dimanche 5 février 2017

Tribune libre de Mattei

Un Pape violent ?





Par : Roberto de Mattei
Corrispondenza Romana
IL TEMPO
Le 3 février 2017

SOURCE : Rorate Caeli



Contre les preuves, il n'y a pas grand-chose à discuter. La main tendue du Pape Bergoglio à la Fraternité Sacerdotale de Saint-Pie X (FSSPX) est la même qui a récemment frappé l'Ordre de Malte et les Franciscains de l'Immaculée.

L'histoire de l'Ordre de Malte s'est terminée par la reddition inconditionnelle du Grand Maître et le retour au pouvoir d’Albrecht von Boeselager avec le puissant groupe Allemand qu'il représente.

L'histoire a été résumée dans ces termes par Riccardo Cascioli de La Nuova Bussola Quotidiana : « Le responsable de la dérive morale de l'Ordre a été réintégré et celui qui a essayé de l'arrêter a été renvoyé chez lui ».

Cela s'est passé en plein mépris de la souveraineté de l'Ordre comme il en ressort de la lettre du 25 janvier adressée aux membres du Souverain Conseil par le Secrétaire d'État Pietro Parolin au nom du Saint-Père par laquelle l'Ordre a été en fait mis sous commission.

Il serait logique que plus des 100 États qui entretiennent des relations diplomatiques avec l'Ordre de Malte y retirent leurs ambassadeurs car, dès le moment de l'intervention papale, les relations peuvent être tenues directement avec le Vatican dont dépend l'Ordre sur tout.

Le mépris que le Pape François montre à la Loi s'étend au droit international aussi bien qu'au droit civil italien.

Un décret émis par la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique avec le consentement du Pape exige du Père Stefano Maria Manelli, Supérieur des Franciscains de l'Immaculée, de ne pas communiquer avec les médias, ni de paraître en public ; de ne participer à aucune initiative ou réunion d'aucune sorte ; et surtout « de restituer, dans un délai de 15 jours à compter de la date de la délivrance du présent décret, les avoirs économiques gérés par les associations civiles et toute autre somme dont il dispose pour la pleine disponibilité des instituts individuels », c'est-à-dire, donner à la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique les biens dont, comme l'a confirmé la Cour de Révision d'Avellino, le Père Manelli ne possède pas parce qu'ils appartiennent à des associations légalement reconnues par l'État italien.

« En 2017, dans l'Église de la Miséricorde », dit Marco Tosatti, la seule chose qui manque ici est le strappado (ou la corde), le masque de fer et la liste est complète (se référant aux instruments de torture) ».

Qui plus est, l’Archevêque Ramon C. Arguelles, Archevêque de Lipa aux Philippines, a appris sa démission à partir d'une déclaration du Bureau de Presse du Vatican.

On ignore la raison de la décision mais on peut l’imaginer : l’Archevêque Arguelles a reconnu canoniquement une association qui rassemblait un groupe d'ex-séminaristes des Franciscains de l'Immaculée qui ont quitté l'institut religieux après l'intervention afin d’étudier et de se préparer au sacerdoce en toute liberté et indépendance. C'est un péché qui est considéré comme impardonnable.

D’où la question qui se pose de savoir si le Pape François n'est pas un Pape violent, en voulant signifier ici le vrai sens de ce terme. La violence n'est pas un exercice de force cruelle, mais plutôt d’une force qui est utilisée de manière illégale au mépris de la loi pour atteindre son but.

Le souhait de l’Évêque Bernard Fellay de régulariser la position canonique de la Fraternité Sacerdotale de Saint-Pie X avec un accord où rien ne compromettra l'identité de son institut est certainement louable, mais la question se pose : est-il opportun d'être placé sous le parapluie légal de Rome au même moment où la loi est ignorée ou, pire encore, utilisée comme un moyen de sévir contre ceux qui veulent rester fidèles à la Foi et aux mœurs catholiques ?