mardi 22 mai 2018

Le schisme Allemand en pleine croissance
Des avertissements, des attaques personnelles et la «danse liturgique»




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 22 mai 2018


Comme nous l'avons rapporté il y a quelques jours, il semble que les Évêques Progressistes Allemands sous la direction du Cardinal Reinhard Marx — qui sont confrontés à la résistance de sept collègues Évêques concernant leur nouvelle intercommunion — se tournent maintenant vers une solution décentralisée au conflit selon laquelle chaque Évêque établirait ses propres règles pour son diocèse particulier. Cependant, cette idée a également rencontré une résistance en Allemagne. On voit maintenant beaucoup de critiques, d'attaques, et encore une autre « danse liturgique » scandaleuse.

Par exemple, pour Regina Einig qui écrit un article pour le journal Catholique conservateur Die Tagespost, cette approche décentralisée « signifie de facto la perspective d’un schisme ». Elle explique : « L'épiscopat en Allemagne est, en tout cas, à un point où ne peut plus éluder des vues théologiques opposées à l'aide d'une formule épiscopale de consensus ».

Aux yeux d'Einig, le récent Katholikentag ( réunion nationale des Catholiques ) à Münster a montré que « l'œcuménisme à partir du bas » avec une orientation Protestante, « une orientation qui crée » des faits à un rythme violent, ne réfute pas les erreurs évidentes, isole les opposants et lance des grenades fumigènes rhétoriques ».

Einig poursuit sa description percutante de la situation de l'Église Allemande par ces mots : « Le Katholikentag est devenu une répétition pour une division des Catholiques : les questions concernant l'enseignement et la Tradition de l'Église étaient parfois balayées de manière apodictique par des monologues. « La pression » a été appliquée aux adversaires tout autant, Einig ajoute. Toutes ces étapes « accélèrent la liquidation des Sacrements », commente la journaliste. Après avoir décrit le sentiment croissant d'insécurité parmi les fidèles laïcs, à en inclure les futurs séminaristes, et le désir croissant parmi eux de sortir des structures officielles de l'Église Catholique Allemande et de son système fiscal, Einig conclut son commentaire émouvant par ces mots : « L'auto-Protestantialisation de l'Église en Allemagne ne fait de tort à personne plus qu'à elle-même ».

Au cours de ses commentaires, Einig avait également souligné que personne au Katholikentag de Münster n'avait écouté les terribles avertissements du Métropolite Augoustinos, Président de la Conférence Épiscopale Orthodoxe en Allemagne. Récemment, Einig elle-même, le 10 mai, a rendu compte de cette exhortation d'un chef Chrétien non Catholique.

Le Métropolite Augoustinos s'était exprimé jeudi 10 mai au Katholikentag de Münster et avait commenté le sujet de l'admission des époux Protestants de la communauté Catholique à la Communion dans des cas individuels, comme cela avait été largement approuvé par les Évêques Allemands. « Nous devons tous faire attention » a-t-il expliqué. « Il se peut que l'on provoque des schismes lorsqu'on essaie de s'unir ». Alors que les Chrétiens Orthodoxes, les Catholiques et les Protestants souhaitent plus d'œcuménisme, a-t-il ajouté, il faut veiller à ne pas créer de nouvelles divisions.

De plus, le Métropolite Augoustinos précise que l'Église Orthodoxe a aussi des problèmes dans la question de l'intercommunion. Les Chrétiens Allemands, dit-il, ont « soigneusement clarifié » les questions de la Dernière Cène, de la Communion et de la compréhension ecclésiastique. L'Église Orthodoxe, selon lui, permet les mariages mixtes, mais rejette l'intercommunion. « Nous n'avons aucune intercommunion entre les Orthodoxes et les Catholiques même si nous avons presque la même Foi. Et c'est vrai. » a-t-il ajouté. Le Métropolite Augoustinos soutenait l'idée que les Catholiques, concernant l'œcuménisme, devraient s'accrocher à l'enseignement existant selon lequel la communion ecclésiale est une condition préalable à la Communion Eucharistique.

En outre, il a également rappelé à son auditoire un dicton du Patriarche Athénagoras de Constantinople (1886-1972) selon lequel l'amour et la vérité doivent être les leitmotivs du dialogue œcuménique. Le Métropolite Augoustinos a précisé que la Communion ne peut être partagée que si l'on « partage la Foi ». Si les fidèles souhaitent « faire » une unité sans théologiens ni Évêques, « ce serait une catastrophe pour moi ». Il évoquait ici certaines initiatives d’intercommunion Protestante. Pour lui, il est honnête d'admettre qu'il existe des problèmes fondamentaux avec l'œcuménisme.

Ainsi, alors que cet avertissement passionné et véridique d'un dirigeant Orthodoxe a été largement évité ou rejeté au cours des discussions récentes en Allemagne, une autre déclaration épiscopale a reçu une réponse forte, quoique quelque peu moqueuse.

Personne d'autre que le Secrétaire privé du Pape Émérite Benoît XVI a donné, le 16 mai, une interview à la revue Allemande Stern dans laquelle il critiquait légèrement le récent rejet par le Cardinal Reinhard Marx de la décision de la Bavière d'afficher des Croix sur les bâtiments publics. Tout d'abord, l'Archevêque Georg Gänswein a déclaré qu'il « accueillait favorablement la décision de préserver la présence du Crucifix dans le domaine public ». Interrogé sur l'affirmation de Marx selon laquelle cette décision causait « division, agitation et animosité », Gänswein a répondu que ces paroles prononcées par Marx n'étaient qu’« une première déclaration initiale qui était peu éclairée [wenig erleuchtet] ». « En attendant, il [Marx] recula assez fortement » a ajouté Gänswein d’une manière espiègle — il est aussi le Préfet de la Maison Papale.

De plus, dans la même interview, l'Archevêque Gänswein a également écarté la possibilité de prêtres femmes. Cela n'arrivera pas, dit-il, « même pas après ma mort ». « Ce n'est fondamentalement pas une question d'époque, mais une question de sens et de but du Sacerdoce Catholique ». Pour ce Prélat : « Le sacerdoce féminin ne pas être une réponse appropriée au manque de prêtres. Oui, nous manquons de prêtres en Allemagne, mais nous avons aussi un sérieux manque de fidèles ». Ici, le Prélat Allemand a fait référence au célibat, disant que c'est « quelque chose de précieux » qui ne peut pas être jeté à l'eau. Lui-même ne pense pas que le célibat soit à la racine du problème du manque de fidèles et de prêtres.

L'Archevêque Gänswein a également fait une référence explicite au Pape Jean-Paul II et à sa décision sur la question des prêtres femmes quand il a dit :

« La question a été définitivement résolue — si je peux rappeler clairement ce fait — et ce par la négative. L'Église est liée à la Volonté et à la Parole de Christ. Elle n'est pas autorisée à faire un changement dans cette question centrale de la Foi. Je suis bien sûr conscient qu'il y a un mouvement bruyant qui a pour principal objectif idéologique la lutte pour le sacerdoce féminin ».

Ces commentaires forts, tels que présentés par l'Archevêque Gänswein, ne semblaient pas bien cadrer avec le camp Progressiste en Allemagne même s'il avait intercalé ses commentaires avec des éloges ( et très décourageants ) pour le Pape François. Dans une « revue de la semaine » satirique, le propre site des Évêques Allemands se moque du Prélat Allemand, il l'appelle « Don Giorgio » ( comme l'appelle parfois le Pape Benoît XVI lui-même ) et parle de la valeur de son argent ». La référence ici est au fait qu'il travaille à la fois pour le Pape François et pour Benoît, remplissant ainsi deux emplois. L’auteur de la satire commente davantage : « C’est encore plus étonnant est que Don Giorgio trouve encore le temps de donner des interviews ». D'un ton moqueur, l'auteur mentionne alors les remarques critiques de l'Archevêque sur le Cardinal Marx et si lui-même ne pouvait pas faire une chanson demandant si le Pape Benoît XVI est toujours vivant. Y a-t-il d'autres commentaires qui sont nécessaires ici ?

Cependant, une nouvelle « danse liturgique » fut également célébrée lors du Katholikentag, le 13 mai, lors de la Messe ( à l'Agnus Dei ) — en présence du Cardinal Marx, du Cardinal Rainer Woelki ainsi que de nombreux Évêques Allemands. Il y a eu en effet un laïc qui a dansé devant l'autel.

Cette scène a provoqué la juste indignation du Dr Markus Büning qui, dans ses commentaires à One Peter Five, a qualifié cette danse de « sensuelle » et de « totalement impropre à la Sainte Messe ». « C'est de la pure culture événementielle ! » s'exclamait aussi ce théologien Allemand. . « Le respect approprié pour le Saint Sacrifice à la Croix qui est présent dans la Sainte Eucharistie est manquant ; oui, nous assistons ici à une parodie de ce profond Mystère de notre Foi » a-t-il ajouté. « Devant le Saint Sacrement, nous ne dansons pas, nous tombons à genoux et nous L'adorons ». Le Dr Büning a également posé la question percutante suivante : « Comment enseigner à mes enfants une profonde révérence envers le Sacrifice à la Sainte Messe lorsque les Évêques le transforment en un événement rempli de danse et de divertissement ? »

Oui, Mme Einig, c'est vrai que l'Église Catholique Allemande est en difficulté. Les signes de schisme sont palpables. Et parfois aussi d'une manière répulsive.