mardi 15 mai 2018

Le Cardinal Marx

Dans le débat sur l'intercommunion, les diocèses
pourraient avoir des règles différentes





Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 14 mai 2018


Le Cardinal Reinhard Marx, le Président de la Conférence des Évêques Allemands, s'ouvre maintenant à l'idée de différents diocèses Allemands ayant des règles différentes concernant l'admission éventuelle des conjoints Protestants de Catholiques à la Sainte Communion. Un autre Évêque vient de dire, d'ailleurs, que le Pape François ne semble pas voir dans les nouvelles directives d'intercommunion Allemandes une « menace à la Foi ».

Samedi dernier, le Katholikentag Allemand ( un rassemblement national Catholique avec quelque 50 000 participants ) à Münster a pris fin. Maintenant, au début de cette semaine, les déclarations des Évêques Allemands participants concernant le débat intercommunautaire en cours sont largement rapportées dans la presse Allemande.

L'une des figures les plus marquantes est, bien sûr, le Cardinal Marx. Lors des événements du Katholikentag, il a dit deux choses importantes qui méritent d'être rapportées. Premièrement, il a affirmé dans une interview avec le site d'information des Évêques Allemands Katholisch.de que le Pape François ne souhaite pas que nous « restions immobiles et que nous regardions en arrière » en ce qui concerne l'œcuménisme. Au contraire, le Pape nous souhaite « d'aller de l'avant, avanti, et de voir quelles sont les possibilités [ pour une plus grande communauté œcuménique ] que nous avons » a dit le Cardinal Marx. Ceci implique bien entendu que le Pape lui-même souhaite que nous « avancions » sur la question de l'intercommunion.

La deuxième affirmation qui est maintenant largement rapportée est que Marx, interrogé sur la possibilité d'avoir différentes règles d'intercommunion établies par les diocèses Allemands, a répondu : « Oui, c'est déjà le cas maintenant ». Selon Marx, la Conférence des Évêques Allemands « ne peut pas prendre de mesures législatives pour les diocèses individuels » puisque « l'Évêque est le seul législateur dans son diocèse ». Ainsi, explique le Cardinal Allemand, la Conférence Épiscopale elle-même « n'a pas de compétence pour donner des ordres » aux Évêques individuels . Le site Catholique Autrichien Kath.net explique ces paroles comme suit : « La lutte entre les Évêques Allemands au sujet de la distribution de la Sainte Eucharistie aux Protestants pourrait conduire à ce que les diocèses Allemands reçoivent [et respectent] des règles différentes ».

Ceci est bien sûr une préparation à la décision de l'aile Progressiste en Allemagne de faire avancer son programme relativisant ce qui concerne la Communion des conjoints Protestants. Comme un autre Évêque Allemand, Peter Kohlgraf — le successeur du Cardinal Karl Lehmann à Mayence — a proposé au Katholikentag que le Pape lui-même avait laissé entendre qu'il ne pensait pas que les récentes directives d'intercommunion de février 2018 constituent une « menace pour la Foi ». Expliquant les paroles du Pape qui proposaient et encourageaient un « accord éventuellement unanime » parmi les Évêques Allemands, Kohlgraf a déclaré que ces paroles ne signifient pas un consentement unanime de tous les Évêques, mais plutôt « que nous discutions une fois de plus de notre document afin que la minorité ne perde pas la face, mais aussi que personne ne soit remis en question concernant son propre Catholicisme ».

Ce type d'interprétation semble préparer le camp Progressiste en Allemagne à avoir une réunion supplémentaire avec les Évêques adverses, parmi lesquels le Cardinal Rainer Woelki et l'Évêque Rudolf Voderholzer, puis à appliquer ensuite les directives pastorales telles qu’elles ont déjà été approuvées avec une majorité des deux tiers en février.

De plus, Kohlgraf insiste sur le fait que le Pape ne pense pas que cette décision majoritaire met en danger la Foi et l'unité de l'Église. Comme le dit le rapport de Katholisch.de :

« Il se sent « personnellement blessé » dit Kohlgraf, « quand la lettre des sept Évêques à Rome met en garde et prétend que par mon vote — avec la majorité de mes collègues Évêques — la substance de la Foi et l'unité de l'Église sont en danger. Si je comprends bien le Pape, alors il ne voit pas ce danger ».

S'il ne devait pas arriver un accord entre les deux camps, explique le prélat, chaque Évêque serait libre d'établir ses propres règles pour son propre diocèse. Cependant, il ajoute : « Je trouverais intéressant [ sic ] de voir ce qui se passerait quand à Cologne, il y a une autre règle qu'à Aix-la-Chapelle ». Il y aurait sûrement « un manque accru de compréhension et une augmentation de l'indignation » parmi les fidèles, a prévenu l'Évêque.

Les deux déclarations prises ensemble — celle de Marx et celle de Kohlgraf — il pourrait être prudent de prédire que les Progressistes — voyant que les Évêques conservateurs ne sont pas enclins à céder, malgré un manque de correction doctrinale du Pape François — mettront en œuvre leurs propres directives d'intercommunion révolutionnaire et expliqueront que ceux qui résistent aux Évêques sont libres de ne pas les appliquer dans leur propre diocèse. Dans ce contexte, les propres paroles du Cardinal Marx au Katholikentag ont également plus de sens : « Nous souhaitons rechercher la plus grande unanimité possible, mais nous ne pouvons pas continuer à chercher et à discuter jusqu'à ce que l'unanimité soit trouvée ».

À l'inverse, l'Évêque Stefan Oster, l'un des sept Évêques adverses, a mis en garde le Katholikentag contre un « œcuménisme insipide » qui élimine la question de la vérité. « Celui qui reçoit la Sainte Communion » explique l'Évêque Bavarois de Passau, dit aussi « Amen » à la compréhension Catholique de l'Église, avec un Pape et des Évêques ».

Dans ce contexte, il pourrait être utile de rappeler que, durant les deux Synodes controversés, il y avait essentiellement les mêmes Évêques conservateurs — six à l'époque — qui s'étaient opposés à l'idée d'admettre les divorcés « remariés » à la Sainte Communion. Mgr Oster, qui était parmi eux, a ensuite établi ses propres directives pastorales à l'égard d'Amoris Laetitia, avec une compréhension plus restreinte de ce document papal. Il est très possible que ce soit ce qui se produira à nouveau en ce qui concerne l'intercommunion. Bien sûr, dans les deux cas, cette approche individuelle n'est pas une solution pour la grave atténuation papale de la Doctrine et de la pastorale du Sacrement unique de la Sainte Eucharistie.