mardi 22 mai 2018

Le monde à l'envers
dans le procès du Cardinal Pell



Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 22 mai 2018


La théorie particulière d'un avocat Américain sur le procès du Cardinal Pell

Jeffrey Anderson, un avocat qui s'est bâti une affaire extrêmement lucrative en intentant des poursuites pour abus sexuels contre l'Église Catholique, a une perspective unique sur le procès du Cardinal George Pell. Les procureurs Australiens — qui n'ont toujours pas fourni de détails sur leur affaire contre le Cardinal — ont récemment demandé au tribunal de première instance d'interdire toute couverture médiatique et de mener toute la procédure en secret. Pourquoi les procureurs veulent-ils un procès à huis clos ? La firme d'Anderson avance une nouvelle théorie :

« Une explication possible de cette requête rare et extrême était de préempter les avocats de Pell qui argumenteront probablement que la publicité de l'affaire Pell l'empêchera de bénéficier d'un procès équitable ... Il faut donc garder les vilains secrets et l'examen public du procès loin des yeux du public ».

Attendez. Donc, vous dites que les procureurs — qui, vraisemblablement, veulent une condamnation — font le travail de la défense, en empêchant le public de se renseigner sur les présumées infractions du Cardinal? Ça n'a aucun sens. Si l'accusation voulait protéger les vilains secrets de l'Église, elle n'aurait pas d'abord porté des accusations criminelles.

La théorie d'un geste préemptif ne tient pas non plus. La défense aura encore de nombreuses raisons de soutenir qu’une publicité préjudiciable a porté atteinte au droit du cardinal à un procès équitable ; des articles qui ont coulé, des rumeurs et des spéculations sur l'affaire ont fait l'objet d'une couverture médiatique dans les médias Australiens depuis plus d'un an.

Anderson et son entreprise voient invariablement l'Église Catholique comme la méchante. Mais dans ce cas, ce n'est pas le Cardinal qui veut éviter un examen public lors d'un procès. Au contraire, le Cardinal Pell a toujours indiqué qu'il voulait avoir une chance de blanchir son nom. C'est l'accusation qui a demandé un procès secret.

Il est difficile de discerner l'objectif exact de la demande de l'accusation. Mais disons-le de cette façon : ordinairement, les personnes qui veulent garder les choses secrètes sont celles qui demandent de garder ces mêmes choses secrètes.