lundi 21 mai 2018

L’Évêque Schneider

Certains prélats n'ont pas signé
la Déclaration sur le Mariage du Kazakhstan par peur





Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 21 mai 2018


Ces jours-ci, Mgr Schneider est de nouveau très actif. Après avoir publié, avec d'autres prélats du Kazakhstan, une Déclaration sur la pertinence de Humanae Vitae, il a accordé une interview à One Peter Five ; puis il a donné une conférence importante au Forum de Rome sur la Vie. De plus, une nouvelle interview vient d'être publiée dans le Homiletic & Pastoral Review qu'il avait déjà donnée en février 2018.

L'Évêque Schneider répond dans cette nouvelle interview à la nouvelle initiative des Évêques Allemands en ce qui concerne la Sainte Communion pour certains époux Protestants de Catholiques. Il commente également la perte de respect envers la Sainte Eucharistie et considère certains changements dans les prières de la liturgie être un « plan idéologique ». De plus, il décrit comment il y avait plus de prélats qui auraient voulu signer la Déclaration de lui et de ses collègues Évêques Kazakhs qui réaffirme l'enseignement de l'Église sur le Mariage, mais qu'ils avaient trop peur de le faire. Dernier point, mais non le moindre, il renouvelle son appel pour un groupe de travail afin d’établir un nouveau Syllabus des Erreurs, en soulignant toutes les Erreurs qui se sont glissées dans l'enseignement de l'Église Catholique depuis le Concile Vatican II.

Voyons maintenant ces points plus en détail. Je laisserai Mgr Schneider parler lui-même, mais en parcourant les citations, je soulignerai certaines de ses paroles.

Lorsque l'intervieweur lui a demandé si certains versets qui avertissent les Catholiques de recevoir dignement la Sainte Eucharistie ( selon Saint Paul ) ont été retirés de la Messe du Novus Ordo, l'Évêque répond :

« C’est évident que l'omission de ces versets suivait une politique et un but — parce qu'autrement ils n'auraient pas été omis. Comment pouvez-vous éliminer ces versets que l'Église a toujours proclamés depuis Saint Paul ? Donc, derrière cela, il devait y avoir évidemment un plan idéologique ».

« Depuis la réforme de la liturgie, et aussi de la vie ecclésiale depuis le Concile, il y a eu un processus de Protestantisation de l'Eucharistie. Cela signifie que l'Eucharistie devient de plus en plus — dans la compréhension et dans la pratique — un simple symbole de fraternité, d'hospitalité, et donc une sorte de moyen sociologique du style : « Soyez gentils avec vos gens ». Et ça a été encore davantage réduit à un repas où vous ne pouvez exclure personne. Selon cette logique, il est normal [ d'inclure tout le monde, même les adultères publics ] si bien que vous ne pouvez pas citer une telle citation [ de ces versets de Saint Paul contre la réception indigne de l'Eucharistie ] ».

« Mais une telle attitude est contraire à la Doctrine de Notre-Seigneur et à la Tradition entière et constante de l'Église. Ce n'est plus Catholique ».

« Et maintenant nous assistons à ce processus qui a commencé après le Concile, pas au Concile comme tel, je dirais, pas tant dans les textes du Concile, mais après. Il y a eu une croissance du relativisme théologique, non seulement concernant l'Eucharistie, mais une relativisation générale de toute la Doctrine Catholique ».

« Maintenant, nous voyons la conséquence logique de cette attitude dans la demande que les adultères publics soient admis à la Sainte Communion. Et maintenant, les Évêques Allemands ont demandé que les Protestants soient admis à la Sainte Communion la semaine dernière ».

« Toujours, bien sûr, au début, ils disent « seulement dans des circonstances exceptionnelles ». Et puis les exceptions deviennent la règle. Ils utilisent cette expression « dans des circonstances exceptionnelles » comme tactique pour introduire et promouvoir une nouvelle pratique qui deviendra éventuellement une nouvelle Doctrine. Cette progression de l'exception à la pratique universelle aboutira finalement à une relativisation totale et à une banalisation de l'Eucharistie ».

« Cette Protestantisation de l'Eucharistie est une attaque contre l'Église, car l'Eucharistie est le cœur de l'Église. Nous devons prier et faire tout ce qui est possible pour restaurer l'Église à partir de son cœur ». [ Nous soulignons ]

Il semble que Mgr Schneider résume ici tout le développement des dernières décennies, à savoir une profanation de la Très Sainte Eucharistie, du Saint Sacrement, de la Présence Réelle de Notre Seigneur, comme on peut le voir dans tant de Messes modernes aujourd'hui. ( Les Évêques Allemands venaient d'avoir une autre de ces Messes scandaleuses lors du récent Katholikentag de Münster avec un homme qui dansait devant l'autel et en présence des Cardinaux et des Évêques. Nous reviendrons sur cet événement plus tard. )

Certains de nos lecteurs, cependant, pourraient se demander si Mgr Schneider, dans ces remarques, essaie de s'éloigner de toute critique directe du Concile Vatican II lui-même. Il serait peut-être bon de rappeler ici une autre déclaration qu'il a faite en février 2017 et dans laquelle il a dit que certains aspects du Concile Vatican II lui-même pourraient très bien devoir être corrigés à l'avenir.

Revenons à la nouvelle interview du 18 mai publiée par Homiletic & Pastoral Review.

L'Évêque Schneider parle ici de la Déclaration qui a été faite par lui et certains de ses collègues Évêques Kazakhs et qui a réaffirmé l'enseignement Catholique traditionnel sur le Mariage. Dans ses remarques, il indique clairement qu'il y aurait eu plus que les dix signataires qui sont venus la signer ensuite ensemble mais que la peur a contrecarré ce développement ultérieur. Mgr Schneider dit aussi que cette déclaration Kazakhe était une « correction indirecte » du Pape. Il dit :

« Trois d'entre nous ont publié la Déclaration sur l'Indissolubilité du Mariage le 31 décembre 2017, à l’occasion de la Fête de la Sainte Famille, sous la Forme Ordinaire ».

« C'est une tromperie ce qui est dit que la Doctrine demeure, mais que la pratique peut changer. Non ! Nous devons dire ceci : « La pratique ne peut pas être changée ».

« Nous devons déclarer publiquement la vérité ».

« Nous ne pouvons que formuler et énoncer l'enseignement immuable de l'Église et la pratique immuable. Nous ne pouvons pas juger le Pape ; le Pape ne peut être jugé par personne. Un Évêque ou un Concile général ne peut juger le Pape. Mais un Pape peut être jugé par un Pape suivant et un Concile suivant... »

« Nous ne pouvons qu’admonester le Pape avec respect. Affirmer la vérité est une sorte de correction indirecte du Pape et une admonestation indirecte ».

« Maintenant, nous avons dix Évêques dans toute l'Église qui ont publiquement donné leur nom et signé. J'ai parlé avec d'autres Évêques et Cardinaux qui ont dit : « Je suis d'accord avec votre texte, c'est tout à fait bon, mais je ne peux pas signer. J'ai peur de la persécution ». Donc, il y a un certain nombre d'Évêques et de Cardinaux qui sont vraiment intimidés. Même ainsi, ils sont d'accord avec notre Déclaration et avec les dubia publiés par les Quatre Cardinaux ».

« Dans la cause de la vérité, ce n'est pas une question de quantité, mais la vérité elle-même triomphera. Au 4ème siècle, il n'y avait qu'un couple d'Évêques non Ariens, on pouvait les compter sur ses doigts et, même ainsi, ils étaient soutenus par les fidèles. Saint Athanase a dit aux Catholiques fidèles : « Les Ariens ( les Évêques publics à cette époque ), ils ont les églises, les bâtiments, mais nous avons la Foi ». Aujourd'hui, encore une fois, c'est vrai, ils ont le pouvoir administratif, mais nous avons la Foi. Et cette Foi est plus puissante ; c'est ce qui va durer ». [ Nous soulignons ]

À la fin de cette longue interview — que nous invitons nos lecteurs à lire en entier ici — il convient de mentionner que Mgr Schneider appelle les Catholiques fidèles à créer un groupe de travail afin de préparer un futur Syllabus des Erreurs pontificales, de ces erreurs qui se sont glissées dans l'Église depuis longtemps :

« Nous avons urgemment besoin d'un nouveau Syllabus pour clarifier plus précisément ce qui est authentique. Cela devrait être fait à l'avenir par un Pape ou un Concile. Un Syllabus est juste une liste, une énumération. L’immense confusion sur ce qu'est un enseignement authentique est unique dans l'histoire de l'Église et il est essentiel que ce soit fait ».

« Aucune personne saine d'esprit ne sera scandalisée si un ministre de la santé publique publie une liste de dangers pour la santé des gens. Personne ne devrait être scandalisé par la publication d'une liste précise des dangers pour son âme ».

« Après avoir donné cette conférence [ proposant qu'un tel nouveau Syllabus des Erreurs soit écrit ], j'ai reçu des lettres de prêtres et de fidèles me demandant de faire un Syllabus. Je leur ai dit pourquoi ne commencez-vous pas à faire un Syllabus ? Démarrer un groupe, étudier et proposer une liste pour préparer un futur Syllabus papal. Pourquoi pas ? » [Nous soulignons]

Cette proposition est, à notre avis, un aspect important de notre mission actuelle dans l'Église, à savoir : déterminer lesquels des enseignements des dernières décennies ont été trop influencés par des modes de pensée modernes déviants et doivent donc être abandonnés. Dans nos reportages, Steve Skojec et moi discutons souvent de sujets tels que certains aspects des enseignements récents de l'Église sur le Mariage, l’Oecuménisme et d'autres sujets qui semblent affaiblir la Foi Catholique, sa culture, son immunité Doctrinale et son système immunitaire culturel ainsi que la vie de la Foi. Nous ferons ainsi nos petites tentatives dans le futur pour contribuer à cette discussion sur un éventuel Syllabus des Erreurs. Et nous enverrons ces tentatives à Mgr Schneider lui-même.