mardi 22 mai 2018

Le aussi pire qu'inutile « Conseil des Cardinaux »
Une autre réforme tant vantée s’effrite



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 22 mai 2018


L'époque post-Vatican II a été marquée par une série de « réformes » ecclésiales sans précédent, annonciatrices d'un nouveau « printemps » pour l'Église alors qu'en réalité elles n'étaient que des signes de ce que le Cardinal Ratzinger admettait être « un processus continu de décadence qui s’est poursuivi en grande partie sur la base des appels lancés au Concile et qui a ainsi discrédité le Concile aux yeux de nombreuses personnes ».

Il en est ainsi donc avec le tant vanté « Conseil des Cardinaux » établi par le Pape François peu après son élection. Comme le note Sandro Magister, ce « Conseil des Huit », qui devint rapidement le « Conseil des Neuf » ou « C9 » lors de l'ajout du Secrétaire d'État du Vatican, fut salué comme la première étape d'une réforme dramatique de la Curie Romaine. La même Curie Romaine dominée par le même Secrétairerie d'État, comme le Père Gruner l'a documenté de manière exhaustive.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Mais maintenant, écrit Magister, « après cinq années et vingt-quatre sommets autour de François plus tard, la Curie est plus mal en point qu’avant, l’Église universelle baigne dans la confusion et ce Conseil de Cardinaux tombe en pièces. Un instantané impitoyable du Pontificat actuel, qui mérite qu’on y regarde de plus près ».

Tout d'abord, l'actuel Secrétaire d'État, le Cardinal Pietro Parolin, dont le bureau était censé être « au départ la victime toute désignée de la soi-disant réforme de la Curie », « pèse aujourd’hui plus lourd que tous les autres mis ensemble ».

Ensuite, le coordinateur du « C9 », le Cardinal Andrés Rodríguez Maradiaga, est embourbé dans des scandales financiers et sexuels au Honduras, y compris un raid sur les coffres d'un collège Catholique, mais François « s’obstine à le garder près de lui malgré que sa réputation ait volé en éclats, même auprès des Cardinaux qui siègent à ses côtés ». En fait, il reste en selle malgré le rapport dévastateur sur la situation présentée par le propre visiteur apostolique de François, l'Évêque Argentin Alcides Casaretto. Selon le rapport, l'ami proche de Maradiaga, l'Évêque auxiliaire de Tegucigalpa, José Pineda Fasquelle, a présidé à « de sombres affaires de mauvaise gouvernance financière et d’abus sexuels à répétition, entre autres dans son séminaire diocésain ».

La cavalcade de la corruption continue avec le Cardinal Francisco Javier Errázuriz Ossa, Archevêque Émérite de Santiago. Comme Magister rapporte : « On le soupçonne d’avoir couvert l’un de ses confrères, l’évêque d’Osorno Juan Barros, à son tour disciple et complice d’un prêtre charismatique et autrefois très respecté, Fernando Karadima, à la fois guide spirituel et prédateur en série d’une quantité innombrable de jeunes et d’adolescents, qui a été découvert et condamné par les autorités vaticanes en 2011 ».

La couverture réalisée par Errázuriz, a écrit Magister, « tout cela lui a explosé au visage comme un bombe, à tel point qu’à son retour à Rome, François s’est vu contraint d’envoyer dans ce pays un inquisiteur expérimenté en la matière, l’Évêque Maltais Charles Scicluna. Le rapport que ce dernier a fourni a finalement convaincu le Pape de reconnaître qu’il s’était trompé et de mettre en cause celui qui lui avait donné des « informations non véridiques », c’est-à-dire « in primis » le cardinal Errázuriz ».

Et maintenant tous les Évêques du Chili, convoqués au Vatican par François pour une reddition de compte, ont présenté leur démission. Pourtant, Barros n'a pas encore été démarqué pour son rôle singulier dans la débâcle Chilienne, comme si le Pape préférait limoger toute la hiérarchie Chilienne que de punir Barros, un autre de ses amis. ( À ce jour, il reste à voir combien de démissions seront acceptées ou même si Barros sera parmi eux ).

Ensuite, bien sûr, il y a le Cardinal George Pell, membre du C9, qui est actuellement jugé en Australie pour des allégations d'abus sexuels et de prétendus camouflages, qui semblent être en grande partie, sinon entièrement, une mise en scène orchestrée contre lui. En tout cas, les réformes financières qu'il était censé entreprendre ont été neutralisées presque dès le début lorsque, par ordre de François, « il a été privé, en tant que Préfet du tout nouveau Secrétariat de l'Économie, des pouvoirs de contrôle sur tous les services administratifs et financiers du Saint-Siège, qui depuis ont recommencé à fonctionner comme ils l’entendaient, comme avant la soi-disant réforme Bergoglienne, sans compter que la Secrétairerie d’État est plus intouchable que jamais ».

La leçon à tirer de la désintégration du C9 est la même leçon à tirer de toutes les « réformes » échouées au nom du Concile : ce qui est enraciné dans les couches superficielles de la nouveauté n'a pas de vie réelle et va bientôt disparaître. Et quelques soient les fruits qu'elles parviendront à produire seront amers.

Comme notre Seigneur lui-même l'a déclaré : « Un bon arbre produit de bons fruits et un arbre malade de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits ni un arbre malade de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé, puis jeté au feu. Ainsi donc, vous reconnaîtrez les faux prophètes à leur conduite ». ( Matthieu 7 : 17-20 ).

À leurs fruits, nous connaissons bien les « réformateurs » de Vatican II. Et même maintenant, avant que Dieu rende son jugement final sur les auteurs de la folie ecclésiale du demi-siècle passé, leurs inventions humaines s'effondrent toutes. Car elles ne sont pas enracinées dans la vérité du Christ mais sont plutôt l'œuvre de ce qu'Il a appelé « l'homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les rivières ont débordé, la tempête s'est abattue sur cette maison et elle s'est écroulée : sa ruine a été complète ». ( Matthieu 7 : 26-27).

Et complète est la chute du « régime de la nouveauté » qui a tyrannisé l'Église depuis Vatican II.