiques et pragmatiques ne sont pas Chrétiennes — et toutes les intelligences Chrétiennes ne sont pas pratiques ».

Grygiel s'exprimait lors du lancement du mois dernier du livre « Karol Wojtyła et Humanae Vitae » — un livre du théologien Polonais Don Paweł Gałuszka sur les contributions de Saint Jean Paul II et des théologiens Polonais à l'Encyclique de Paul VI.

Humanae Vitae, dit Grygiel, est un « rempart de la liberté » qui libère la personne humaine d'être objectivée et exploitée — une conséquence de la contraception artificielle qui sépare le sens unitif et procréatif des relations sexuelles, conduisant à la dégénérescence et à la destruction de la communion conjugale.

« Le Malin, qui a peur de l'amour et conséquemment n'aime pas les gens [ unis ], provoque le chaos dans le coeur des gens » a-t-il dit, conduisant à des « digressions psychologiques et sociologiques » parmi les pasteurs et les prélats qui élèvent alors la faiblesse à la hauteur de la dignité du principe de la vie ».

Ceux qui croient qu’encourager cette faiblesse « est un idéal pratique et qui l'appellent miséricorde, désintègrent la personne et par conséquent désintègrent l'Église et la société » a déclaré Grygiel. « Ils les plongent dans la colère et la luxure ».

Il a rappelé que Paul VI et Jean-Paul II étaient conscients de l'injonction de Saint Paul de ne pas être « emportés par toutes sortes d'enseignements étranges ». L'enseignement de l'Église, ajoute-t-il, « n'a pas besoin de verbosité qui déroute habituellement » mais plutôt de « paroles claires et concises » de la Parole de Dieu.

En outre, il a souligné qu'approfondir la compréhension du Verbe Divin dans Humanae Vitae ne signifie pas « changer son contenu ». Ceux qui le voient ainsi ne reconnaissent pas la « dignité inestimable » de l'homme, continua Grygiel, et considèrent à la place cette dignité comme juste quelque chose « sur laquelle fixer un prix, selon les circonstances politiques, psychologiques et sociologiques ».

Les commentaires du Professeur Polonais suivent les démarches de certains hauts responsables du Vatican pour adoucir l'enseignement de l'Encyclique Humanae Vitae afin de le coïncider avec le 50ème anniversaire du document cette année.

En décembre, le Professeur Maurizio Chiodi, théologien moral et membre nouvellement nommé de l'Académie Pontificale pour la Vie, s'est inspiré de l'Exhortation Apostolique du Pape François, Amoris Laetitia, pour affirmer que « là où les méthodes naturelles sont impossibles ou irréalisables, ce serait un acte de « responsabilité » d'utiliser la contraception artificielle dans certains cas ».

Msgr. Pierangelo Sequeri, Président de l'Institut Jean-Paul II, théologien et musicologue, a déclaré la semaine dernière que la « pierre angulaire » de Humanae Vitae « n'est plus simplement une question d'éthique individuelle », mais plutôt le « concept de responsabilité parentale » même si son discours a également été considéré comme une défense robuste de l'Encyclique

L'académicien Italien est membre d'une commission controversée du Vatican qui fait une « enquête historico-critique sur comment la l'Encyclique fut composée » selon son coordinateur, Mgr. Gilfredo Marengo. L'année dernière, Mgr Sequeri a écrit la préface d'un livre qui a soutenu qu'Amoris Laetitia représente un changement de paradigme pour toute la théologie morale, et particulièrement dans l'interprétation de Humanae Vitae.

Mgr Vincenzo Paglia, Grand Chancelier de l'Institut Jean-Paul II, dans un discours prononcé mardi, argumentera de la même manière à savoir qu'Amoris Laetitia, en mettant l'accent sur la recherche de nouvelles voies ( discernement, accompagnement, « intégration de la fragilité » ) pour gérer la complexité des relations d'aujourd'hui qui peuvent s'appliquer à Humanae Vitae si c’est guidé par le Saint-Esprit.